Des organisations de la société civile plaident pour le renforcement de l’armée d’Haïti et de la police nationale

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Des propagandistes qui antérieurement n’ont jamais dénoncé l’occupation de la Minustah qui militent maintenant en faveur du retour des Forces Armées d’Haïti. Photo: Milo Milfort/Haïti Liberté

Le Groupe de Réflexion sur la Sécurité et la Défense Nationale (GRSDN) et la Coordination Nationale de la Société Civile Haïtienne (CONASCH) plaident pour la restructuration de la police et le renforcement de l’armée nationale, dans un contexte marqué par le départ définitif, le 15 octobre prochain de la Mission onusienne en Haïti.   « La Mission des Nations-Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) a échoué. La situation ‘’sûre et stable’’ promise n’est pas effective. La MINUSTAH reviendra sous peu, si l’armée d’Haïti n’assure pas la relève », prévient Dasly Exaltin, membre du GRSDN. « Haïti a besoin d’une force de défense. Le renforcement de l’armée est plus qu’une nécessité. Nous voulons finir avec l’occupation une fois pour toute!», renchérit pour sa part le colonel Lionel Liautaud, ex-membre des Forces Armées d’Haïti (FAD’H).

Le colonel fustige le comportement de ceux et celles qui soutiennent que le pays n’a pas besoin d’une force militaire, tout en misant sur son caractère budgétivore. Il explique que l’absence de celle-ci coûte davantage que son existence, considérant les pertes énormes qu’enregistrent le pays au niveau de ses frontières et dans le commerce. « Nous avons besoin d’une armée professionnelle dédiée à la défense de nos frontières, pour participer dans la lutte contre la pauvreté et empêcher que le pays connaisse des situations chaotiques. Une armée capable de sauver des vies durant les catastrophes naturelles », ajoute Liautaud, dans le cadre de cette conférence de presse donnée le 9 mai 2017 à Port-au-Prince.

Pour le GRSDN et la CONASCH, il est urgent qu’Haïti renforce et consolide son armée qui existe et est encore en vie dans la Constitution et dans le pays. La police et l’armée sont deux forces indispensables à la paix et au développement d’Haïti.

Ils critiquent la MINUSTAH pour n’avoir fait aucun effort visant au renforcement et à la reconstruction de l’armée nationale. Durant ces 13 années d’occupation, la MINUSTAH est accusée d’avoir introduit le choléra dans le pays par le biais de ces troupes népalaises. Mais aussi de viols, vols et assassinats.

Le choléra a déjà fait plus de 9 400 morts en Haïti et au moins 800 mille infectées. Jusqu’à présent, l’ONU refuse encore de dédommager les victimes de cette épidémie qui continue son cours, en dépit du fait qu’elle a enfin reconnu sa responsabilité dans l’introduction de la maladie dans le pays le plus appauvri en Amérique.

L’épidémie du choléra persiste en Haïti notamment, en raison du sous-financement du Plan National d’Elimination du Choléra, du faible accès à l’eau potable et à l’assainissement, du manque d’accès à des soins médicaux de qualité. « Le peuple haïtien n’a pas besoin de la MINIJUSTH », poursuit Exaltin. « La Minijupe n’est plus à la mode », ironise-t-elle, une façon d’insinuer que cette nouvelle force ne constitue pas une priorité pour le pays.

Selon une résolution prise par l’ONU en mars dernier, après le 15 octobre 2017, la MINUSTAH sera remplacée par la Mission des Nations Unies pour l’Appui à la Justice en Haïti (MINUSJUSTH).

Celle-ci sera chargée « d’aider le gouvernement haïtien à renforcer les institutions de l’Etat de droit, d’appuyer et de développer la police nationale et de suivre la situation des droits humains dans le pays ». Elle devra compter jusqu’à sept unités de police constituées –soit 980 personnes– et 295 policiers hors unités constituées, pour une période initiale de six mois allant du 16 octobre 2017 au 15 avril 2018.

Par ailleurs, le Conseil de sécurité des nations-unies autorise la MINUJUSTH à « protéger les civils menacés de violences physiques imminentes, dans la limite de ses moyens et de ses zones de déploiement ».

Pour certains observateurs, c’est la continuité de l’occupation onusienne sur Haïti au travers d’une nouvelle force internationale.

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