
(English)
Alors que les États-Unis enlèvent de manière effrontée et sanglante le président et la première dame du Venezuela, imposent un siège brutal et moyenâgeux à Cuba et tuent des centaines d’êtres humains — potentiellement innocents — en faisant exploser leurs bateaux dans les Caraïbes et le Pacifique, Austin Holmes observe l’hémisphère et identifie Haïti comme une source de menace. L’instabilité du pays, avertit-il, « représente une menace directe et croissante pour la sécurité nationale des États-Unis et pour la stabilité régionale au sens large ».
Holmes, un entrepreneur humanitaire originaire de Floride, est le dernier candidat en date nommé par le président Trump au poste d’ambassadeur en Haïti. Plus tôt cette année, il a déclaré au Congrès qu’à ses yeux, les intérêts du peuple haïtien coïncidaient avec « les intérêts nationaux, régionaux et stratégiques des États-Unis ». Il se trouve qu’ils coïncident également avec les intérêts de l’organisation caritative qu’il préside.
La Maison Blanche a transmis sa candidature au Sénat le 14 septembre, présentant un homme d’affaires fort de près de vingt ans d’expérience en Haïti et d’un parcours dans la logistique humanitaire et la libération d’otages ; le dossier a été renvoyé pour confirmation à la Commission des affaires étrangères du Sénat. La réalité de ce parcours est toutefois moins héroïque. En février, en tant que simple citoyen, Holmes a soumis un témoignage écrit à la sous-commission des crédits du Sénat chargée du Département d’État, des opérations à l’étranger et des programmes connexes — l’instance qui contrôle les dépenses de Washington à l’étranger. Il y a exposé une stratégie pour Haïti « élaborée par CaribbeanOne » et a exhorté les responsables budgétaires à orienter l’aide vers des organisations similaires, sans préciser qu’il préside le conseil d’administration de l’organisation caritative qui gère CaribbeanOne.

Il est désormais en passe de contribuer à l’orientation de ces dépenses. À l’ère Trump, la frontière entre mission publique et entreprise privée est tracée par le responsable lui-même, si tant est qu’elle le soit.
Des termes empruntés : « Narco-terroristes »
Dans une tribune publiée en avril 2025 dans le Miami Herald et intitulée « Un plan “L’Amérique d’abord” pour empêcher l’effondrement d’Haïti », Holmes écrivait que les groupes armés haïtiens « ne sont ni des philosophes ni des révolutionnaires : ce sont des narco-terroristes dont l’objectif est de transformer Haïti en une plaque tournante du trafic de stupéfiants à destination des États-Unis ». L’expression et le postulat ne venaient pas de lui. Dès son retour au pouvoir, Trump a ordonné que les cartels de la drogue soient désignés comme organisations terroristes. Il a tenté de présenter la dépendance mortelle des milliers des citoyens des États-Unis au fentanyl (qui ne provient pas d’Amérique latine) comme une attaque contre le pays, justifiant ainsi son agression criminelle à travers le continent.
Trois semaines après la publication de la tribune de Holmes, le secrétaire d’État Marco Rubio a classé « Viv Ansanm » (Vivre ensemble) — la coalition de groupes armés de Port-au-Prince — et « Gran Grif » (Grandes Griffes) — le groupe armé de la vallée de l’Artibonite — parmi les organisations terroristes étrangères. « L’ère de l’impunité pour ceux qui soutiennent la violence en Haïti est révolue »,a déclaré Rubio.
Souvent appliquée à toute personne ou tout groupe considéré comme un ennemi par le gouvernement américain (et retirée tout aussi arbitrairement lorsqu’ils deviennent des alliés, comme l’illustre récemment le cas du président syrien Ahmed al-Sharaa), cette étiquette est dénuée de sens. Les groupes armés haïtiens sont le fruit de la pauvreté, des guerres de territoire, de l’autodéfense et de décennies de clientélisme entretenu par les politiciens et les oligarques haïtiens — ces mêmes élites que Washington a longtemps soutenues. Cette étiquette a eu pour effet de transformer une crise sociale et politique en un problème de « lutte antiterroriste », censé être résolu par la force plutôt que par la justice, l’emploi et la souveraineté.
« Narcoterroriste » est aussi le terme que le secrétaire à la Défense (ou à la Guerre), Pete Hegseth, accole aux personnes illégalement tuées en mer par ses forces. Depuis septembre 2025, les frappes américaines contre de petites embarcations dans les Caraïbes et le Pacifique oriental ont tué plus de 230 personnes lors d’une soixantaine d’attaques. Aucune des victimes n’a été inculpée ni jugée. Le 3 janvier, les forces spéciales américaines ont illégalement capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores, à Caracas, avant de les transférer par avion à New York. Depuis lors, un blocus pétrolier américain, tout aussi illégal, a plongé Cuba dans des pannes d’électricité et une crise humanitaire.
Si le terrorisme désigne l’usage de la violence contre des personnes, en dehors de tout cadre légal, pour atteindre des objectifs politiques, alors le plus grand adepte de cette pratique dans l’hémisphère ne réside ni à Cité Soleil ni à Croix-des-Bouquets. Il réside à Washington. Lorsque Holmes emploie le terme « narcoterroriste », ce n’est pas Haïti qu’il décrit. Il reprend à son compte le discours qui légitime ces tueries.
Il en va de même pour son affirmation, parue dans le Herald, selon laquelle Haïti représente « une menace pour la sécurité régionale qui s’aggrave rapidement ». Haïti ne dispose ni de marine ni d’armée de l’air, et son économie est plus modeste que celle de nombreuses villes américaines. Ses groupes armés combattent essentiellement avec des armes introduites clandestinement depuis la Floride. En d’autres termes, la menace va clairement dans l’autre sens.
Pas de troupes au sol, mais un plan d’affaires
À sa décharge, Holmes ne souhaite pas voir de troupes américaines « sur le terrain », comme il l’a écrit dans le Herald. Son témoignage indique clairement qu’il « ne préconise pas d’intervention militaire à grande échelle ». C’est une bonne chose. Les Haïtiens ont connu une occupation militaire américaine de 1915 à 1934 ainsi que des débarquements de troupes américaines en 1994 et 2004 (suivis d’occupations militaires de l’ONU) ; le bilan de chacune de ces interventions est suffisamment sombre pour justifier la retenue.

Toutefois, la retenue ne fait pas partie de sa proposition. Sa proposition est un produit commercial. Ce dont Haïti a besoin, selon sa tribune, c’est d’un « soutien américain à des partenaires haïtiens et haïtiano-américains crédibles », parmi lesquels figurent « des dirigeants du secteur privé jouissant de la confiance de tous [c’est-à-dire la bourgeoisie haïtienne, très décriée], d’anciens responsables des forces de l’ordre et des vétérans militaires ». Ce que Washington devrait financer, a-t-il déclaré au Congrès, c’est « une stratégie intégrée et réalisable de réponse sécuritaire et humanitaire, élaborée par CaribbeanOne », le réseau qu’il dirige. Celle-ci comporte quatre phases : sécuriser des couloirs humanitaires, y acheminer de la nourriture, de l’eau et des soins médicaux, rétablir les services essentiels, puis transférer les opérations aux institutions haïtiennes.
La sécurisation des couloirs traversant les territoires contrôlés par des groupes armés doit être assurée par quelqu’un. Holmes affirme que le volet sécuritaire sera « dirigé par des Haïtiens ». Il ne précise pas qui assurera la formation, l’équipement, le conseil et le soutien de cette force. On peut supposer que cela pourrait inclure Rally Defense Solutions, la branche de services militaires de sa propre société holding, qui commercialise des prestations de « formation des cadres, d’entraînement tactique, de soutien aux missions et de gestion de crise » auprès de gouvernements et d’organisations opérant dans des environnements à haut risque. Pas de soldats américains, donc, mais peut-être des prestataires privés américains. « Une action rapide dès maintenant », a promis Holmes aux lecteurs du Herald, « générera d’importants dividendes dans l’esprit “America First” ». Reste à savoir qui en récolterait les fruits.
De Mission of Hope à Caribbean One
L’expérience de Holmes en Haïti est bien réelle. Il y a commencé à travailler en 2009, y a vécu de 2017 à 2019 et y a constitué une équipe d’environ 900 personnes — selon ses dires — permettant de nourrir plus de 100 000 enfants par jour via HaitiOne, un réseau scolaire géré par l’organisation caritative confessionnelle Mission of Hope ; selon la biographie figurant sur le site de son entreprise, il y occupait le poste de directeur national.
Le réseau a depuis changé deux fois de nom, devenant HaitiOne puis CaribbeanOne, mais l’organisation reste légalement enregistrée sous le nom de Mission of Hope. Les déclarations fiscales (formulaire 990 de l’IRS) désignent Holmes comme président du conseil d’administration pour tous les exercices allant de 2021 jusqu’en juin 2025. Dans sa dernière déclaration, l’organisation a fait état de recettes s’élevant à 24,8 millions de dollars, provenant à environ 90 % de dons privés. Le président de CaribbeanOne a perçu une rémunération de 151 500 dollars, tandis que Holmes ne déclare aucune rémunération en tant que président du conseil d’administration.
Depuis au moins 2020, chaque déclaration comporte également une case cochée signalant des « transactions impliquant un conflit d’intérêts », c’est-à-dire des opérations impliquant une partie intéressée, telle qu’un membre du conseil d’administration ou une entreprise contrôlée par celui-ci. Les détails figurent dans l’annexe L (Schedule L), qui ne fait pas l’objet d’une indexation publique. Les sénateurs peuvent — et devraient — demander si ces transactions impliquent Holmes ou ses entreprises.
Ce qu’il a demandé au Congrès de financer
Holmes a indiqué aux sénateurs que CaribbeanOne « gère déjà 630 centres de programme à travers Haïti, nourrissant plus de 130 000 enfants chaque jour » et « dirige un réseau de plus de 500 ONG ». Il a fait remarquer que seuls 7,6 % des financements antérieurs de l’USAID en Haïti ont été versés directement à des organisations locales, alors que 40 % sont allés à des agences de l’ONU. Il a préconisé de « renverser le statu quo pour allouer plutôt 90 % des fonds aux organisations locales sur le terrain », par l’intermédiaire d’« organisations communautaires et confessionnelles éprouvées et ancrées localement » — ce qui, en pratique, désigne la puissante communauté des missions évangéliques d’Haïti, dont il fait lui-même partie.

Ses partisans souligneront que ses recommandations officielles ne mentionnent jamais CaribbeanOne. Pourtant, c’était le seul cadre qu’il a présenté à la sous-commission, et son témoignage s’attarde sur son passé avec HaitiOne tout en passant sous silence sa situation actuelle. Cette omission revêt désormais une importance accrue. Avec l’intégration des fonctions restantes de l’USAID au sein du département d’État, l’ambassade à Port-au-Prince exerce une influence bien plus grande (voire totale) sur la manière dont l’aide américaine est acheminée en Haïti. Un ambassadeur ayant déjà soutenu que les fonds devraient être versés à des organisations telles que la sienne serait idéalement placé pour orienter des décisions dont son association caritative pourrait tirer profit.
Le témoignage souligne également — ce qui met dans l’embarras son nouveau parrain politique — que les ordres d’arrêt des activités donnés par Trump en janvier 2025 ont gelé environ 330 millions de dollars d’engagements américains envers des programmes en Haïti. Il qualifie par ailleurs la Force de lutte contre les gangs — approuvée par l’ONU mais contrôlée par les États-Unis — d’« outil cinétique nécessaire » qui ne répond pas à l’urgence humanitaire ; c’est précisément cette lacune que sa coalition propose de combler.
La carte de la Chine
Haïti est l’un des douze seuls pays à reconnaître encore Taïwan, a rappelé Holmes aux sénateurs, tandis que Pékin mène une « offensive de charme », terme qu’il a employé pour qualifier son aide financière, ses financements d’infrastructures et ses prêts sans intérêt visant à inciter Port-au-Prince à se joindre au reste du monde (y compris les États-Unis, officiellement) pour reconnaître le principe d’une seule Chine. Holmes souhaite dissuader Haïti d’envisager les généreuses propositions de développement de la Chine, que de très nombreux pays à travers le monde (y compris la République dominicaine voisine) ont accepté avec empressement.
« Sans une intervention appropriée des États-Unis », a-t-il écrit, « la Chine continuera d’étendre son contrôle et son influence en Haïti. » En réalité, Washington y détient un quasi-monopole en matière de contrôle et d’influence. Toutefois, cet argument transforme le projet « CaribbeanOne » en une stratégie visant à contrer la Chine et présente les législateurs réticents comme cédant du terrain à Pékin.
Un récit de sauvetage contesté
La crédibilité de Holmes en matière de sécurité repose essentiellement sur une seule affaire. En 2023, a-t-il déclaré devant la sous-commission, il a fondé une société de sécurité « sous la direction du FBI » afin de soutenir « la négociation fructueuse et la libération d’un ancien combattant américain enlevé en Haïti ». Son cofondateur, Tate Jolly (identifié sous le nom de Taylor Jolly dans le témoignage), est un ancien opérateur de la Delta Force et des Marines, décoré de la Navy Cross.
L’otage était Jeff Frazier, un ancien de l’armée de terre et travailleur humanitaire retenu captif pendant 43 jours en 2023 ; il a depuis publiquement attribué à Holmes un rôle crucial dans sa libération. Cependant, Frazier — collaborateur de longue date de Tim Ballard, fondateur de l’organisation Operation Underground Railroad (OUR) dont il a depuis repris la reconstruction — a livré une version différente dans une déclaration transmise à VICE News en 2024. C’est son épouse qui a joué un rôle déterminant dans sa libération, a-t-il affirmé, avec l’aide d’amis issus d’OUR ainsi que de contacts locaux spécialisés dans la sécurité et la logistique en Haïti. Le gouvernement américain n’a apporté « aucune aide ».
Il est possible que Holmes ait figuré parmi ces contacts locaux, mais cela se concilie mal avec l’idée que l’opération de sauvetage — menée sous l’égide du FBI — ait été à l’origine de la création de sa société de sécurité. Les sénateurs peuvent demander à Holmes, ainsi qu’au FBI, quelle version est la bonne. La question est importante, car ce récit sous-tend sa double image d’acteur humanitaire et de spécialiste de la sécurité.
RallyX et Rally Defense Solutions
Holmes est PDG de RallyX, une société holding basée à Jacksonville. Les registres officiels indiquent qu’elle a été créée en 1999 sous le nom de Poole Management Co. avant d’être rebaptisée en 2022 ; Lockwood Holmes en est le président et Bret Holmes le directeur financier. Ses activités couvrent divers secteurs : santé, construction résidentielle et commerciale, organisations à but non lucratif, aménagement paysager, transports… et contrats militaires. Le site USASpending.gov ne fait état d’aucun contrat fédéral attribué à RallyX ou à Rally Defense Solutions ; la politique promue par Holmes ouvrirait donc un marché auquel l’entreprise n’a jamais eu accès. La question de savoir si Rally Defense Solutions ou le Caribbean Security Group — entreprises également absentes de la base de données USASpending.gov mais mentionnées sur son profil professionnel ainsi que sur le panneau qu’il a présenté lors de l’audition au Congrès en février — ont opéré en Haïti sera abordée lors de son audition de confirmation.
« Une action rapide dès maintenant », a promis Holmes, « générera d’importants dividendes dans l’esprit “America First” ». Reste à savoir qui en récolterait les fruits.
Ses activités sont distinctes de celles de Vectus Global, la société fondée par Erik Prince (créateur de Blackwater), qui travaille sous contrat avec le gouvernement de facto d’Haïti. Vectus, ainsi que la Police nationale d’Haïti qu’elle forme, conseille et dirige, ont été mis en cause par des organisations de défense des droits humains et par la presse pour des tirs mortels et des frappes de drones ayant principalement tué des civils innocents dans les bidonvilles de la capitale.
Rod Joseph, un vétéran de l’armée américaine d’origine haïtienne très présent sur les réseaux sociaux haïtiens et un candidat récurrent aux élections en Floride, affirme que lui et Holmes sont « amis depuis un certain temps. Nous travaillons tous deux dans le même secteur. Nous luttons tous deux contre Erik Prince et avons témoigné devant le Congrès du danger que représente Prince. »
Mais un autre problème se pose. Lors d’une audition de la sous-commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants le 21 juillet, le colonel Justin Gorkowski — codirigeant de la « Tiger Team » du Pentagone qui supervise la Force de lutte contre les gangs (GSF), une initiative montée par les États-Unis et soutenue par l’ONU — a qualifié de « partenaire formidable » la force opérationnelle de drones dirigée en pratique par Vectus Global. Il a également annoncé qu’un officier de liaison de cette force serait bientôt intégré au centre d’opérations conjoint de la GSF elle-même. De son côté, Holmes a assuré au Congrès que son plan ne visait pas à « remplacer les efforts américains ou multilatéraux existants ». Si les mercenaires de Prince sont intégrés à la GSF supervisée par le Pentagone, ces efforts existants incluent désormais l’homme même que Holmes combat, selon Rod Joseph. Holmes ne peut pas à la fois s’opposer à Prince et promettre de ne pas perturber une structure qui a fait de Prince un partenaire.
Holmes n’a pas répondu aux e-mails ni aux messages téléphoniques de Haïti Liberté sollicitant un entretien et une vérification des affirmations de Rod Joseph.
Argent, biens immobiliers et politique
En juin 2020, l’année suivant son retour présumé d’Haïti, Holmes et son épouse ont acheté comptant une maison pour 1 000 025 dollars dans le comté de St. Johns, près de Jacksonville. Il l’a revendue en avril dernier pour en acheter une autre à Cooper City en juin. Ses sources de revenus ne sont pas documentées publiquement. Les sénateurs pourraient demander si l’accord de déontologie qu’il a conclu avec l’Office of Government Ethics (Bureau de l’éthique gouvernementale) couvre son siège au conseil d’administration de Mission of Hope ainsi que ses parts dans les activités de défense de RallyX. Le « FL Families for Action PAC Inc. », un comité proche du Parti républicain dont Holmes semble faire partie, est enregistré à la même adresse de bureaux à Jacksonville qui a servi de siège social à RallyX jusqu’en 2025. Aucun document consulté ne mentionne Holmes comme fondateur ou dirigeant, et le comité ne figure pas dans le répertoire en ligne de la Division des élections de Floride, lequel indiquerait normalement qui le dirige.

C’est un autre point que les sénateurs devraient examiner, bien que les postes d’ambassadeur soient souvent des récompenses accordées par le président à d’importants soutiens de campagne.
Un schéma bien connu
Personne ne conteste que Holmes connaisse bien Haïti. Toutefois, il n’a pas dissocié son plaidoyer en faveur de la politique américaine de ses intérêts dans les organisations que cette politique financerait. Il reprend le vocabulaire de Trump et de Rubio qualifiant Haïti de « terroriste » pour présenter le pays comme une menace. S’il rejette à juste titre le déploiement de troupes américaines au sol, il propose en remplacement le plan de sa propre organisation caritative — et peut-être les services de sa propre entreprise. Enfin, il justifie l’urgence de la situation en invoquant une « menace » chinoise, faisant ainsi passer toute objection pour un signe de faiblesse.
C’est là le style de gouvernance du président qui l’a nommé : l’intérêt public et l’intérêt privé présentés comme une seule et même chose. Le Sénat pourrait exiger de Holmes qu’il les dissocie avant de confirmer sa nomination. Il est peu probable qu’il le fasse.








