Haïti Top 10 Athlètes : Numéro 3 Guy Sainvil (Arcahaie, 1940) « L’artiste, ou le Pelé d’Haïti »

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Guy Sainvil (Tigi)

Même si on l’a toujours comparé à Pelé, avec qui il partage les mêmes mois et année de naissance, il aurait pu être aussi le ‘’Messie’’ de nos jours. En effet, qui aurait pu douter des valeurs de « Tigi», l’homme à la touche de balle singulière, aux feintes déconcertantes, aux dribles imperméables, et, a la fois buteur patenté et marqueur de buts d’anthologie et surtout joueur versatile; pouvant se muer en passeur-distributeur aussi bien qu’en receveur impénitent. Il fut aussi un athlète complet, pouvant marquer des deux pieds et de la tête.  C’est dans sa ville natale qu’il se fit d’abord remarquer dès l’âge de quatorze ans faisant entrevoir les signes d’un génie annoncé durant les championnats de vacances. En 1960, alors habitant à Port-au-Prince, il fut intégré au sein de l’Aurore du Bel-Air pour ensuite incorporer les rangs de l’Etoile Haïtienne, évoluant alors en Coupe Pradel (Première division.). Au cours de cette même année cette équipe parée de sa magie fut consacrée championne nationale. Après avoir élevé l’Etoile Haïtienne au stade suprême, il passa dans un transfert retentissant au Racing Club Haïtien l’année suivante.

Dans un ensemble gorgé de talents qui n’attendait que son intégration pour atteindre le sommet du foot-ball international. En effet, une année après son intégration, cette équipe avec en son sein:: René Vertus, Joseph Obas, Salomon Sainvil, Germain Champagne, André Pelao etc; rafflait tout sur son passage, remportant durant trois saisons consécutives, le championnat national et, fut ultimement sacrée Championne de la Concacaf. Parallèlement avec le Racing Guy fut appelé au sein de la Sélection Nationale dans laquelle, il rejoignit une superbe génération de foot-balleurs. Toujours au beau milieu des années 1960, pendant qu’un certain Edson Arentes dit ‘’Pelé’’ mettait le monde du foot-ball sens dessus, sens dessous. « Tigi » lui émerveillait dans une république bananière dont les dirigeants se foutaient pas mal de son don.

Trahi par un environnement malsain, et une atmosphère macoute faite de répression, d’arrestations, de disparitions, de sauve qui peut, d’enlèvements et d’exil, G.S continua à faire rêver de par sa façon singulière de transcender partenaires et adversaires, cantonné dans son coin éloigné. Puisque à cause du climat de terreur instauré par un régime qui faisait de paisibles citoyens, d’artistes et de joueurs de foot, leurs cibles privilégiés. De ce fait, la sélection nationale n’a pu prendre part aux éliminatoires de 1958, 1962 et de 66, Ce fut l’époque où les E.U voulaient lancer leur foot-ball, en s’impliquant au recrutement des meilleurs talents mal connus du foot. Bien avant Pelé, Becken, Cubillas, Cruyff, Arsène Pelao, F. Mathieu etc; qui devinrent le gratin du soccer états-unien entre les mid seventies jusqu’au milieu des années 1980. C’est ainsi que de jeunes talentueux Haïtiens tels que : Phillipe Vorbes (NY Generals), Edner Breton, Tom Pouce (Detroit Cougars) et le super doué Guy Sainvil (Baltimore Bays),etc prirent the ‘’states’’ d’assaut pour imposer leur brin de foot pétillant.

A cette étape, la présidence à vie et le macoutisme avaient à coups de répressions vassalisé le sport- roi comme les autres institutions du pays, C’est ainsi que  « papadoc » avec sa coupe François Duvalier décida de lâcher du lest au foot-ball et permit la participation de notre sélection aux éliminatoires de la Coupe du monde de 1970 au Mexique. En conséquence, Guy retrouva ses pénates et un public ravi de le voir encore à l’œuvre au bercail. Encore une équipe nationale dans laquelle il constitua l’ultime attraction avec : Obas, Pipo et son complice Tom-pouce, un quator exceptionnel qui aurait, grâce à d’autres talents probants et d’un environnement propice; rivalisé des carrés aussi valeureux tels:: Pelé, Didi, Vava; Guarancha ou Pelé. Gerson; Tostao, Gershino ou encore Cruyff, Neskens, Rep, Rensebrik aussi bien que Becken , Overath, Bonhof, Muller, ainsi que Socrates, Falcao, Zico, Sereso, autant que: Platini, Giresse, Tigana, Fernandes. Enfin, Dédé, Zizou, Youri, et Petit. Sans oublier Rivaldo, Ronaldo, Ronaldino et Bebeto.

Mais encore, l’absence d’une vision claire et, des macoutes comme Mirabeau, Thioute toujours à leur trousse, imposant leur quatre volontés, jusqu’à même suggérer la formation de l’équipe. La sélection nationale malgré un parcours certifié finit par baisser pavillon devant le Salvador dans un match de barrages qui endeuilla tout le pays. Ce qui sembla être le dernier baroud de Guy qui à ce niveau sembla avoir laissé le meilleur derrière lui au comble de ses trente ans, en plus de l’absence de rénumération qui l’obligea à muter ailleurs. A cette étape, il reçut des offres de France (Angouleme) et des E,U, puis revenait au bercail en 1972, juste à temps pour prendre part à la campagne de Munich 1974. Il retrouva bien vite sa place de titulaire au Racing ainsi que dans l’équipe nationale. Bien qu’il n’était plus le fringant d’autrefois, il contribua quand même au sacre du Racing en 1974 avec quelques buts de facture. De plus, des jeunes loups affamés comme Manno Sanon, Lens Domingue. Eddy Antoine etc; avaient pris le devant de la scène.

Cependant, il lui restait encore un peu de jus pour participer au Prémondial de 1973 en Haïti alors consacré champion, dans lequel il fut très en verve, ainsi qu’au mondial de Munich. Récompense dûment méritée pour sa gloire et sa contribution au rayonnement du foot-ball. En fait, dépassé par l’événement, dirigeants, staff technique et autres,  l’important était surtout de participer au lieu d’aller jouer un rôle de premier plan..Cependant, fini, ses périples mondiaux, « Tigi » regagna ses pénates américaines et attérit au sein du Baltimore Comets. A ce tournant, il jouait que pour la galerie dans les championnats de NY et Miami, incluant une rencontre d’exhibition au terrain de Jefferson à Brooklyn entre le groupe musical Zin et les Vétérans de NY au cours de laquelle il fit voir de toutes les couleurs à un certain marqueur nommé Ed Rainer. Autant ses dribbles et ses feintes de corps n’avaient pris aucune ride. A la fin du dernier millénaire, il retourna en Haïti y vivre ses derniers jours et y demeure jusqu’à aujourd’hui en proie à la maladie.

 

 

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