Haïti, chronique d’une crise électorale (124) Elections générales, jour J-4 !

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Intervention solennelle depuis la Primature, du Premier ministre, Enex Jean-Charles, dans un message en créole riche en proverbes

Ça y est ! Nous approchons du jour J. C’est l’effervescence générale à travers la République. Tous les politiques, les acteurs et les candidats s’activent dans tous les sens. Conférences de presse des responsables du CEP le vendredi 30 septembre 2016 pour rassurer tout le monde. Intervention solennelle depuis la Primature, du Premier ministre, Enex Jean-Charles, dans un message en créole riche en proverbes du terroir toujours ce vendredi 30 septembre pour lancer des mises en garde aux uns et aux autres pour que le 9 octobre soit une réussite. Interview sur la Voix de l’Amérique de Kenneth Merten, le Monsieur Haïti du Département d’Etat américain, sur la conjoncture électorale, etc. La tension aussi entre les partisans des candidats monte de plusieurs crans. Jeudi 22 septembre 2016, violents affrontements dans les camps des deux Moïse à Milot. A quelques heures de l’arrivée du candidat PHTK, Jovenel Moïse, dans la ville, fief de l’ancien sénateur Jean-Charles Moïse, la police a dû intervenir pour calmer le jeu.

Le lendemain, vendredi 23, même situation à l’autre bout du pays, à Miragoâne (Nippes) entre les partisans de Pitit Dessalines et ceux de Lavalas. Plusieurs coups de feu et des jets de pierre en direction du meeting de Jean-Charles Moïse. Là aussi, les forces de l’ordre sont intervenues pour rétablir l’ordre. A Cerca-la-Source, (Centre) le samedi 24, attaque toujours contre le candidat de Pitit Dessalines. Une vitre de la voiture dans laquelle se trouvait Jean-Charles Moïse a été brisée par un jet de pierre. Des coups de feu ont aussi été entendus. Après une première attaque à Saint Marc le vendredi 23, où il a reçu un coup de casque de moto sur la tête, nouvelle attaque le dimanche 25 contre le candidat au Sénat de AAA, le député Garcia Delva à St-Michel de l’Attalaye  toujours dans l’Artibonite. Ses partisans se sont battus contre ceux du candidat de Pitit Dessalines, Patrick Joseph, bilan plusieurs blessés des deux côtés. Sans parler d’autres attaques à Port-de-Paix contre Edmonde Supplice Beauzile et Jean-Charles Moïse le jeudi 29 par les partisans du PHTK et dans la Grande-Anse.

Enfin, une nouvelle fois aux Gonaïves le vendredi 30 contre le candidat de Pitit Dessalines. La raison  de la montée en puissance de cette violence électorale : les acteurs abordent la dernière ligne droite. Nous sommes, en effet, à quatre jours de l’heure de vérité. Le jour où les rêves de certains vont se fondre comme neige au soleil et pour d’autres ce sera la consécration d’avoir atteint le graal. Quatre candidats espèrent même une élection dès le premier tour (yon sèl kout kle). Le Conseil Electoral Provisoire (CEP) et l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus entament cette dernière semaine avec calme et inquiétude à la fois. Elle devrait les conduire au dimanche 9 octobre 2016 jour des élections générales en Haïti. Ces scrutins seront un véritable défi pour les organisateurs. Puisqu’ils concernent le premier tour de la présidentielle ; un second tour pour élire 6 sénateurs ; mais aussi 25 députés. Enfin, le premier tour pour le tiers du Sénat (10 sénateurs).

Un véritable exercice de calcul mental pour les électeurs dans l’isoloir. Mais bon ! En Haïti, on est habitué. L’essentiel c’est que, contre vents et marées, les autorités politiques et électorales ont pu conduire jusqu’à cette date presque fatidique le processus à ce point de non retour. Sauf bien évidemment, une catastrophe nationale de grande ampleur ce que, on l’imagine, personne ne souhaite pour ce pays déjà en proie à toute sorte de péripéties. Pour le moment, le Président provisoire de la République, Jocelerme Privert, a qui on a reproché au départ de vouloir retarder le plus longtemps possible les échéances pousse un ouf de soulagement. Il a pu trouver les ressources nécessaires (politique et financière) afin de permettre la réalisation de ces scrutins qui tiennent à la gorge tout un pays totalement mis en mode pause depuis bientôt une année avec l’arrivée du gouvernement de transition et de la Présidence provisoire.

Venu à New York pour la 71e Assemblée générale de l’ONU,  Privert devait rencontrer entre autres le Président Américain, Barack Obama et son homologue Dominicain, Danilo Médina et surtout prendre la parole à la tribune des Nations Unies le vendredi 23 septembre 2016. La veille, le chef de l’Etat avait déclaré au journal Le Nouvelliste : « Toutes les conditions sont réunies pour que les élections se tiennent le 9 octobre ». En rajoutant : « Dans environ 15 jours, nous aurons à célébrer les premières élections en Haïti réalisées avec l’argent du Trésor public ». Malgré les critiques des uns et les soupçons non fondés des autres, Jocelerme Privert semble parti, en effet, pour délivrer la marchandise même avec quelques mois de retard sur la date prévue, si l’on reste esclave de l’Accord du 6 février 2016 qui prévoyait des élections trois mois après son investiture. De retour des Nations Unies le samedi 24 septembre, le chef de l’Etat eut à déclarer depuis le salon diplomatique de l’Aéroport International Toussaint Louverture de Port-au-Prince : « Le 9 octobre de façon irréversible les élections vont se tenir. Les sceptique qui ne croyaient pas que le Gouvernement s’engagerait à réaliser les élections, aujourd’hui ils sont face à une machine que rien ne peut arrêter, le calendrier électoral tel qu’il a été préparé suit son cours et il n’y a aucun retard dans son exécution ». Allant même à dramatiser l’importance de ces élections pour Haïti aux journalistes qui le pressaient de questions le Président Privert laissait entendre : « Sans élections le 2e lundi de janvier 2017 il n’y aura plus de Gouvernement, les ministres n’auront plus de légitimités, le Parlement sera dysfonctionnel, il n’y aura pas comme aujourd’hui de pouvoir judiciaire parce que la Cour de cassation n’a que 2 juges sur 12 qui ont une légitimité constitutionnelle. Donc ce sera l’effondrement de toutes les institutions républicaines. C’est ça l’importance des élections ». Selon ses proches, il s’en félicite aujourd’hui d’arriver quasiment au terme de ce qui était pour lui une Epée de Damoclès : les élections.

Sans grands problèmes majeurs durant la campagne, à part naturellement quelques incidents inévitables enregistrés çà et là dans le Nord, l’Artibonite, Centre, Grande-Anse, Nippes, Nord-Ouest et dans le Sud-Est, honnêtement l’on ne peut pas parler de graves incidents entre les partisans des candidats qui auraient pu mettre en cause la tenue des élections dans ces départements. Et malgré cela, le CEP avait fait sortir une note non seulement pour condamner les actes d’intimidation, mais pour rappeler à l’ordre les partis et candidats dont les partisans sont impliqués et les risques qu’ils encouraient, si cela devait se poursuivre. « Le Conseil, en aucune manière, ne tolérera pas que des perturbateurs, qu’ils soient candidats ou partisans de candidats, de partis ou groupements politiques, puissent agresser des compétiteurs ou perturber leur rassemblement public » rappelle-t-il dans une note de presse. Pour bien démontrer qu’il n’y aura aucun laxisme dans l’application de loi, le CEP a reproduit dans son intégralité à l’intention des fauteurs de troubles les dispositions de l’article 119 du décret électoral du 2 mars 2015, traitant du non-respect des règles de la campagne électorale : « En cas de flagrance et de récidive, le Conseil Electoral Provisoire prend toutes les mesures conformément au présent Décret, aux fins de : a)  se prononcer de façon célère sur tous les cas de violence constatés ; b) radier de la liste des candidats agréés tous ceux reconnus coupables, sous réserve de toute action judiciaire à intenter par la partie lésée ; c)  suspendre de toutes compétitions électorales, pour une période allant jusqu’à cinq (5) ans, les partis ou groupements politiques reconnus coupables ». D’ailleurs, selon le CEP, s’il n’y a pas eu de sanction contre les candidats concernés, c’est tout simplement parce qu’il n’a pas eu de plaintes après les incidents signalés. Côté gouvernement même son de cloche. « Le gouvernement se tient prêt à appuyer le Conseil Electoral Provisoire (CEP) dans toutes les dispositions qu’il prendra pour sévir contre tout groupement ou individu qui voudrait alimenter un climat de violence dans les prochains jours » a pour sa part déclaré le Premier ministre Enex Jean-Charles.

Celui-ci faisait allusion aux incidents survenus aux Gonaïves et  au Cap-Haïtien lors du passage de la caravane électorale de la candidate Maryse Narcisse de Fanmi Lavalas et celle de Jovenel Moïse à Thiotte dans le Sud-Est face aux partisans de Jude Célestin. Dans l’ensemble, les candidats se sont bien comportés malgré le climat d’insécurité qui règne dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et le reste du pays à pareille époque. Il faut surtout signaler qu’en général il y a toujours très peu d’incidents majeurs lors des campagnes électorales en Haïti. C’est surtout le jour du scrutin que les casseurs d’élections entrent en scène. Pratiquement tous les actes anticiviques et les incidents graves qu’a connus le pays depuis la tristement célèbre élection du 29 novembre 1987 qui s’était transformée en une véritable boucherie par les militaires à la Ruelle Vaillant à Port-au-Prince sont perpétrés au moment où les citoyens exercent leur droit de vote dans les urnes.

C’est pourquoi il faut rester prudent jusqu’à la clôture des bureaux de vote le 9 octobre avant de crier victoire. Là où il devrait avoir quelques inquiétudes, c’est pendant l’inscription en ligne (Internet) des mandataires des partis politiques. L’inscription en ligne n’est pas une trouvaille de Léopold Berlanger, le Président du CEP. Ce procédé a été instauré par le Conseil Electoral de Pierre-Louis Opont pour les scrutins de 2015. Comme pour cette année-là, si cette démarche n’a pas été contestée vraiment par les candidats et les partis politiques, néanmoins certains responsables ont quand même fait ressortir une certaine frustration sur les difficultés que leurs partis ont rencontrés pour effectuer cette formalité obligatoire. Tel est le cas de Rosemond Pradel, Secrétaire général de la Fusion des Sociaux démocrates, qui s’est plaint de la complication de l’opération allant même à mettre en doute la fiabilité du système. Selon lui, son parti Fusion a enregistré seulement 6000 mandataires. Alors que chaque parti ayant un candidat à la présidence a droit à 13000 mandataires ; soit un mandataire par bureau de vote. Selon Rosemond Pradel, il a dû mobiliser pas moins de 40 bénévoles au total avant d’arriver à inscrire ces 6000 mandataires.

Pourtant, malgré la prolongation de la date limite du délai pour réaliser cette opération, pratiquement aucun parti n’a pu le faire à temps. La même chose pour Me Jean Henry Céant, le candidat de Renmen Ayiti. Celui-ci à beau solliciter une rallonge de 3 jours en plus des 2 jours supplémentaires que le CEP avait accordés à tous les partis après la période normale d’inscription en ligne, il n’a rien obtenu. Le Notaire avait réclamé sans succès évidemment une enquête sur cette affaire : « Il faut qu’une enquête soit menée sur le verrouillage du système le 30 août entre 11 heures du matin et 7 heures du soir ainsi que sur la mise ‘’offline ‘’ du site le lendemain fermant totalement l’accès à toute consultation et téléchargement de la liste des mandataires enregistrés ». Et de poursuivre « Renmen Ayiti veut croire que le CEP a gardé son impartialité et n’entend pas favoriser un ou certains partis politiques par cette démarche précipitée et tardive qui est à même d’éroder la confiance de bien des acteurs engagés dans ce processus électoral », a conclu Jean Henry Céant dans sa requête.

Finalement, ce sont au total 130 806 mandataires qui sont inscrits en lignes selon Philippe Augustin, le Directeur du Registre Electoral (RE). A quatre jours de ces élections générales, le Conseil Electoral Provisoire a déjà tout mis en place. Les Centres et Bureaux de vote ont tous reçu les matériels sensibles (bulletins de vote) et non sensibles (didactiques). Ils n’attendent que les électeurs. En ce qui concerne les observateurs internationaux, il devrait en avoir beaucoup moins. Cette diminution s’explique par le fait que l’Union européenne, grande pourvoyeuse en observateurs électoraux, s’est retirée, comme on l’a déjà expliqué dans une précédente chronique. Elle contestait la décision du gouvernement haïtien de reprendre l’ensemble du processus. Alors que pour la Mission d’Observation Electorale (MOE) de l’Union européenne, les scrutins de 2015 ont été les meilleurs auxquels elle n’avait jamais assisté en Haïti. Même si les observateurs Européens avaient relevé quelques irrégularités sans conséquences, selon eux, pour les résultats.

Du coup, ils boycottent ces joutes. Ils ne viendront point. Il n’y aura que 3 experts selon Vincent Degert, l’ambassadeur de l’Union européenne en Haïti, à la demande du gouvernement haïtien. Idem pour le gouvernement américain qui n’envoie pas non plus, officiellement, d’observateurs électoraux. Mais officieusement, les Etats-Unis seront présents par les différents canaux de contrôle qu’ils disposent dans le pays, particulièrement USAID. Après, il reste ceux travaillant en couverture pour les grandes puissances USA, France, Canada, etc : Les petits Etats de la Caricom et de l’OEA. Mis à part les observateurs de la Caricom qui n’avaient pas pris de position sur les élections ratées de 2015 et qui seront présents encore une fois, les observateurs de l’Organisation des Etats Américains (OEA) avaient eux aussi conclu pour un second tour entre Jude Célestin et Jovenel Moïse en 2015. Après le départ des observateurs Européens et Américains, l’OEA s’était ralliée sur la position de ces pays bailleurs de fonds.

Mais après la ferme décision du gouvernement haïtien de mettre en place la Commission d’Evaluation Electorale et de reprendre la présidentielle, l’OEA a dû changer d’avis. Du coup, 125 observateurs de cet organisme régional sont déjà repartis sur l’ensemble du territoire pour le 9 octobre. Conduits par l’ancien sénateur Uruguayen, Juan Raul Ferreira, les 125 membres de cette Mission d’Observation Electorale (MOE) de l’OEA, selon le Protocole d’Accord signé entre l’Etat haïtien et l’organisation hémisphérique, bénéficieront de l’immunité totale durant  leur séjour en Haïti sur l’ensemble du territoire avant, pendant et après les élections. « Les privilèges et immunités de la Mission d’Observation de l’OEA sont ceux accordés à l’OEA, ses organes et son personnel […] Les biens et avoirs de la Mission d’Observation situés à n’importe quel endroit du territoire haïtien et en possession de toute personne, jouissent de l’immunité contre tout type de procédure judiciaire, à l’exception de cas précis pour lesquels ladite immunité est expressément levée, par écrit, par le Secrétaire général de l’OEA, » stipule notamment l’accord.

Rappelons que le retour de l’OEA fait suite à une invitation officielle du Président provisoire de la République, Jocelerme Privert, au Secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, pour envoyer une Mission d’Observation Electorale (MOE) en Haïti pour les élections qui se dérouleront le 9 octobre 2016 et le 8 janvier 2017 inclus. La France qui ne veut pas être totalement absente du processus et qui souhaite avoir tout de même un œil sur le déroulement du processus et des scrutins a signé un Accord avec l’OEA pour le financement du déploiement de ces observateurs électoraux dans ce pays francophone. On se rappelle qu’on avait écrit dans l’une de nos chroniques que les observateurs électoraux d’où qu’ils viennent  et d’où qu’ils observent une élection travaillent, en fait, pour l’Etat ou le gouvernement qui finance leur séjour. Voilà qu’officiellement la France, à travers l’Union européenne, ne devrait pas observer ces joutes cette année en Haïti puisque tous les observateurs sont rentrés chez eux en Europe. Sauf que la Mission d’Observation Electorale de l’OEA est financée par la France, un pays qui n’a rien à voir avec les Organisations des Etats américains.

La question qu’on peut se poser est : pourquoi la France est si généreuse avec une organisation très loin de sa zone d’influence et s’intéresse-t-elle tant à une élection dans l’ancienne colonie, si ce n’est pour être la première informée du déroulement de la journée électorale haïtienne ? Avec la mise en place de tous les moyens humains, techniques et logistiques par le CEP, c’est pratiquement la veillée d’armes pour les acteurs qui, de temps en temps, apporte quelques correctifs dans leur disposition. Les principaux candidats, surtout ceux qui convoitent le Palais national, publient leurs Programmes politiques. Maryse Narcisse, Jude Célestin, Jean-Charles Moïse, Jovenel Moïse ainsi que Jean Henry Céant ont pu diffuser à profusion les grandes lignes de ce qu’ils comptent réaliser une fois accédés à la tête du pays. Non seulement ces candidats couchent noir sur blanc leur vision pour le pays, ils ont eu aussi l’opportunité, à travers deux débats publics et une causerie organisés par trois institutions différentes du 20 septembre au 1er octobre 2016, de parler de leurs projets respectifs.

Si la qualité des débats diffusés à la radio et à la télévision n’était pas à la hauteur des enjeux, ces tribunes ont néanmoins servi à faire ressortir les points forts et faibles de chacun des candidats. Le premier débat organisé par le Groupe d’Intervention en Affaires Publiques (GIAP) devrait opposer au départ, les six principaux concurrents le 20 septembre. Mais la veille, la candidate Lavalas, Dr Maryse Narcisse, a décliné l’invitation prétextant que des candidats invités auraient des démêlés avec la justice selon le Coordonnateur de campagne de Fanmi Lavalas, l’ex-sénateur Yvon Feuillé. Finalement, ce sont Edmonde Supplice Beauzile (Fusion), Jean-Charles Moïse (Pitit Dessalines), Jean Henry Céant (Renmen Ayiti), Jovenel Moïse (PHTK) et Jude Célestin (LAPEH) qui ont répondu présent. C’était un débat terne sans grand intérêt. En fait, il n’a pas eu vraiment de débat dans la mesure où les journalistes ne pouvaient relancer leurs questions et que les candidats répondaient sans craindre de se faire recadrer quand ils passent à côté de la question posée.

En gros, il n’y a eu ni gagnant ni perdant. Bien que dans toutes les émissions « libre tribune » les auditeurs considèrent que Jovenel Moïse et Jean-Charles Moïse ont été les meilleurs. Il était prévu un deuxième débat baptisé pompeusement « Le Débat présidentiel » qui devrait être organisé par le Secteur privé des affaires. C’est la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Ouest (CCIO) qui était à l’initiative de ce « Grand » débat devant avoir lieu le jeudi 29 septembre 2016. Sauf que face au désistement au dernier moment de Jude Célestin (LAPEH), de Jean-Charles Moïse (Pitit Dessalines) et de Jean Henry Céant (Renmen Ayiti), les organisateurs ont dû annuler ce débat. Ce que Christopher Handal, Président de la CCIO et Laurent Tesserot trésorier de cette organisation regrettent.  Maryse Narcisse (Fanmi Lavalas) avait dès le début décliné l’offre.

En fait, ce qui devait être « Le Débat », s’est transformé en un simple dialogue entre l’unique candidat qui a répondu à l’invitation, celui du PHTK, Jovenel Moïse et l’assistance pourtant nombreuse qui avait fait le déplacement à l’hôtel Karibe Convention Center. Les trois journalistes, Roberson Alphonse de Le Nouvelliste et Magik 9, Georges Allen de Challenges Magazine et John Wesley Delva de Radio Télévision Caraïbes qui avaient la responsabilité d’animer en direct (live) ce débat sont tout simplement rentrés chez eux, faute de combattants avec l’absence constatée des trois autres candidats. Conclusion : le débat de l’élection présidentielle de 2016 de la CCIO n’a pas eu lieu. Enfin, le samedi 1e octobre, soit huit jours avant le scrutin un deuxième débat politique était organisé par une aéropage d’organisations politiques et sociales. Beaucoup plus ouvert, ce débat ne comprenait pas seulement des candidats à la présidence. D’autres postulants au Sénat et à la députation étaient invités à débattre sur un sujet d’actualité en cette période électorale.

Ayant pour thème : « Le rôle des Partis politiques dans un système démocratique », cette conférence-débat avait pour objectif de « Promouvoir l’action civique et citoyenne ainsi que le renforcement de la démocratie participative en Haïti ». La particularité de ce deuxième débat dans le cadre des élections générales dans le pays, c’est qu’il fallait débourser dix (10) dollars américains à l’inscription pour avoir accès à la salle de Conférence de l’hôtel Royal Oasis ce samedi 1er octobre 2016. En tout cas, tout ce branle-bas de combats signifie que le pays est en mode élection et attend avec impatience la fin de cette première partie pour la présidentielle et deuxième pour les sénateurs et députés d’un processus qui a trop duré. Même les responsables du CEP ont compris qu’ils doivent aller vite après le vote afin d’éviter d’autres conflits postélectoraux comme ce fut le cas pour les processus précédents. Le Conseil Electoral, en effet, pour une fois, nous promet un résultat assez rapidement. Surtout pour la présidentielle qui demeure l’enjeu le plus important de ce long processus qui a débuté en 2014. Selon le Président du CEP, Léopold Berlanger, lors d’une conférence de presse le jeudi 29 septembre 2016 donnée au local du CEP, si tout va bien, le pays devrait prendre connaissance rapidement des noms du ou deux candidats à la présidence arrivant en tête.

Selon Berlanger, dans 5 à 8 jours au maximum « l’institution électorale sera en mesure de publier officiellement les résultats des élections ». Tout dépendra de la qualité des procès-verbaux. Si tout est clair et bien rempli, cela permettra de donner les résultats rapidement. Pour les responsables du CEP tout doit être transparent cette fois-ci. « Avec des smartphones, les superviseurs prendront la photo des procès-verbaux, une fois affichés dans les bureaux de vote et une application leur permettra de les acheminer rapidement au Centre de Tabulation.  Ceci permettra de garantir l’intégrité des données », ont assuré ceux sur qui auront tous les yeux braqués dès la fermeture des Bureaux de vote. Encore plus fort, selon le Directeur du Centre de Tabulation des votes (CTV), Robenson Cherilus, les candidats pourront avoir une idée des résultats quelques heures seulement après la fin du vote via les procès-verbaux qui seront publiés sur le site Internet du Conseil Electoral Provisoire.

Si cela se réalise, ce sera non seulement un exploit pour le CEP de l’équipe de Léopold Berlanger, mais ce sera aussi une grande avancée pour Haïti en matière d’élections. Rappelons qu’on attend pour ces joutes un total de 35 579 membres BV, 13 000 mandataires, 3 527 superviseurs, 4 246 observateurs nationaux, 600 observateurs étrangers, 6 000 Agents de sécurité électorale le tout reparti dans 1 534 Centres et 11 993 bureaux de vote sur l’ensemble du territoire. Que l’on croise les doigts !

 

C.C

 

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