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Iran: Gangsters contre mollahs

(1ère partie)

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La France (et l’Angleterre et l’Allemagne) est pleinement impliquée dans la vente d’armes à Israël contre Gaza.

(English)

Il est clair que le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique est dirigé par une bande de gangsters, si pas de voyous de bas étage. Ce n’est pas seulement moi qui le dit. Je viens de voir que le bien connu professeur Jeffrey Sachs, économiste et politiste, directeur du Center for Sustainable Development à la Columbia University de New York, ancien directeur du Earth Institute, et ancien conseiller du secrétaire-général de l’ONU, a tout récemment utilisé le même mot: “Nous sommes aux mains de gangsters, nous ne sommes pas aux mains d’un système constitutionnel”. J’ai également utilisé le mot de “mafieux” pour le président étatsunien, et je viens de le retrouver dans les paroles de Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens, qui a qualifié les sanctions lancées contre elle (et les juges de la Cour pénale internationale) par le gouvernement étatsunien de “mesures mafia-style” (voir plus loin).

Nous sommes aux mains de gangsters, nous ne sommes pas aux mains d’un système constitutionnel

Une bande dirigée par un mégalomane narcissiste, immature, en pleine sénilité ascendante et avec une durée d’attention très courte. Des médias étatsuniens ont qualifié Trump de “dérangé” et “déjanté” quand, après la victoire de l’équipe étatsunienne de hockey sur glace contre le Canada aux Jeux olympiques d’hiver, le mois dernier, “il a publié une vidéo de lui-même, filmée par intelligence artificielle, sur le point de marquer un but: on le voit pousser des défenseurs canadiens sur la glace et en frapper un avant de s’asseoir, l’air satisfait, au banc des pénalités. Il en ressort ensuite pour marquer ce qui semble être le but de la victoire, sous les accolades de ses coéquipiers étatsuniens”.

Un tout récent exemple, un journaliste lui a demandé de commenter sur le fait que “L’Iran a accusé aujourd’hui les États-Unis d’avoir bombardé une usine de dessalement sur son territoire, ajoutant que cela pourrait ouvrir la voie à d’autres frappes contre des infrastructures non militaires”. Réponse du président des Etats-Unis d’Amérique: “Je ne connais rien à cette usine de dessalement, si ce n’est que s’ils se plaignent d’une usine de dessalement, nous, on se plaint qu’ils décapitent des bébés [et] qu’ils coupent des femmes en deux”… Réponse typiquement évasive et disjointe de Trump, n’ayant ni queue ni tête, c’est le cas de le dire!

Il est lui-même entouré de psychopathes tels que Stephen Miller, son chef de cabinet adjoint et principal conseiller, l’architecte de la très cruelle et meurtrière politique anti-immigration (“La psychopathie n’est pas un diagnostic officiel; cependant, ce terme est utilisé pour décrire des traits tels que le manque d’empathie, l’agressivité et la duplicité”.) Celui-là même qui a dit, peu après avoir enlevé le président du Vénézuela: «Les États-Unis utilisent l’armée pour défendre sans complexe nos intérêts dans notre hémisphère. Nous sommes une superpuissance», et à propos du Groenland: «Personne ne va affronter militairement les États-Unis pour l’avenir du Groenland». «Vous pouvez parler autant que vous voulez de subtilités internationales et de tout le reste. Mais nous vivons dans un monde, le monde réel, qui est régi par la force, par la puissance». Et c’est sa femme qui a appelé à un 3ème mandat présidentiel de Trump, ce qui est formellement interdit par la constitution des Etats-Unis.

«Les États-Unis utilisent l’armée pour défendre sans complexe nos intérêts dans notre hémisphère. Nous sommes une superpuissance»

De criminels tel Charles Kushner, qui a fait de la prison pour avoir commis “un des crimes les plus odieux et répugnants que j’aie eu à poursuivre lorsque j’étais procureur fédéral”, a dit le Républicain Chris Christie, président de la Republican Governors Association, ayant chapeauté la première équipe de transition de Trump. Beau-père de la fille de Trump, Kushner a été pardonné par Trump et nommé ambassadeur à Paris… où il s’est distingué par son arrogance et son ignorance de l’histoire de la France.

D’arrogants tels le sénateur républicain Lindsay Graham, de Caroline du Sud, le plus ardent supporter de Trump, qui vient de désigner Cuba comme étant la prochaine cible visée par les Etats-Unis d’Amérique. «Nous anéantissons l’ennemi. Je ne cherche pas un combat loyal. Si nous devons nous battre, je veux gagner, et gagner vite […] La libération de Cuba est imminente. Ce n’est plus qu’une question de temps […] Nous conquérons le monde. Nous éliminons les méchants. Nous allons nouer des relations avec de nouveaux peuples qui nous apporteront prospérité et sécurité », a-t-il déclaré, en ajoutant: «Donald Trump est en train de remodeler le monde d’une manière inimaginable il y a un an. Il est le plus grand commandant en chef de tous les temps. Notre armée est la meilleure de tous les temps. L’Iran est en train de tomber, et Cuba sera la prochaine sur la liste. On va faire sauter Cuba en éclats».

Le sénateur US Lindsey Graham se vante d’avoir collaboré avec Netanyahu et le prince saoudien pour pousser Trump à la guerre contre l’Iran. Maintenant il veut attaquer Cuba, continuant à enfreindre le droit international.

De malfaiteurs tel que Scott Bessent, ministre du Trésor des États-Unis qui a avoué “nonchalamment” lors d’une interview à Davos ce 10 janvier que “la politique étatsunienne consistait à écraser l’économie iranienne, à détruire la monnaie, à créer une pénurie de dollars et d’importations afin de pousser la population à descendre dans la rue. Puis, avec un petit sourire narquois, il a déclaré: ‘C’est ce qu’on appelle la politique économique’, et a ajouté que cela porte ses fruits”. Cela vous rappelle-t-il quelque chose? Le Chili d’Allende et le sabotage économique par les Etats-Unis avant le très meurtrier coup d’état de septembre 1973. Bessent s’y connait. En tant que gestionnaire de fonds spéculatifs, il a fait fortune en misant, en 1992, sur l’effondrement de la livre sterling (avec George Soros), et en 2013, en spéculant contre le yen japonais, ce qui lui permet de mener la grande vie. “Il ne connaît rien au métier de ministre du Trésor. Il est là pour détruire la monnaie iranienne”, a dit le professeur Jeffrey Sachs.

Ces mouvements de protestations commencés le 28 décembre sont décrits par Chas Freeman, ancien ambassadeur des États-Unis en Arabie saoudite de 1989 à 1992, où il géra la guerre du Golfe, ancien assistant du ministre à la défense, ancien président du Middle East Policy Council, coprésident de l’U.S. China Policy Foundation et membre à vie du conseil d’administration de l’Atlantic Council: “Une fois les manifestations commencées, les personnes disposant de connexions Starlink [le satellite de Elon Musk] ont commencé à inciter à la violence, transformant les manifestations pacifiques en émeutes. Une vaste campagne de propagande a largement exagéré le nombre de morts en Iran, les attribuant soit aux manifestants, soit à des agents d’intérêts étrangers qui exploitaient la situation. Nous savons que ces affirmations sont exagérées. […] Il s’agit donc d’un nouvel exemple de la stratégie habituelle: appauvrir la population, la plonger dans une telle misère qu’elle se sent obligée de manifester et d’exiger des changements de la part de son gouvernement, une réponse à la souffrance qu’on lui inflige. Puis, comme cela a apparemment été le cas lors de ces négociations, on leur dit: ‘Vous devez renoncer à votre capacité de vous défendre, vous débarrasser de vos missiles, sinon nous vous bombarderons’. Et bien sûr, si vous vous débarrassez de vos missiles, nous vous bombarderons probablement aussi”.

On va faire sauter Cuba en éclats

Alors, quand certains Européens applaudissent Trump pour avoir enlevé Maduro ou assassiné Khamenei, ils applaudissent et admirent et s’identifient à des gangsters qui ignorent totalement le droit international. Une génération de “dirigeants” européens apeurés, incompétents et sans le moindre pouvoir, ni en actes ni même en paroles, de qui les Etats-Unis se gaussent et humilient à chaque occasion car, pour ceux-ci, seule la force brute compte – à part le premier ministre espagnol Pedro Sanchez qui a clairement condamné l’attaque d’Israël et des Etats-unis contre l’Iran, s’attirant les foudres de Trump.

Qualifiant ces quelques pays-clé européens de “vassaux”, Chas Freeman a commenté sur “la déclaration ridicule du président Macron qui exigeait des Iraniens qu’ils négocient de bonne foi, comme si c’étaient eux qui orchestraient une tromperie. Très difficile à comprendre, à moins de percevoir sa faiblesse politique et la force du lobby sioniste, ainsi que l’islamophobie en France”.

Notons la forte présence en France – et en Europe – de deux groupes de pression pro-israéliens, le European Leadership Network (ELNET) et UN Watch.

Un autre professeur de renom dans le domaine de la politique internationale, John Mearsheimer, politiste à la University of Chicago, a pareillement opiné à propos de l’envoi du Charles-de-Gaulle en Méditerannée orientale, que “le président Macron n’est pas très intelligent. Qui se soucie d’un porte-avions français, hein ? Il va devoir le garer loin de l’Iran, sinon les Iraniens le couleront par le fond de la mer. Il y a déjà assez d’avions dans le coin […] Il était si impatient d’envoyer ses troupes en Ukraine pour faire partie d’une coalition des volontaires et cela ne s’est jamais produit”.

En juillet dernier, 114 juristes français ont adressé une requête au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) afin d’ouvrir une enquête sur le rôle de responsables français dans la commission de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide par les forces israéliennes contre les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie. Nommément cités sont le président Emmanuel Macron, le Premier ministre François Bayrou, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, le ministre des Armées Sébastien Lecornu et 19 députés de la commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale.

Loin de prendre des mesures concrètes pour empêcher le génocide contre les Palestiniens, les membres de l’exécutif français ont continué à soutenir les actions criminelles du gouvernement israélien

«Loin de prendre des mesures concrètes pour empêcher le génocide en cours contre les Palestiniens, les membres de l’exécutif français cités dans cette communication ont continué à soutenir les actions criminelles du gouvernement israélien en apportant à cet État un soutien militaire, politique, économique, diplomatique et de propagande, y compris en lui fournissant les moyens de commettre les crimes en question»

« Il a été démontré que les autorités françaises savaient qu’elles participaient (et participent encore) à la commission des crimes en question, en aidant et en encourageant les auteurs. Leur connaissance des conséquences de leurs actes ou de leur conduite établit l’élément moral requis pour la responsabilité personnelle en cas de complicité par aide et encouragement».

Anne Savinel-Barras, présidente d’Amnesty International France, a déclaré que ces livraisons – secrètement autorisées par le gouvernement français – s’effectuaient «dans l’opacité et en contradiction totale » avec les récentes déclarations du président français Emmanuel Macron, qui avait exprimé son horreur face à la situation humanitaire à Gaza”. Tout comme aux Etats-Unis des gangsters, le Parlement français était mis à l’écart. Bastien Lachaud, député de la France Insoumise et membre de la commission parlementaire de défense, a déclaré que “son parti interrogeait le gouvernement depuis des mois sur les exportations d’armes vers Israël sans obtenir de réponses satisfaisantes”.

Pareille situation en Angleterre qui «a joué un rôle clé dans la collaboration militaire avec Israël, malgré l’opposition interne », et dont l’aviation a effectué «plus de 600 missions de surveillance au-dessus de Gaza pendant toute la durée du génocide, partageant des renseignements avec Israël». En avril 2024, son ministre des Affaires étrangères, David Cameron, a menacé en privé le procureur en chef de la Cour pénale internationale, Karim Khan, de “couper les fonds à la cour si celle-ci procédait à l’exécution des mandats d’arrêt contre les dirigeants israéliens”.

63 pays et 48 compagnies privées permettEnt à Israël d’enfreindre le droit internationa

Ceci a été révélé dans le rapport Le génocide de Gaza: un Crime collectif d’octobre 2025 où son auteure, Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens, dénombre 63 pays et 48 compagnies privées permettant à Israël d’enfreindre le droit international. Elle s’en prend principalement au premier ministre anglais Keir Starmer qui, étant donné son expérience d’avocat spécialisé dans les droits de humains, devrait savoir mieux que nier qu’un génocide soit en cours à Gaza.

 

Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens, dénombre 63 pays et 48 compagnies privées permettant à Israël d’enfreindre le droit international: «La Palestine nous permet de voir ce que devient la loi lorsqu’elle est entre les mains du pouvoir»

Il n’est dès lors pas étonnant que, en juillet 2025, les hors-la-loi étatsuniens aient instauré de sévères sanctions contre Albanese – tout comme contre les juges et procureurs de la Cour pénale internationale. Tout récemment, certains pays européens, dont la France et l’Allemagne, ont attaqué Albanese en déformant ses propos, les qualifiant d’antisémites, avant de retirer leur plainte quand l’association Juristes pour le respect du droit International a déposé une plainte auprès du procureur de la République de Paris accusant le chef de la diplomatie française de diffuser de fausses informations sur Albanese.

Rejoignant nos propos en début de cet article, Albanese conclut que «La Palestine nous permet de voir ce que devient la loi lorsqu’elle est entre les mains du pouvoir». Gaza, Vénézuela, Groenland, Iran, Cuba, qui viendra ensuite?

À noter qu’une campagne mondiale pour nommer Albanese candidate au prix Nobel de la Paix a été lancée et a déjà réuni plus d’un million de signatures.

(À suivre)

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