Une rencontre pour quoi faire ?

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Des fossoyeurs de la Nation, debout comme des gens honnêtes, le sénateur Joseph Lambert, le président Jovenel Moïse et le président de la Cour de Cassation René Sylvestre

 Le lundi 19 avril 2021, le président Jovenel Moïse a rencontré au Palais National en ruine, le président du tiers du Sénat, Joseph Lambert et celui de la Cour de Cassation, René Sylvestre. 

Quel a été l’objectif de cette rencontre, quand la Cour de Cassation refuse catégoriquement de valider les trois nouveaux juges à la Cour de cassation, en l’occurrence les citoyens Octélus Dorvilien, Louiselmé Joseph et Pierre Harry Alexis nommés par le président? Ils n’ont jamais été acceptés à prêter serment par la Cour du fait de l’illégalité de  l’acte présidentiel en violation de l’article 177 de la Constitution

Et l’élu du Sud-est le sénateur Joseph Lambert séparé de Jovenel Moise du fait que ce dernier l’avait roulé dans la farine pour le poste de Premier ministre.  

De gauche à droite, le sénateur Joseph Lambert, le président Jovenel Moise et le président de la Cour de Cassation René Sylvestre.

 La base de cette réunion a été clairement identifiée par Jovenel qui maintenant n’a pas les moyens de sa politique pour faire quoi que ce soit et pour cela, juste après l’échec des projets de dialogue que voulait entamer Religions pour la paix,  il est anxieux de retrouver certains alliés pour l’accompagner dans ses objectifs liés aux élections générales et le référendum pour un changement de la constitution de 1987.

Sans dire trop sur la réunion le président a simplement fait savoir sur Twitter « J’ai eu le plaisir de recevoir, ce lundi 19 avril, les Présidents du Sénat et de la Cour de Cassation pour discuter de la conjoncture socio-politico-économique. Je reste ouvert au dialogue sans lequel on ne parviendra jamais à résoudre cette crise qui mine le pays depuis 1806 ».

L’opposition dans sa définition n’aura plus aucun sens après le 7 février 2022.

Joseph Lambert de son côté a rapporté qu’il était allé droit au but « J’ai plaidé l’urgente nécessité de renouveler le personnel politique, j’ai confirmé ma position favorable à une réforme constitutionnelle et j’ai soutenu l’inopportunité du référendum prévu au 27 juin prochain ». Cependant il poursuit pour dire : « Je lui ai dit de ne pas croire qu’il pourra organiser des élections dans les 9 prochains mois. Le minimum qu’il pourrait organiser, et ceci sur la base d’un accord politique, c’est la réforme constitutionnelle. Il faudrait former un gouvernement d’union nationale. Dans ce cas, il devrait se mettre en retrait pour laisser à ce nouveau gouvernement le soin de conduire la barque nationale. Il a beaucoup réfléchi sur ce que je lui ai dit ».

La fierté avec laquelle Lambert rapporte les retombées de sa réunion avec le président montre qu’il a tiré une certaine revanche, il s’est réconforté de voir Jovenel embarrassé et ne sait quel saint invoquer. Suite à cette réunion, Lambert en a profité dans une interview à Magic 9 pour se porter conseiller de l’opposition et de l’exécutif en leur parlant en ces termes : « Jovenel Moïse et l’opposition doivent savoir que le 7 février 2022 est inévitable. Que le président parte avant ou après le 7 février 2022, il y aura un vacuum. Il faut l’anticiper dès aujourd’hui. L’opposition dans sa définition n’aura plus aucun sens après le 7 février 2022. Au lieu de se fier à l’incertitude, il est impératif, à partir d’un accord politique entre les deux parties, de trouver la meilleure formule pour planifier graduellement la transition ». 

Une rencontre qui ne valait pas la peine, car rien n’a bougé de cette crise sauf que Jovenel se voit acculer davantage, le dos au mur.

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