
Le lundi 20 juillet 2026, le Conseil de sécurité des Nations Unies a tenu une séance sur la situation en Haïti. Plusieurs personnalités ont pris la parole pour exprimer leur point de vue sur la situation du pays. Deux sujets ont dominé les débats, étant donné qu’ils sont au cœur de l’actualité : le renouvellement de la Force de lutte contre les gangs (FRG) et son déploiement complet. Toutefois, nous mettrons l’accent sur la contribution des différentes parties prenantes, en particulier celle des dirigeants haïtiens qui continuent de poignarder le peuple dans le dos.
Le chef du BINUH et Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour Haïti, Carlos G. Ruiz Massieu, a déclaré que la transition traverse un moment décisif et qu’il est impératif de saisir cette opportunité. Il a également profité de l’occasion pour réaffirmer l’engagement des Nations Unies à continuer de soutenir les efforts haïtiens en faveur de la stabilité.
Il a poursuivi son intervention en affirmant que « les opérations de sécurité ne suffiraient pas, à elles seules, à instaurer une paix durable. Une stratégie plus large est nécessaire ; elle doit permettre de réduire l’attrait des gangs armés et leur capacité de nuisance, tout en renforçant la justice et les institutions de l’État, et en offrant des perspectives aux communautés touchées par la violence, notamment aux femmes et aux enfants.

Comme l’a souligné le Secrétaire général lors de sa récente visite à Port-au-Prince, un progrès durable exigera un engagement politique soutenu et une solidarité internationale constante. Surtout, il faudra une volonté commune et urgente d’apporter des améliorations tangibles, visibles et perceptibles à la population. »
Le discours le plus humiliant a été prononcé par la ministre haïtien des Affaires étrangères, Raina Forbin, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. La ministre n’a pas hésité à exprimer sa solidarité avec l’administration Trump, à l’encontre du peuple haïtien en général, que ce soit au pays ou au sein de la diaspora haïtienne aux Etats-Unis. Comment la ministre en est-elle arrivée à agir ainsi ? Nous ne pensons pas qu’il s’agisse d’une position personnelle. En réalité, c’est le gouvernement de transition en place, sous la direction du Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé, qui a choisi d’adopter cette position contre le peuple haïtien, dans le cadre d’une conspiration rocambolesque avec l’impérialisme américain.
La ministre dans son exposé méli-mélo indique : « que deux des trois principales phases préparatoires du processus électoral avaient été achevées. L’enregistrement des partis politiques est désormais terminé et l’inscription des électeurs est officiellement lancée. Le processus électoral est opérationnel et plus que jamais le gouvernement est convaincu que la seule voie d’avenir pour Haïti passe par la sécurité, la stabilité et les élections »
Pour une fois, le représentant de la République dominicaine, le ministre des Affaires étrangères, Roberto Álvarez, invité à prendre la parole devant le Conseil et porté par le bon sens a souligné : « Ce ne sont pas les élections qui apporteront la sécurité ; c’est la sécurité qui permettra la tenue des élections ». Il ajouta ensuite : « Le rétablissement de la sécurité, à lui seul, ne suffit pas »

Des ministres de l’acabit de Raina Forbin et tous les autres ne sont pas là pour accomplir une mission patriotique. Ce ne sont que des marchands de pays, des porte-parole de la classe dirigeante, elles ne sont pas maîtresses de leurs idées. Dans ce contexte, Forbin a déclaré avec audace : « Malgré des défis persistants, Haïti est aujourd’hui plus proche que jamais depuis des années du rétablissement de la sécurité et de l’organisation d’élections libres, crédibles, inclusives et participatives. » Elle a également plaidé pour le déploiement intégral de la FRG et pour le renouvellement de son mandat, qui expire en septembre prochain.
Le gouvernement haïtien, censé s’opposer aux expulsions et défendre ses compatriotes en demandant le renouvellement du statut de protection temporaire (TPS) pour les travailleurs haïtiens, est le même qui a eu recours à une propagande mensongère pour faire croire à une amélioration de la situation dans le pays. Par ce discours, il a approuvé la décision d’expulser plus de 350 000 migrants haïtiens.
Nous demandons à la ministre, Raina Forbin : combien d’emplois publics son gouvernement de transition et le précédent ont-ils créé dans le pays ? Combien de logements sociaux ont déjà été construits pour les personnes déplacées qui dorment à la belle étoile dans les rues, sur les places publiques sous des tentes de fortune, dans des écoles ou des bureaux gouvernementaux ?

Pire encore, alors que le gouvernement affirme que la situation est en train d’être améliorée, sans donner le moindre exemple de cette quelconque amélioration, il se fait le bourreau des migrants haïtiens au lieu d’utiliser en leur faveur la note du 10 juillet 2026 du Département d’État américain « déconseillant formellement tout voyage en Haïti et demandant aux personnes qui s’y rendent malgré tout de prendre des précautions exceptionnelles : rédiger un testament, désigner un représentant, souscrire une assurance couvrant le rapatriement sanitaire, établir un plan de communication avec leurs proches, fournir un échantillon de leur ADN à leur médecin et restituer leur dossier dentaire à leur famille afin de faciliter leur identification en cas de décès, entre autres ».
Le complot du gouvernement ne peut être plus clair. Il s’agit d’un gouvernement-agent au service de son patron. On lui fait répéter des bêtises allant à son encontre pour satisfaire l’agenda impérialiste. Ce gouvernement présente ainsi la crise multidimensionnelle pour se donner bonne conscience devant son chef, Donald Trump.
Cela signifie que ces individus ne défendent ni les intérêts du pays ni ceux du peuple haïtien. Pire encore, ils ont livré les migrants haïtiens sans qu’ils n’aient aucune alternative de recours. Ils n’ont même pas honte de se laisser influencer par Washington et de se voir contredire ensuite. Les héritiers de Jean-Baptiste Conzé, ils courent encore les allées d’ignominie des collaborateurs fieffés de l’impérialisme.








