Ce qu’il ne faut pas attendre des prochaines élections américaines

0
323
Joe Biden et Donald Trump

21 Août 2020 – Hier soir, Mr Jo Biden a dit ce qu’il lui fallait dire: que s’il était élu, il serait le président de tous les Américains, y compris ceux qui n’auraient pas voté pour lui aux élections du 3 Novembre prochain.

C’est de la bonne tactique: les démocrates sont en train de rééditer la coalition qui avait élu et réélu Barack Obama, le premier chef d’Etat Noir d’un pays bâti sur l’esclavage des Noirs. Et, ne l’oublions jamais, l’extermination des autochtones, qui y vivaient depuis au moins 13 000 ans…

Probablement, le mouvement de contestation actuel, qui est à mon avis une lame de fond, pas une simple vaguelette, va pousser un éventuel pouvoir du Parti Démocrate plus à gauche qu’il ne l’aurait voulu. Kamala Harris, quoiqu’à mon sens bien trop à droite, y aidera.

Mais quant à la politique générale d’un prochain gouvernement Biden/Harris, l’impérialisme est le mode d’existence du grand Finanzkapital (R. Hilferding) mondialisé, pour la raison nécessaire et suffisante de l’extraction du profit maximum. Alors nous ne pouvons compter, ici aux USA, que sur des ajustements mineurs qui ne changeront pas grand’chose au système global, et auxquels les méga-corporations qui sont le pouvoir réel consentiront pour ne pas scier la branche sur laquelle elles sont assises (le consentement du peuple américain). Et au niveau mondial, ce sera à mon humble avis  menm kout baton an: la domination, les guerres “locales”, et l’exploitation as usual.

En ce qui concerne notre Haïti Chérie, nous n’aurons rien.

L’Empire du Bien ne condescend à nous laisser survivre (dans quel état!) que comme acheteurs de produits qu’il exporte et fournisseurs de main-d’œuvre à bon marché lorsqu’il en a besoin. Et cela à la condition expresse qu’il choisisse lui-même nos gouvernants. Parmi les pires et les plus sots, bien sûr: the worst and the dumbest, c’est la recette.

Et pour conclure, je rappellerai que l’un des meilleurs copains des Duvalier au Congrès US a été un Noir. Que le remplacement illégal de François Duvalier par son fils de 19 ans, Jean-Claude, en 1971, a été organisé et supervisé par un Noir, Clinton Knox, qui fut incidemment quelque peu malmené par un audacieux commando. Qu’Andrew Young, Noir et progressiste dans son pays, ne fit pas grand’chose pour nous débarrasser d’une dictature aussi meurtrière que dynastique. Et que Mr Obama non plus n’a à ma connaissance, rien fait pour nous (et beaucoup fait contre le Yémen, qui agonise en ce moment même sous les bombes). Quant à Mme Hillary Clinton, nous lui devons le fatras Sweet Mickey et ce qui se passe, et est absolument scandaleux, dans certaine zone industrielle de chez nous, avec naturellement la complicité moyennant phynance de “notre” oligarchie et de sa sousoucratie politicarde

Lénine avait fait de l’impérialisme l’aboutissement ultime du capitalisme. Il avait raison, mais je m’aventurerai à remarquer que la politique de l’empire Romain, dans l’Antiquité, ne fut pas autre chose qu’une forme d’impérialisme, au sens de conquête, de domination, d’oppression et d’exploitation économique des peuples militairement plus faibles. Gro k ap vale piti, il me semble que c’est l’essentiel de la chose. Dieu est du côté des gros bataillons… ou, en termes actuels, des gros missiles thermonucléaires!

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY