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Les collaborateurs liés à l’USAID envisagent les envois de fonds de la diaspora pour les taxer et les réorienter

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Kesner Pharel, directeur général du cabinet de conseil Group Croissance, lié à l'USAID, a contribué à l'organisation du sommet de Miami sur la réorientation des envois de fonds

Le Haitian Times a récemment publié un article de Dieudonné Joachim sur un « sommet révolutionnaire », tenu à Miami, où « des experts et des chefs d’entreprise influents se sont réunis » pour discuter du « potentiel inexploité des envois de fonds » de la diaspora haïtienne.

Le « Sommet financier international » s’est tenu les 6 et 7 avril au Miami Airport Convention Center et s’est concentré sur la réorientation des envois de fonds de la diaspora provenant des dépenses « pour consommation immédiate » des membres de la famille en Haïti vers des fonds « d’investissement en actions », a rapporté Joachim. Les intervenants du sommet ont fait valoir que ce « changement stratégique » pourrait potentiellement « débloquer un développement économique durable en favorisant les partenariats avec des entreprises établies ».

Selon un rapport de l’Institut haïtien de statistique et d’information (IHSI), les transferts de la diaspora haïtienne ont totalisé 3,8 milliards de dollars en 2023 et représentent environ 20 % du produit intérieur brut d’Haïti.

Joachim note qu’« une étude du Programme des Nations Unies pour le développement de 2022 montre que les envois de fonds de la diaspora haïtienne sont quatre fois supérieurs aux exportations du pays et près de 100 fois supérieurs aux investissements directs étrangers ».

Les intervenants au sommet s’accordent sur le fait que la majorité des envois de fonds vers Haïti sont consacrés à la « consommation ». Joachim cite un rapport de 2006 de l’économiste Manuel Orozco réalisé pour la Banque interaméricaine de développement (BID). Selon Joachim, l’analyse d’Orozco montre que « 80,9 % des envois de fonds sont dépensés en nourriture », même si cette statistique n’a pas pu être confirmée.

Étant donné que la plupart des envois de fonds envoyés à Haïti sont consacrés aux besoins quotidiens, en particulier à la nourriture, il est peut-être surprenant que les intervenants se soient montrés enthousiastes à l’idée de rediriger les envois de fonds vers des fonds d’investissement et des partenariats avec des « entreprises établies ».

Trois panélistes non identifiés lors du « Sommet financier international » les 6 et 7 avril à Miami, où la réorientation des envois de fonds a été discutée.

  L’analyse des intervenants du sommet est révélatrice.

Les présentateurs du sommet sont liés à l’USAID et à une initiative du Département d’État américain

Rémy Telfils, PDG de Café Lux, est également intervenu lors du sommet. Il « s’est dit préoccupé par l’utilisation de l’argent de la diaspora pour importer des produits alimentaires », ce qu’il considère comme « un cycle contre-productif ».

Le logo du Département d’État américain apparaît sur le site Internet de Café Lux. Café Lux a été fondé grâce au soutien du programme Global Innovation through Science and Technology (GIST) du Département d’État.

Selon son site Internet, l’Initiative GIST aide les participants à « accéder au financement » grâce à des « connexions directes avec des experts américains », avec des partenaires comme les géants de la technologie Amazon et Microsoft.

Bernice Charles, PDG de Cosmos Solution, a également pris la parole lors du sommet. Elle est membre de l’Initiative des jeunes leaders des Amériques, organisée par le DoS.

Charles est également membre de l’Action Diplomatique et Sociale-Haïti (ADIS-Haïti). La page Facebook de l’ADIS décrit l’organisation comme étant dédiée aux « jeunes professionnels dans le domaine des relations internationales », mais elle semble inactive pour le moment.

Un article de Loop Haiti News décrit un événement ADIS-Haïti qui révèle l’orientation de l’organisation. Le 28 mai 2018, les membres de l’ADIS-Haïti ont visité les bureaux de l’Organisation des États Américains (OEA), où alors l’Ambassadeur Cristobal Dupouy a fait une présentation. Un responsable anonyme de l’OEA, qui dirigeait à l’époque trois projets de l’USAID en Haïti, a donné une conférence après celle de Dupouy.

Deux éminents intervenants du sommet sont directement impliqués dans le programme de renforcement de la société civile (CSSP) de l’USAID. Qu’est-ce que le CSSP ?

Bernice Charles, PDG de Cosmos Solution, était l’une des organisatrices du Sommet de Miami.

Programme de renforcement de la société civile de l’USAID

Le CSSP fait partie de la deuxième phase du « Plan stratégique décennal pour Haïti » de Washington. Il prétend s’attaquer aux « causes profondes de l’instabilité » et « met fortement l’accent sur le partenariat avec les dirigeants et les parties prenantes haïtiens » avec un « plan de communication stratégique » pour « garantir que les efforts financés par le gouvernement américain soient efficacement amplifiés dans tout le pays ».

Des plans sont en cours pour « approfondir l’engagement avec la société civile haïtienne, y compris les groupes religieux et les ONG, ainsi qu’avec d’autres donateurs internationaux, les organisations de la diaspora haïtienne et les organisations multilatérales ».

L’USAID a officiellement annoncé le CSSP pour Haïti le 21 octobre 2022. Ce programme fait partie des premières mises en œuvre de la phase deux et a été officiellement lancé le 11 janvier 2023 au Cap Haïtien.

Un communiqué de presse de l’ambassade américaine explique que l’objectif du CSSP est de « renforcer les capacités des organisations de la société civile [OSC] haïtiennes, y compris les organisations confessionnelles, les groupes locaux et ceux qui travaillent avec la diaspora qui sont enregistrés et opèrent en Haïti. » Les OSC qui participeront seront « mieux équipées pour développer, mettre en œuvre et suivre leur plaidoyer », explique le communiqué de presse.

L’USAID explique qu’« il existe un besoin crucial » pour les OSC haïtiennes de collaborer et « d’étendre leur impact » et « leur influence sur les politiques publiques et la prise de décision ». L’un des principaux objectifs du CSSP est de « soutenir des relations de travail productives entre les organisations de la société civile et les acteurs du développement, y compris, mais sans s’y limiter, le gouvernement local/central, le secteur privé et les principaux donateurs ».

Avec le CSSP, le gouvernement américain vise à développer son réseau d’OSC, qui sont conformes aux intérêts américains, tant en Haïti que dans la diaspora haïtienne.

La première phase du « Plan stratégique décennal pour Haïti » – le déploiement de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) – ainsi que la deuxième phase permettront effectivement à Haïti de redevenir une colonie américaine, comme elle l’était de 1915 à 1934 lorsque les Marines américains l’ont occupée, de par son statut actuel de néo-colonie (nominalement politiquement indépendante mais complètement dominée économiquement).

Ce déclassement au statut colonial se produira sous le MSS – une force d’occupation par procuration – tandis que les OSC et les groupes de « droits de l’homme » soutenus et financés par l’USAID (et la NED) guideront la reconstruction d’Haïti vers une société entièrement redevable aux intérêts américains.

Cela créera une façade d’accord haïtien ou de « consensus » (c’est-à-dire de respect) avec la domination américaine sur Haïti. Ces OSC et groupes de « droits de l’homme » fourniront des porte-parole et des dirigeants qui pourront consciencieusement répéter les points de discussion de l’USAID et du Département d’État. L’USAID, grâce à son « plan de communication stratégique », peut « garantir que les efforts financés par le gouvernement américain soient efficacement amplifiés dans tout le pays » grâce à son réseau d’OSC et de groupes de défense des droits de l’homme.

De gauche à droite : Dr Guerda Nicolas, co-fondatrice d’Ayiti Community Trust, Karine Jean-Pierre, aujourd’hui porte-parole de presse de la Maison Blanche, et Dr Guitele Nicoleau, directrice exécutive d’Ayiti Community Trust lors du 14e Brunch annuel des dames haïtiennes en octobre 2019.

Deux éminents conférenciers du Sommet sont directement liés au CSSP

Cette façade jouait au sommet.

Le premier intervenant du sommet dont l’organisation est directement impliquée dans le CSSP est Kesner Pharel, directeur général du cabinet de conseil Groupe Croissance. Pharel a contribué à l’organisation du sommet et anime également l’émission du Grand Rendez-vous Economique sur Radio Télé Métropole.

Le Groupe Croissance figure parmi les « partenaires » de Papyrus, qui gère la mise en œuvre du CSSP de l’USAID.

L’USAID identifie Papyrus comme l’un de ses « partenaires locaux » en Haïti.

Papyrus est une « société de gestion à responsabilité limitée » privée à but lucratif qui opère en Haïti depuis 2007 et a collaboré avec l’USAID pour gérer « plusieurs projets de grande valeur et à haute visibilité pour le secteur privé et les donateurs en Haïti ».

Fondé en 1994, le Groupe Croissance a géré plusieurs projets de l’USAID. Leur site Web met également en valeur leur travail pour le Forum économique mondial et met en évidence DevHaiti, une publication de l’USAID qui se concentre sur le développement économique en Haïti.

Un document de référence de l’USAID explique que le Groupe Croissance jouera un rôle d’intermédiaire entre l’USAID, le gouvernement haïtien et certaines OSC. Papyrus et le Groupe Croissance « resteront informés » des « priorités et plans territoriaux » du gouvernement haïtien afin d’aider « à identifier les opportunités de collaboration entre les OSC et à construire de larges alliances ».

Le deuxième intervenant dont l’organisation est impliquée dans le CSSP est le Dr Guerda Nicolas, président d’Ayiti Community Trust (ACT). Basée à Miami, en Floride, ACT est une fondation dont la mission est de « soutenir et soutenir l’innovation en matière de développement à Ayiti dans les domaines de l’éducation civique, de l’environnement et de l’entrepreneuriat ».

Le même document de référence explique que le CSSP « canalisera une part importante des fonds du programme vers les OSC sous forme de subventions et mobilisera les ressources clés de la diaspora via des fondations privées comme Ayiti Community Trust ».

L’accent mis par l’ACT sur l’entrepreneuriat semble s’aligner sur l’accent mis par l’USAID sur les politiques néolibérales « basées sur le marché ».

Le principal partenaire d’ACT est la Fondation Miami, mais aussi La Grande Fondation d’Haïti (GFH), organisée et fondée par l’USAID.

Un rapport intitulé « Haiti’s New Konbit To Compete 2020 » explique que l’USAID, dans le cadre de son programme Konbit, vise à « éduquer et motiver la communauté philanthropique d’Haïti à mieux cibler et exploiter ses investissements sociaux ». Le rapport explique que « Konbit a facilité la création d’une alliance formelle de fondations et d’entreprises sociales haïtiennes appelée La Grande Fondation d’Haïti (GFH) ».

Le Haitian Times a été contacté directement pour obtenir plus de détails sur le sommet, mais n’a pas répondu avant la publication.

On ne sait pas exactement comment ce réseau d’organisations est lié au plan de l’USAID visant à réorienter les envois de fonds des Haïtiens. Pour l’instant, la trajectoire de ces organisations financées par l’USAID est de s’aligner sur l’approche de développement « basée sur le marché » de l’USAID.

The Haitian Times et la taxe PHTK sur les envois de fonds

En 2011, le gouvernement PHTK de Michel Martelly a imposé illégalement une taxe sur les envois de fonds.

En septembre 2018, la banque centrale d’Haïti, la Banque de la République d’Haïti (BRH), a publié un rapport sur les revenus générés par la taxe de 1,50 $ sur la plupart des transferts d’argent internationaux à destination ou en provenance d’Haïti depuis l’imposition de la taxe. Selon le rapport, la taxe aurait généré 120,13 millions de dollars. Ces fonds étaient destinés à soutenir l’éducation en Haïti.

Martelly a été accusé d’avoir détourné des millions du fonds d’éducation dans ses poches et d’avoir construit un somptueux manoir sur la plage.

Le fondateur du Haitian Times, Garry Pierre-Pierre, est un critique virulent de la taxe sur les envois de fonds. Dans un éditorial d’avril 2022, Pierre a encouragé la diaspora haïtienne à « aggraver la situation » en exigeant que le gouvernement haïtien « annule les frais sur les transferts ». Il a également suggéré aux Haïtiens de la diaspora de « couper les cordons de la bourse » et de « cesser d’envoyer des fonds vers Haïti ».

Cette position éditoriale peut expliquer la couverture enthousiaste du sommet par le Haitian Times et la suggestion selon laquelle les envois de fonds vers Haïti subissent un « changement stratégique », passant de la fourniture d’une « consommation immédiate telle que la nourriture » à, comme l’a décrit Telfils, « l’exploration de nouveaux marchés et l’établissement de nouveaux marchés » des partenariats bénéfiques.

L’USAID et la Fondation Gates visent à capturer les « services financiers » en Haïti

Selon une étude de la BID, l’USAID s’intéresse aux envois de fonds en Amérique latine depuis 2000.

En 2011, la Fondation Gates et l’USAID ont accordé 2,5 millions de dollars au géant de la téléphonie mobile Digicel et à son partenaire la Banque Scotia pour des services d’argent mobile, qui permettent aux clients d’utiliser leur téléphone mobile pour effectuer des dépôts et des retraits dans des points de vente et transférer de l’argent entre Tcho Tcho comptes (d’argent).

Selon un communiqué de presse de la Fondation Gates, « le prix a été décerné dans le cadre de l’Haïti Mobile Money Initiative (HMMI), un effort de 10 millions de dollars établi par la Fondation Gates et l’USAID pour relancer les services financiers mobiles en Haïti et accélérer la fourniture de services financiers mobiles, l’aide en espèces fournie par les agences humanitaires aux victimes du tremblement de terre dévastateur de l’année dernière », tout en « reconnaissant également Digicel pour avoir lancé Tcho Tcho Mobile, le premier service d’argent mobile » en Haïti.

L’intérêt de l’USAID à inciter les Haïtiens à utiliser Digicel – un partenaire de l’USAID – pour leurs services bancaires mobiles n’a peut-être pas éveillé les soupçons en 2011, car de nombreuses initiatives ont été lancées à la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a dévasté la région autour de Port-au-Prince. Prince.

Cet enthousiasme semble plus insidieux à la lumière des propositions visant à réorienter – via une nouvelle forme de taxation – les envois de fonds vers Haïti. Bon nombre des intervenants marquants du sommet de Miami avaient des liens directs avec le Département d’État américain via l’USAID, qui, depuis des décennies, cherchent activement à saper la souveraineté et la démocratie haïtiennes.

Le Dr Bertrhude Albert mène une marche le 23 avril 2024 pour célébrer la livraison de fournitures d’une valeur de 20 000 $ pour le deuxième Canal d’Haïti au large de la rivière Massacre.

Le projet de canal

L’intérêt de Washington à interférer dans l’échange de soutien financier partagé entre les familles haïtiennes de la diaspora et Haïti pourrait être lié à l’achèvement récent du canal d’irrigation près de Ouanaminthe, en Haïti. Mesurant plus de 2,4 kilomètres de long et environ 1 mètre de large, il irrigue plus de 7 000 acres de terres fertiles couvrant toute la plaine de Maribaroux, redirigeant l’eau de la rivière Massacre qui forme la frontière avec la République dominicaine.

Ce premier canal est le résultat d’une collaboration massive entre des centaines d’Haïtiens locaux, qui ont travaillé sans relâche pour construire le canal, et des membres de la diaspora haïtienne, qui ont payé les matériaux, les salaires, la nourriture et d’autres fournitures.

Le canal est devenu un symbole nationaliste et une cause de ralliement pour les Haïtiens à l’intérieur et à l’extérieur d’Haïti.

Construisons un canal, pour que demain nous puissions construire un pays” (An n bati yon kanal, demen pou n bati yon peyi) est devenu le slogan répété par de nombreuses personnes encouragées par la construction du canal, ce qui a suscité l’intérêt de la diaspora pour transferts de fonds directs vers de grands projets d’infrastructures.

Le succès du premier canal a incité à commencer la construction de nouveaux canaux dans la région pour irriguer davantage de terres agricoles. Dans un article récent sur X, l’éducateur, activiste et co-fondateur de p4hGlobal Bertrhude Albert a expliqué la livraison de « plus de 20 000 $ US de fournitures au deuxième canal ».

Albert a déclaré au Miami Herald : « Nous sommes Haïtiens et c’est notre combat. Nous savons que si nous pouvons construire un canal aujourd’hui, nous pouvons construire nos infrastructures demain, nous pouvons renforcer notre population demain. Nous pouvons construire notre nation demain ».

 Il y a une autre caractéristique importante des projets de canaux : ils ont fonctionné hors du contrôle de l’État haïtien et de l’influence de Washington, financés directement par la diaspora haïtienne.

Le succès du canal contraste fortement avec les projets d’infrastructures largement infructueux de l’ancien président Michel Martelly, qui ont vu les fonds du projet fournis par le programme Petrocaribe du Venezuela être dilapidés et détournés par des politiciens et des amis.

Le financement de la diaspora est également allé directement aux dirigeants qui ne font pas appel au soutien et à la légitimité de Washington. Fin juin 2023, un comité de la diaspora a envoyé à Miragoâne au commissaire Ernest Muscadin un SUV blindé, dont les membres anonymes l’ont payé. Muscadin est très populaire en raison de sa position ferme contre toute activité criminelle.

L’inflation monte en flèche alors qu’Haïti se rapproche de la mise en œuvre de la loi sur la fragilité mondiale

L’intérêt de Washington à s’intéresser aux envois de fonds de la diaspora sera probablement entièrement négatif pour la plupart des Haïtiens.

Selon l’IHSI, le taux d’inflation annuel d’Haïti a augmenté à 26,7 % en mars 2024. Le taux d’inflation en Haïti était en moyenne de 15,42 % de 2003 à 2024, avec un pic à 49,3 % en janvier 2023.

Les Haïtiens ont besoin de fonds pour payer leur nourriture et leurs dépenses quotidiennes, qui augmentent à mesure que les prix montent en flèche.

Des projets véritablement locaux, comme les canaux, pourraient être menacés si Washington obtenait une plus grande influence sur les envois de fonds aux Haïtiens en Haïti.

Le CSSP de l’USAID est la pointe de la lance de Washington dans ses opérations d’influence douce en Haïti. L’USAID, aux côtés du National Endowment for Democracy (NED), du gouvernement canadien et de fondations privées comme l’Open Societies Foundations, cherchent tous à prendre en charge les finances d’Haïti, tout comme Washington l’a fait lorsque les Marines américains dirigeaient Haïti de 1915 à 1934.

Le ciblage des envois de fonds de la diaspora haïtienne n’est qu’un élément supplémentaire des efforts américains visant à maintenir l’hégémonie sur Haïti en facilitant la mise en œuvre du Global Fragility Act (GFA).

Comme nous l’avons souligné dans de nombreux articles précédents, le GFA est fondamentalement une réponse à la Chine et à la Russie, les principaux challengers de l’hégémonie mondiale des États-Unis, qui cherchent à faire d’Haïti un « partenaire » dans un accord d’« assistance à la sécurité » de 10 ans.

Washington a un bilan sanglant de barbarie dans ses relations avec Haïti au cours du siècle dernier, à égalité avec la violence qu’il a parrainée contre la Palestine. Si les opérations de « puissance douce » d’aujourd’hui ne sont pas révélées et contestées, Haïti risque d’être contraint de subir de nouvelles décennies de domination et de sauvagerie impérialistes américaines.

*Travis Ross est un enseignant basé à Montréal, Québec. Il est également co-éditeur du Projet d’information Canada-Haïti sur canada-haiti.ca. Travis a écrit pour Haiti Liberté, Black Agenda Report, The Canada Files, TruthOut et rabble.ca. Il est joignable sur X.

USAID-Linked Collaborators Eye Diaspora’s Remittances for Taxation and Redirection

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Kesner Pharel, chief executive director of the USAID-linked consulting firm Group Croissance, helped organize the Miami summit on redirecting remittances.

The Haitian Times recently published an article by Dieudonné Joachim on a “groundbreaking summit,” held in Miami, where “experts and influential business leaders convened” to discuss the “untapped potential of remittances” from Haiti’s diaspora.

The “International Financial Summit” was held on Apr. 6-7 at the Miami Airport Convention Center and focused on redirecting diaspora remittances from outlays “for immediate consumption” by family members in Haiti to “equity investment” funds, Joachim reported. The speakers at the summit argued that this “strategic shift” could potentially “unlock sustainable economic development by fostering partnerships with established companies.”

According to a report by the Haitian Institute of Statistics and Information (IHSI), transfers from the Haitian diaspora totaled $3.8 billion in 2023 and account for approximately 20% of Haiti’s Gross Domestic Product.

Three unidentified panelists at the Apr. 6-7 “International Financial Summit” in Miami where redirecting remittances was discussed.

Joachim notes that a “2022 UN Development Program study shows that remittances from Haiti’s diaspora are four times greater than the country’s exports and nearly 100 times larger than foreign direct investments.”

The speakers at the summit agree that a majority of remittances to Haiti are spent on “consumption.” Joachim cites a 2006 report by economist Manuel Orozco conducted for the Inter-American Development Bank (IDB) which shows that “80.9% of the remittances are spent on food,” although this statistic could not be confirmed.

Considering that most of remittances sent to Haiti are spent on daily needs, particularly food, it is perhaps surprising that the speakers were enthusiastic about redirecting remittances to investment funds and partnerships with “established companies.”

An analysis of the summit’s speakers is revealing.

Summit Presenters Connected to USAID and a U.S. State Department Initiative

Rémy Telfils, CEO of Café Lux, also spoke at the summit. He “expressed concern about using diaspora money to import food products” which he sees as “a counterproductive cycle.”

The U.S. State Department logo appears on the Café Lux website. Café Lux was founded leveraging support from the State Department’s Global Innovation through Science and Technology (GIST) program.

According to its website, the GIST Initiative helps participants “access financing” through “direct connections to U.S. experts,” with partners like tech giants Amazon and Microsoft.

Bernice Charles, the CEO of Cosmos Solution, was one of the organizers of the Miami Summit.

Bernice Charles, CEO of Cosmos Solution, also spoke at the summit. She is a fellow of the Young Leaders of the Americas Initiative, organized by the DoS.

Charles is also a member of Diplomatic and Social Action-Haiti (l’Action diplomatique et sociale-HaitiADIS-Haiti). ADIS’s Facebook page describes the organization as being dedicated to “young professionals in the field of international relations,” but it seems to be inactive at this time.

An article by Loop Haiti News describes an ADIS-Haiti event that reveals the organization’s orientation. On May 28, 2018, ADIS-Haiti members visited the offices of the Organization of the American States (OAS), where then Ambassador Cristobal Dupouy gave a presentation. An unnamed OAS manager, who managed three USAID projects in Haiti at the time, gave a talk after Dupouy’s.

Two prominent speakers at the summit are directly involved in USAID’s Civil Society Strengthening Program (CSSP). What is The CSSP?

USAID’s Civil Society Strengthening Program

The CSSP is part of Phase Two of Washington’s “10-year Strategic Plan for Haiti.” It claims to address “root causes of instability” and “places a strong emphasis on partnering with Haitian leaders and stakeholders” with a “strategic communication plan” to “ensure U.S. government-funded efforts are effectively amplified throughout the country.”

Plans are in motion to “deepen engagement with Haitian civil society, including religious groups and NGOs, as well as other international donors, Haitian diaspora organizations, and multilateral organizations.”

USAID officially announced the CSSP for Haiti on Oct. 21, 2022. This program is part of the early implementation of Phase Two and was officially launched Jan. 11, 2023 in Cap Haïtien.

A U.S. Embassy press release explained that the goal of the CSSP is to “strengthen the capacity of Haitian civil society organizations [CSOs], including faith-based organizations, local groups, and those working with the diaspora that are registered and operating in Haiti.” CSOs which participate will “be better equipped to develop, implement, and monitor their advocacy,” the press release explains.

From left to right: Dr. Guerda Nicolas, Ayiti Community Trust’s co-founder, Karine Jean-Pierre, now White House press spokeswoman, and Dr. Guitele Nicoleau, Ayiti Community Trust’s executive director at the 14th Annual Haitian Ladies Brunch in October 2019.

USAID explains that “there is a critical need” for Haitian CSOs to collaborate and “expand their impact” and “their influence on public policy and decision-making.” One of the CSSP’s main objectives is to “support productive working relationships between civil society organizations and development actors including, but not limited to, local/central government, the private sector, and major donors.”

With the CSSP, the U.S. government aims to grow its network of CSOs, which are compliant to U.S. interests, both in Haiti and in the Haitian diaspora,

Phase One of the “10-Year Strategic Plan for Haiti” – the deployment of the Multinational Security Support Mission (MSS) – along with Phase Two will  effectively return Haiti to being a U.S. colony, as it was from 1915 to 1934 when U.S. Marines occupied it, from its current status as a neo-colony (nominally politically independent but completely dominated economically.)

This downgrade to colonial status will occur under the MSS – a proxy occupation force – while CSOs and “human rights” groups nurtured and financed by USAID (and the NED), guide Haiti’s reconstruction into a society completely beholden to U.S. interests.

This will create a facade of Haitian agreement or “consensus” (i.e. compliance) with U.S. domination of Haiti. These CSOs and “human rights” groups will provide spokespeople and leaders who can dutifully parrot USAID and State Department talking points. USAID, through its “strategic communication plan,” can “ensure U.S. government-funded efforts are effectively amplified throughout the country” through their network of CSOs and “human rights” groups.

Two Prominent Speakers at the Summit are Directly tied to CSSP

This facade was on display at the summit.

The first speaker, whose organization is directly involved in the CSSP, was Kesner Pharel, chief executive director of the consulting firm Group Croissance. Pharel helped to organize the summit and also hosts the Grand Rendez-vous Economique program on the conservative Radio Télé Métropole.

Group Croissance is listed as one of the “partners” to Papyrus, which is managing the implementation of USAID’s CSSP.

USAID identifies Papyrus as one of their “local partners” in Haiti.

Papyrus is a private, for-profit “limited liability management company” that has been operating in Haiti since 2007 and has collaborated with USAID to operate “several high-value and high-visibility projects for the private and donor sectors in Haiti.”

Founded in 1994, Group Croissance has managed several USAID projects. Their website also highlights their work for the World Economic Forum and prominently features DevHaiti, a USAID publication that focuses on economic development in Haiti.

A USAID background document explains that Group Croissance will play a middle-man role between USAID, the Haitian government, and selected CSOs. Papyrus and Group Croissance “will stay informed” of the Haitian government’s “territorial priorities and plans” in order to help “identify opportunities for CSO collaboration and build broad-based alliances.”

The second speaker whose organization is involved in the CSSP is Dr. Guerda Nicolas, the president of Ayiti Community Trust (ACT). Based in Miami, Florida, ACT is a Foundation whose mission is to “support and sustain development innovation in Ayiti in the areas of civic education, environment, and entrepreneurship.”

The same background document explains that the CSSP “will channel a significant portion of program funds to CSOs in the form of grants and will rally key diaspora resources via private foundations like Ayiti Community Trust.”

ACT’s focus on entrepreneurialism seems to align with USAID’s focus on “market-based,” neoliberal policies.

ACT’s main partner is the Miami Foundation, but also Le Grand Fondation d’Haiti (GFH), which was organized and founded by USAID.

A report titled “Haiti’s New Konbit To Compete 2020” explains that USAID, under its Konbit program, aims to “educate and motivate Haiti’s philanthropic community to better target and leverage their social investments.” The report explains that “Konbit facilitated the creation of a formal alliance of Haitian foundations and social enterprises called La Grande Fondation d’Haïti (GFH).”

The Haitian Times was contacted directly to learn more details about the summit, but they did not respond before publication.

It is unclear exactly how this network of organizations is linked to USAID’s plan on redirecting Haitian remittances. For now, the trajectory of these USAID-funded organizations is to align with USAID’s “market-based” approach to development.

The Haitian Times and the PHTK Tax on Remittances

In 2011, Michel Martelly’s PHTK government illegally imposed a tax on remittances.

In September 2018, Haiti’s central bank, the Bank of the Republic of Haiti (BRH), published a report on the revenues collected by the tax of $1.50 on most international money transfers to or from Haiti since the tax was imposed. According to the report the tax had generated $120.13 million. These funds were meant to support education in Haiti.

Martelly was accused of redirecting millions from the education fund into his pockets and to build a lavish beach mansion.

The Haitian Times founder Garry Pierre-Pierre is a vociferous critic of the remittance tax. In an April 2022 op-ed, Pierre encouraged the Haitian diaspora to “escalate the situation” by demanding that the Haitian government “rescind the fee on the transfers.” He also suggested Haitians in the diaspora “cut the purse strings” and “stop sending remittances to Haiti.”

This editorial position may explain The Haitian Times’ enthusiastic coverage of the summit and the suggestion that remittances to Haiti undergo a “strategic shift” away from providing for “immediate consumption such as food” to, as Telfils described, “explore new markets and establish beneficial partnerships.”

USAID and the Gates Foundation Aim to Capture “Financial Services” in Haiti

According to an IDB study, USAID has had an interest in remittances in Latin America generally since 2000.

In 2011, the Gates Foundation and USAID awarded $2.5 million to the cell-phone giant Digicel and its partner Scotia Bank for mobile money services, which allows customers to use their mobile phones to make deposits and withdrawals at retail outlets and transfer money between Tcho Tcho (money) accounts.

According to a 2011 press release by the Gates Foundation, “the award was made through the Haiti Mobile Money Initiative (HMMI), a $10 million effort established by the Gates Foundation and USAID to jump-start mobile financial services in Haiti and expedite the delivery of cash assistance by humanitarian agencies to victims of last year’s devastating earthquake,” while it also “recognizes Digicel for launching Tcho Tcho Mobile, the first mobile money service” in Haiti.

USAID’s interest in rallying Haitians to use Digicel – a USAID partner – for their mobile banking may not have triggered suspicion in 2011, because there were many initiatives in the aftermath of the Jan. 12, 2010 earthquake that devastated the region around Port-au-Prince.

This enthusiasm seems more insidious in light of the proposals to redirect – through some new form of taxation – remittances to Haiti. Many of the highlighted speakers at the summit in Miami had direct connections to the U.S. State Department via USAID, which have both, for decades, actively sought to undermine Haitian sovereignty and democracy.

The Canal Project

Washington’s interest in interfering in the exchange of financial support shared between Haitian families in the diaspora and Haiti may be related to the recent completion of the irrigation canal near Ouanaminthe, Haiti. Measuring over 1.5 miles long and about 1 yard wide, it irrigates more than 7000 acres of fertile land covering the entire Maribaroux plain, redirecting water from the Massacre River that forms the border with the Dominican Republic.

This first canal was the result of a massive collaboration between hundreds of local Haitians, who tirelessly worked to construct the canal, and members of Haiti’s diaspora, who paid for materials, salaries, food, and other supplies.

The canal has become a nationalist symbol and rallying cause for Haitians in and outside of Haiti.

“Let’s build a canal, so that tomorrow we can build a country” ( An n bati yon kanal, demen pou n bati yon peyi) became the slogan repeated by many encouraged by the canal’s construction, which has spurred an interest in the diaspora to direct remittances to large infrastructure projects.

The first canal’s success has prompted the start of construction of more canals in the region to irrigate more farmland. In a recent post on X, educator, activist, and co-founder of p4hGlobal Bertrhude Albert explained about the delivery of “over $20,000 USD worth of supplies to the second canal.”

Dr. Bertrhude Albert leading a march on Apr. 23, 2024 celebrating the delivery of $20,000 worth of supplies for Haiti’s second canal off the Massacre River.

Albert told the Miami Herald: “We’re Haitian, and this is our battle. We know that if we can build a canal today, we can build our infrastructure tomorrow, we can build up our people tomorrow. We can build up our nation tomorrow.”

There is another significant feature of the canal projects: they have operated outside the control of the Haitian state and Washington’s influence, financed directly by Haiti’s diaspora.

The canal’s success contrasts sharply with former President Michel Martelly’s largely unsuccessful infrastructure projects, which saw project funds provided by Venezuela’s Petrocaribe program squandered and embezzled by politicians and cronies.

Diaspora funding has also gone directly to leaders who don’t appeal to Washington for support and legitimacy. In late June 2023, a diaspora committee sent Commissioner Ernest Muscadin in Miragoâne an armored SUV, whose unnamed members paid for it. Muscadin is very popular because of his tough stance against any criminal activity.

Inflation Skyrockets as Haiti Moves Closer to the Implementation of the Global Fragility Act

Washington’s interest in horning in on diaspora remittances is likely to be entirely negative for most Haitians.

According to IHSI, Haiti’s annual inflation rate increased to 26.7% in March 2024. The inflation rate in Haiti averaged 15.42% from 2003 until 2024, peaking at 49.3% in January 2023.

Haitians need remittances to pay for food and daily expenses, which are growing as prices skyrocket.

Truly grassroots projects like the canals could be threatened if Washington gains a greater influence over remittances sent to Haitians in Haiti.

USAID’s CSSP is the tip of Washington’s spear in its soft-power influence operations in Haiti. USAID, alongside the National Endowment for Democracy (NED), the Canadian government, and private foundations like the Open Societies Foundations are all looking at how to take over Haiti’s finances, just as Washington did when U.S. Marines ran Haiti from 1915 to 1934.

The targeting of Haitian diaspora remittances is just one more element of the U.S. effort to maintain hegemony over Haiti by facilitating the implementation of the Global Fragility Act (GFA).

As we have outlined in many previous articles, the GFA is fundamentally a response to China and Russia, the principal challengers of U.S. global hegemony, as it seeks to make Haiti a “partner” in a 10-year “security assistance” deal.

Washington has a blood-stained record of barbarity in its dealings with Haiti over the past century, on a par with the violence it has sponsored against Palestine. If today’s “soft-power” operations are not exposed and challenged, Haiti risks being forced to endure further decades of U.S. imperialist domination and savagery.


Travis Ross is a teacher based in Montreal, Québec. He is also the co-editor of the Canada-Haiti Information Project at canada-haiti.ca. Travis has written for Haiti Liberté, Black Agenda Report, The Canada Files, TruthOut, and rabble.ca. He can be reached on X.

Roping Haiti into the Global Fragility Act is Washington’s End Goal

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On Apr. 25, the Transitional Presidential Council (TPC) was sworn-in at the National Palace. It is a key pawn in the U.S. plan to pass the Global Fragility Act. Photo: BINUH

(The third of three parts)

In Part Two of this series, Ross shows how Washington has organized several programs to fund and influence Haitian civil society organizations (CSOs) through the Civil Society Strengthening Program and potentially fill the Government Action Control Body – a consultative body to the Presidential Council – with compliant CSO leaders who are in sync with U.S. policy goals in Haiti. In addition, USAID’s “Haiti Electoral Security and Support Program” threatens to allow Washington to, once again, skew the results of Haiti’s elections.

After calling an emergency meeting in Kingston, Jamaica on Mar. 11 to concoct a way to fill the void left by former Prime Minister Ariel Henry’s unexpected ouster, Washington finally swore in its nine-member “Temporary Presidential Council” (TPC) on Apr. 25, although the ceremony had to be done secretly at the National Palace due to the body’s unpopularity.

The TPC would be installed at the Villa d’Accueil, caretaker authorities had said earlier last week, claiming that a delegation of Leslie Voltaire, Himmler Rébu, and Raymond Jeanty deemed the area around the Palace too dangerous. Since Feb. 29, it has been the target of many attacks from soldiers of the Viv Ansanm (Live Together) coalition of armed neighborhood committees, drawn from all around greater Port-au-Prince.

The TPC is unpopular because its nine members (seven voting, two observers) are viewed by most Haitians as sell-outs. To sit on the council, they had to agree to the third foreign military intervention into Haiti in three decades (the first two were 1994-2000 and then 2004-2019).

U.S. Assistant Secretary of State Brian Nichols speaking at the Council on Foreign Relations (CFR) on Apr. 10: the Global Fragility Act aims “to support Haiti’s increased stability and autonomy.”

The proxy force that Washington wants to see occupy Haiti is called the Multinational Security Support Mission (MSS), to be led by Kenyan police with the assistance of armed forces from six other nations: Benin, Chad, Jamaica, Barbados, Bahamas, and Bangladesh. It is not under the aegis of the United Nations Security Council.

On Apr. 30, the TPC named a new President – Edgar Leblanc Fils, leader of the Struggling People’s Organization (OPL) and the Jan. 30th Collective, who holds one of the TPC’s seven voting seats – and Prime Minister – Fritz Bélizaire, a former Minister of Sports under President René Préval.

The idea now is for the TPC and its designated President and Prime Minister (the names will surely change before long) to carry out an election – Haiti’s first in eight years – under Washington’s watchful eye and the MSS’s muscled protection.

Using the soft-power and hard-power forces outlined in this series’ first two articles, Washington seeks to ensure the election of a new Haitian president who will quickly sign on the dotted line of a deal called the Global Fragility Act (GFA), which would essentially place Haiti back into colonial status with U.S. troops stationed in a nation made dependent on USAID humanitarian assistance shipments.

In 1915, U.S. Marines invaded Haiti for the first time, installing a puppet president, Sudré Dartiguenave, who invited them to stay on. Washington is going to great lengths to avoid repeating the terrible optics of its early 20th century’s “gunboat diplomacy.’

This time it is making sure to use the MSS proxy force to install a U.S. puppet which will then invite in U.S. troops under the GFA.

The GFA will build Haiti’s “stability and autonomy”

During a recent panel discussion at the Council on Foreign Relations, U.S. Assistant Secretary of State for Western Hemisphere Affairs Brian Nichols explained that Washington has “a long term strategy for Haiti under the Global Fragility Act that has a ten year plan to support Haiti’s increased stability and autonomy.” The “autonomy” Nichols hopes to foster is from China, to whose Belt and Road Initiative the GFA is a counter-measure.

The GFA was passed under President Trump in 2019 with full bipartisan support. Washington’s first “partner” under the GFA is Haiti.

The GFA emphasizes building relationships with “local civil society” by “strengthen[ing] the capacity of the United States to be an effective leader of international efforts to prevent extremism and violent conflict.”

Edgar Leblanc Fils on Apr. 30 after being appointed as Haiti’s President by the TPC.

This “capacity” includes negotiating 10-year “security assistance” agreements with “partner” nations.

The GFA aims to prevent “fragile states” from developing diplomatic and trade relationships with Russia and China. This adversarial stance on Russia and China results from their rapprochement with “fragile states” which involves geo-strategic concerns, including access to raw materials.

Haiti is often the laboratory where Washington tests its new imperialist strategies for maintaining hegemony.

A “partnership” under the GFA between Haiti and Washington would ensure that Haiti remains under U.S. hegemony for decades. This would also block diplomacy and investment from countries like China.

In 2017, China offered to overhaul Port-au-Prince’s crumbling infrastructure with a $4.7 billion aid package. In return, Haiti would drop its recognition of Taiwan as the “Republic of China.” Haiti remains one of only 11 nations (not counting the Vatican) which recognize Taiwan as an independent nation. The planet’s other 182 nations recognize only the People’s Republic of China.

Indeed, in a 2019 testimony, just prior to the GFA being signed into law, IRI Regional Director for Latin America and the Caribbean Antonio Garrastazu remarked before the House Foreign Affairs Committee that Haiti has “vast national security implications” to the U.S.. Garrastazu explained that “Haiti serves as an important U.S. ally in the region” because it counters “Chinese interference” by “maintaining its strong relationship with Taiwan” which “helps prevent China from concluding, through its Belt and Road Initiative,… questionable infrastructure projects.”

Washington also wants to prevent Haiti from developing closer diplomatic relations and economic ties with Russia. President Jovenel Moïse established formal diplomatic relations with Moscow only one month before his assassination two and a half years ago, accrediting Russian ambassador Sergey Melik-Bagdasarov. It was the first time Haiti had established diplomatic relations with Russia. Many argue that this could have been a factor which might have led Washington to green-light Moïse’s assassination.

The U.S. government’s efforts to organize the MSS over the past 18 months is necessary to install a government which will agree to signing the GFA, which will create a bilateral agreement for the deployment of U.S. troops in Haiti.

U.S. Defense and State Departments Planned Psyops Campaign

In a prepared statement delivered to the House Committee on Foreign Affairs on the Defense Department’s role in the GFA on May 11, 2022, Jim Saenz, Deputy Assistant Secretary of Defense for Counternarcotics and Stabilization Policy, explained that the “DoD’s role in GFA implementation is to support the efforts of the Department of State as the lead, and the USAID as the lead implementer” to “ensure that the 10-year plans …align the relevant goals, objectives, plans, and benchmarks with DoD policy.”

Fritz Bélizaire, formerly Sports Minister under President René Préval, was named Prime Minister by the TPC on Apr. 30.

The State department provided more detail on how the DoD would achieve these objectives in an important planning document titled “United States Strategy to Prevent Conflict and Promote Stability” published by the Bureau of Conflict and Stabilization Operations.

It explained that in order to “prevent conflict and address global fragility” they will implement “specialized activities” that include “psychological operations”and “information operations engagements” (formerly referred to as “information warfare”). In other words, the DoD and DoS will engage in what are commonly referred to as psyops – “psychological operations” – to manufacture consent and distract the populations in and outside Haiti to further U.S. foreign policy goals.

Indeed, section 1631(b) of the National Defense Authorization Act (NDAA) provisions affirms that the DoD can conduct “military operations” in the information environment, “including clandestine operations,” that are in defense of U.S. interests.

The DoD and the CIA are not the only source of psyops campaigns aimed at propagating disinformation. Canadian private military contractor INKAS, which provided armored vehicles to the Haitian National Police (PNH) attempted to conduct a social media disinformation campaign last year.

Investigative journalist Dan Cohen uncovered a coordinated social media troll campaign aimed primarily at those who opposed the Canadian government’s sale of armored vehicles to PM Ariel Henry’s regime.

Cohen explained that “INKAS sold armored vehicles to Haiti, some of which were delivered in October 2022.” These armored vehicles were used to enforce an attack against the FRG9’s blockade on the Varreux fuel terminal. The blockade’s aim was to force Henry from office while protesting the government’s recent removal of fuel subsidies most Haitians depended on to make fuel affordable.

The social media campaign involved several troll accounts which used images of Black people taken from various websites such as unsplash.com. These troll accounts claimed Haitian identities. They either posted comments promoting the Canadian government’s foreign policy in Haiti or attacked Cohen and other accounts which offered criticism.

If not for Cohen’s investigative journalism, these Canadian arms manufacturer troll accounts would have grown, collecting followers and popularity. This episode is a clear warning to advocates who use social media to be wary of anonymous accounts which attack investigative journalists and offer criticism that objectively supports Washington’s imperialist policies in Haiti.

“Manipulating the Information Environment” in Haiti

Organizations in and outside of Haiti have already conducted a successful campaign of disinformation and propaganda designed to distract the population and turn advocates for Haiti against each other.

At the center of this campaign are two U.S.-backed “human rights groups,” the RNDDH and FJKL. Multiple investigations from several sources have shown they routinely use their funding to target political opponents and propagate disinformation.

Their unsupported allegations are repeated by mainstream media and other outlets, like InSight Crime, which further propagate their disinformation.

The interconnected network of CSOs, “human rights groups,” and organizations funded by the U.S. government or other U.S. foundations centered on promoting neoliberalism is vast.

Indeed, in IRI Regional Director Garrastazu’s testimony to Congress, he highlighted that “by maintaining a good relationship with Haiti, the U.S. will help ensure China does not gain yet another foothold in Latin America and the Caribbean using corruption to secure preferential terms for Chinese state-owned companies and manipulating the information environment,” on which Washington clearly has a stranglehold.

Advocates for Haiti who ignore or dismiss the vast propaganda network Washington and CORE group members like Canada maintain through direct funding or the funding of NGOs and CSOs (and some private foundations like Open Society Foundations and AJWS) will inevitably contaminate their analyses with talking points drawn from this vast disinformation network. Consequently, their actions will inevitably be fruitless in preventing Washington from tightening its death-grip on Haiti by implementing the GFA.


Travis Ross is a teacher based in Montreal, Québec. He is also the co-editor of the Canada-Haiti Information Project at canada-haiti.ca. Travis has written for Haiti Liberté, Black Agenda Report, The Canada Files, TruthOut, and rabble.ca. He can be reached on Twitter.

How Canada Funded a “Human Rights” Group that Manufactures Massacres

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Pierre Espérance, director of the RNDDH, played a key role in destabilizing Jean-Bertrand Aristide’s democratically elected government. Photo: Haiti Liberté

(The second of two parts) (Part 1)

Documents obtained by The Canada Files reveal that a Haitian “human rights” NGO had two reports, which it used to target political opponents, funded indirectly by the Canadian government through the NGO Avocats sans Frontières Canada (ASFC).

The National Human Rights Defense Network (RNDDH) receives an undisclosed amount of funding under the ASFC “Access to Justice and Fight Against Impunity in Haiti” (AJULIH) project for “advocacy activities.” This author previously explained the corruption of RNDDH and its director, Pierre Espérance.

In 2004, the Canadian government funded the RNDDH (then NCHR-Haiti) as part of a broader effort to ensure the criminalization and violent repression of Lavalas leaders and supporters. The RNDDH played a key role in destabilizing Jean-Bertrand Aristide’s democratically elected government by fabricating allegations of human rights abuses about Lavalas leaders and members before and after the 2004 coup d’etat. The RNDDH also gets funding from the National Endowment for Democracy (NED), described by its co-founder Allan Weinstein as doing “a lot of what …was done covertly 25 years ago by the CIA.”

Subsequent allegations and reports further reinforce the view that Espérance and the RNDDH are a political organization – with the facade of a human rights group – which uses their platform and funding to target and persecute political opponents.

ASFC funds RNDDH reports that target Pierre Espérance’s political opponents

ASFC funded two RNDDH reports as part of the AJILUH project. Global Affairs Canada confirmed it knew that the RNDDH got funding from their project when asked for comment.

Marie Yolène Gilles and Samuel Madistin, the two heads of FJKL

Both reports contain a disclaimer: “This document was produced within the framework of the project ‘Access to justice and fight against impunity Haiti’ implemented by Avocats sans frontières Canada (ASFC) and its partners. The content of this document is the sole responsibility of the RNDDH and does not necessarily reflect ASFC’s points of view.”

The two reports, translated to English, are titled “Attacks on deprived neighborhoods: The RNDDH demands the end of the protection of armed gangs by the authorities in power” and “The reign of Prime Minister Ariel HENRY Or The fury of armed gangs”.

Both reports repeat RNDDH allegations that Jimmy Cherizier is a “gang leader” beholden to Haiti’s president Jovenel Moïse and, after he was assassinated, de-facto Prime Minister Ariel Henry, both members of the Haitian Tèt Kale Party (PHTK).

The first report is 25 pages long. Cherizier’s name appears 52 times. The report focuses on the alleged crimes of Cherizier’s G-9 coalition and ignores alleged crimes by other gangs. The G-9 alliance regularly battled the criminal gangs, including, at the time, 400 Mawazo and Izo’s 5 Second gang, which are omitted from the report.

Gangs opposing the G-9 alliance are responsible for virtually all the incidents of kidnapping and rape in Port-au-Prince.

Espérance must have been getting nervous. The first report was published Jun. 23, 2020. The day before, Haitian media began reporting on Cherizier’s successful negotiations with several gangs in Port-au-Prince for a cease-fire. Cherizier had united his neighborhood defense group (or vigilance brigade) with others in Port-au-Prince. He also claims to have successfully convinced some criminal gang leaders to cease illegal activity that harmed local residents and, instead, defend them against criminal gangs.

The coalition was named Revolutionary Forces of the G9 Family and Allies, AKA G9 or FRG9.

In July 2020, in response to the G9, the criminal gangs quickly made a federation known as “G-Pép.” These gangs often function as paramilitary forces for Haitian oligarchs and politicians. Ti Gabriel of the Cité Soleil gang, for example, had the support of Haitian oligarch Reginald Boulos, who, in turn, supported PM Henry’s political accord.

The first report alleges that Cherizier is “a powerful man, feared by the private business sector, the armed arm of President Jovenel Moïse.”

Conversely, while speaking about his public demand that Moïse step down, Cherizier said the G9 wanted him to “leave the country,” and he praised leaders such as Aristide and Platfòm Pitit Desalin leader Moïse Jean-Charles.

“The G-9 is not working for the regime, and the G-9 was not created by and is not working for the opposition,” Cherizier said. “It was created to never again have robberies, rapes, and kidnapping in our neighborhoods… but also for the ghettos to get their due, schools, clinics, hospitals, services, running water, infrastructure, and all the security which the rich neighborhoods get.”

The second report funded by ASFC was published on May 3, 2023. In this report, the RNDDH alleges that Cherizier and the G-9 coalition had deliberately committed acts of violence to justify a foreign intervention.

The report alleges that a gun battle in Bel-Air that occurred between Feb. 28 to Mar. 5, 2023 was “purely and simply political” and that “the authorities in place” decided to “use their armed gangs members of the coalition led by Jimmy Cherizier” to amplify the “perception of violence in Haiti and to encourage the international community to follow up on the requested military intervention.” No evidence is presented for these assertions in the report.

Contradicting the RNDDH’s allegations, Cherizier told a press conference on Aug. 16, 2023 that a foreign intervention force would be met with armed resistance if it did not immediately, upon entering Haiti, arrest Henry, corrupt oligarchs, and corrupt politicians who flood poor neighborhoods with guns. He also emphasized the disastrous consequences of the last foreign intervention in Haiti led by MINUSTAH.

Espérance and the RNDDH weaponize human rights reports against opponents, again

The first ASFC-funded RNDDH report repeats allegations made against Cherizier in a Dec. 1, 2018 RNDDH report entitled “The events in La Saline: from power struggle between armed gangs to State-sanctioned massacre.”

The first part of the title is corroborated by locals in La Saline at the time. The attacks that occurred in La Saline on Nov. 13, 2018 involved one gang, Nan Chabon, invading the territory of another gang, Projet Lasaline, for control of a local market. This brutal gang attack resulted in at least 23 murdered civilians.

Horrific photographs of bodies rotting in piles of garbage circulated on social media following the violence that took place on Nov. 13, 2018, contributing to the “massacre” narrative promoted by the RNDDH.

The RNDDH also alleges that Cherizier participated in the attacks as part of a “state sanctioned massacre” of civilians in a neighborhood traditionally supportive of the Fanmi Lavalas political party.

In early November 2018, Jimmy Cherizier was a largely unknown figure in Haiti. According to Cherizier, he had formed a neighborhood defense group with other Haitian National Police (PNH) officers. The group had been formed to expel a criminal gang that had taken residence in lower Delmas. Cherizier had not yet announced the G-9 or attracted the attention of Haitian or international media.

In episode one of Dan Cohen and Kim Ives’ documentary, Another Vision, Cherizier alleges that Espérance offered to remove his name from the RNDDH’s upcoming report on the attacks in La Saline if he assassinated Marie-Yolène Gilles. Cherizier refused. Gilles, a former program director for RNDDH, had left the organization, accusing its director, Pierre Espérance, of corruption. She formed a competing human rights organization named the Open Eyes Foundation (FJKL) with lawyer and politician Samuel Madistin.

Cherizier was first targeted by the FJKL in a rushed report released three days after the attacks in La Saline. An analysis of this report is available in “Another Vision” and “The Open Eyes Foundation (FJKL) Is Not a Credible Human Rights Group,” an article I wrote last year. It is significant that Madistin is a legal representative for Reginald Boulos, who openly supported Ti Gabriel, the head of the Nan Brooklyn gang and the G-Pèp armed group alliance. The RNDDH also hired Madistin in 2004 by the RNDDH to represent the “victims” of the fabricated La Scierie massacre.

Espérance adopted the framing of the attacks in La Saline as a “state sanctioned massacre” alleged in the rushed FJKL report, despite a lack of evidence. Similar to Espérance’s efforts to tie an alleged massacre of civilians to Aristide and Fanmi Lavalas (FL) in 2004, the RNDDH’s La Saline report frames the civilian death toll as a result of a planned attack by the PHTK.

Roger Millien, an elected FL deputy, first alleged that the La Saline attacks were politically motivated and planned by PHTK politicians to target FL supporters. FL published a press release on Nov. 15, 2018, less than 48 hours after the attacks. This FL press release preceded any report or investigation. The press release “strongly condemns the massacre that the Jovenel and Céant regime conducted in La Saline,” explicitly blaming Jovenel Moïse for orchestrating the massacre.

Millien claimed to know about an alleged planning meeting for the attacks in La Saline attended by Cherizier, Nan Chabon’s leader, Ti Junior, and PHTK members. These allegations appear in the RNDDH report. He seems to be the sole source for this allegation.

Millien never offered an explanation on how he could know the details of a planning meeting he did not attend. Nor did he explain why he didn’t warn the residents of La Saline of the impending attack. According to a Jun. 21, 2019 UN report on the attacks in La Saline, the members of the Projet La Saline gang fled La Saline before Nan Chabon’s attack, indicating they may have been forewarned.

Both the FJKL and RNDDH reports acknowledge that Millien had a close relationship with the local gang, Projet La Saline. In an interview with Le Nouvelliste, Millien admits to knowing the leader at the time, Bout JanJan. Indeed, Millien drove an injured Bout JanJan and other gang members to the hospital after an attempted assassination in early November, he told Le Nouvelliste, in accordance with “international conventions” to “provide assistance to injured people even in times of war.”

Millien’s relationship with a local gang was not an uncommon feature of FL’s elected deputy MPs following the 2017 election.

Printemps Bélizaire, another elected FL deputy, was summoned for questioning in connection to the 2018 murder of journalist Vladimir Legagneur. He responded by claiming that he had a diplomatic engagement in Canada and couldn’t attend. It seems that he stayed there until the summons order expired. Bélizaire never testified.

Politician Joseph Lambert, a senator at the time, accused Bélizaire of helping gang leader Arnel Joseph avoid arrest. This accusation came three days after the RNDDH report on the attacks in La Saline explicitly blamed the PHTK government for orchestrating the events in La Saline.

Coincidentally, Bélizaire was officially summoned to answer questions about Legagneur’s murder was on Dec. 1, 2018, the day on which the RNDDH’s La Saline report was published.

Bélizaire also made headlines in June 2019 in Haiti when he was recorded saying in parliament that he “burn[ed] down police stations and murder[s] people with machetes.”

Did the RNDDH politicize a clash between two armed groups?

The RNDDH’s allegations that the Nov. 13, 2018 attacks in La Saline were politically motivated are contested by many residents.

Several locals believed the violence was strictly a result of gang warfare over control of the local market. Dozens of displaced Haitians who escaped Nan Chabon’s violence settled in Place d’Italy. They were interviewed by Berrick Estiodore for Kapzy News. The leadership of the camp denied the violence was political. Matyas Jean Norger, secretary of the Place d’Italy committee, said the gang violence was for “control” of the Croix-des-Bossales market.

Jean Renaud Félix, the director of the Croix-des-Bossales market at the time of the attacks, also believes the La Saline attacks were not politically motivated. He was interviewed in the documentary “Another Vision” and described the attacks as a clash between “two armed groups locking horns on the same block.”

Raphael Louigène, a social worker at Fondation St. Luc, a Catholic charity that works in Port-au-Prince’s poorest neighborhoods, told the Associated Press that the attacks “appeared to result from a fight over the right to extort marketplace merchants after one gang pushed out another.”

Washington’s clear paternity of the “transitional presidential council” has destroyed its legitimacy even before its confirmation.

The RNDDH report on La Saline does acknowledge that some residents believe the attacks were part of an ongoing inter-gang war to control the local market, it nonetheless concludes that the attacks are a “result of the co-existence and cooperation between governmental authorities and armed gangs.”

The campaign to frame the attacks in La Saline as strictly political was successful. Mainstream western media, as well as virtually every outlet on the left covering Haiti at the time, repeated the allegations that the attacks in La Saline were politically motivated. FJKL and RNDDH reports on La Saline were often the basis for the allegations.

Notably, The Center for Analysis and Research on Human Rights (CARDH), one of Haiti’s most prominent human rights groups, produced a report on the La Saline violence that did not suggest it was politically motivated. The CARDH report didn’t mention Jimmy Cherizier either. It mentions a relationship between a PHTK politician and Nan Chabon, but blames the state for being complacent and absent, not for organizing a massacre. Unlike the RNDDH and FJKL, CARDH has no known political affiliations that would cause accusations of bias around this event.

It speaks volumes that, in the same aforementioned AP report, Joel Noel, was identified as a “community leader” in La Saline. Referring to the Nov. 13, 2018 violence, he told AP “this is a political fight.” The fact that Noel replaced Bout JanJan as leader of the Projet La Saline gang is omitted from the article.

Predictably, in a separate AP report six months later, Noel, with his lips “stained purple from the wine he’d been drinking that morning,… accused Cherizier in the slayings.”

On Nov. 15, 2023, five years after the La Saline events, Espérance announced that the U.S. justice system had taken control of the La Saline dossier.

The Canadian government continues to meddle in Haiti’s affairs

Canada’s funding of the RNDDH through ASFC provides evidence that, while it may have retreated from publicly meddling in Haiti’s affairs, it still seeks to do so discretely. Canadian funding to the RNDDH indirectly affects political discourse in Canada and the U.S. by supporting Pierre Espérance’s platform for political influence.

Espérance was participated in the creation of the Montana Accord, announced in August 2021, which initially represented a broad coalition of political parties, civil society organizations, and peasant groups. Indeed, once the accord was announced, it was left at the RNDDH’s office so representatives of civil society organizations could sign the document.

Support for it has shrunk significantly since the accord was announced. Two years after its initial announcement, the coalition behind the accord now only represents a small fraction of Haitian society, functioning more as a civil society front for a sector of the Haitian bourgeoisie than a coalition with broad support. The coalition was once considered the main rival to Ariel Henry’s political alliance.

By funding the RNDDH, the Canadian government indirectly provided support to the leaders of the Montana Accord coalition. The same can be said of Washington via funding from the National Endowment for Democracy (NED) and the Open Society Foundation. Over the two-year period following the announcement of the Montana Accord, this funding indirectly played a role in maintaining support for a controlled opposition to Henry’s rule through Espérance’s efforts to advocate for it.

Espérance remains an enthusiastic supporter of the Montana Accord, even as its popularity has plummeted among Haitians. Espérance has written several articles for the liberal think-tank Just Security pleading to the U.S. government to shift support from Ariel Henry to the Montana Accord.

When asked about Pierre Espérance’s obvious political activity while acting as RNDDH’s director, an ASFC representative claimed that: “We are a non-political organization and we work on capacity-building for human rights organizations, not individuals.”

ASFC also explained that they apply the “principle of subsidiarity” with their partners. “Our partners are independent, and we offer them support without influencing their positions or endorsing them in their entirety,” they said.

It is possible that ASFC is unaware of the long list of reports that conclude that the RNDDH is not a legitimate human rights group. ASFC’s adherence to the “principle of subsidiarity” seemingly allows them to ignore RNDDH’s clearly political nature.

The Canadian government is ultimately accountable for this funding and shares responsibility for its role in the Ottawa initiative, the 2004 coup, and funding of NCHR-Haiti to pursue the case against then-Prime Minister Yvon Neptune.

The Montana Accord leadership are also tied to the 2004 coup d’etat

One of the founders and spokespersons for the Montana Accord is Magali Comeau Denis. Like Espérance, she had a role in the anti-Lavalas campaign before and after the 2004 coup.

Comeau Denis was one of the members of the “Council of the Wise” selected for midwifing the coup government. She was made Culture Minister in the Latortue/Boniface coup regime.

Ariel Henry was also a member of the Council of the Wise.

Comeau Denis’ unelected position in government was a result of her participation in the propaganda campaign against Aristide’s democratically elected government. Comeau Denis, leader of the Collectif Non, co-wrote a letter in September 2003 signed by dozens of Haiti’s elite, calling Aristide’s government a “tyrannical power” experiencing “totalitarian drift.” The main objective of the Collective Non was to boycott the celebration of Haiti’s Bicentenary on Jan. 1, 2004 for the benefit of the former colonialist powers.

Similar to Espérance accusations against Neptune, Comeau Denis also made baseless accusations of murder against another FL leader, Father Gérard Jean Juste, as part of a campaign to criminalize the extremely popular party and suppress dissent after the 2004 coup.

Comeau Denis last year traveled to Washington with Espérance to lobby the U.S. government to shift their support to their dwindling coalition. They met with Juan Gonzalez, Deputy Assistant Secretary of State for Western Hemisphere Affairs and Under Secretary of State for Hemispheric Affairs Brian H. Nicholls on May 30, 2023. This was followed by a meeting with “authorities in the Pentagon” on Jun. 2, 2023.

Five days later, on Jun. 7, Washington announced new sanctions against one of Jovenel Moïse’s closest advisors, former prime minister Laurent Lamothe.

While visiting Washington, Espérance spoke to the New York Times. Referring to the recent popular uprising in Haiti known as Bwa Kale, he said “the rise of the vigilante movement… underscores the international community’s failure to address the crisis.” In other words, he wanted Washington to shift support to the Montana Accord, which would then approve a militarily intervention to prevent a popular uprising.

The MSS to ensure Haiti’s neocolonial status

The Multinational Security Support Mission (MSS) is fundamentally an occupation force, an imperialist tool for maintaining hegemony and preventing a popular uprising in Haiti.

Washington and its proxy, CARICOM, are currently leading negotiations with leaders of Haiti’s “political class” to form a Presidential Council. Agreeing to the MSS is a precondition for joining these negotiations.

Although Kenya’s high court has blocked deployment of Kenyan police to Haiti to lead the MSS, President William Ruto had promised to deploy the police force anyway. Photo: Vanguardngr

Among the confirmed representatives are Fritz Alphonse Jean of the Montana Accord group; Leslie Voltaire of Fanmi Lavalas; Louis Gérald Gilles of the December 21 Agreement political group, allied with Ariel Henry; Laurent Saint-Cyr with the private sector (former member of Henry’s transitional council and President of Haitian Chamber of Commerce); Edgard Leblanc Fils who represents the January 30th Collective (a coalition of political parties); Emmanuel Vertilaire with the Pitit Desalin party; and Augustin Smith with the EDE/RED political sector.

In late January, former FL leader Maryse Narcisse told the press that she “supports the protest movements across the country to demand the resignation of Mr. Henry.” This seemed to be a tacit endorsement of the people’s movement that supported Guy Philippe’s call to remove Henry from power, and a surprising turn of events.

FL’s decision to support Washington’s efforts to form a presidential council show the party has moved in the opposite direction, to the dismay of many party stalwarts.

Washington’s clear paternity of the “transitional presidential council” has destroyed its legitimacy even before its confirmation. Clearly, most Haitians reject the body.

It was until recently in a race for power with another transitional council formed inside Haiti. This other council proposed on Mar. 3, 2024 was to include Guy Philippe as president, Françoise Saint-vil Villier from the religious sector’s National Spiritual Council of Churches (CONASPEH), and ex-Court of Appeals judge Durin Junior Duret.

Washington’s plans in Haiti revolve around the MSS, which Kenyan police were supposed to lead. But Kenya’s high court has blocked deployment of Kenyan forces. William Ruto had promised to deploy the police force anyway. Henry’s recent resignation, however, forced Ruto to pause the deployment, as it requires the consent of Haiti’s government.

Kenya has already sent 200 police officers on the ground in Haiti. In addition, the U.S. Special Forces have been deployed as well to train and advise the PNH. Global Affairs Canada has also committed the RCMP to provide “technical training” to PNH officers as part of the MSS.

The Canadian government remains an enthusiastic supporter of the MSS. Canadian foreign affairs minister Mélanie Joly announced this February that Canada “will allocate $123 million in funding to support Haiti, including $80.5 million to support the deployment of the MSS”.

The same announcement included a reminder that “since 2022, Canada has committed more than $300 million in international development, humanitarian and security assistance funding to Haiti.” In addition, Canada has contributed $57 million to “reinforce” the PNH.

This highlights that Canada has played a key role in maintaining funding for Haiti’s National Police force. Canada is the second-largest bilateral donor to Haiti after the U.S.

The RNDDH, funded by the Canadian government, is among these naysayers against Haitian popular movements for genuine democracy. Espérance, critical of the Bwa Kale movement and any other local leader who resists the violence of criminal gangs, using Canadian government money for write reports attacking leaders like Cherizier, who seek to change Haiti’s status quo.


An earlier version of this article was first published by The Canada Files, that country’s only news outlet focused on Canadian foreign policy. Travis Ross is a teacher based in Montreal, Québec. He is also the co-editor of the Canada-Haiti Information Project at canada-haiti.ca. Travis has written for Haiti Liberté, Black Agenda Report, The Canada Files, TruthOut, and rabble.ca. He can be reached on Twitter.

Le gouvernement canadien finance les projets de persécution politique du partenaire de coup d’État contre Aristide : Documents

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(Partie 2)

Des documents obtenus par The Canada Files révèlent qu’une ONG haïtienne de « droits humains » disposait de deux rapports, utilisés pour cibler des opposants politiques, financés indirectement par le gouvernement canadien à travers l’ONG Avocats sans Frontières Canada (ASFC).

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) reçoit un financement d’un montant non divulgué au titre du projet ASFC « Accès à la Justice et Lutte contre l’Impunité en Haïti » (AJULIH) pour des « activités de plaidoyer ». Cet auteur avait précédemment expliqué la corruption du RNDDH et de son directeur, Pierre Espérance.

En 2004, le gouvernement canadien a financé le RNDDH (alors NCHR-Haïti) dans le cadre d’un effort plus large visant à garantir la criminalisation et la répression violente sur des dirigeants et partisans de Lavalas. Le RNDDH a joué un rôle clé dans la déstabilisation du gouvernement démocratiquement élu de Jean-Bertrand Aristide en fabriquant des allégations de violations des droits humains contre les dirigeants et les membres de Lavalas avant et après le coup d’État de 2004. Le RNDDH reçoit également un financement du National Endowment for Democracy (NED), décrit par son co-fondateur Allan Weinstein comme faisant « une grande partie de ce qui… a été fait en secret il y a 25 ans par la CIA ».

Des allégations et des rapports ultérieurs renforcent encore l’idée selon laquelle Espérance et le RNDDH est une organisation politique – avec la façade d’un groupe de défense des droits humains – qui utilise sa plateforme et son financement pour cibler et persécuter les opposants politiques.

L’ASFC finance des rapports du RNDDH qui ciblent les opposants politiques de Pierre Espérance

ASFC a financé deux rapports du RNDDH dans le cadre du projet AJILUH. Affaires mondiales Canada a confirmé qu’il savait que le RNDDH avait reçu un financement de son projet, lorsqu’il a été contacté pour commentaires.

Les deux rapports contiennent un avertissement : « Ce document a été réalisé dans le cadre du projet : Accès à la justice et lutte contre l’impunité Haïti » mis en œuvre par Avocats sans frontières Canada (ASFC) et ses partenaires. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité du RNDDH et ne reflète pas nécessairement le point de vue de l’ASFC.

Les deux rapports, traduits en anglais, sont intitulés « Attaques contre les quartiers défavorisés : Le RNDDH réclame la fin de la protection des bandes armées par les autorités en place » et « Le règne du Premier ministre Ariel HENRY ou La fureur des bandes armées ».

Pierre Espérance et l’ambassadrice américaine Michele Sison

Les deux rapports reprennent les allégations de  Pierre Espérance et du RNDDH selon lesquelles Jimmy Cherizier serait un chef de gang redevable au président haïtien Jovenel Moise et, après son assassinat, le Premier ministre de facto devenu dictateur, Ariel Henry. Tous deux sont membres du Parti haïtien Tèt Kale (PHTK).

Le premier rapport fait de 25 pages. Le nom de Chérizier apparaît cinquante-deux fois. Le rapport se concentre sur les crimes présumés commis par la coalition G-9 de Cherizier et ignore les crimes présumés commis par d’autres gangs. Les gangs criminels opposés à l’alliance du G9, dont, à l’époque, 400 Mawazo, le gang de Brooklyn de Ti Gabriel et le gang 5 Second d’Izo sont omis du rapport.

Les gangs opposés à l’alliance du G9 sont responsables de pratiquement tous les incidents d’enlèvements et de viols à Port-au-Prince.

Pierre Espérance devait devenir nerveux. Le premier rapport a été publié le 23 juin 2020. La veille, les médias haïtiens avaient commencé à faire état des négociations réussies de Cherizier avec plusieurs gangs à Port-au-Prince pour un cessez-le-feu. Cherizier avait uni son groupe de défense de quartier (ou brigade de vigilance) avec d’autres à Port-au-Prince. Il affirme également avoir réussi à convaincre certains chefs de gangs criminels de cesser leurs activités illégales qui nuisaient aux résidents locaux et de les défendre contre les gangs criminels qui kidnappaient, violaient et extorquaient régulièrement les citoyens locaux.

La coalition a été nommée Fòs Revolisyonè G9 an fanmi e alye (Forces révolutionnaires de la famille G9 et alliés, alias G9 ou FRG9). Un mois plus tard, en juillet 2020,  d’autres gangs se sont rapidement regroupés en une fédération criminelle connue sous le nom de « G-pèp ». Ces gangs sont mieux décrits comme des groupes armés qui fonctionnent comme des forces paramilitaires pour les oligarques haïtiens, les politiciens et le PHTK au pouvoir – le parti du premier ministre de facto, le Dr Ariel Henry. Ti Gabriel, par exemple, avait le soutien de l’oligarque haïtien Reginald Boulos. Ce dernier qui, à son tour, a soutenu l’accord politique du Premier ministre Henry.

Le premier rapport affirme que Chérizier est « un homme puissant, redouté par le secteur privé, bras armé du président Jovenel Moïse ». À l’inverse, tout en parlant de sa demande publique que Moise démissionne, Cherizier a déclaré que le G9 voulait qu’il « quitte le pays », tout en faisant également l’éloge de dirigeants tels qu’Aristide et le leader de la Platfòm Pitit Desalin, Moise Jean-Charles.

« Le G-9 ne travaille pas pour le régime, et le G-9 n’a pas été créé par l’opposition et ne travaille pas pour elle », a déclaré Cherizier. « Il a été créé pour qu’il n’y ait plus jamais de vols, de viols et d’enlèvements dans nos quartiers… mais aussi pour que les ghettos obtiennent ce qui leur est dû, les écoles, les cliniques, les hôpitaux, les services, l’eau courante, les infrastructures, et toute la sécurité dont bénéficient les quartiers riches ».

Le deuxième rapport financé par l’ASFC a été publié le 3 mai 2023. Dans ce rapport, le RNDDH allègue que Chérizier et la coalition du G9 avaient délibérément commis des actes de violence pour justifier une intervention étrangère.

Le rapport affirme qu’une fusillade à Bel-Air survenue entre le 28 février et le 5 mars 2023 était « purement et simplement politique ». Le rapport poursuit en affirmant que « les autorités en place » ont décidé « d’utiliser leurs bandes armées membres de la coalition dirigée par Jimmy Cherizier » pour amplifier la « perception de la violence en Haïti et inciter la communauté internationale à donner suite aux demandes d’intervention militaire ». Aucune preuve n’est présentée pour étayer ces affirmations dans le rapport.

Contredisant les allégations du RNDDH, Cherizier a déclaré lors d’une conférence de presse le 16 août 2023, qu’une force d’intervention étrangère se heurterait à une résistance armée si elle n’arrêtait pas immédiatement, dès son entrée en Haïti, le Premier ministre Ariel Henry, les oligarques corrompus et les politiciens corrompus qui envahissent les quartiers pauvres d’Haïti avec des armes. Il a également souligné les conséquences désastreuses de la dernière intervention étrangère en Haïti menée par les Nations Unies – MINUSTAH.

Espérance et le RNDDH instrumentalisent les rapports sur les droits humains contre leurs opposants, encore une fois

Le premier rapport du RNDDH financé par l’ASFC reprend les allégations portées contre Chérizier qui proviennent de leur rapport du 1er décembre 2018 intitulé « Les événements de La Saline : de la lutte de pouvoir entre bandes armées au massacre sanctionné par l’État ».

La première partie du titre est corroborée par les habitants de Lasaline de l’époque. Les attaques survenues à Lasaline le 13 novembre 2018 impliquaient un gang, Nan Chabon, envahissant le territoire d’un autre gang, Projet Lasaline, pour le contrôle d’un marché local. Cette attaque brutale de gangs a entraîné la mort d’au moins 23 civils.

Ce rapport du RNDDH allègue également que Cherizier a participé aux attaques dans le cadre d’un « massacre sanctionné par l’État » de civils dans un quartier traditionnellement favorable au parti politique Fanmi Lavalas.

Début novembre 2018, Jimmy Chérizier était une figure largement méconnue en Haïti. Selon Cherizier, il avait formé un groupe de défense de quartier avec d’autres policiers haïtiens (PNH). Le groupe avait été formé pour expulser un gang criminel armé qui avait élu domicile dans son quartier de Delmas 6. Chérizier n’avait pas encore annoncé le G-9 ni attiré l’attention des médias haïtiens ou internationaux.

Dans le premier épisode du documentaire de Dan Cohen et Kim Ives, Another Vision, Cherizier allègue que Pierre Espérance a proposé de retirer son nom du prochain rapport du RNDDH sur les attentats de Lasaline s’il assassinait Marie-Yolène Gilles. Chérizier a refusé. Gilles, ancien directeur des programmes du RNDDH, avait quitté l’organisation, accusant son directeur, Pierre Espérance, de corruption. Elle a formé une organisation concurrente de défense des droits humains, la Fondation Open Eyes (FJKL), avec l’avocat et homme politique Samuel Madistin.

Chérizier a été visé pour la première fois par le FJKL dans un rapport précipité publié trois jours après les attentats de Lasaline. Une analyse de ce rapport est disponible dans Another Vision et dans cet article : La Fondation Open Eyes (FJKL) n’est pas un groupe de défense des droits humains crédible. Il est significatif que Madistin soit le représentant légal de Reginald Boulos. Cet oligarque haïtien, a ouvertement soutenu Ti Gabriel, le chef du gang de la zone appelée  nan Brooklyn de l’alliance du groupe armé G-pèp. Madistin a également été embauché en 2004 par le RNDDH pour représenter les « victimes » du massacre fabriqué de toutes pièces de La Scierie.

Espérance a adopté la définition des attaques de Lasaline comme un « massacre sanctionné par l’État » allégué dans le rapport précipité du FJKL, malgré le manque de preuves. Semblable aux efforts d’Espérance pour relier un prétendu massacre de civils à Aristide et Fanmi Lavalas (FL) en 2004, le rapport Lasaline du RNDDH présente le bilan des morts civiles comme le résultat d’une attaque planifiée par le PHTK.

C’est Roger Millien, un vice-ministre élu de FL, qui a été le premier à affirmer que les attaques de La Saline étaient politiquement motivées. Il a accusé les politiciens locaux du PHTK d’avoir planifié les attaques. La version de Millien insiste sur le fait que les attaques ont été planifiées par le PHTK pour cibler les partisans de Fanmi Lavalas. FL a publié un communiqué le 15 novembre 2018, moins de 48 heures après les attentats. Ce communiqué de FL a précédé tout rapport ou enquête. Le communiqué « condamne fermement le massacre perpétré par le régime de Jovenel et Céant à Lasaline ». Blâmer explicitement Jovenel Moise pour avoir orchestré le massacre.

Millien a affirmé avoir eu connaissance d’une prétendue réunion de planification des attentats de Lasaline à laquelle participaient Cherizier, le leader de Nan Chabon, Ti Junior et des membres du PHTK. Ces allégations figurent dans le rapport du RNDDH. Il semble être l’unique source de cette allégation.

Millien n’a jamais expliqué comment il pouvait connaître les détails d’une réunion de planification à laquelle il n’avait pas assisté. Il n’a pas non plus expliqué pourquoi il n’avait pas prévenu les habitants de Lasaline de l’attaque imminente. Selon un rapport de l’ONU du 21 juin 2019 sur les attaques de Lasaline, les membres du gang Projet Lasaline ont fui Lasaline avant l’attaque de Nan Chabon, indiquant qu’ils auraient pu être prévenus.

Les rapports du FJKL et du RNDDH reconnaissent que Millien entretenait une relation étroite avec le gang local, Projet Lasaline. Dans un entretien au Nouvelliste, il avoue connaître le leader de l’époque, Bout Janjan. En effet, Millien a conduit Bout Janjan blessé et d’autres membres du gang à l’hôpital après une tentative d’assassinat début novembre. Il a déclaré au Nouvelliste avoir conduit les membres du gang à l’hôpital conformément aux « conventions internationales » pour « porter assistance aux blessés même en temps de guerre ».

La relation de Millien avec un gang local n’était pas une caractéristique rare parmi les députés élus de FL après les élections de 2017.

L’autre député élu de Fanmi Lavalas (FL), Printemps Bélizaire a été convoqué pour un interrogatoire dans le cadre du meurtre en 2018 du journaliste Vladimir Legagneur. Il a répondu en affirmant qu’il avait un engagement diplomatique au Canada et qu’il ne pouvait pas y assister. Il semble qu’il y soit resté jusqu’à l’expiration de l’ordonnance de convocation. Bélizaire n’a jamais témoigné.

Le politicien du PHTK, Joseph Lambert, et sénateur à l’époque, a accusé Bélizaire d’avoir aidé le chef de gang Arnel Joseph à éviter son arrestation. Cette accusation intervient trois jours après que le rapport du RNDDH sur les attentats de Lasaline accuse explicitement le gouvernement du PHTK d’avoir orchestré les événements de Lasaline.

Par coïncidence, Bélizaire a été officiellement convoqué pour répondre aux questions sur le meurtre de Legagneur le 1er décembre 2018, jour de publication du rapport Lasaline du RNDDH.

Bélizaire a également fait la une des journaux en juin 2019 à Haïti lorsqu’il a été enregistré déclarant au Parlement qu’il « avait incendié des commissariats de police et assassiné des gens à coups de machette ».

L’une des fondatrices et porte-parole de l’Accord de Montana, Magali Comeau Denis.

Le RNDDH a-t-il politisé un affrontement entre deux groupes armés ?

Les allégations du RNDDH selon lesquelles les attaques survenues à Lasaline le 13 novembre 2018 étaient politiquement motivées sont contestées par de nombreux habitants.

Plusieurs habitants pensaient que les violences étaient strictement le résultat d’une guerre de gangs pour le contrôle du marché local. Des dizaines d’Haïtiens déplacés ayant échappé aux violences de Nan Chabon se sont installés Place d’Italie. Ils ont été interviewés par Berrick Estiodore pour Kapzy News. Les dirigeants du camp ont nié le caractère politique de la violence. Matyas Jean Norger, secrétaire du comité de la Place d’Italie, a déclaré que la violence des gangs visait à « contrôler le marché », faisant référence au marché de la Croix de Bouquets.

Jean Renaud Félix, directeur du marché de la Croix de Bouquet au moment des attentats, estime également que les attaques de Lasaline n’avaient pas de motivation politique. Il a été interviewé dans le documentaire Another Vision et a décrit les attaques comme un affrontement entre « deux groupes armés s’affrontant sur le même bloc ».

Raphael Louigene, travailleur social à la Fondation Saint-Luc, une organisation caritative catholique qui travaille dans les quartiers les plus pauvres de Port-au-Prince, a déclaré pour sa part à l’Associated Press (AP) que les attaques « semblaient résulter d’une lutte pour le droit d’extorquer des biens des marchands du marché après qu’un gang en ait chassé un autre ».

En outre, le rapport du RNDDH sur Lasaline reconnaît que certains habitants pensent que les attaques faisaient partie d’une guerre inter-gangs en cours pour contrôler le marché local, mais il conclut néanmoins que les attaques sont le « résultat de la coexistence et de la coopération entre les autorités gouvernementales et les bandes armées. »

La campagne visant à qualifier les attaques de Lasaline de strictement politiques a été couronnée de succès. Les principaux médias occidentaux, ainsi que pratiquement tous les médias de gauche couvrant Haïti à l’époque, ont répété les allégations selon lesquelles les attaques de Lasaline étaient politiquement motivées. Les rapports du FJKL et du RNDDH sur Lasaline ont souvent servi de base aux allégations. .

Notamment, le Centre d’analyse et de recherche sur les droits de l’homme (CARDH), l’un des groupes de défense des droits de l’homme les plus importants d’Haïti, a produit un rapport sur les attaques de Lasaline qui ne suggérait pas que les attaques étaient politiquement motivées. Le rapport du CARDH ne mentionne pas non plus Jimmy Chérizier. Le rapport du CARDH évoque une relation entre un homme politique du PHTK et Nan Chabon, mais reproche à l’État sa complaisance et son absence, et non l’organisation d’un massacre. Contrairement au RNDDH et au FJKL, le CARDH n’a aucune affiliation politique connue qui pourrait donner lieu à des accusations de partialité autour de cet événement.

Le fait que, dans le même rapport de l’AP susmentionné, Joel Noel, ait été identifié comme un « leader communautaire » à Lasaline en dit long. Faisant référence aux attentats du 13 novembre 2018, il a déclaré à AP « il s’agit d’un combat politique ». Le fait que Noël ait remplacé Bout Janjan à la tête du gang Projet Lasaline est omis de l’article.

Comme on pouvait s’y attendre, dans un rapport distinct de l’AP six mois plus tard, Noel a été interviewé. Les lèvres de Noel étaient « tachées de violet à cause du vin qu’il avait bu ce matin-là ». AP rapporte qu’il « a accusé Chérizier des meurtres ».

Le 15 novembre 2023, près de cinq ans après les attentats de Lasaline, Espérance annonce que la justice américaine a pris le contrôle du dossier Lasaline.

Le gouvernement canadien continue de s’immiscer dans les affaires d’Haïti

Le financement du RNDDH par le Canada par l’intermédiaire de l’ASFC prouve que, même s’ils ont renoncé à s’ingérer publiquement dans les affaires d’Haïti, ils cherchent toujours à le faire plus discrètement. Le financement que le gouvernement canadien fournit au RNDDH affecte indirectement le discours politique au Canada et aux États-Unis en soutenant la plateforme d’influence politique de Pierre Espérance.

Espérance a participé à la création de l’Accord de Montana, annoncé en août 2021, qui représentait initialement une large coalition de partis politiques, d’organisations de la société civile et de groupes paysans. En effet, une fois l’accord annoncé, il a été déposé au bureau du RNDDH afin que les représentants des organisations de la société civile puissent signer le document.

Le soutien à cet accord a considérablement diminué depuis l’annonce de l’accord. Deux ans après son annonce initiale, la coalition à l’origine de l’accord ne représente désormais qu’une petite fraction de la société haïtienne, fonctionnant davantage comme un front de la société civile pour un secteur de la bourgeoisie haïtienne que comme une coalition bénéficiant d’un large soutien. La coalition était autrefois considérée comme le principal rival de l’alliance politique du Premier ministre Henry. Ce n’est plus le cas.

En finançant Espérance et le RNDDH, le gouvernement canadien a indirectement apporté son soutien aux dirigeants de la coalition appelée Accord de Montana. La même chose peut être dite de Washington grâce au financement du National Endowment for Democracy et de l’Open Society Foundation. Au cours des deux années qui ont suivi l’annonce de l’Accord de Montana, ce financement a eu pour effet de maintenir une opposition contrôlée au pouvoir du Premier ministre Henry.

Espérance reste un partisan enthousiaste de l’Accord de Montana, même si sa popularité a chuté parmi les Haïtiens. Espérance a écrit plusieurs articles pour le groupe de réflexion libéral Just Security, plaidant auprès du gouvernement américain pour qu’il déplace son soutien d’Ariel Henry vers l’accord de Montana.

Interrogé sur l’activité politique évidente de Pierre Espérance en tant que directeur du RNDDH, un représentant de l’ASFC a affirmé : « Nous sommes une organisation apolitique et nous travaillons au renforcement des capacités des organisations de défense des droits de l’homme, pas des individus. »

ASFC a également expliqué qu’elle applique le « principe de subsidiarité » avec ses partenaires. « Nos partenaires sont indépendants et nous leur proposons notre soutien sans influencer leurs positions ni les approuver dans leur intégralité », ont-ils déclaré.

Il est possible qu’ASFC ignore la longue liste de rapports concluant que Pierre Espérance et le RNDDH ne sont pas un groupe légitime de défense des droits humains. L’adhésion d’ASFC au « principe de subsidiarité » leur permet apparemment d’ignorer la nature politique évidente de ce soi-disant groupe de défense des droits de l’homme.

C’est le gouvernement canadien qui est ultimement responsable de ce financement. Tout comme le gouvernement canadien partage la responsabilité de son rôle dans l’initiative d’Ottawa, le coup d’État de 2004 et le financement du NCHR-Haïti pour poursuivre le procès contre le Premier ministre de l’époque, Yvon Neptune.

Jimmy Chérizier

Les dirigeants de l’Accord de Montana sont également liés au coup d’État de 2004.

L’une des fondatrices et porte-parole de l’Accord de Montana est Magali Comeau Denis. Elle, tout comme Espérance, a joué un rôle dans la campagne anti-Lavalas avant et après le coup d’État de 2004.

Comeau Denis était l’un des membres de la bourgeoisie haïtienne que le Conseil des Sages a choisi pour le gouvernement putschiste. Elle a été nommée ministre de la Culture sous le régime putschiste de Latortue/Boniface. Cela signifie qu’Ariel Henry, l’actuel dictateur d’Haïti et, en 2004, membre du Conseil des Sages, a joué un rôle dans la sélection de Comeau Denis pour son poste dans le gouvernement putschiste.

La position de Comeau Denis au sein du gouvernement était le résultat de sa participation à la campagne de propagande contre le gouvernement démocratiquement élu d’Aristide. Comeau Denis dirigeante du Collectif Non a co-écrit une lettre en septembre 2003 signée par des dizaines d’élites intellectuelles haïtiennes, qualifiant le gouvernement d’Aristide de « pouvoir tyrannique » connaissant une « dérive totalitaire » Il est évident de signaler, le Collectif Non a été formé avec l’objectif principal de boycotter au profit des anciennes puissances colonialistes la célébration du Bicentenaire de l’indépendance d’Haïti le premier janvier 2004.

Semblables aux accusations de Pierre Espérance contre Neptune, Comeau Denis a également porté des accusations sans fondement de meurtre contre un autre dirigeant de FL, le père Gérard Jean Juste, dans le cadre d’une campagne visant à criminaliser le parti extrêmement populaire et à réprimer la dissidence après le coup d’État de 2004.

Ce Représentant de l’Accord de Montana, Comeau Denis s’est récemment rendu à Washington avec Espérance pour faire pression sur le gouvernement américain afin qu’il accorde son soutien à leur coalition en déclin. Ils ont rencontré Juan Gonzalez, sous-secrétaire d’État adjoint aux Affaires de l’hémisphère occidental et sous-secrétaire d’État aux Affaires hémisphériques Brian H. Nicholls, le 30 mai 2023. Cela a été suivi d’une réunion avec les « autorités du Pentagone » le 2 juin 2023.

Cinq jours plus tard, le 7 juin, Washington annonçait de nouvelles sanctions contre l’un de ses opposants politiques, l’ancien premier ministre du PHTK Laurent Lamothe.

Lors de sa visite à Washington, Espérance s’est entretenu avec le New York Times. Faisant référence au récent soulèvement populaire en Haïti connu sous le nom de Bwa Kale, il a déclaré que « la montée du mouvement d’autodéfense… souligne l’échec de la communauté internationale à faire face à la crise ». En d’autres termes, Washington doit déplacer son soutien vers l’Accord de Montana, qui approuvera alors toute intervention militaire pour empêcher un soulèvement populaire.

Une révolution en Haïti contre le dictateur soutenu par le Canada ?

La Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) est fondamentalement une force d’occupation, un outil impérialiste pour maintenir l’hégémonie et empêcher un soulèvement populaire en Haïti. Le MSS vise également à renforcer la dictature d’Henry et à avoir une énorme influence sur la composition du gouvernement de transition d’Haïti. Et, par ricochet, les éventuelles élections en Haïti.

La probabilité d’un déploiement de MSS diminue maintenant que la Haute Cour du Kenya a bloqué le déploiement des forces kenyanes. William Ruto a toutefois promis de déployer quand même des forces de police.

Bien que le MSS ne soit pas officiellement déployé, le Kenya a déjà envoyé 200 policiers sur le terrain en Haïti. Par ailleurs, les forces spéciales américaines ont également été déployées pour former et conseiller la PNH.

Le gouvernement canadien demeure un fervent partisan du MSS. La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a annoncé en février dernier que le Canada « allouera 123 millions de dollars de financement pour soutenir Haïti, dont 80,5 millions de dollars pour soutenir le déploiement du MSS ».

La même annonce comprenait un rappel que « depuis 2022, le Canada a engagé plus de 300 millions de dollars en financement international pour le développement, l’aide humanitaire et la sécurité en Haïti ». De plus, le Canada a contribué 57 millions de dollars pour « renforcer » la PNH. Tout cela souligne que le Canada a joué un rôle clé dans le maintien du financement de la police nationale d’Haïti.

Le Canada est le deuxième donateur bilatéral en importance à Haïti après les États-Unis. Affaires mondiales Canada a également engagé la GRC à fournir une « formation technique » aux agents de la PNH dans le cadre du MSS.

Berthony Dupont expliquait dans un récent éditorial d’Haïti Liberté que « le rôle de l’impérialisme dans la situation actuelle est évident ». Néanmoins, il affirme que les conditions sont favorables à une révolution. Kim Ives est du même avis, soulignant que « tout porte à croire que les masses haïtiennes en ont marre, ont faim, sont en colère et sont prêtes à s’engager sur la voie semée d’embûches de la révolution ».

Ces derniers mois, la Brigade de surveillance des zones protégées (BSAP), un petit groupe armé chargé de protéger les réserves naturelles, « est passée de quelques dizaines d’agents à une grande milice de plus de 15 000 soldats et, selon certaines estimations, peut-être deux ou trois fois ce nombre », a expliqué Ives.

La BSAP est dirigée par Jeantel Joseph, qui est également le chef nominal du parti de Guy Philippe. Cela fait de Guy Philippe récemment revenu des États-Unis après avoir purgé sept ans pour blanchiment d’argent et trafic de drogue, le leader efficace de la BSAP.

A son retour des Etats-Unis Philippe rejoint la mobilisation populaire, il annonce une « révolution pacifique », tout en affirmant que sa révolution s’inspire des événements du Sri Lanka, où, en 2022, un soulèvement populaire a chassé le gouvernement du pouvoir en quatre mois. « Tout le monde a vu comment des milliers et des milliers de personnes sont entrées dans les résidences des dirigeants qui gouvernaient mal », a-t-il expliqué.

Alors que Philippe propose une révolution pacifique, Jean Hilaire Lundi Roday, porte-parole du Réveil national pour la souveraineté d’Haïti, un front politique dirigé par Jeantel Joseph, a déclaré lui-même qu’« aucune option n’est exclue, y compris la prise du pouvoir par les armes pour renverser Ariel Henry. »

Dans un discours prononcé devant ses partisans à Petit Goâve le 28 janvier 2024, Philippe a également apporté son soutien à Chérizier, tout en faisant écho à son appel aux bandes criminelles pour « arrêter de punir notre propre peuple, des gens comme vous qui endurent la pauvreté, qui sont victimes du système ». Philippe les a encouragés à « écouter ce que dit le commandant Jimmy Chérizier : déposez les armes. Trop de larmes ont été versées… Nous allons changer cela avec le peuple. Je vous le dis : en 90 jours nous pourrions avoir une belle Haïti qui fleurisse… Arrêtez de tuer des gens. Aidez-les plutôt. Posez vos armes. Parce que les gens souffrent trop.»

Les Haïtiens ont des raisons de douter de la sincérité de Philippe parce qu’il avait dirigé les forces paramilitaires lors du coup d’État de 2004 contre le gouvernement d’Aristide. Et pourtant, face à la persistance d’une dictature soutenue par l’impérialisme et à l’aggravation de la sécurité et de la faim, les Haïtiens ont largement décidé de soutenir son appel pour évincer Henry.

Dans une récente interview à Radio Eclair, Sherlson Sanon a fait écho aux sentiments de nombreux Haïtiens : « Je ne dis pas que je suis un fanatique de Guy Philippe, mais quand votre maison prend feu et que vous devez l’éteindre pour sauver votre maison et votre famille à l’intérieur, vous accepterez l’aide de quiconque apporte de l’eau, et après vous examinez leur visage… Je demande à tous les gens qui croient en moi et savent que je ne suis pas corrompu, de ne pas soutenir Guy Philippe mais de soutenir le peuple dans cette bataille, car Haïti doit sortir de ce pétrin… Je soutiens le mouvement de façon à renverser le système, et cela ne signifie pas seulement renverser Ariel Henry et tous ses acolytes ».

Deux partis politiques sont parvenus à une conclusion similaire. Moïse Jean-Charles, leader du parti Pitit Dessalines, a noué une alliance avec Philippe, admettant devant la presse qu’il « ne pouvait pas mener la bataille seul ». « Je dois rassembler tout le monde pour avoir assez de force pour chasser Ariel Henry… », a-t-il expliqué.

La dirigeante de FL, Maryse Narcisse, a déclaré à la presse qu’elle « soutient les mouvements de protestation à travers le pays pour exiger la démission de M. Henry ». Il s’agit d’un soutien tacite au mouvement populaire qui soutient l’appel de Jeantel Joseph et Philippe à retirer Henry du pouvoir, et d’une tournure surprenante des événements.

Au moment du coup d’État de 2004, Moise Jean-Charles était un leader populaire au sein de FL, qui était la cible des forces paramilitaires déchaînées de Philippe. Philippe a présenté de tièdes excuses pour son rôle dans ce coup d’État. La décision de Narcisse et Moïse de soutenir le mouvement est néanmoins remarquable.

Les opposants à l’appel de Philippe à évincer Henry sont « des secteurs dispersés de la classe politique haïtienne, pour la plupart silencieuse », explique Ives. «Philippe surfe clairement sur une vague de colère, de faim, de fatigue et de désespoir après deux ans et demi de négociations interminables et infructueuses dans des hôtels de luxe entre hommes politiques et divers émissaires de Washington pour trouver la voie vers un gouvernement qui remplacerait celui du président Jovenel. Moïse», conclut-il.

Ces nouvelles alliances témoignent du désespoir et de la détermination à éliminer Ariel Henry du pouvoir et à libérer Haïti de l’emprise mortelle et étouffante de l’impérialisme.

Le RNDDH, financé par le gouvernement canadien, fait partie de ces opposants aux mouvements populaires haïtiens en faveur d’une véritable démocratie. Espérance, critique du mouvement Bwa Kale et de tout autre leader local qui résiste à la violence des gangs criminels, utilisant l’argent du gouvernement canadien pour des reportages visant à attaquer ses opposants politiques, reste fermement opposée au mouvement populaire dont le but est de renverser Ariel Henry. Non pas parce que Espérance soutient Henry, mais parce qu’un mouvement populaire organisé menacerait le transfert du pouvoir aux élites haïtiennes pro-impérialiste que dirige la coalition de l’Accord de Montana.

 

Note de l’éditeur : The Canada Files est le seul média d’information au pays axé sur la politique étrangère canadienne. Nous avons réalisé des enquêtes critiques et des analyses percutantes sur la politique étrangère canadienne depuis 2019 et avons besoin de votre soutien.

*Travis Ross est un enseignant basé à Montréal, Québec. Il est également co-éditeur du Projet d’information Canada-Haïti sur Canada-haiti.ca. Travis a écrit pour Haïti Liberté, Black Agenda Report, The Canada Files, TruthOut et rabble.ca. Il peut être contacté sur Twitter.

 

How Canada Funded a “Human Rights” Group to Help Topple Aristide

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RNDDH’s director Pierre Espérance in a Mar. 5, 2021 press conference. Photo: Milo Milfort/Haïti Liberté

Documents obtained by The Canada Files show that a controversial Haitian human rights group, the National Human Rights Defense Network (RNDDH), receives Canadian government funding through a non-profit legal advocacy organization.

Avocats sans Frontières Canada (ASFC) got the funding for a program in Haiti named “Access to Judicial Services” for more than $19 million CAD, through Global Affairs Canada. ASFC has long had a partnership with the RNDDH, being one of 25 organizational partners for Haiti programs. Under the “Access to Judicial Services” program, one of three ASFC projects, “Access to Justice and Fight Against Impunity in Haiti,” is where the undisclosed amount money was given to the RNDDH. Global Affairs Canada confirmed it is aware that the RNDDH got funding from ASFC’s project, when reached out to for comment.

Providing funding for the RNDDH for “advocacy activities” should sounds an alarm for those familiar with the RNDDH’s history and the Canadian government’s role in the 2004 coup d’etat against Haiti’s democratically elected President Jean-Bertrand Aristide.

In a written response, ASFC says it “provides financial support to RNDDH, enabling them to continue their work documenting serious human rights violations and the way the justice system is processing such cases in accordance with the rule of law.” ASFC would not disclose the amount of funding given to the RNDDH, citing confidentiality.

ASFC also explained that this funding allows RNDDH to “to provide legal support to survivors of gender-based violence and to pursue their advocacy activities.” The RNDDH’s “advocacy activities” are truly infamous, and coincide with events just after the 2004 coup against Aristide, which Canada played a key role in.

Canada’s role in 2004 coup against Aristide

Then-Haitian President Jean-Bertrand Aristide had won the 2000 election with almost 92% of the popular vote. The election was a resounding victory for Aristide and Fanmi Lavalas (FL), which won local elections across Haiti and 16 out of 17 senate seats.

On Feb. 29, 2004, a coup d’état backed by the U.S., Canadian, and French governments forced Aristide from office, with Canada playing a key role in organizing it.

The money trail runs through these three entities, revealing Canadian support for the subversion of democracy.

The first meeting, referred to as the “Ottawa Initiative on Haiti,” was held at the federal government’s conference center on Meech Lake near Canada’s capital, on Jan. 31 and Feb. 1, 2003. This secretive meeting laid the groundwork for a military intervention that would occur a year later by U.S. and Canadian forces against Aristide.

Canada provided 50 soldiers to secure Haiti’s Toussaint Louverture International Airport. Aristide was abducted by a U.S. SEAL team and flown out of this “secured” airport to be left in the Central African Republic.

The coup had a devastating effect on Haitian society.

A 2006 Lancet study revealed that “during the 22-month period of the U.S.-backed Interim Government, 8,000 people were murdered in the greater Port-au Prince area alone. 35,000 women and girls were raped or sexually assaulted, more than half of the victims were children.”

Mario Joseph, director of the Bureau des Avocats Internationaux (BAI) argues that “if the Lancet cited 8,000 murders in Port-au-Prince between 2004 and 2006, we have to double this number to reflect what happened throughout the country.”

The Canadian-funded NCHR-Haiti played a key role in the coup

Pierre Espérance and the RNDDH played a key role in the coup d’état that forced democratically elected Aristide from power in 2004.

At the time, Espérance’s so-called human rights group was named NCHR-Haiti.

Brian Concannon, a human rights lawyer and director of the Institute for Justice and Democracy in Haiti (IJDH), described NCHR-Haiti as a “ferocious critic” of Aristide’s government and an “ally” of the illegal regime. According to Concannon, the Latortue regime “had an agreement with NCHR-Haiti to prosecute anyone the organization denounced.”

“People perceived to support Haiti’s constitutional government or Fanmi Lavalas, the political party of President Jean-Bertrand Aristide, [were] systematically persecuted from late February [2004] through the present. In many cases, the de facto government of Prime Minister Gérard Latortue is directly responsible for the persecution,” Concannon explained.

NCHR-Haiti “became increasingly politicized and, in the wake of the 2004 coup d’état, it cooperated with the IGH [the Latortue / Boniface regime] in persecuting Lavalas activists,” Concannon later wrote in The Jurist. “The persecution became so flagrant that NCHR-Haiti’s former parent organization, New York-based NCHR, publicly repudiated the Haitian group and asked it to change its name.”

Espérance and NCHR-Haiti then changed their name to the “National Human Rights Defense Network”, or the RNDDH.

The RNDDH manufactured a “massacre” to frame Haiti’s PM Yvon Neptune

In an open letter sent on Oct. 19, 2006, to Haiti’s Justice Minister René Magloire, human rights lawyer Joseph refers to NCHR-Haiti as an “injustice machine” that was invented through Canadian government funding. Joseph argued that accusations made against FL elected representative Amanus Mayette and former prime minister Yvon Neptune “are political”. Emphasizing that accusations by NCHR-Haiti resulted in “more than a hundred Fanmi Lavalas grassroots activists” being “arrested and detained with no charge, and no trial.”

Joseph and several other human rights lawyers demanded the release of FL political prisoners, including former parliamentarian Mayette and Neptune.

The letter also highlights NCHR-Haiti’s role in the Latortue regime’s “tenacious program of vengeance” which caused “caused considerable harm to the political prisoners,” noting that “it was on the basis of a mere [NCHR-Haiti] press release” that Neptune and Mayette were arrested.

In a separate interview, BAI’s Joseph accused the RNDDH of fabricating allegations against three elected FL leaders as part of a “disinformation campaign.” Joseph represented these leaders as a defense lawyer against allegations that they orchestrated a massacre in La Scierie, a neighborhood of Saint Marc in Haiti.

Author Jeb Sprague described the events in La Scierie in his book Paramilitarism and the Assault on Democracy in Haiti, which would be used by Espérance and RNDDH to help create the grounds for his illegal detention by the coup regime.

Sprague describes a coordinated attack where anti-government paramilitary forces attacked police stations across the Haiti’s Gonaïves region in early 2004. After the city’s fall, a smaller group broke away and entered Saint-Marc (La Scierie). This paramilitary squad met up with RAMICOS (Rassemblements des Militants Consequents de la Commune de Saint-Marc). Sprague describes RAMICOS as a “quasi-paramilitary group financed by opposition elites.” RAMICOS and the paramilitaries immediately attacked government buildings and police stations.

A week later, government forces pushed back the paramilitaries and retook Saint-Marc. During this operation, government forces were supported by a local armed defense group named Bale Wouze. Afterwards, RAMICOS forces remained in Saint-Marc.

Following the victory against the paramilitary forces, Prime Minister Yvon Neptune visited Saint-Marc, inspecting the remains of a burned down police station attacked by RAMICOS and other paramilitary forces.

A day after the retaking of Saint-Marc, RAMICOS forces attacked a police station in the La Scierie neighborhood. A mix of police officers, Bale Wouze members, and citizens of La Scierie defended their neighborhood and successfully pushed back RAMICOS forces. In this firefight, several people were killed, including civilians.

Sprague clearly doesn’t consider the RNDDH to be a credible human rights group, describing it as an “opposition-aligned human rights group”.

Following the La Scierie events, the RNDDH described the battle as an “Aristide government-sanctioned massacre.” The RNDDH had the audacity to demand “immunity for paramilitary financier Judy C. Roy” while blaming Neptune for orchestrating a “genocide” against civilians.

Neptune was jailed and illegally detained. The RNDDH’s accusations against Neptune were a direct cause of his prolonged, illegal detention.

Subsequent investigations by independent investigators and the United-Nations undermined Espérance’s description of events in La Scierie.

A Press for Conversion! article by Kevin Skerritt explained that, following an April 2005 investigation into the violence in Saint Marc, the then-UN Human Rights Expert on Haiti, Louis Joinet, “dismissed accounts of a massacre” and described instead a series of killings in “confrontations” between two armed groups with casualties on both sides.

Joinet’s conclusions were echoed by Thierry Fagart, chief of the UN Mission’s Human Rights division, who also said “since the beginning of the procedure until today, the fundamental rights, according to national and international standards, have not been respected in the case of Mr. Neptune.” Fagart continued, “for me, it is clear that they have never had any legal grounds to prosecute him. From the very beginning until today, all the proceedings against him were illegal.”

Fagart concluded that Haiti’s democratically elected government’s decision to take back Saint-Marc by force was justified. “I think that they were right because they were – I’m not a supporter of Lavalas, I want to make clear that I am not a supporter of Lavalas. But at the same time, it was clear that the legal government was the Aristide government.”

In 2006, Canadian investigative journalist Chris Scott visited Saint Marc. He dismissed NCHR-Haiti as a “partisan” group whose allegations against Neptune were nothing more than “conjecture.” He concludes that “given Canada’s unacknowledged role in the overthrow of the Aristide government and its enthusiastic support for the post-coup régime,” Canada’s decision to fund NCHR-Haiti shows “complicity” in the “very partisan game.”

Indeed, within weeks of the allegations launched by NCHR-Haiti against Neptune, the Canadian Embassy in Haiti announced that $100,000 CAD in funding would be allocated to the organization. An investigation by journalist Anthony Fenton revealed NCHR-Haiti applied for over $79,000 CAD for “legal representation for the victims of La Scierie.”

ASFC pretends RNDDH had no role in Neptune’s illegal detention

ASFC published a document titled “Haïti: Guide pratique sur le recours en habeas corpus” (Haiti: A practical guide to recourse in habeas corpus) on their website. The guide was created under the AJULIH project with funding from the Canadian government. The guide is designed to assist Haitian human rights lawyers defend Haitians who are illegally detained.

The only case the document provides as an example of a Haitian whose rights to habeas corpus (in short, the fundamental right in the Constitution that protects against unlawful and indefinite imprisonment) is then-Prime Minister, Yvon Neptune.

The document refers to Neptune’s case without mentioning that his illegal imprisonment was a result of false allegations by Espérance and NCHR-Haiti.

The ASFC document focuses on the Inter-American Court of Human Rights (IACHR) ruling that the State of Haiti violated Neptune’s human rights.

The IJDH’s summary of the ruling explains that the IACHR found the Haitian State violated “11 different provisions of the American Convention on Human Rights by illegally imprisoning former Prime Minister Yvon Neptune for two years and allowing the case to drag on in the courts for almost two more.”

“The Court criticized nearly every aspect of Haiti’s prosecution of Mr. Neptune,” the summary explained. “It found Mr. Neptune’s 25-month-long detention illegal, and the prison conditions he endured to be inhumane and degrading.”

When asked about their partner organization’s role in Neptune’s persecution, the ASFC avoided commenting, stating that the “Neptune decision by the Inter-American Court of Human Rights was used in the guide, as it is a decision handed down by a regional instance on abusive pre-trial detention.”

When Solidarity Groups Investigated RNDDH and Espérance

Several delegations from Haiti legal advocacy and solidarity groups visited Haiti after the 2004 coup to investigate alleged human rights violations there. Their reports concur with the accusations made by the IJDH and BAI regarding Espérance and NCHR-Haiti’s collaboration with the coup government to persecute FL leaders and supporters.

The Quixote Center sent a delegation to Haiti led by retired Caribbean Studies professor Tom Reeves. Upon returning from Haiti, Reeves wrote an article explaining the delegation’s findings in which he described NCHR-Haiti as “completely partisan: anti-Lavalas, anti-Aristide. This is simply not proper for a group calling itself a ‘Haitian Rights’ organization.”

In April 2004, the National Lawyers Guild sent their second delegation to Haiti. One of the report’s eight “Unanimous Statements and Recommendations,” was an unequivocal condemnation of the group: “We condemn the National Coalition for Haitian Rights (NCHR) in Haiti for not maintaining its impartiality as a human rights organization.”

The Haiti Accompaniment Project (HAP) visited Haiti in June 2004. The HAP delegates were also part of the Haiti Action Committee, based in California.

The HAP report notes that in 2004, the NCHR-Haiti “helped develop support for the coup with exaggerated reports of human rights violations by supporters of the elected government. At the same time, they downplayed or denied the much more massive violations of the de facto regime and its paramilitary allies.”

The report also explains how NCHR-Haiti denounced supporters of Aristide’s government. According to HAP, NCHR-Haiti offered no evidence for the accusations it leveled against FL supporters, resulting in “illegal arrest, incarceration and sometimes the disappearance of the accused.”

The HAP delegation met with a grassroots victims rights group who shared that they were “dismayed that the outside world still looked upon NCHR as a credible independent voice.” They told the delegates that “NCHR was now working hand-in-hand with the post-coup Minister of Justice in carrying out illegal arrests and detentions.”

The HAP delegation concluded bluntly that “they are not [an] independent human rights group.”

Canadian NGOs and Unions parroted Canadian government-funded RNDDH propaganda

Despite efforts from Haiti solidarity and legal advocacy groups, the Canadian and U.S.-funded propaganda campaign to frame Aristide’s popular, democratically elected government as tyrannical, was successful.

Several Canadian NGOs, unions, and civil society organizations became staunchly anti-Lavalas as a result of this propaganda.

In a 2005 article, Yves Engler points out that “several Quebec unions that received hundreds of thousands of CIDA dollars for work in Haiti through the Centre International de Solidarité Ouvrière (CISO) passed resolutions condemning Aristide’s alleged anti-union activities.” Engler explained that the FTQ and CSQ union federations and a half dozen NGOs, part of an informal group known as the Concertation Pour Haiti (CPH) “branded Aristide a ‘tyrant’ and his government a ‘dictatorship’ prior to the 2004 coup.”

The Canadian government also funded anti-Lavalas media outlets like Alterpresse, which repeated NCHR-Haiti/RNDDH propaganda repeatedly.

In his report on La Scierie, Skeritt explained that during the months leading up to the 2004 coup, the Quebec-based L’Association Quebecoise des Organismes de Cooperation Internationale (AQOCI), a network of 53 international aid groups, “became so swept up in the anti-Aristide and anti-government hysteria generated by groups such as NCHR-Haiti” that they issued a press release urging the Canadian government to withdraw all support from the “Lavalas party regime” and to denounce the Aristide government for its alleged human rights abuses.

Skeritt’s report argued that Rights and Democracy (R&D), a federally-funded organization, “uncritically accepted NCHR-Haiti’s allegations”.

In a 2014 article, Yves Engler explained that “in October 2005 R&D began a $415,000 CIDA-financed project to ‘foster greater civil society participation in Haiti’s national political process.’”

The coordinator of the project, and future director of R&D’s Haiti office, was Danielle Magloire. Magloire was a member of the “Council of the Wise” along with six other individuals from Haiti’s elite, including Dr. Ariel Henry, Haiti’s just deposed de facto Prime Minister backed by Washington and Canada.

Henry was selected to lead Haiti by the U.S. government and the CORE group via a tweet containing a short statement of support. The CORE group is made up of representatives of the United Nations, Brazil, Canada, France, Germany, Spain, the European Union, the United States, and the Organization of American States (OAS).

The Council of the Wise appointed Gérard Latortue as de facto prime minister after the coup ousted Aristide.

According to Engler, “in mid-July, 2005, Magloire issued a statement on behalf of the ‘Council of Wise People’ saying any media that gives voice to ‘bandits’ (code for Lavalas supporters) should be shut down. She also asserted that Lavalas should be banned from upcoming elections.”

Magloire’s rise to prominence is due to funding from the Canadian government. In their book Canada in Haiti, authors Yves Engler and Anthony Fenton pointed out that Magloire’s ascension to the Council of the Wise “came largely from her positions at ENFOFANM and CONAP”. The authors argue that these “CIDA-funded feminist organizations would not have grown to prominence without international funding.”

More recently, Magloire is credited as an editor of a Mar. 2, 2018 ASFC publication titled “Mémoire portant sur la lutte contre l’impunité en Haiti” (Memoire of the Struggle Against Impunity in Haiti) as part of the AJULIH project.

Magloire is also a vice-chair of FOKAL’s Board of Directors, another ASFC partner in Haiti.

FOKAL was founded by George Soros and the Open Society Foundation. According to Kim Ives, FOKAL “played a small but visible role in late 2003 and early 2004” by characterizing the Aristide’s elected government as “hostile” to human rights. At the time, FOKAL was receiving $4 million USD each year, from the Open Society Foundation.

Further corruption accusations against Espérance

It is clear Espérance’s RNDDH is willing to take funding from foreign governments in order to persecute political rivals in Haiti. For the 2004 coup, the target was the Fanmi Lavalas and Aristide – then wildly popular among Haitians generally and opposed to the neoliberal policies Washington and Canada wanted to impose on Haiti.

As veteran Haitian activist and writer André Charlier argued, the “RNDDH is a political organization hiding behind the facade of a human rights organization.” A facade that is maintained through funding from the NED, the Open Society Foundation, and the Canadian government.

During 2009-10, Washington began shifting its support away from the sector of the bourgeoisie and economic elite which had facilitated the 2004 coup d’état in favor of neo-Duvalierists who had recently coalesced under the banner of the “Haitian Tèt Kale Party” political party –  the PHTK, led by Michel Martelly.

Martelly immediately targeted human rights groups in Haiti. Intolerant of criticism, the PHTK did not discriminate between western backed outlets like the RNDDH or legitimate human rights and legal advocacy organizations like the BAI. Human rights advocates critical of the government began receiving death threats, harassment, and intimidation, including threats of arrest by ministerial order.

This caused a realignment of the human rights sector in Haiti, to be explored in a future article. In short, they had all become opponents of the PHTK government.

Despite being targeted by the U.S.-backed regime and finding support among former opponents in the human rights sector, Espérance continued to use the RNDDH as a platform for persecuting political opponents.

After spending almost 10 years in illegal detention in a jail cell, mostly in the National Penitentiary, Sherlson Sanon spoke to the media on Feb. 2, 2023, describing how Espérance and the RNDDH manipulated him to frame political opponents.

Sherlson Sanon spoke to the media on Feb. 2, 2023, describing how Espérance and the RNDDH manipulated him to frame political opponents.

When Sanon was first arrested in 2013, he was active in Moise Jean-Charles’ party Platfòm Pitit Desali

n. Sanon was arrested for handing out leaflets for the party in a neighborhood where Senator Joseph Lambert had won the previous election.

Pierre Espérance later told Sanon that he had rescued him from his illegal detention.

Sanon alleges that Espérance offered him legal representation and a ticket out of Haiti. Sanon was handed a series of documents to sign. Believing they were travel documents intended to help him flee persecution, he signed without reading them. Unbeknownst to Sanon, he was actually signing a fabricated confession written by the RNDDH.

This false confession included allegations that implicated two of his political enemies – Senators Joseph Lambert and Edwin Zenny – of collaborating with a local gang. Both Lambert and Zenny were allies of Martelly.

Sanon was then put into “protective custody” – an illegal detention in the National Penitentiary – for almost 10 years. According to Sanon, he was only allowed to contact the RNDDH and the American Embassy for the first three years of his imprisonment.

Sanon was never tried for any crime.

The RNDDH published Sanon’s false confession on Mar. 12, 2013. This RNDDH report “revealed” that Sanon had been hired in 1999 by Lambert to become a member of a powerful gang called “Base Kakos.” According to the RNDDH report, “this gang allegedly operated in the South-East under the leadership of former senators Joseph Lambert, Edo Zenny, the then government commissioner of Croix-des-Bouquets Leny Thelisma, and brothers Joël and Jacky Khawly, who specializing in drug trafficking, kidnapping for ransom, and assassination.”

In an interview with Radio Kiskeya, Zenny denounced the RNDDH and other adversaries of “political machinations.” Lambert, seemingly aware of the false confession, told the media “they [RNDDH] wrote the text and had him sign it.”

Accusations of corruption against Espérance and the RNDDH also come from ex-staffers.

Marie Yolène Gilles left the RNDDH in 2017. In her resignation letter, Gilles argued that her credibility would be “tarnished” if she remained in the position of RNDDH’s program director because Espérance had violated the organization’s rule against taking money from the State.

She accused Espérance of taking 1.5 million Gourdes (Haiti’s currency) from the government’s Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (BMPAD). When Espérance was confronted with the accusation, Espérance initially denied receiving the funds. Gilles claims Espérance also lied to other RNDDH members about taking the funds. Then a photo of the cheque began circulating on social media, forcing Espérance to admit he took the money.

At the time of Gilles’ departure, RNDDH’s new program director Vilès Alizar told the press that the incident was an opportunity to “reaffirm our vision” as an organization and promised a “detailed report” on how the various funds had been used.

Sixteen months later in August 2018, Alizar left the RNDDH. He denounced the “bad practices” of “leaders of the organization,” saying that despite attempts to reform the RNDDH, he “realize[d] that these provisions have proved insufficient because of resistance“ from leadership, who have “refused to undertake reforms.”

The agreement between ASFC and Global Affairs Canada was officially signed on Mar. 28 and 29, 2017 – less than one week before Gilles left the RNDDH. This funding agreement began the The “Access to Judicial Services” program and a six-year collaboration with 25 partner organizations in Haiti.

The RNDDH has continued to function as a political organization from 2017 to today. Espérance’s aversion to popular movements persists as he continues to use the RNDDH as a platform for political influence. Fanmi Lavalas supporters told the HAP delegation in 2004 that they were “dismayed that the outside world still looked upon NCHR [-Haiti] as a credible independent voice.” The evidence shows that observers should be equally dismayed that the RNDDH continues to be looked upon as a credible, independent voice for human rights.

In a written response, Global Affairs Canada confirmed they knew funding was being provided to the RNDDH through ASFC’s AJULIH project, The Canadian government continues to support Pierre Espérance’s platform for political machinations.

ATIP Documents
A-2023-01616

(To be continued in Part 2)


An earlier version of this article was first published by The Canada Files, that country’s only news outlet focused on Canadian foreign policy. Travis Ross is a teacher based in Montreal, Québec. He is also the co-editor of the Canada-Haiti Information Project at canada-haiti.ca. Travis has written for Haiti Liberté, Black Agenda Report, The Canada Files, TruthOut, and rabble.ca. He can be reached on Twitter.

Le gouvernement canadien a financé indirectement l’organisation qui a contribué au renversement d’Aristide : documents

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(Partie 1) 

Des documents obtenus par The Canada Files montrent qu’un groupe haïtien controversé de défense des droits humains, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), reçoit un financement du gouvernement canadien par l’intermédiaire d’une organisation de défense juridique à but non lucratif.

Avocats sans Frontières Canada (ASFC) a obtenu le financement d’un programme en Haïti nommé « Accès aux services judiciaires » pour plus de 19 millions de dollars canadiens, par l’intermédiaire d’Affaires mondiales Canada. ASFC entretient depuis longtemps un partenariat avec le RNDDH, étant l’un des 25 partenaires organisationnels des programmes en Haïti. Dans le cadre du programme « Accès aux services judiciaires », c’est l’un des trois projets de l’ASFC, « Accès à la justice et lutte contre l’impunité en Haïti », où le montant non divulgué a été remis au RNDDH. Affaires mondiales Canada a confirmé qu’il était au courant que le RNDDH avait obtenu un financement du projet de l’ASFC, lorsqu’il a été contacté pour commentaires.

Fournir du financement au RNDDH pour des « activités de plaidoyer » devrait sonner l’alarme pour ceux qui connaissent l’histoire du RNDDH et le rôle du gouvernement canadien dans le coup d’État de 2004 contre le président démocratiquement élu d’Haïti, Jean-Bertrand Aristide.

Dans une réponse écrite, l’ASFC indique qu’elle « apporte un soutien financier au RNDDH, lui permettant de poursuivre son travail de documentation des violations graves des droits de l’homme et de la manière dont le système judiciaire traite ces cas conformément à l’État de droit ». L’ASFC n’a pas voulu divulguer le montant du financement accordé au RNDDH, invoquant la confidentialité.

ASFC a également expliqué que ce financement permet au RNDDH de « fournir un soutien juridique aux survivantes de violences basées sur le genre et de poursuivre leurs activités de plaidoyer ». Les « activités de plaidoyer » du RNDDH sont véritablement tristement célèbres et coïncident avec les événements qui ont suivi immédiatement le coup d’État de 2004 contre Aristide, dans lequel le Canada a joué un rôle clé.

Le rôle du Canada dans le coup d’État de 2004 contre Aristide

L’ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide avait remporté les élections de 2000 avec près de 92 pour cent des suffrages exprimés. L’élection a été une victoire éclatante pour Aristide et Fanmi Lavalas (FL), qui ont remporté les élections locales dans tout Haïti et 16 des 17 sièges du Sénat.

Le 29 février 2004, un coup d’État soutenu par les gouvernements des États-Unis, du Canada et de la France a forcé Aristide à quitter ses fonctions, le Canada jouant un rôle clé dans son organisation.

La première réunion, appelée « Initiative d’Ottawa sur Haïti », a eu lieu au Centre de conférences du gouvernement fédéral sur le lac Meech, près de la capitale canadienne, les 31 janvier et 1er février 2003. Cette réunion secrète a jeté les bases d’une intervention militaire qui va survenir un an plus tard par les forces américaines et canadiennes contre Aristide.

Le Canada a fourni 50 soldats pour sécuriser l’aéroport international Toussaint Louverture d’Haïti. Aristide a été enlevé par des marines américains et évacué de cet aéroport « sécurisé » et laissé en République centrafricaine.

Le coup d’État a eu un effet dévastateur sur la société haïtienne. Une étude du Lancet de 2006 a révélé que « pendant les 22 mois du gouvernement intérimaire soutenu par les États-Unis, 8 000 personnes ont été assassinées dans la seule grande région de Port-au-Prince. 35 000 femmes et filles ont été violées ou agressées sexuellement, plus de la moitié des victimes étaient des enfants.

Mario Joseph, directeur du Bureau des Avocats Internationaux (BAI), affirme que « si le Lancet cite 8 000 meurtres à Port-au-Prince entre 2004 et 2006, il faut doubler ce chiffre pour refléter ce qui s’est passé dans tout le pays ».

​ Le groupe de défense des droits humains NCHR-Haïti, financé par le Canada, a joué un rôle clé dans le coup d’État contre Aristide.

Pierre Espérance et le RNDDH ont joué un rôle clé dans le coup d’État qui a chassé du pouvoir le président démocratiquement élu Jean-Bertrand Aristide en 2004.

À l’époque, le soi-disant groupe de défense des droits de l’homme de Pierre   Espérance s’appelait NCHR-Haïti. Brian Concannon, avocat spécialisé dans les droits de l’homme et directeur de l’Institut pour la justice et la démocratie en Haïti (IJDH), a décrit le NCHR-Haïti comme un « critique féroce » du gouvernement d’Aristide et un « allié » du régime illégal. Selon Concannon, le régime de Latortue « avait un accord avec le NCHR-Haïti pour poursuivre toute personne dénoncée par l’organisation ».

« Les personnes perçues comme soutenant le gouvernement constitutionnel d’Haïti ou Fanmi Lavalas, le parti politique du président Jean-Bertrand Aristide, [ont été] systématiquement persécutées depuis fin février [2004] jusqu’à aujourd’hui. Dans de nombreux cas, le gouvernement de facto du Premier ministre Gérard Latortue est directement responsable de la persécution », a expliqué Concannon.

Le NCHR-Haïti « est devenu de plus en plus politisé et, à la suite du coup d’État de 2004, il a coopéré avec l’IGH [le régime de Latortue/Boniface] pour persécuter les militants Lavalas », a écrit plus tard Concannon dans The Jurist. « La persécution est devenue si flagrante que l’ancienne organisation mère du NCHR-Haïti, le NCHR basé à New York, a publiquement répudié le groupe haïtien et lui a demandé de changer de nom. »

Espérance et le NCHR-Haïti changèrent alors leur nom en « Réseau National de Défense des Droits Humains », ou RNDDH. Pierre Espérance et le RNDDH ont fabriqué un « massacre » pour accuser le Premier ministre haïtien Yvon Neptune

Dans une lettre ouverte envoyée le 19 octobre 2006 au ministre haïtien de la Justice René Magloire, l’avocat des droits de l’homme Mario Joseph qualifie le NCHR-Haïti de « machine à injustice » inventée grâce au financement du gouvernement canadien. Joseph a soutenu que les accusations portées contre l’élu FL Amanus Mayette et l’ancien premier ministre Yvon Neptune « sont politiques ». Soulignant que les accusations du NCHR-Haïti ont abouti à « l’arrestation et la détention de plus d’une centaine de militants de base de Fanmi Lavalas » sans inculpation ni procès.

Joseph et plusieurs autres avocats des droits de l’homme ont exigé la libération des prisonniers politiques de FL, notamment l’ancien parlementaire Amanus Mayette et le Premier ministre Yvon Neptune.

La lettre souligne également le rôle du NCHR-Haïti dans le « programme de vengeance tenace » du régime de Latortue qui a causé « un préjudice considérable aux prisonniers politiques », notant que « c’était sur la base d’un simple communiqué de presse [du NCHR-Haïti] » que Neptune et Mayette sont arrêtées.

Dans une interview séparée, Joseph du BAI a accusé le RNDDH d’avoir fabriqué de toutes pièces des allégations contre trois dirigeants élus de FL dans le cadre d’une « campagne de désinformation ». Joseph a représenté ces dirigeants en tant qu’avocat de la défense contre les allégations selon lesquelles ils auraient orchestré un massacre à La Scierie, un quartier de Saint Marc en Haïti.

L’auteur Jeb Sprague a décrit les événements de La Scierie dans son livre Paramilitarism and the Assault on Democracy in Haiti, qui sera utilisé par l’Espérance et le RNDDH pour aider à créer les bases de sa détention illégale par le régime putschiste.

Sprague décrit une attaque coordonnée au cours de laquelle des forces paramilitaires antigouvernementales ont attaqué des commissariats de police dans la région des Gonaïves, au nord d’Haïti, début 2004. Après la chute des Gonaïves, un groupe plus restreint s’est détaché et est entré à Saint-Marc (La Scierie). Cette escouade paramilitaire rencontre les RAMICOS (Rassemblements des Militants Conséquents de la Commune de Saint-Marc). Sprague décrit RAMICOS comme un « groupe quasi-paramilitaire financé par les élites de l’opposition ». RAMICOS et les paramilitaires ont immédiatement attaqué les bâtiments gouvernementaux et les commissariats de police.

Une semaine plus tard, les forces gouvernementales repoussent les paramilitaires et reprennent Saint-Marc. Au cours de cette opération, les forces gouvernementales étaient appuyées par un groupe de défense armé local nommé Bale Wouze. Par la suite, les forces du RAMICOS sont restées à Saint-Marc.

Suite à la victoire contre les forces paramilitaires, le Premier ministre Yvon Neptune s’est rendu à Saint-Marc, inspectant les restes d’un commissariat incendié et attaqué par le RAMICOS et d’autres forces paramilitaires.

Un jour après la reprise de Saint-Marc, les forces du RAMICOS ont attaqué un commissariat du quartier de La Scierie. Un mélange de policiers, de membres de Bale Wouze et de citoyens de La Scierie ont défendu leur quartier et réussi à repousser les forces du RAMICOS. Dans cet échange de tirs, plusieurs personnes ont été tuées, dont des civils.

Sprague ne considère clairement pas le RNDDH comme un groupe de défense des droits humains crédible, le décrivant comme un « groupe de défense des droits humains aligné sur l’opposition ».

Suite à ces événements de La Scierie, le RNDDH a qualifié la bataille de « massacre sanctionné par le gouvernement Aristide ». Le RNDDH a eu l’audace de réclamer « l’immunité pour la financière paramilitaire Judy C. Roy » tout en accusant Neptune d’avoir orchestré un « génocide » contre des civils.

Neptune a été emprisonné et illégalement détenu. Les accusations du RNDDH contre Neptune sont une cause directe de sa détention prolongée et illégale. Des enquêtes ultérieures menées par des enquêteurs indépendants et par les Nations Unies ont miné la description des événements de La Scierie par le RNDDH et son directeur Pierre Espérance.

Une presse pour la conversion ! L’article de Kevin Skerritt expliquait qu’à la suite d’une enquête d’avril 2005 sur les violences à Saint Marc, Louis Joinet, alors expert des droits de l’homme de l’ONU en Haïti, “a rejeté les récits d’un massacre” et a décrit à la place une série de meurtres dans des “affrontements” entre deux groupes armés avec des pertes des deux côtés.

Les conclusions de Joinet ont été reprises par Thierry Fagart, chef de la division Droits de l’Homme de la Mission de l’ONU, qui a également déclaré que « depuis le début de la procédure jusqu’à aujourd’hui, les droits fondamentaux, selon les normes nationales et internationales, n’ont pas été respectés dans le cas de M. … Neptune. Fagart a poursuivi : « Pour moi, il est clair qu’ils n’ont jamais eu de fondement juridique pour le poursuivre en justice. Depuis le début jusqu’à aujourd’hui, toutes les poursuites contre lui étaient illégales.»

Fagart a conclu que la décision du gouvernement démocratiquement élu d’Haïti de reprendre Saint-Marc par la force était justifiée. « Je pense qu’ils avaient raison parce qu’ils l’étaient – je ne suis pas un partisan de Lavalas, je tiens à préciser que je ne suis pas un partisan de Lavalas. Mais en même temps, il était clair que le gouvernement légal était le gouvernement Aristide ».

En 2006, le journaliste d’investigation canadien Chris Scott s’est rendu à Saint Marc. Il a rejeté le NCHR-Haïti (aujourd’hui RNDDH) comme un groupe « partisan » dont les allégations contre Neptune n’étaient rien d’autre que des « conjectures ». Il conclut que « compte tenu du rôle non reconnu du Canada dans le renversement du gouvernement Aristide et de son soutien enthousiaste au régime post-coup d’État », la décision du Canada de financer le NCHR-Haïti montre une « complicité » dans un « jeu très partisan ».

En effet, quelques semaines après les allégations lancées par le NCHR-Haïti contre Neptune, l’ambassade du Canada en Haïti a annoncé qu’un financement de 100 000 $ CAN serait alloué à l’organisation. Une enquête menée par le journaliste Anthony Fenton a révélé que le NCHR-Haïti avait demandé plus de 79 000 $ CAD pour « la représentation légale des victimes de La Scierie ».

Avocats sans Frontières Canada prétend que le RNDDH n’a joué aucun rôle dans la détention illégale de Neptune

L’ASFC a publié un document intitulé « Haïti : Guide pratique sur le recours en habeas corpus » sur son site Internet. Le guide a été créé dans le cadre du projet AJULIH avec un financement du gouvernement canadien. Le guide est conçu pour aider les avocats haïtiens des droits de l’homme à défendre les Haïtiens illégalement détenus.

Le seul cas que le document donne comme exemple d’un Haïtien bénéficiant du droit à l’habeas corpus (en bref, le droit fondamental inscrit dans la Constitution qui protège contre l’emprisonnement illégal et indéfini) est celui du Premier ministre de l’époque, Yvon Neptune.

Le document fait référence au cas de Neptune sans mentionner que son emprisonnement illégal était le résultat de fausses allégations d’Espérance et du NCHR-Haïti.

Le document de l’ASFC se concentre sur la décision de la Cour interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) selon laquelle l’État d’Haïti a violé les droits humains de Neptune.

Le résumé du jugement de l’IJDH explique que la CIDH a jugé que l’État haïtien avait violé « 11 dispositions différentes de la Convention américaine relative aux droits de l’homme en emprisonnant illégalement l’ancien Premier ministre Yvon Neptune pendant deux ans et en laissant l’affaire s’éterniser devant les tribunaux pendant près de deux ans  de plus ».

« La Cour a critiqué presque tous les aspects des poursuites engagées par Haïti contre M. Neptune », explique le résumé. “Il a jugé illégale la détention de M. Neptune pendant 25 mois et les conditions de détention qu’il a endurées inhumaines et dégradantes”.

Interrogée sur le rôle de son organisation partenaire dans la persécution de Neptune, l’ASFC a évité de commenter, affirmant que « la décision Neptune de la Cour interaméricaine des droits de l’homme a été utilisée dans le guide, car il s’agit d’une décision rendue par un tribunal » instance régionale sur la détention provisoire abusive.

Quand les groupes solidaires enquêtaient sur le RNDDH et Pierre Espérance

Plusieurs délégations de groupes de défense juridique et de solidarité haïtiennes se sont rendues en Haïti après le coup d’État de 2004 pour enquêter sur des violations présumées des droits de l’homme dans ce pays. Leurs rapports concordent avec les accusations portées par l’IJDH et le BAI concernant la collaboration de Pierre Espérance et du NCHR-Haïti avec le gouvernement putschiste pour persécuter les dirigeants et partisans de FL.

Le Centre Quichotte a envoyé une délégation en Haïti dirigée par le professeur à la retraite d’études caribéennes Tom Reeves. À son retour d’Haïti, Reeves a écrit un article expliquant les conclusions de la délégation dans lequel il décrit le NCHR-Haïti comme « complètement partisan : anti-Lavalas, anti-Aristide. Ce n’est tout simplement pas approprié pour un groupe qui se présente comme une organisation de « défense des droits d’Haïti ».

En avril 2004, la Guilde nationale des avocats a envoyé sa deuxième délégation en Haïti. L’une des huit « Déclarations et recommandations unanimes » du rapport était une condamnation sans équivoque du groupe : « Nous condamnons la Coalition nationale pour les droits des Haïtiens (NCHR) en Haïti pour ne pas avoir maintenu son impartialité en tant qu’organisation de défense des droits de l’homme. »

Le Projet d’accompagnement d’Haïti (HAP) s’est rendu en Haïti en juin 2004. Les délégués du HAP faisaient également partie du Comité d’action pour Haïti, basé en Californie.

Le rapport de la HAP note qu’en 2004, la NCHR-Haïti « a contribué à développer le soutien au coup d’État en faisant état de violations exagérées des droits de l’homme par les partisans du gouvernement élu. Dans le même temps, ils ont minimisé ou nié les violations bien plus massives du régime de facto et de ses alliés paramilitaires.»

Le rapport explique également comment le NCHR-Haïti a dénoncé les partisans du gouvernement d’Aristide. Selon la HAP, le NCHR-Haïti n’a fourni aucune preuve pour étayer les accusations portées contre les partisans de FL, entraînant « des arrestations illégales, l’incarcération et parfois la disparition des accusés ».

La délégation du HAP a rencontré un groupe local de défense des droits des victimes qui a déclaré qu’il était « consterné que le monde extérieur considère toujours le NCHR comme une voix indépendante et crédible ». Ils ont déclaré aux délégués que « le NCHR travaillait désormais main dans la main avec le ministre de la Justice après le coup d’État pour procéder à des arrestations et à des détentions illégales ».

La délégation du HAP a conclu sans ambages qu’« ils ne sont pas [un] groupe indépendant de défense des droits de l’homme ».

De gauche à droite : l’Ambassadeur américain Lawrence A. Pezzullo, l’Ambassadeur Ernest H. Preeg, et l’agent informateur de l’ambassade américaine Pierre Espérance.

Les ONG et syndicats canadiens ont repris la propagande du RNDDH financée par le gouvernement canadien

Malgré les efforts des groupes de solidarité et de défense des droits d’Haïti, la campagne de propagande financée par le Canada et les États-Unis visant à présenter le gouvernement populaire et démocratiquement élu d’Aristide comme tyrannique a été couronnée de succès.

Plusieurs ONG, syndicats et organisations de la société civile canadiennes sont devenus résolument anti-Lavalas à la suite de cette propagande.

Dans un article de 2005, Yves Engler souligne que « plusieurs syndicats québécois qui ont reçu des centaines de milliers de dollars de l’ACDI pour travailler en Haïti par l’intermédiaire du Centre International de Solidarité Ouvrière (CISO) ont adopté des résolutions condamnant les prétendues activités antisyndicales d’Aristide ». Engler a expliqué que les fédérations syndicales FTQ et CSQ ainsi qu’une demi-douzaine d’ONG, faisant partie d’un groupe informel connu sous le nom de Concertation Pour Haïti (CPH), « ont qualifié Aristide de « tyran » et son gouvernement de « dictature » avant le coup d’État de 2004.

Le gouvernement canadien a également financé des médias anti-Lavalas comme Alterpresse qui ont répété à plusieurs reprises la propagande du NCHR-Haïti/RNDDH.

Dans son rapport sur La Scierie, Skeritt a expliqué qu’au cours des mois qui ont précédé le coup d’État de 2004, l’Association Québécoise des Organismes de Coopération Internationale (AQOCI), un réseau de 53 groupes d’aide internationale, « a été tellement emportée dans l’hystérie anti-Aristide et anti-gouvernementale générée par des groupes tels que NCHR-Haïti » qu’ils ont publié un communiqué de presse exhortant le gouvernement canadien à retirer tout soutien au « régime du parti Lavalas » et à dénoncer le gouvernement Aristide pour ses prétendus abus des droits de l’homme.

Le rapport de Skeritt affirme que Droits et Démocratie (R&D), une organisation financée par le gouvernement fédéral, « a accepté sans réserve les allégations du NCHR-Haïti ».

​ Dans un article de 2014, Yves Engler expliquait qu’« en octobre 2005, R&D a lancé un projet de 415 000 $ financé par l’ACDI pour « favoriser une plus grande participation de la société civile au processus politique national d’Haïti ».

La coordinatrice du projet et future directrice du bureau R&D d’Haïti était Danielle Magloire. Magloire était membre du « Conseil des Sages » aux côtés de six autres personnalités de l’élite haïtienne, dont le Dr Ariel Henry, l’actuel dictateur d’Haïti soutenu par Washington et le Canada.

Henry a été choisi pour diriger Haïti par le gouvernement américain et le CORE Group via un tweet contenant une courte déclaration de soutien. Le CORE Group  composé de représentants des Nations Unies, du Brésil, du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Union européenne, des États-Unis et de l’Organisation des États américains.

Le Conseil des Sages a nommé Gérard Latortue au poste de Premier ministre par intérim après que le coup d’État ait renversé le président démocratiquement élu, Aristide.

Selon Engler, « à la mi-juillet 2005, Magloire a publié une déclaration au nom du « Conseil des sages » disant que tout média qui donne la parole aux « bandits » (code pour les partisans de Lavalas) devrait être fermé. Elle a également affirmé que Lavalas devrait être exclu des prochaines élections ».

La montée en puissance de Magloire est due au financement du gouvernement canadien. Dans leur livre Le Canada en Haïti, les auteurs Yves Engler et Anthony Fenton ont souligné que l’ascension de Magloire au Conseil des Sages « est venue en grande partie de ses positions à l’ENFOFANM et au CONAP ». Les auteurs affirment que ces « organisations féministes financées par l’ACDI n’auraient pas acquis une certaine notoriété sans le financement international ».

​ Plus récemment, Magloire est créditée en tant qu’éditeur d’une publication de l’ASFC du 2 mars 2018 intitulée « Mémoire portant sur la lutte contre l’impunité en Haïti » dans le cadre du projet AJULIH.

Magloire est également vice-présidente du conseil d’administration de FOKAL, un autre partenaire d’ASFC en Haïti. FOKAL a été fondée par George Soros et l’Open Society Foundation. Selon Kim Ives, FOKAL « a joué un rôle modeste mais visible fin 2003 et début 2004 » en qualifiant le gouvernement élu d’Aristide d’« hostile » aux droits de l’homme. À l’époque, FOKAL recevait 4 millions de dollars américains chaque année de la Open Society Foundation.

Pierre Espérance et le RNDDH ont fabriqué un « massacre » pour accuser le Premier ministre haïtien Yvon Neptune

Nouvelles accusations de corruption contre le directeur du RNDDH Pierre Espérance

Il est clair que Pierre Espérance et le RNDDH sont prêts à accepter des financements de gouvernements étrangers afin de persécuter leurs rivaux politiques en Haïti. Au moment du coup d’État de 2004, la cible était le parti politique Fanmi Lavalas et son chef Jean-Bertrand Aristide – très populaire parmi les Haïtiens en général et opposé aux politiques néolibérales que Washington et le Canada voulaient imposer à Haïti.

Comme l’a soutenu le militant et écrivain haïtien André Charlier, « le RNDDH est une organisation politique qui se cache derrière la façade d’une organisation de défense des droits de l’homme ». Une façade entretenue grâce au financement du NED, de l’Open Society Foundation et du gouvernement canadien.

Au cours de la période 2009-2010, Washington a commencé à abandonner son soutien au secteur de la bourgeoisie et de l’élite économique qui avait facilité le coup d’État de 2004, au profit des néo-duvaliéristes qui s’étaient récemment regroupés sous la bannière du «Parti  haitien Tèt Kale », le PHTK, dirigé par Michel Martelly.

Martelly a immédiatement pris pour cible les groupes de défense des droits humains en Haïti. Le PHTK ne tolérait pas les critiques. Le PHTK n’a fait aucune discrimination entre les médias soutenus par l’Occident comme le RNDDH ou les organisations légitimes de défense des droits de l’homme et du droit comme le BAI. Les défenseurs des droits humains critiques à l’égard du gouvernement ont commencé à recevoir des menaces de mort, des actes de harcèlement et d’intimidation, notamment des menaces d’arrestation sur ordre ministériel.

Sherlson Sanon juste après sa libération

Cela a provoqué un réalignement du secteur des droits de l’homme en Haïti, qui sera exploré dans un prochain article. Bref, ils étaient tous devenus des opposants au gouvernement PHTK.

Bien qu’elle ait été la cible du régime soutenu par les États-Unis et qu’elle ait trouvé le soutien d’anciens opposants dans le secteur des droits humains, l’Espérance a continué à utiliser le RNDDH comme plate-forme pour persécuter ses opposants politiques.

Après avoir passé près de dix ans en détention illégale dans une cellule de prison, principalement au Pénitencier National, Sherlson Sanon s’est exprimé devant les médias le 2 février 2023, décrivant comment Pierre Espérance et le RNDDH l’ont manipulé pour piéger les opposants politiques.

Lorsque Sanon a été arrêté pour la première fois en 2013, il était actif au sein du parti Platfòm Pitit Desalin de Moise Jean-Charles. Sanon a été arrêté pour avoir distribué des tracts en faveur du parti dans un quartier où le sénateur du PHTK Joseph Lambert avait remporté les élections précédentes.

Pierre Espérance est apparu peu après, apparemment pour sauver Sanon d’une quelconque machination d’assassinat.

Sanon affirme qu’Espérance lui a proposé une représentation juridique. On lui a remis une série de documents à signer. Pensant qu’il s’agissait de documents de voyage destinés à l’aider à fuir les persécutions, il a signé sans les lire. À l’insu de Sanon, il signait en réalité des aveux fabriqués de toutes pièces et rédigés par le RNDDH.

Ces faux aveux comprenaient des allégations impliquant deux de ses ennemis politiques – les sénateurs du PHTK Joseph Lambert et Edwin Zenny – de collaboration avec un gang local. Lambert et Zenny étaient tous deux fidèles à Michel Martelly.

Sanon a ensuite été placé en « garde à vue » – une détention illégale au sein du Pénitencier National – pendant près de dix ans. Selon Sanon, il n’a été autorisé à contacter le RNDDH et l’ambassade américaine que pendant les trois premières années de son emprisonnement.

Sanon n’a jamais été jugé pour aucun crime ! Le RNDDH a publié les faux aveux de Sanon le 12 mars 2013. Ce rapport du RNDDH « révélait » que Sanon avait été embauché en 1999 par le sénateur Joseph Lambert pour devenir membre d’un puissant gang appelé « Base Kakos ». Selon le rapport du RNDDH, « cette bande aurait opéré dans le Sud-Est sous la houlette des anciens sénateurs Joseph Lambert, Edo Zenny, alors commissaire du gouvernement de la Croix-des-Bouquets Leny Thelisma, et des frères Joël et Jacky Khawly, spécialisés dans le trafic de drogue, les enlèvements contre rançon et les assassinats. »

Dans un entretien à Radio Kiskeya, Zenny a dénoncé le RNDDH et d’autres adversaires comme des « machinations politiques ». Lambert, apparemment au courant de ces faux aveux, a déclaré aux médias « qu’il [le RNDDH] a écrit le texte et l’a fait signer ».

Les accusations de corruption contre Espérance et le RNDDH émanent également d’anciens personnels.

Marie Yolène Gilles a quitté le RNDDH en 2017. Dans sa lettre de démission, Gilles affirmait que sa crédibilité serait « ternie » si elle restait au poste de directrice des programmes au RNDDH parce qu’Espérance avait violé la règle de l’organisation interdisant de prendre de l’argent à l’État.

Elle a accusé Espérance d’avoir pris 1,5 million de Gourdes (la monnaie d’Haïti) au Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD) du gouvernement. Lorsque Pierre Espérance a été confronté à l’accusation, il a d’abord nié avoir reçu les fonds. Gilles affirme qu’Espérance a également menti à d’autres membres du RNDDH lorsqu’on lui a demandé s’il avait accepté les fonds. Puis une photo du chèque a commencé à circuler sur les réseaux sociaux, obligeant Espérance à admettre qu’il avait pris l’argent.

Au moment du départ de Gilles, le nouveau directeur des programmes du RNDDH, Vilès Alizar, a déclaré à la presse que cet incident était l’occasion de « réaffirmer notre vision » d’organisation et a promis un « rapport détaillé » sur la manière dont les différents fonds avaient été utilisés.

Seize mois plus tard, en août 2018, Alizar quitte le RNDDH. Il a dénoncé les « mauvaises pratiques » des « dirigeants de l’organisation », affirmant que malgré les tentatives de réforme du RNDDH, il « s’est rendu compte que ces dispositions se sont révélées insuffisantes en raison de la résistance » des dirigeants qui ont « refusé d’entreprendre des réformes ». .»

L’entente entre ASFC et Affaires mondiales Canada a été officiellement signée les 28 et 29 mars 2017, soit moins d’une semaine avant le départ de Gilles du RNDDH. Cet accord de financement a lancé le programme « Accès aux services judiciaires » et une collaboration de six ans avec 25 organisations partenaires en Haïti.

Le RNDDH a continué à fonctionner comme une organisation politique de 2017 à aujourd’hui. L’aversion d’Espérance pour les mouvements populaires persiste alors qu’il continue d’utiliser le RNDDH comme plateforme d’influence politique. Les partisans de Fanmi Lavalas ont déclaré à la délégation du HAP en 2004 qu’ils étaient « consternés que le monde extérieur considère encore le NCHR [-Haïti] comme une voix indépendante et crédible ». Les faits montrent que les observateurs devraient être tout aussi consternés que le RNDDH continue d’être considéré comme une voix crédible et indépendante en faveur des droits de l’homme.

Dans une réponse écrite, Affaires mondiales Canada a confirmé qu’il savait qu’un financement était fourni au RNDDH par le biais du projet AJULIH de l’ASFC. Le gouvernement canadien continue de soutenir la plateforme de machinations politiques de Pierre Espérance.

 

Remarque : Les documents d’AIPRP référencés seront révélés dans le prochain article d’enquête de Travis Ross pour The Canada Files, à paraître demain.

Note de l’éditeur : The Canada Files est le seul média d’information au pays axé sur la politique étrangère canadienne. Nous avons réalisé des enquêtes critiques et des analyses percutantes sur la politique étrangère canadienne depuis 2019 et avons besoin de votre soutien.

*Travis Ross est un enseignant basé à Montréal, Québec. Il est également co-éditeur du Projet d’information Canada-Haïti sur Canada-haiti.ca. Travis a écrit pour Haïti Liberté, Black Agenda Report, The Canada Files, TruthOut et rabble.ca. Il peut être contacté sur Twitter.

Pourquoi le NED essaie-t-il de cacher sa trace financière en Haïti ?

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L'ancien directeur général de la SOGEBANK, Charles Clermont, l'un des co-fondateurs de Kafou Lespwa, s'exprimant lors d'une conférence organisée par le NED en juillet 2022 intitulée « Construire la paix et la démocratie en Haïti : une perspective de la société civile ».

(English)

J’ai récemment découvert que le National Endowment for Democracy (NED) avait effacé la liste de ses subventions accordées aux groupes haïtiens de « société civile » et de « défense des droits de l’homme ».

Le NED est une fondation de manipulation politique créée en 1983 pour faire avancer l’agenda politique de Washington dans le monde entier, principalement en finançant des organisations de la société civile (OSC) qu’elle concocte ou coopte.

Souvent qualifiée de coupure de la CIA, le NED a été décrit par son co-fondateur Allan Weinstein comme faisant « une grande partie de ce qui… était fait secrètement il y a 25 ans par la CIA ». La liste des subventions du NED en 2021 comprenait à l’origine 10 organisations haïtiennes. Ceci est facilement confirmé à l’aide de Web Archive / WayBack Machine.

La page Web ne répertorie désormais que cinq organisations.

Le NED a supprimé les informations concernant les subventions des organisations suivantes : Le Bureau des Droits Humains en Haïti, l’Observatoire Citoyen de l’Action des Pouvoirs Publics et des ONGs (OCAPH), le Bureau des Droits Humains en Haïti, le Réseau National de Défense des Droits. Humains (RNDDH), Défenseurs Plus (DP) et le Cercle de Réflexion sur le Développement Economique, rebaptisé plus tard Policité.

Les suppressions ne sont mentionnées nulle part sur le site Web du NED.

De plus, les subventions distribuées aux organisations haïtiennes de « droits de l’homme » et aux groupes de « société civile » au cours de l’année 2022 n’ont pas encore été mises à la disposition du public. La liste originale de 10 subventions au cours de 2021 a été publiée sur le site Web du NED en février 2022. En supposant que les subventions du NED continuent d’être accordées sur une base annuelle, le site Web du NED a eu plus de sept mois pour publier ces informations.

Alors pourquoi, au lieu de partager la liste de ses bénéficiaires de 2022, le NED a-t-il effacé les noms de la moitié de ses bénéficiaires de 2021 ?

Nous avons posé cette question à NED mais n’avons pas reçu de réponse avant l’heure de mise sous presse.

Lorsque vous recherchez sur Google les mots-clés « NED » et « Haïti », les quatre premiers résultats sont : la page Web épurée du NED répertoriant les bénéficiaires de 2021, mon article d’octobre 2022 pour le Black Agenda Report (BAR) analysant les subventions du NED aux organisations haïtiennes, une vidéo d’une conférence NED (également discutée dans l’article du BAR) et la page Wikipédia sur le NED.

Le NED n’aime clairement pas l’examen minutieux dont font l’objet ses bénéficiaires.

​ Le NED finance des OSC et des groupes de défense des droits de l’homme qui promeuvent la politique étrangère américaine

Les informations sur les subventions qui ont été supprimées semblent indiquer que le NED tente de cacher son financement aux OSC et aux groupes de « droits de l’homme » qui soutiennent la politique étrangère américaine en Haïti.

Peter Hallward, auteur de Damming the Flood (le récit définitif du coup d’État de 2004 en Haïti), affirme que le tentacule de l’Institut Républicain International (IRI) du NED « faisait partie du projet », soutenant les factions haïtiennes élitistes et pro-militaires qui ont renversé le gouvernement démocratiquement élu du président Jean-Bertrand Aristide. Alors que le RNDDH a travaillé avec le régime de facto post-coup d’État du Premier ministre Gérard Latortue et du président Boniface Alexandre pour persécuter les partisans de Fanmi Lavalas (FL), le groupe des « droits de l’homme » a également joué un rôle clé en accusant les dirigeants de FL d’allégations de massacres politiquement motivés. Un examen approfondi du rôle du RNDDH dans l’atteinte à la souveraineté et à la démocratie haïtiennes peut être lu dans un récent article d’Haïti Liberté sur le rôle de Marie Yolène Gilles, alors commandante en second.

Emmanuela Douyon de Policité

Emmanuela Douyon de Policité et Guy Serge Pompilus de l’OCAPH soutiennent tous deux publiquement le Global Fragility Act (GFA) américain, tout comme Patrick Quirk, vice-président de l’IRI. Il a auparavant fait partie du personnel de planification politique du Département d’État américain et de son Bureau des opérations de conflit et de stabilisation.

Accord de fabrication pour le GFA grâce à la capture de Nou Pap Domi

Douyon est porte-parole de Nou Pap Domi (Nous ne dormons pas) ou NPD, une organisation membre fondatrice de la coalition Montana Accord et signataire de la Déclaration conjointe de Kingston. Elle a annoncé son soutien au GFA lors d’une conférence de l’Alliance pour la consolidation de la paix le 15 décembre 2022.

L’Alliance pour la consolidation de la paix codirige la Global Fragility Act Coalition avec Mercy Corps. Cette coalition œuvre pour « garantir la mise en œuvre réussie du GFA ».

Douyon travaillait auparavant pour le tentacule NDI du NED. Plus tard, elle a reçu une bourse du NED pour fonder Policité, un « think tank » qui mène des enquêtes et propose des services de consultation.

Douyon a affirmé son soutien au GFA en partageant la position de Jeffsky Poincy en faveur du GFA lors de la même conférence de l’Alliance pour la consolidation de la paix, affirmant qu’Haïti était « confronté à sa pire crise de sécurité ». Poincy a déclaré qu’il était « heureux qu’Haïti fasse partie du GFA ». Poincy était le représentant du NPD qui a signé la Déclaration conjointe de Kingston le 13 juin 2023 à Kingston, en Jamaïque. Il est gestionnaire de programme chez Partners Global, une société de conseil financée par le Département d’État américain, le gouvernement canadien, l’Open Society Foundation et l’USAID.

Poincy et Douyon sont deux bons exemples du réseau d’OSC « activistes » cultivé par le NED, l’USAID et l’Open Society Foundation, entre autres, pour générer un soutien « populaire » à la mainmise hégémonique de Washington sur Haïti. L’USAID travaille déjà en « partenariat » avec 250 OSC haïtiennes pour créer la façade selon laquelle les Haïtiens sont d’accord avec la politique étrangère américaine. Leurs organisations fonctionnent comme des organes politiques de l’impérialisme en Haïti.

Le Bureau des opérations de conflit et de stabilisation du Département d’État américain, l’ancien employeur de Patrick Quirk, a créé la Stratégie américaine pour prévenir les conflits et promouvoir la stabilité. Ce document présente la « Stratégie mondiale de fragilité » du gouvernement américain – la stratégie de mise en œuvre du GFA.

Haïti a été choisi pour être le premier « partenaire » dans le cadre du GFA.

Naed Jasmin Désiré, le co-fondateur de Kafou Lespwa

Un « partenariat » GFA entre Haïti et Washington garantirait qu’Haïti reste sous l’hégémonie américaine pendant au moins une décennie. Dans le cadre du GFA, le gouvernement américain négocie des accords d’« assistance à la sécurité planifiée » sur 10 ans avec des gouvernements étrangers.

Le GFA est conçu pour empêcher « des adversaires tels que la Chine et la Russie d’étendre leur influence ». Kim Ives l’a résumé lorsqu’il a écrit que l’ACM « est fondamentalement une réponse militaire à la Chine, le principal challenger de l’hégémonie mondiale des États-Unis ».

Le financement du NED pour des organisations telles que l’OCAPH et Policité fait partie d’un effort du gouvernement américain pour obtenir le consentement à la politique étrangère impérialiste américaine en Haïti.

L’USAID facilite le financement de rassemblements de l’élite haïtienne 

Dans la deuxième partie de mon article « L’impérialisme canadien en Haïti », j’ai passé en revue diverses organisations haïtiennes qui ont reçu un financement du NED. Naed Jasmin Désiré, le co-fondateur de Kafou Lespwa (dont j’ai parlé dans l’article), m’a contacté après la publication. C’est une avocate élue au CNT (Conseil national de transition) de l’Accord du Montana. Elle m’a informé que l’article contenait une erreur.

J’ai signalé que Kafou Lespwa était financé par le NED. Cette affirmation était basée sur les remarques d’ouverture du modérateur lors d’un événement parrainé par le NED, dans lequel il avait identifié à tort le groupe de Desiré comme un « partenaire » du NED. Elle m’a dit que c’était l’OCAPH qui avait invité Kafou Lespwa à l’événement du NED, et non le NED lui-même.

Mais ma discussion avec elle a révélé plus clairement comment le NED et l’USAID soutiennent et organisent le financement des OSC haïtiennes.

Cependant, le NED ne soutient ni ne promeut les organisations dont les politiques ne correspondent pas à celles du gouvernement des États-Unis. Ce n’est pas un hasard si l’OCAPH, financé par le NED, fait la promotion de Kafou Lespwa.

J’ai noté dans mon article pour Black Agenda Report que Guy Serge Pompilus, conseiller principal de l’OCAPH, avait présenté le « Manifeste pour un dialogue inclusif » de l’organisation lors de la conférence NED. Le Manifeste est vague et ne propose aucune stratégie ni solution concrète. Il souligne cependant deux « orientations » qu’il promeut pour Haïti : Kafou Lespwa et le GFA.

Guy Serge Pompilus

Ainsi, bien que techniquement, le NED ne finance pas directement Kafou Lespwa, il finance une OSC qui promeut Kafou Lespwa comme une « orientation » pour « soutenir un dialogue permanent entre les différents groupes sociaux, organisations et citoyens vivant en Haïti et à l’étranger ». Dans le cas de Kafou Lespwa, le « dialogue » se déroule presque exclusivement entre les élites économiques et politiques haïtiennes.

Les dirigeants de « l’équipe » de Kafou Lespwa sont : Clifford Apaid, le fils de l’oligarque de l’industrie d’assemblage Andy Apaid, Jr. qui dirigeait le Groupe des 184 ; Abdonel Doudou, boursier NED et responsable de Jurimedia ; Fritz Alphonse Jean, président élu par intérim de l’Accord du Montana ; Joel « Pacha » Vorbe, qui siège au comité exécutif de Fanmi Lavalas ; Line Balthazar, présidente du PHTK ; et Paul Altidor, l’ambassadeur d’Haïti aux États-Unis nommé par le président Michel Martelly.

L’« orientation » de Kafou Lespwa est clairement qu’Haïti doit être gouverné par des élites politiques qui se conforment à la politique étrangère américaine.

USAID et « La Grande Fondation d’Haïti »

J’ai également signalé que Kafou Lespwa avait été fondée grâce aux fonds de l’USAID. Désiré prétend que c’est faux. Une analyse du rapport de l’USAID sur lequel mon rapport était basé montre encore une fois que le financement est plus complexe et moins direct que ce que je proposais initialement.

Dans un rapport intitulé « Haiti’s New Konbit To Compete 2020 », les auteurs expliquent que l’USAID, dans le cadre de son programme Konbit, visait à « éduquer et motiver la communauté philanthropique d’Haïti à mieux cibler et exploiter ses investissements sociaux ». Le rapport explique que « Konbit a facilité la création d’une alliance formelle de fondations et d’entreprises sociales haïtiennes appelée La Grande Fondation d’Haïti (GFH) ».

Le GFH « a joué un rôle de soutien clé dans Kafou Lespwa… une première initiative majeure visant à rassembler 50 Haïtiens influents représentant divers intérêts de la société civile, du secteur privé et du gouvernement de tout le spectre social et politique d’Haïti pour réfléchir sur son passé, explorer un terrain d’entente et s’engager à améliorer son avenir », explique le rapport.

Par conséquent, plutôt que de financer directement la création de Kafou Lespwa, l’USAID a « facilité » leur financement en jouant un rôle central dans la création du GFH. Le seul donateur répertorié par le GFH qui cite ouvertement son soutien à Kafou Lespwa est la Fondation SOGEBANK.

Désiré affirme que l’équipe de Kafou Lespwa a recherché ses propres bailleurs de fonds privés et que le GFH et l’USAID n’ont pas joué un rôle significatif. Mais le rapport de l’USAID dément ses affirmations, une divergence qu’elle n’a pas voulu aborder.

L’ancien directeur général de la SOGEBANK, Charles Clermont, est le co-fondateur de Kafou Lespwa avec Désiré. Clermont s’est exprimé au nom de Kafou Lespwa lors de la conférence NED précitée. Il reste associé à la SOGEBANK en tant que trésorier de SOGESOL, une filiale axée sur la microfinance pour les entrepreneurs haïtiens.

Désiré m’a expliqué que les fonds de Kafou Lespwa ont été collectés grâce aux contacts de son équipe, soulignant que leur crédibilité était la première raison du succès de leur collecte de fonds. Clermont n’a jamais été mentionné nommément.

Par ailleurs, Claude Apaid siège au Conseil d’Administration de SOGEBANK. Il est l’oncle de Clifford Apaid, un « membre de l’équipe » de Kafou Lespwa. L’empire commercial de la famille Apaid – Alpha Industries – est le plus grand opérateur d’ateliers clandestins en Haïti.

Kafou Lespwa est fondamentalement une opération de mise en réseau pour l’élite économique et politique d’Haïti, préfigurant peut-être le type d’OSC avec laquelle l’USAID « s’associe » dans son « Programme de renforcement de la société civile », que nous aborderons dans un instant.

La proximité de Kafou Lespwa avec un passé antidémocratique

Andy Apaid senior et junior ont tous deux joué un rôle actif dans la sape de la démocratie haïtienne. Lors du coup d’État de 1991 à 1994 contre Aristide, le père d’Apaid Jr., André Apaid, Sr., était « l’un des principaux lobbyistes aux États-Unis » pour la junte militaire. Auparavant, Apaid Sr. était « proche du dictateur « Baby Doc » Duvalier ». Andy Apaid Jr. aurait également financé les forces paramilitaires dirigées par le trafiquant de drogue condamné Guy Philippe. Dans une interview avec Peter Hallward, on a demandé à Philippe si Apaid et d’autres oligarques avaient subventionné son mouvement armé. En réponse, Philippe a répondu : « Oui, nous avons eu des réunions avec divers hommes d’affaires et ils nous ont aidés… Ils ont contribué environ 200 000 $ (US) pour acheter des armes et des munitions. »

Clifford Apaid est l’un des « membres de l’équipe » de direction de Kafou Lespwa. Il pose ici dans l’une des usines de confection de sa famille en Haïti.

Apaid Jr. fait partie de plusieurs oligarques haïtiens qui ont été sanctionnés par le gouvernement canadien pour avoir soutenu des gangs armés.

L’oligarque haïtien Sherif Abdallah était également vice-président du conseil d’administration de la SOGEBANK, jusqu’à sa démission après avoir été sanctionné par le gouvernement canadien en décembre 2022. Il possède l’une des principales compagnies d’assurance d’Haïti et aurait été un proche allié de l’ancien président Jovenel Moïse.

Les liens de Kafou Lespwa avec la SOGEBANK, Washington et l’élite politique et financière antidémocratique d’Haïti augurent mal de « l’orientation » et de la vision qu’elle pourrait avoir pour l’avenir d’Haïti.

Grâce à ce type de réseautage nuancé d’élites, on peut comprendre à quel point l’USAID est le bras ultime du « soft power » de la politique étrangère américaine. Comme l’a dit Stephen Lendmen, l’USAID est « un agent clé du projet impérial. Ses efforts visent à pacifier le pays, à créer un climat d’investissement sûr et à garantir que la plupart des bénéfices profitent aux intérêts américains. En effet, dans son article « USAID : Le visage humanitaire de l’exploitation coloniale », Amanda Yee écrit que pour « chaque dollar dépensé par l’USAID, moins d’un centime allait directement aux organisations, entreprises ou au gouvernement haïtien ».

Washington construit un réseau d’OSC haïtiennes grâce au « Programme de renforcement de la société civile » de l’USAID

Le retard du NED dans la publication de ses subventions aux OSC haïtiennes et aux groupes de défense des droits de l’homme peut être lié à une récente initiative de l’USAID en Haïti.

L’USAID a officiellement annoncé son « Programme de renforcement de la société civile » (CSSP) pour Haïti le 21 octobre 2022. Le programme a été officiellement lancé le 11 janvier 2023 au Cap Haïtien, en Haïti.

Le chargé d’affaires américain Eric Stromayer s’exprimant lors du lancement du « Programme de renforcement de la société civile » (CSSP) de l’USAID à Port-au-Prince, Haïti, le 16 février 2023.

Ce programme fait partie de la première mise en œuvre de la deuxième phase du Plan stratégique décennal de Washington pour Haïti. Le Plan stratégique décennal pour Haïti décrit la stratégie mondiale de Washington en matière de fragilité pour Haïti.

Dans la première phase, le gouvernement américain présente un plan visant à « impliquer et mobiliser les partenaires de la société civile haïtienne et de la Police nationale haïtienne (PNH) pour informer et mettre en œuvre des programmes visant à renforcer la sécurité des citoyens et l’État de droit ».

L’approbation par le Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) d’une mission d’un an de « soutien multinational à la sécurité » (MSS) non-ONU en Haïti signifie que la première phase est en marche.

L’USAID a expliqué dans un récent communiqué de presse que l’objectif du CSSP est de « renforcer la capacité des organisations de la société civile haïtienne, y compris les organisations confessionnelles, les groupes locaux et ceux qui travaillent avec la diaspora qui sont enregistrés et opèrent en Haïti ». Le communiqué de presse a souligné que les OSC qui participeront seront « mieux équipées pour développer, mettre en œuvre et suivre leur plaidoyer ».

Le communiqué de presse explique qu’« il existe un besoin crucial » pour les OSC haïtiennes de collaborer et « d’étendre leur impact » et « leur influence sur les politiques publiques et la prise de décision ».

L’un des principaux objectifs du CSSP est de « soutenir des relations de travail productives entre les organisations de la société civile et les acteurs du développement, y compris, mais sans s’y limiter, les gouvernements locaux/centraux, le secteur privé et les principaux donateurs ».

Les objectifs déclarés du CSSP en Haïti recoupent le rôle traditionnel du NED qui consiste à financer les OSC en Haïti qui soutiennent la politique américaine.

L’USAID compte désormais 250 OSC haïtiennes « partenaires » anonymes dans le cadre du programme CSSP. Avec le CSSP, le gouvernement américain vise à développer son réseau d’OSC conformes aux intérêts américains.

​ La nécessité cruciale d’identifier les organisations financées par la NED et l’USAID en Haïti

Il est crucial que les noms des 250 OSC financées par l’USAID dans le cadre du CSSP soient révélés, ainsi que ceux des OSC et des groupes dits de « droits de l’homme » qui reçoivent actuellement un financement du NED. Ils auront inévitablement un rôle à jouer dans le soutien à l’occupation américaine d’Haïti et au gouvernement de transition qu’il nommera.

Les phases un et deux du « Plan stratégique 0 an pour Haïti » représentent une quasi-prise de contrôle d’Haïti, si Washington obtient ce qu’il veut. Haïti deviendrait effectivement une colonie américaine comme elle l’était de 1915 à 1934 lorsque les Marines américains l’occupèrent.

Un certain nombre d’OSC haïtiennes et de groupes de « droits de l’homme » guidés et financés par l’USAID et la NED soutiendront inévitablement la politique étrangère américaine en Haïti. Cela créera une façade de « consensus » haïtien (c’est-à-dire de respect) avec la domination américaine sur Haïti.

Beaucoup de ces OSC et groupes de « droits de l’homme » fourniront des porte-parole et des dirigeants qui pourront consciencieusement répéter les points de discussion de l’USAID et du Département d’État. L’USAID, à travers son « plan de communication stratégique », peut « garantir que les efforts financés par le gouvernement américain soient efficacement amplifiés dans tout le pays » grâce à son réseau de plus de 250 OSC et groupes de « défense des droits de l’homme ».

Il reste à voir si les Haïtiens et leurs alliés à l’étranger peuvent contrecarrer l’inévitable déluge de propagande de la NED et des OSC et des groupes de « droits de l’homme » financés par l’USAID. Le fait que certains alliés traditionnels d’Haïti se soient retrouvés à répéter les arguments de ces OSC soutenues par Washington montre à quel point Washington a été capable, jusqu’à présent, de contrôler le discours en Haïti. Le gouvernement américain ne finance pas les organisations qui promeuvent des opinions et des discours contraires à leurs intérêts en matière de politique étrangère.


*Travis Ross est un enseignant basé à Montréal, Québec. Il est également co-éditeur du Projet d’information Canada-Haïti sur canada-haiti.ca. Travis a écrit pour Haïti Liberté, Black Agenda Report, The Canada Files, TruthOut et rabble.ca. Il peut être contacté sur Twitter.

 

Alors que le MSS tente de maîtriser la résistance haïtienne, l’USAID rassemblera des marionnettes de la « société civile »

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Le chargé d'affaires américain Eric Stromayer lors d'un événement annonçant son « Programme de renforcement de la société civile » (CSSP), qui vise à rassembler 250 groupes de la « société civile » haïtienne conformes aux normes américaines.

(1ère partie) (English)

Le rôle de l’USAID en tant qu’outil de l’impérialisme américain

Alors que l’USAID prétend fournir une aide internationale pour « renforcer la gouvernance démocratique » en « soutien à la politique étrangère américaine », les archives historiques révèlent qu’elle a été utilisée pour financer des groupes d’opposition et des tentatives de changement de régime dans des pays qui défient les intérêts de politique étrangère de Washington. .

Le chercheur Peter Hallward a documenté comment les fonds de l’USAID ont été utilisés pour financer des fronts de la société civile anti-gouvernementale en Haïti après l’élection écrasante d’Aristide en 2000. Cela faisait suite à une réduction du financement de l’USAID en Haïti immédiatement après l’élection d’Aristide.

L’idée selon laquelle la NED et l’USAID servent d’outils à l’impérialisme américain est plus largement acceptée de nos jours.

Le 2 mai 2023, le président mexicain Andrés Manuel López Obrador a envoyé au président Biden une lettre critiquant Washington pour son ingérence dans les affaires intérieures de son pays. Il a condamné le financement que l’USAID a fourni à des groupes d’opposition de droite organisant des manifestations contre le gouvernement élu du Mexique et cherchant à le déstabiliser. La lettre a bénéficié d’une large couverture médiatique dans les grands médias occidentaux.

AMLO n’est pas le premier dirigeant latino-américain à dénoncer les politiques interventionnistes américaines mises en œuvre par l’intermédiaire de l’USAID.

En 2011, le président bolivien Evo Morales a annoncé l’expulsion de l’USAID de Bolivie. Le Mouvement vers le socialisme (le parti de Morales) a déclaré aux journalistes que l’USAID avait fourni plus de 20 millions de dollars aux partis d’opposition de droite. Les dirigeants du parti ont également déclaré que l’USAID tentait de saper « les bonnes relations entre la Bolivie et le Venezuela ».

Sept ans plus tard, l’USAID est retournée en Bolivie à l’invitation du gouvernement putschiste de Jeanine Anez soutenu par les États-Unis pour surveiller les élections.

Le rôle de l’USAID dans le « Plan stratégique décennal pour Haïti »

La SPCPS souligne que l’aide étrangère est un « outil essentiel » pour « améliorer les programmes d’aide étrangère spécifiques qui s’attaquent directement à la fragilité, y compris ceux qui cherchent à renforcer la cohésion sociale, à lutter contre la corruption et à protéger les droits de l’homme ».

La deuxième phase du plan stratégique décennal de Washington pour Haïti s’attaquera aux « causes profondes de l’instabilité » et « mettra fortement l’accent sur le partenariat avec les dirigeants et les parties prenantes haïtiens ».

Un « plan de communication stratégique » est également inclus pour « garantir que les efforts financés par le gouvernement américain soient efficacement amplifiés dans tout le pays ».

Une réunion financée par l’USAID à Aux Cayes le 28 avril 2023. À travers de tels événements, Washington cherche à recruter une légion de « partenaires fantoches de la société civile » pour créer l’illusion d’un « consensus haïtien » avec ses projets.

Le Département d’État prévoit également « d’approfondir l’engagement avec la société civile haïtienne, y compris les groupes religieux et les ONG, ainsi qu’avec d’autres donateurs internationaux, les organisations de la diaspora haïtienne et les organisations multilatérales ».

L’USAID a officiellement annoncé son « Programme de renforcement de la société civile » (CSSP) pour Haïti le 21 octobre 2022. Ce programme fait partie de la première mise en œuvre de la phase deux.

Le programme a été officiellement lancé le 11 janvier 2023 à Cap Haïtien, en Haïti.

Un communiqué de presse de l’ambassade américaine explique que l’objectif du CSSP est de « renforcer les capacités des organisations de la société civile [OSC] haïtiennes, y compris les organisations confessionnelles, les groupes locaux et ceux qui travaillent avec la diaspora qui sont enregistrés et opèrent en Haïti. » Les OSC qui participeront seront « mieux équipées pour développer, mettre en œuvre et suivre leur plaidoyer », explique le communiqué de presse.

L’USAID « s’associe » à 250 organisations de la société civile haïtienne

L’USAID explique qu’« il existe un besoin crucial » pour les OSC haïtiennes de collaborer et « d’étendre leur impact » et « leur influence sur les politiques publiques et la prise de décision ». L’un des principaux objectifs du CSSP est de « soutenir des relations de travail productives entre les organisations de la société civile et les acteurs du développement, y compris, mais sans s’y limiter, le gouvernement local/central, le secteur privé et les principaux donateurs ».

L’USAID compte désormais 250 OSC haïtiennes « partenaires » anonymes dans le cadre du programme CSSP.

Papyrus SA gère le CSSP, identifié par l’USAID comme l’un de ses « partenaires locaux » en Haïti. Papyrus SA est une « société de gestion à responsabilité limitée » privée à but lucratif qui opère en Haïti depuis 2007 et y a géré plusieurs projets de l’USAID, exploitant « plusieurs projets de grande valeur et à haute visibilité pour le secteur privé et les donateurs en Haïti ». .»

Le CSSP se coordonne avec Counterparts International, qui met en œuvre les programmes de l’USAID dans des dizaines de pays à travers le monde. Il reconnaît l’USAID comme sa principale source de financement (Exxon Mobile est son principal bailleur de fonds).

L’actuelle PDG de Counterparts, Ann Hudock, a travaillé pour le Département d’État en tant qu’assistante spéciale du sous-secrétaire aux Affaires mondiales.

Les objectifs déclarés du CSSP en Haïti recoupent le rôle traditionnel du NED de financer les OSC en Haïti. Ce n’est probablement pas une coïncidence si le NED a récemment supprimé son site Web répertoriant les boursiers 2021 en Haïti (cela sera exploré en profondeur dans un prochain article). Il est également peu probable que ce soit une coïncidence si le NED n’a pas encore publié la liste des bénéficiaires de subventions en Haïti pour 2022.

Avec le CSSP, le gouvernement américain vise à développer son réseau d’OSC conformes aux intérêts américains. Il est crucial que les noms des 250 OSC financées par l’USAID dans le cadre du CSSP soient révélés, ainsi que ceux des OSC et des groupes dits de « droits de l’homme » recevant un financement du NED. Ils auront inévitablement un rôle à jouer dans le soutien à l’occupation américaine d’Haïti et au gouvernement de transition qu’il nommera.

Les phases un et deux du « Plan stratégique décennal pour Haïti » représentent une prise de contrôle efficace d’Haïti, si Washington obtient ce qu’il veut. Cette prise de contrôle transformerait effectivement le statut d’Haïti en tant que néo-colonie américaine en une colonie virtuelle telle qu’elle l’était de 1915 à 1934, lorsque les Marines américains l’occupèrent.

Avec (de gauche à droite) le Premier ministre bahaméen Philip Davis, le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness et le Premier ministre haïtien de facto Ariel Henry

Cette transformation se produira sous le MSS – une force d’occupation – tandis que les OSC et les groupes de « défense des droits de l’homme », soutenus et financés par l’USAID et la NED, guideront la reconstruction d’Haïti vers une société entièrement redevable aux intérêts américains, une colonie américaine virtuelle.

Cela créera une façade d’accord ou de « consensus » haïtien, c’est-à-dire le respect de la domination américaine sur Haïti. Ces OSC et groupes de « droits de l’homme » fourniront des porte-parole et des dirigeants qui pourront consciencieusement répéter les points de discussion de l’USAID et du Département d’État. L’USAID, à travers son « plan de communication stratégique », peut « garantir que les efforts financés par le gouvernement américain soient efficacement amplifiés dans tout le pays » grâce à son réseau de plus de 250 OSC et groupes de « défense des droits de l’homme ».

Le gouvernement américain vise à reconstruire le gouvernement haïtien pour atteindre ses objectifs impérialistes

La classe politique a abandonné le peuple haïtien et suscite une grande méfiance. À quelques exceptions près, ils hésitent entre divers accords et coalitions informelles, tous dans le même but : faire appel à Washington et à ses mandataires pour obtenir la légitimité et l’autorité nécessaires pour diriger un gouvernement de transition.

Qu’il s’agisse de la coalition de l’Accord du Montana, devenue un front de la société civile pour une partie de l’élite haïtienne, du Collectif des partis politiques du 30 janvier, ou de la coalition informelle entre les différents signataires de l’Accord Selon la Déclaration conjointe de Kingston, le fossé complet entre la classe politique haïtienne et le peuple n’a jamais été aussi évident.

La déconnexion est également apparente chez certains alliés occidentaux d’Haïti.

Il existe de nombreux points communs entre les différentes organisations de solidarité, de défense des droits et de gauche qui défendent la cause du peuple haïtien. Les appels aux gouvernements étrangers pour qu’ils retirent leur soutien au dictateur haïtien Ariel Henry, par exemple, sont fréquents. Mais il n’existe pas de consensus sur qui soutenir – qu’il s’agisse de dirigeants, de partis politiques, de mouvements ou d’OSC.

Cela est dû, en partie, au succès de la campagne de propagande menée par le gouvernement américain à travers le NED et d’autres organisations, soutenues par le gouvernement américain et l’Open Society Foundation, y compris des organes de propagande soutenus par les États-Unis comme le RNDDH et le FJKL.

Le résultat est que certaines de ces organisations s’associent à la diabolisation de dirigeants populaires locaux comme Jimmy Cherizier, porte-parole des Forces révolutionnaires de la famille du G9 et de leurs alliés, tandis que d’autres l’ignorent complètement, peut-être pour éviter le vitriol que ses détracteurs lancent à quiconque remet en question le récit concocté par des groupes de « défense des droits de l’homme » soutenus par les États-Unis et qui a été complètement démystifié dans le documentaire Another Vision.

Des lettres adressées à divers organismes internationaux comme l’Union africaine et l’ONU ont été signées par un large éventail d’alliés d’Haïti pour empêcher le déploiement du MSS ou simplement exiger que les États-Unis cessent de soutenir Ariel Henry. D’autres se sont concentrés sur l’appel à la Chine et à la Russie pour qu’elles utilisent leur veto au Conseil de sécurité pour bloquer une invasion. Malheureusement, tous ces efforts ont finalement échoué.

Pendant ce temps, les analystes sont parfaitement conscients que Chérizier est la principale cible de l’invasion menée par les États-Unis. Ce n’est pas parce que le gouvernement américain souhaite éliminer les gangs criminels – il soutient Ariel Henry – mais parce qu’il comprend que Cherizier est le leader le plus important qui représente une menace pour les intérêts américains en Haïti.

Lors d’un récent entretien avec Dan Cohen, l’analyste et ancien officier du commandement des opérations spéciales de l’US Air Force, Jean-Pierre Alfred, a expliqué que Cherizier, qu’il considère comme un « soi-disant chef de gang », est devenu une « figure de proue » en raison de la représentation persistante des médias grand public de lui comme un méchant notoire. Alfred a souligné que si Chérizier ne peut être contraint par les dirigeants du MSS ou de la PNH à les rejoindre, alors ils tenteront de l’emprisonner ou de le tuer.

Un article récent de Nation (Africa) expliquait que les forces kenyanes affronteraient Cherizier et ses alliés, reconnaissant qu’il constitue une cible principale. Lors d’une conférence de presse le 17 août, Cherizier a déclaré que le peuple haïtien combattrait les envahisseurs étrangers soutenant Ariel Henry « jusqu’à notre dernière goutte de sang ».

« Ce sera un combat du peuple haïtien pour sauver la dignité de notre pays », a expliqué Cherizier, faisant écho à un sentiment partagé par de nombreux Haïtiens contre le MSS.

Contrairement aux dirigeants politiques d’Haïti, qui font appel à la légitimité de Washington et lui demandent de retirer Henry du pouvoir pour faciliter leur ascension, Cherizier a ouvertement appelé à ce que Henry soit destitué par les armes. La menace d’une insurrection armée contre Henry et la mise en place d’un gouvernement provisoire révolutionnaire échappant à son contrôle sont la principale préoccupation de Washington.

Ainsi Chérizier et son mouvement G9 représentent pour le moment la seule menace sérieuse à la dictature d’Ariel Henry et à une intervention menée par les États-Unis, mettant ainsi en péril la mise en œuvre du Plan américain 2.0 à travers le MSS et le GFA.


*Travis Ross est un enseignant basé à Montréal, Québec. Il est également co-éditeur du Projet d’information Canada-Haïti sur canada-haiti.ca. Travis a écrit pour Haïti Liberté, Black Agenda Report, The Canada Files, TruthOut et rabble.ca. Il peut être contacté sur Twitter.

Why is the NED Trying to Hide its Money Trail in Haiti?

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SOGEBANK's former general director Charles Clermont, one of Kafou Lespwa's co-founders, speaking at a NED-organized conference in July 2022 entitled “Peace and Democracy Building in Haiti: a Civil Society Perspective.”

(Français)

I recently discovered that the National Endowment for Democracy (NED) scrubbed the list of its grants awarded to Haitian “civil society” and “human rights” groups.

The NED is a political manipulation foundation created in 1983 to advance Washington’s political agenda throughout the world, mostly by funding civil society organizations (CSOs) that it either concocts or co-opts.

Often referred to as a CIA cutout, the NED was described by its co-founder Allan Weinstein as doing “a lot of what …was done covertly 25 years ago by the CIA.”

The NED list of grants in 2021 originally comprised 10 Haitian organizations. This is easily confirmed using Web Archive / WayBack Machine.

The webpage now lists only five organizations.

The NED deleted information regarding grants for the following organizations: the Observatoire Citoyen de l’Action des Pouvoirs Publics et des ONGs (OCAPH), the Bureau des Droits Humains en Haiti, the Reseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Défenseurs Plus (DP), and the Cercle de Reflexion sur le Développement Economique, later renamed Policité.

The NED’s website on May 25, 2022 showed 10 Haiti grantees for 2021…
… but in October 2023 it only shows 5 grantees for 2021, and none for 2022.

The deletions are not mentioned anywhere on the NED website.

In addition, the grants distributed to Haitian “human rights” organizations and “civil society”groups during 2022 have not yet been made available to the public. The original list of 10 grants during 2021 were posted to the NED website in February 2022. Assuming NED grants continue to be awarded on an annual basis, NED’s website has had over seven months to post this information.

So why, instead of sharing the list of its 2022 grantees, did the NED scrub the names of half of its 2021 beneficiaries?

We posed this question to NED but did not receive a response before press time.

When you Google search the keywords “NED” and “Haiti” the first four results are: the NED’s scrubbed webpage listing 2021’s grantees, my October 2022 article for the Black Agenda Report (BAR) analyzing the NED’s grants to Haitian organizations, a video of a NED conference (also discussed in the BAR article), and the Wikipedia page on the NED.

The NED clearly does not like the scrutiny that their grantees are receiving.

The NED funds CSOs and human rights groups who promote U.S. foreign policy

The grant information that was deleted seems to indicate that the NED is trying to hide its funding for CSOs and “human rights” groups which support U.S. foreign policy in Haiti.

Peter Hallward, author of Damming the Flood (the definitive account of Haiti’s 2004 coup d’état), says the NED’s tentacle called the International Republican Institute (IRI) “was part of the scheme,” backing elitist, pro-military Haitian factions which overthrew the democratically elected government of President Jean-Bertrand Aristide. While the RNDDH worked with the post-coup de facto regime of Prime Minister Gérard Latortue and President Boniface Alexandre to persecute Fanmi Lavalas (FL)  supporters, the “human rights” group also had a key role in framing FL leaders with allegations of politically-motivated massacres. A lengthy review of the RNDDH’s role in undermining Haitian sovereignty and democracy can be read in a recent Haïti Liberté article on the role of its then second-in-command Marie Yolène Gilles.

Policité’s Emmanuela Douyon and OCAPH’s Guy Serge Pompilus both publicly support the U.S. Global Fragility Act (GFA), as does Patrick Quirk, IRI’s vice-president. He formerly served on the U.S. State Department’s Policy Planning staff and in its Bureau of Conflict and Stabilization Operations.

Manufacturing consent for the GFA through capture of Nou Pap Domi

Douyon is a spokesperson for Nou Pap Domi (We’re not asleep) or NPD, a founding member-organization of the Montana Accord coalition and a signatory of the Kingston JointDeclaration. She announced her support for the GFA at an  Alliance for Peacebuilding conference on Dec. 15, 2022.

The Alliance for Peacebuilding co-leads the Global Fragility Act Coalition along with Mercy Corps. This coalition works to “ensure the successful implementation of the GFA.”

Douyon previously worked for the NED’s National Democratic Institute (NDI) tentacle. Later, she received an NED grant to found Policité, a “think tank” that conducts surveys and offers consultation services.

Douyon affirmed her support for the GFA by agreeing with Jeffsky Poincys position supporting the GFA at the same Alliance for Peacebuilding conference, saying that Haiti was “facing its worst security crisis.” Poincy said that he was “glad Haiti is part of the GFA.” Poincy was the NPD representative who signed the Kingston JointDeclaration on Jun. 13, 2023 in Kingston, Jamaica. He is a program manager at Partners Global, a consultancy firm funded by the U.S. State Department, the Canadian government, the Open Society Foundation, and USAID.

Poincy and Douyon are two good examples of the “activist” CSO network being cultivated by NED, USAID, and The Open Society Foundation, among others, to generate “grassroots” support for Washington’s hegemonic stranglehold on Haiti. USAID is alreadypartneringwith 250 Haitian CSOs to create the facade that  Haitians agree with U.S. foreign policy. Their organizations function as political organs of imperialism in Haiti.

The U.S. State Department’s Bureau of Conflict and Stabilization Operations, Patrick Quirk’s former employer, created the U.S. Strategy to Prevent Conflict and Promote Stability. This document outlines the U.S. government’s “Global Fragility Strategy” – the Strategy for the implementation of the GFA.

Haiti was selected to be the first “partner” under the GFA.

A GFA “partnership” between Haiti and Washington would ensure that Haiti remains under U.S. hegemony for at least a decade. Under the GFA, the U.S. government negotiates 10-year “planned security assistance” deals with foreign governments.

The GFA is designed to not allow “adversaries such as China and Russia to expand their influence.” Kim Ives summed it up when he wrote that the GFA “is fundamentally a military response to China, the principal challenger of U.S. world hegemony.”

NED funding for organizations such as OCAPH and Policité are part of an effort by the U.S. government to manufacture consent for Washington’s imperialist foreign policy in Haiti.

USAID facilitates funding for gatherings of Haiti’s elite

In Part Two of my article “Canadian Imperialism in Haiti,” I reviewed various Haitian organizations which have received NED funding. Naed Jasmin Desiré, the co-founder of Kafou Lespwa (which I referred to in the article), contacted me after publication. She is a lawyer who was elected to the Montana Accord’s CNT (National Transitional Council). She informed me that the article contained an error.

I reported that Kafou Lespwa was funded by the NED. This claim was based on the moderator’s opening remarks at a Jul. 27, 2022 NED-sponsored event, in which he incorrectly identified Desiré’s group as a NED “partner.” She told me that it was OCAPH which invited Kafou Lespwa to the NED event, not NED itself.

But my discussion with her revealed more clearly how the NED and USAID support and organize funding for Haitian CSOs.

Let’s be clear: the NED does not platform or promote organizations whose policies do not align with that of the U.S. government. It is not a coincidence that NED-funded OCAPH invited and promotes Kafou Lespwa.

I noted in my article for Black Agenda Report that Guy Serge Pompilus, OCAPH’s senior advisor, introduced the organization’s “Manifesto for an Inclusive Dialogue” at the July 2022 NED conference. The Manifesto is vague and offers no concrete strategies or solutions. It does, however, point to two “orientations” it promotes for Haiti: Kafou Lespwa and the GFA.

So while technically the NED does not directly fund Kafou Lespwa, it does fund a CSO that promotes Kafou Lespwa as an “orientation” to “support a permanent dialogue between the different social groups, organizations, and citizens living in Haiti and abroad.” In the case of Kafou Lespwa, the “dialogue” is almost exclusively between Haiti’s economic and political elite.

Some prominent members of the Kafou Lespwa “team” are: Clifford Apaid, the son of assembly industry oligarch Andy Apaid, Jr. who headed the Group of 184; Abdonel Doudou, an NED fellow and head of Jurimedia; Fritz Alphonse Jean, the interim President elect of the Montana Accord; Joel “Pasha” Vorbe, who sits on Fanmi Lavalas’ executive committee; Line Balthazar, the PHTK’s president; and Paul Altidor, the Haitian ambassador to the U.S. nominated by President Michel Martelly.

Kafou Lespwa’s “orientation” is clearly that Haiti ought to be ruled by political elites which are compliant with U.S. foreign policy.

USAID and “La Grande Fondation d’Haiti

I also reported that Kafou Lespwa was founded using USAID funds. Desiré claims this is false. An analysis of the USAID report on which my reporting was based again shows that the funding is more complex and less direct than I initially proposed.

In a report titled “Haiti’s New Konbit To Compete 2020” the authors explain that USAID, under its Konbit program, aimed to “educate and motivate Haiti’s philanthropic community to better target and leverage their social investments.” The report explains that “Konbit facilitated the creation of a formal alliance of Haitian foundations and social enterprises called La Grande Fondation d’Haïti (GFH).”

Clifford Apaid is one of Kafou Lespwa’s leadership “team members.” Here he poses in one of his family’s garment factories in Haiti.

The GFH “played a key supporting role in Kafou Lespwa … a first major initiative to assemble 50 influential Haitians representing diverse civil society, private sector, and governmental interests from across Haiti’s social and political spectrum to reflect on its past,

explore common ground, and commit to improving its future,” the report explains.

Consequently, rather than directly funding the creation of Kafou Lespwa, USAID “facilitated” their funding by playing a central role in creating the GFH. The only donor listed by the GFH that openly cites its support for Kafou Lespwa is Fondation SOGEBANK.

Desiré claims that Kafou Lespwa’s team sought out their own private funders and that the GFH and USAID did not play a significant role. But the USAID report belies her claims, a discrepancy she would not address.

SOGEBANK’s former general director Charles Clermont is Kafou Lespwa’s co-founder along with Desiré. Clermont spoke on behalf of Kafou Lespwa at the aforementioned NED conference. He remains associated with SOGEBANK as the treasurer of SOGESOL, a subsidiary that focuses on microfinancing for Haitian entrepreneurs.

Desiré explained to me that Kafou Lespwa’s funds were raised through its team’s contacts, emphasizing that their credibility was the primary reason for their successful fundraising. Clermont was never mentioned by name.

Furthermore, Claude Apaid sits on the Board of Directors at SOGEBANK. He is the uncle of Clifford Apaid, a Kafou Lespwa “team member.” The Apaid family’s business empire –  Alpha Industries – is the biggest sweatshop operator in Haiti.

Kafou Lespwa is fundamentally a networking operation for Haiti’s economic and political elite, possibly foreshadowing the kind of CSOs with which USAID is “partnering” in its “Civil Society Strengthening Program,” to be touched on in a moment.

Kafou Lespwa’s proximity to an anti-democratic past

Both Andy Apaid senior and junior had active roles in undermining Haitian democracy. During the 1991-1994 coup against Aristide, Apaid Jr.’s father, André Apaid, Sr., was “one of the chief lobbyists in the U.S.” for the military junta. Previously, Apaid Sr. was “close to dictatorBaby DocDuvalier.” Andy Apaid Jr. also reportedly financed the paramilitary forces led by convicted drug smuggler Guy Philippe. In an interview with Peter Hallward, Philippe was asked if Apaid and other oligarchs had subsidized his armed movement. In response, Philippe said “Yes we had meetings with various businessmen and they helped us…They contributed around $200,000 (US) to buy arms and ammunition.”

Apaid Jr. is among several Haitian oligarchs who have been sanctioned by the Canadian government for supporting armed gangs.

Haitian oligarch Sherif Abdallah was also a vice-president of SOGEBANK’s Board of Directors, until he resigned after being sanctioned by the Canadian government in December 2022. He owns one of Haiti’s major insurance companies and was reportedly a close ally of former president Jovenel Moïse.

Kafou Lespwa’s connections to SOGEBANK, Washington, and Haiti’s anti-democratic political and financial elite augur poorly for the “orientation” and vision it might have for Haiti’s future.

Through this type of nuanced elite networking, one can understand how USAID is the ultimate “soft power” arm of U.S. foreign policy. As Stephen Lendmen put it, USAID is “a key imperial project agent. Its efforts are to pacify the country, create a secure investment climate, and assure most benefits flow to U.S. interests.” Indeed, in her article “USAID: The humanitarian face of colonial exploitation,” Amanda Yee writes that for “every $1 that USAID spent, less than one penny went directly to Haitian organizations, companies, or the Haitian government.”

Washington is building a network of Haitian CSOs through USAID’s “Civil Society Strengthening Program”

The NED’s delay in publishing their 2022 grants to Haitian CSOs and “human rights” groups may be related to a recent USAID initiative in Haiti.

USAID officially announced its “Civil Society Strengthening Program“ (CSSP) for Haiti on Oct. 21, 2022. The program was officially launched Jan. 11, 2023 in Cap Haïtien, Haiti.

This program is part of the early implementation of phase two of Washington’s 10-year Strategic Plan for Haiti. The 10 Year Strategic Plan for Haiti outlines Washington’s Global Fragility Strategy for Haiti.

In phase one, the U.S. government outlines a plan to “engage and leverage partners among Haitian civil society and the Haitian National Police (PNH) to inform and implement programming to strengthen citizen security and the rule of law.”

The United Nations Security Council’s (UNSC) approval of a one-year “Multinational Security Support“ (MSS) non-UN mission to Haiti means phase one is moving ahead.

U.S. Chargé d’Affaires Eric Stromayer speaking at the launch of USAID’s “Civil Society Strengthening Program” (CSSP) in Port-au-Prince, Haiti on Feb. 16, 2023.

USAID explained in a recent press release that the CSSP’s goal is to “strengthen the capacity of Haitian civil society organizations, including faith-based organizations, local groups, and those working with the diaspora that are registered and operating in Haiti.” The Embassy’s press release emphasized that CSOs which participate will “be better equipped to develop, implement, and monitor their advocacy.”

The press release explains that “there is a critical need” for Haitian CSOs to collaborate and “expand their impact” and “their influence on public policy and decision-making.”

One of the CSSP’s main objectives is to “support productive working relationships between civil society organizations and development actors including, but not limited to local/central government, the private sector, and major donors.”

The CSSP’s stated objectives overlap with the NEDs traditional role of funding CSOs in Haiti which back U.S. policy.

USAID now has 250 unnamed Haitian CSOs “partners” under the CSSP program. With the CSSP, the U.S. government aims to grow their network of CSOs which are compliant with U.S. interests.

We must identify NED and USAID funded organizations in Haiti

It is crucial that the names of the 250 CSOs funded by USAID under the CSSP be revealed, along with the CSOs and so-called “human rights” groups currently receiving NED funding. They will inevitably have a role in supporting the U.S. occupation of Haiti and whatever transitional government it anoints.

Phase One and Phase Two of the “10-Year Strategic Plan for Haiti” represent a virtual take-over of Haiti, if Washington gets its way. Haiti would effectively become a U.S. colony as it was from 1915 to 1934, when U.S. Marines occupied it.

A number of Haitian CSOs and “human rights” groups guided and financed by USAID and the NED will inevitably support U.S. foreign policy in Haiti. This will create a facade of Haitian “consensus” (i.e. compliance) with Washington’s domination of Haiti.

Many of these CSOs and “human rights” groups will provide spokespeople and leaders who can dutifully parrot USAID and State Department talking points. USAID, through its “strategic communication plan,” can “ensure U.S. government-funded efforts are effectively amplified throughout the country” through their network of over 250 CSOs and “human rights” groups.

It remains to be seen whether Haitians and their allies abroad can counteract the inevitable deluge of propaganda from NED and USAID-funded CSOs and “human rights” groups. The fact that some traditional allies of Haiti have found themselves repeating talkingpoints from these Washington-backed CSOs shows how Washington has been able, until now, to control the narrative in Haiti. The U.S. government does not fund organizations which promote views and narratives that contradict their foreign policy interests.


Travis Ross is a teacher based in Montreal, Québec. He is also the co-editor of the Canada-Haiti Information Project at canada-haiti.ca . Travis has written for Haiti Liberté, Black Agenda Report, The Canada Files, TruthOut, and rabble.ca. He can be reached on Twitter.

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