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L’oligarque Gilbert Bigio est mort !

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Gilbert Bigio décédé à l’âge de 91 ans

En décembre 2022, le gouvernement canadien a sanctionné Gilbert Bigio, Reynold Deeb et Sherif Abdallah, les accusant d’utiliser leur statut, leurs relations et leurs ressources pour protéger ou faciliter des activités illégales liées à des gangs armés, notamment par le blanchiment d’argent et d’autres actes de corruption.

Aujourd’hui, 29 septembre 2026, Gilbert Bigio, l’un des visages les plus emblématiques de cette architecture de pouvoir qui a contribué à faire d’Haïti un enfer sur terre, vient de quitter ce monde. Satan est donc mort. Mais puisqu’il a passé une partie de son existence à contribuer, directement ou indirectement, à faire de la terre d’Haïti un enfer pour des millions d’êtres humains, j’espère sincèrement qu’il ira au paradis.

Parce qu’il faudra bien que quelqu’un lui explique, là-haut, ce que cela signifie d’avoir vécu ici-bas au milieu de l’enfer que tant d’Haïtiens subissent.

Le problème n’est pourtant pas seulement l’homme Bigio, mais l’architecture du pouvoir dont il fut l’un des nœuds : un système où le chaos n’est pas nécessairement l’absence d’ordre, mais un ordre du désordre, c’est-à-dire un désordre suffisamment violent pour désarticuler la société, suffisamment durable pour affaiblir l’État, mais suffisamment prévisible pour que certains sachent toujours où se trouve le profit.

Importation. Infrastructures. Ports. Énergie. Finance. Réseaux politiques. Influence internationale. Et, au milieu de tout cela, l’insécurité.

Tout peut alors sembler s’effondrer, tandis que certaines structures continuent de fonctionner. C’est précisément ce que j’appelle le désordre bien ordonné, une anarchie bien organisée.

L’Haïtien ordinaire vit le chaos comme une catastrophe. Mais dans l’architecture de l’État AFFRANCHI, le chaos est une ressource : il désarticule la production nationale, détruit les institutions, fragilise la souveraineté et augmente la dépendance, pendant que certains centres de pouvoir continuent d’accumuler influence, capital et capacité de négociation.

Bigio est mort. Oups, pardon, Satan est mort. Mais le système dont il fut l’un des bénéficiaires ne l’est pas. Et c’est peut-être cela le plus terrifiant.

Satan meurt. L’enfer, d’un autre côté, continue de fonctionner.

 

Kervens Louissaint

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