Nouvelles mesures frontalières de la République Dominicaine

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Les commerçants et travailleurs haïtiens ont besoin de documents légaux d’identification pour avoir accès à la frontière haitiano-dominicaine à tous les points d'entrée

Le Groupe d’Appui aux Réfugiés et Rapatriés (GARR) a indiqué ce weekend que désormais les commerçants et travailleurs haïtiens ont besoin de documents légaux d’identification pour avoir accès à la frontière haitiano-dominicaine à tous les points d’entrée. A cet effet, le GARR a ainsi informé que le matin du jeudi 13 Juillet 2017 dernier, des commerçants et travailleurs haïtiens, dans le cadre de leurs activités habituelles, allaient traverser la frontière haitiano-dominicaine au niveau de Ouanaminthe/Dajabon dans le Nord-est quand ils ont été contraints de rebrousser chemin vers leur pays d’origine (Haïti), faute de passeport, une nouvelle exigence du gouvernement dominicain.

Ces mêmes mesures sont aussi en vigueur dans d’autres points de la frontière comme : Anse a Pitre/Pedernales dans le Sud-est, Savane Bombe/Cacica Département de l’Ouest et Carisa-Elias Pinas/Belladère au Plateau Central.

Des soldats dominicains contrôlaient l’accès à la frontière haïtiano- dominicaine

Ceux et celles des nôtres qui ont tenté de contrer cette nouvelle disposition des autorités dominicaines ont été sévèrement molesté-es par les agents de la police haïtienne, a rapporté le GARR.

Du côté de Carisa-Elias Pinas/Belladère, Département du Centre, ce sont les mêmes scenarios où les commerçants et travailleurs haïtiens se voient, tout de go, refuser l’accès au territoire voisin.

Toujours selon les informations  de l’organisation humanitaire GARR, ces principes rigoureux du gouvernement dominicain qui sont rentrés en vigueur depuis le 11 Juillet 2017 dernier, ont été adoptés par les autorités dominicaines à l’insu du gouvernement haïtien. Dans le cadre de ces nouvelles mesures, du premier au 12 Juillet dernier, 1094 migrantes et migrants haïtiens dont 1008 hommes, 37 femmes et 49 mineurs, ont été reconduits chez eux. Tandis que beaucoup d’autres migrantes et migrants ont été arrêtés et enfermés dans la prison d’Haina avant d’être reconduits en territoire d’origine, Haïti.

Le GARR a affirmé avoir assisté 237 personnes reconduites en Haïti depuis l’adoption de cette nouvelle mesure par les autorités dominicaines en ce début du mois de Juillet 2017.

D’autre part, le matin du lundi 17 Juillet 2017 dernier, dans le Canal de Monte-Christi, en République Dominicaine, la police dominicaine a découvert 3 corps qui sont des cadavres d’haïtiens dans un lac. Le même lundi 17 Juillet, dans le même lac, au Canal de Monte-Christi, dans l’après-midi, la police a de nouveau découvert deux autres corps inertes qui sont les cadavres d’une maman et de son bébé de 21 jours.

Suite aux nouvelles mesures ayant empêché le franchissement des compatriotes haïtiens à la frontière, il parait qu’ils ont tenté d’autres moyens. Des sources d’information combinées ont fait savoir qu’il existe du côté de Dajabon un réseau de passeurs dominicains qui s’évertuent à transporter les compatriotes haïtiens de Ouanaminthe à la République Dominicaine aux prix de 1500 pesos dominicains. A cause des difficultés inattendues dues à ces genres de périples ou plutôt à cause d’actions délibérément méchantes, nombreux de nos compatriotes haïtiens ont été mortellement victimes de ces passeurs déloyaux la semaine dernière.

Des informations issues de la République Dominicaine la semaine dernière ont fait savoir que le maire de la ville de Santiago a déclaré persona non grata tous les haïtiens illégaux vivant dans cette ville. Ils ont par la suite procédé à la démolition de toutes les échoppes où ces compatriotes haïtiens s’affairaient à exercer leurs commerces. La mairie de Santiago ayant exigé de ces derniers la carte d’identification nationale de leur pays. Ainsi donc, depuis plus d’une semaine, il n’existe aucune échoppe d’haïtien dans toute la ville de Santiago.

Dans une déclaration à la presse dominicaine, parue dans le journal dominicain Listin Diario le lundi 17 Juillet 2017, tentant d’expliquer les raisons qui ont motivé les haïtiens à fuir leur pays (Haïti) par la frontière haitiano-dominicaine, l’ancien général de la défunte Armée d’Haïti, Henry Namphy, a qualifié ces concitoyens haïtiens de gens dépourvus d’éducation. Il aurait dû avoir  honte de tenir de tels propos, lui qui fut leur président provisoire d’Hait pour une période d’au moins deux ans. Quelle ironie!

 

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