Home Editorial Une classe politique pourrie, apatride et criminelle

Une classe politique pourrie, apatride et criminelle

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1995

Depuis le coup d’État sanglant du 17 octobre 1806, une classe politique, descendante des instigateurs et assassins de l’empereur Jean-Jacques Dessalines, Fondateur de l’État d’Haïti, dirige le pays. Jusqu’à nos jours, elle gouverne le pays à dessein de combattre le peuple, piller la nation et se rendre complice du capitalisme européen d’abord et de l’impérialisme américain ensuite.

L’intérêt de ce mode de gouvernement est à l’opposé de celui de la collectivité, s’agissant d’une exploitation efficace des masses laborieuses. C’est en ce sens que depuis l’origine la majorité populaire est assujettie à une oligarchie économique et politique qui confère au pays son caractère scandaleusement dépendant et rétrograde. Le pays et le peuple haïtien n’ont jamais confronté pire ennemi que cette classe politique traditionnelle.

Si le pays est bloqué et n’avance plus, c’est parce que le vers demeure dans le fruit, c’est-à-dire, le virus se dissimule dans son propre sang qu’il finira par le détruire.  Une maladie qui continue à s’étendre formant le cercle des escrocs, des corrompus et des corrupteurs au sein de la nation. Ces individus n’ont pas vocation à développer ni à faire progresser le pays.  Se maintenir au pouvoir par tous les moyens, se succéder entre eux et s’en mettre plein les poches, voilà ce qui les intéresse.

Cette classe, dont toute la politique repose sur le mensonge, a bâti tout son pouvoir sur la désorientation du peuple.

La corruption, ce crime contre le développement a profondément détruit les fondements même de la politique en Haïti et a gravement déstabilisé le tissu social du pays. Pourtant, elle rend  cette classe de politiciens corrompus plus influente jusqu’à étouffer la volonté populaire.

En 1904, le célèbre « Procès de la consolidation » qui a voulu être un exemple en condamnant les politiciens pour vols, corruption et détournement de fonds du trésor public a finalement transformé la classe politique de l’époque en une caste encore plus puissante, au point que tous les condamnés devinrent quelques années plus tard, Présidents de la République. Cette classe politique n’a aucune honte et la population ne lui accorde aucun crédit, aucun respect. Même lorsque les visages changent, la même mentalité perdure.  Cette philosophie de violence sociale à l’encontre des masses défavorisées réside en chaque individu appartenant à cette classe sociale construite sur l’injustice et l’égoïsme.

C’est dans le miroir de la lutte des classes que nous devons comprendre la position que chacun de ces individus adopte au sein du pays. Un ancien Président fut victime de deux coups d’État perpétrés par cette même classe politique antinationale. Ses réflexions cependant, sur l’assassinat crapuleux du 7 juillet 2021 dont la victime est issue de la même origine sociale que lui, nous laissent un peu perplexe : « le maître du chat l’a mangé », tel est son niveau d’analyse sur un magnicide dont il aurait pu être lui-même victime. Quelle affirmation démagogique d’un ancien chef d’état !

Cette façon grotesque de poser le problème relève naturellement d’un mépris de la cause nationale et d’un  soutien involontaire à ceux qui font feu de tout bois pour mettre en péril la nation. Un fait est clair : nous sommes peut-être ceux qui le perçoivent comme une victime, mais lui, il peut considérer sa vie comme une réussite dans le système capitaliste.

Et justement, il a réussi sans le peuple, comme nous pouvons le constater à travers le déroulement du procès à Miami concernant l’assassinat du Président Jovenel Moïse. D’une audience à l’autre, se dévoile l’amoncellement de monstruosités et d’actes de barbarie de la classe politique haïtienne ainsi que de son avant-garde le Secteur Démocratique Populaire (SDP). Le voile a été levé sur le rôle particulièrement significatif de ce secteur.  A cet égard, leurs mains sont rouges du sang de l’ancien chef de l’État.

Cette classe, dont toute la politique repose sur le mensonge, a bâti tout son pouvoir sur la désorientation du peuple. C’est elle qui a engendré la situation que nous vivons aujourd’hui. C’est encore elle qui fait preuve de la plus grande férocité. Cependant, elle est la première à exiger de ses patrons impérialistes l’envoi de troupes onusiennes et de l’armée étrangère sur le sol national.

Le peuple n’a rien à attendre de cette classe politique, sinon qu’à lutter pour la renverser et lui arracher le contrôle du pouvoir national. La majorité des individus composant cette classe, si ce n’en est la totalité, sont des fossoyeurs au service des puissances impérialistes. Nous ne pouvons compter sur aucun d’entre eux ; même ceux affichant une apparence différente sont toujours prêts à porter un coup de Trafalgar au peuple au moment décisif.

Une transition consiste à passer d’un point à un autre, mais vers une gouvernance améliorée ; elle ne saurait nous ramener au même point sordide ni nous entraîner dans une dégénérescence toujours plus profonde. Il est impératif que le peuple haïtien lutte pour transformer cette société décadente, composée d’une classe dirigeante d’apatrides, de corrompus et de criminels collaborant avec l’impérialisme occidental.

L’urgence aujourd’hui est de mettre un terme à ces transitions sans fin, au cours desquelles ce sont toujours les mêmes charlatans de cette classe politique pourrie qui continuent de contrôler la destinée du pays. Nous devons mettre fin à l’arrogance de l’impérialisme américain et de ses laquais internes, issus d’un gouvernement qui plonge des secteurs entiers de la population dans le dénuement et la misère, tout en nous faisant croire qu’une force étrangère viendra nous délivrer.

L’actuelle marionnette de l’impérialisme, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, monte la garde pour protéger les intérêts oligarchiques et impérialistes, en leur octroyant des contrats lucratifs financés sur les fonds du pays. C’est pourquoi les travailleurs et la jeunesse doivent le traquer pour récupérer ce qui leur a été volé.

Aucune confiance ne peut être accordée aux représentants de la classe capitaliste et aux instruments humains de la domination américaine. Nous devons mettre un terme à cette politique au service d’une minorité privilégiée et instaurer une politique au service de la majorité du peuple haïtien, sans distinction. Rompons avec cette classe politique ! Chassons cette bande d’accapareurs et de rapaces ! C’est la seule voie conforme à la réalité du moment c’est-à-dire, aux besoins de l’immense majorité de la population exploitée et appauvrie afin que le pays ait enfin, l’opportunité de respirer la paix et la sécurité.

Assurément, le pays a besoin d’une nouvelle classe politique, d’où émergeront des patriotes compétents, sérieux, responsables et incorruptibles affichant une vision nationaliste et une perspective socialiste.

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