Home Editorial Alibis pour perpétuer la ruine du pays !

Alibis pour perpétuer la ruine du pays !

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Haïti a pris part à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, représentée par le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé. Tout ce qui se dit sur Haïti, tous ces faux espoirs que l’on tente de vendre à l’opinion publique nationale et internationale, reposent sur des chimères qui ne se concrétiseront jamais. Déjà en 1986, sous le Conseil national de gouvernement (CNG), le Secrétaire général de l’ONU, Javier Pérez de Cuéllar, s’était rendu en Haïti et avait promis de l’aide, officiellement pour empêcher le pays de sombrer dans le chaos et l’anarchie. Pourtant, c’est précisément là qu’ils voulaient nous mener ; quarante ans plus tard, voyez où nous en sommes, alors qu’ils continuent de nous chanter la même chansonnette. La seule différence est que le discours actuel s’articule autour de l’instauration d’un soi-disant climat de sécurité.

Ainsi, après tous les efforts déployés par la Communauté internationale pour nous déstabiliser, et après l’occupation de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti, (MINUSTAH) déployée en 2004, sous le prétexte suivant : Haïti était en proie à une profonde instabilité institutionnelle et à une violence criminelle. Le coup de grâce, on veut aujourd’hui nous faire croire que le déploiement d’une force de 5 500 hommes destinée à réprimer les gangs (FRG) rétablira la sécurité dans le pays. C’est totalement faux. Et ils le savent. Les enjeux sont clairs, tout comme les objectifs. Connaissant le jeu et la subtilité de la stratégie impérialiste, nous savons clairement que leur objectif réel n’est pas d’assurer la sécurité et la paix. L’impérialisme a provoqué une crise pour favoriser un affrontement, un déséquilibre à l’intérieur du pays, puis dicte les choix que nous devons accepter. Haïti subit les conséquences de l’irresponsabilité de ses dirigeants qui restent inféodés à la Maison Blanche à Washington ; c’est là que réside la racine du mal dont souffre le pays.

L’impérialisme fomente des situations propices à un affrontement interne, tout en dictant simultanément les remèdes à adopter. Malheureusement, la domination américaine parvient à instrumentaliser les dirigeants du pays eux-mêmes ; une fois au pouvoir, ils doivent satisfaire les intérêts coloniaux pour s’y maintenir, devenant ainsi les artisans de la destruction de leur propre pays. Il s’agit de personnes incapables de voir au-delà des directives de Washington. Ce sont les ennemis mêmes du pays qui fixent les conditions et dictent la marche à suivre pour la nation. C’est pourquoi, au lieu de progresser, nous ne cessons de régresser.  C’est une violence que les classes politiques et la bourgeoisie économique font subir aux masses haïtiennes depuis l’occupation américaine de 1915.

Elle se manifeste par la faim, par la destruction de la production paysanne et en contraignant la jeunesse rurale à quitter la province pour affronter la misère et le chômage dans la capitale. Les problèmes les plus divers se sont abattus sur le pays ce qui a fait effondrer son système de sécurité politique et sa stabilité économique et sociale. D’autres problèmes après les coups d’État successifs concoctés par les Etats-Unis ont gagné en acuité sans trouver de solutions. La crise post-assassinat du président en fonction, Jovenel Moise, est l’exemple le plus parlant de cette désinvolture criminelle de Washington. Tous ces facteurs se sont combinés pour plonger le pays dans une crise multidimensionnelle d’une ampleur exceptionnelle. Cela nous amène à évoquer le cas de l’actuel Premier ministre de facto haïtien, un homme que la population n’avait même pas voulu élire sénateur, mais qui se retrouve aujourd’hui à la tête du Pouvoir Exécutif tout simplement imposé par Washington.

Et pour se maintenir au pouvoir, il a accepté de verser 65 000 dollars US par mois à  un groupe d’influence américain à Washington, Roger Stone and Drake Ventures LLC proche du parti Républicain afin que celui-ci mène des activités de lobbying auprès des autorités américaines en son nom. Le fantoche à son retour des Etats-Unis a estimé avoir accompli un travail satisfaisant, compte tenu du maintien et du respect de la promesse faite pour le déploiement de la Force de répression des gangs. « Il était primordial de faire savoir à la Communauté internationale que l’adoption de la résolution 2793 est une excellente chose. Nous sommes reconnaissants de l’aide apportée au peuple haïtien. Toutefois, cette aide ne doit pas rester théorique ; nous avons besoin que les 5 500 effectifs soient déployés sur le terrain et équipés comme promis » a-t-il fait savoir.

Sans surprise, les 32 États membres actifs de l’Organisation des États Américains (OEA), ainsi que son Secrétaire général Albert R. Ramdin, réclament le renouvellement du mandat et le déploiement complet de la force de lutte contre les gangs (FRG). C’est la même mascarade que celle qui a eu avec la MINUSTAH. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’était amusé à reconduire le mandat de cette mission année après année et ce pendant treize ans, pour le même résultat contre lequel il prétend lutter aujourd’hui.

Il suffit de voir l’état du pays aujourd’hui pour se faire une idée. La crise n’a fait qu’empirer, engendrant une misère profonde, une instabilité persistante et d’atroces souffrances. Qui en porte la responsabilité première ? Par conséquent, nous l’avons dit et répété à maintes reprises dans les colonnes de Haïti Liberté, et nous ne cesserons jamais de le réitérer : aucune force de répression ou de suppression, aucune guerre ne résoudra quoi que ce soit dans le pays. C’est en fait, une guerre sournoise, mais implacable que l’impérialisme américain livre contre le peuple, coupable d’avoir opté de combattre non seulement le système esclavagiste mais aussi le colonialisme occidental.

Le soi-disant scrutin que prépare le Conseil Electoral Provisoire (CEP), prévu pour le mois de décembre 2026, et qui très probablement n’aura pas lieu, constitue un nouveau danger planant sur le pays. Les questions d’insécurité et l’incapacité d’organiser des élections ne sont que des prétextes utilisés par les ennemis du pays pour masquer les véritables problèmes : à savoir l’exploitation excessive des richesses nationales par les multinationales capitalistes. Cette sale besogne s’est manifestée à maintes reprises par un alignement inconditionnel des acteurs de la classe politique haïtienne sur des positions bien éloignées des intérêts et des aspirations du peuple.

La paix et la sécurité que nous promettent les forces étrangères sont illusoires et vaines. C’est un prétexte pour tromper la vigilance populaire et, bien entendu, pour asphyxier économiquement le peuple et perpétuer l’effondrement du pays. Il n’y aura pas de paix réelle et durable aussi longtemps que la domination américaine continue sur ce fond de délabrement social. Aussi longtemps que les impérialistes s’ingéreront pour brouiller toutes les cartes de la résistance populaire. Tant que le régime issu de la domination impérialiste n’aura pas pris fin, n’aura pas été complètement effacé du pays, Haïti ne pourra jamais vivre en paix !

 

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