Arrêtez l’expulsion des familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem-Est !

Déclaration et appel à l'action de KoPI

0
224
Palestinians and left wing activists protest against the expulsion of Palestinian families from their homes in east Jerusalem, in the East Jerusalem neighborhood Sheikh Jarrah. April 16, 2021. Photo by Yonatan Sindel/Flash90 *** Local Caption *** שייח ירח פלסטינים פלשתינים שייח ג'ראח יהודים ערבים שמאל ימין חברי כנסת שכונה

Les tribunaux israéliens ont émis des ordres d’expulsion à l’encontre de 27 personnes appartenant à 6 familles du quartier de cheikh Jarrah à Jérusalem, alors que ces familles y vivent depuis près de 70 ans.

 

Les familles en question ont été expulsées en 1948 et ont ensuite cherché refuge à Jérusalem. La Jordanie, sous l’administration de laquelle se trouvait alors Jérusalem-Est, a convenu avec l’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA) en 1956 de construire les maisons dans lesquelles les familles vivent à ce jour. Dans un premier temps, Israël l’a également reconnu : dès 1972, un tribunal israélien a refusé d’expulser les familles.

Les organisations de colons affirment, à l’instar du gouvernement israélien, que ces terrains appartenaient à des Juifs avant 1948. C’est ainsi que doit se poursuivre le processus délibéré de judaïsation (terme officiel israélien) de Jérusalem.

Selon Michael Lynk, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, « les récents ordres d’expulsion, s’ils étaient exécutés, équivaudraient à une violation par Israël, la puissance occupante, de l’interdiction du transfert forcé de populations protégées en vertu de l’article 49 de la quatrième convention de Genève » (1).

L’organisation israélienne La Paix Maintenant déclare : « Le tribunal n’est que l’outil utilisé par les colons, avec le soutien étroit des autorités de l’État, pour commettre le crime de déplacer une communauté entière et de la remplacer par une colonie. Le gouvernement israélien et les colons n’ont aucun problème à expulser des milliers de Palestiniens au nom du « droit au retour », tout en affirmant catégoriquement que les milliers d’Israéliens vivant sur des terres qui appartenaient aux Palestiniens avant 1948 ne peuvent être expulsés. Il n’y a pas eu de déportation de ce type à Jérusalem depuis l’expulsion du quartier des Mughrabi pour l’agrandissement de l’esplanade du Mur occidental en 1967 » (2).

Selon les rapports du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), les demandes d’expulsions forcées émanant d’organisations de colons ont augmenté. Actuellement, 877 personnes, dont 391 enfants, risquent d’être expulsées de force à la suite de ces revendications. Les expulsions forcées à Jérusalem-Est ont déjà touché des centaines de familles palestiniennes, notamment dans les quartiers de la vieille ville, de Cheikh Jarrah et de Silwan.

Les groupes membres du Cercle allemand de Coordination Palestine Israël (KoPI) condamnent l’expulsion forcée et le déplacement imminent par Israël de familles palestiniennes dans le quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem.

Par conséquent, nous appelons la communauté internationale, l’Union européenne et le gouvernement allemand à assumer leur responsabilité de faire respecter la Quatrième Convention de Genève et à mettre fin aux expulsions à Cheikh Jarrah, qui sont contraires au droit international. Ils doivent veiller à ce qu’Israël respecte pleinement ses obligations en vertu du droit international, y compris à Jérusalem-Est.

Nous avons écrit des lettres au Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, à la chancelière allemande, Angela Merkel, au ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, aux membres de la commission des Affaires étrangères et de la commission des Droits humains du Parlement fédéral allemand, ainsi qu’aux membres allemands du Parlement européen, pour leur demander d’user de leur influence afin de mettre un terme à ces expulsions forcées et à celles qui suivront et de faire respecter le droit international.

 

 Notes

 

1 https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26648&La ngID=E

2 https://peacenow.org.il/en/%D9%8Dsheikh-jarrah-appeal-rejected-160221

 

Deutscher Koordinationskreis Palästina Israel (KoPI)

Traduit par  Fausto Giudice 

Tlaxcala 24 avril 2021

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY