René Préval: une analyse de classe de ce qu’il représentait

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René Préval prenant la parole à la Clinton Global Initiative à New York le 23 septembre 2010. Il a été deux fois président d'Haïti et est décédé le 3 mars 2017 à l'âge de 74 ans. Crédit: Lucas Jackson/Reuters

En 2009, l’ex-ambassadeur des Etats-Unis en Haïti, Janet Sanderson, l’a appelé «l’homme indispensable d’Haïti», qui était «capable d’imposer sa volonté à Haïti – s’il le voulait». Un autre diplomate l’a récemment qualifié un des «trois rois» d’Haïti, à côté du président Jean-Bertrand Aristide et des Duvalieristes.

Ils se référaient à l’ancien président haïtien René Préval, apparemment décédé d’une crise cardiaque ce 3 mars à Laboule, un faubourg montagneux de la capitale, à l’âge de 74 ans. Au cours des trente dernières années, il a joué un des rôles les plus importants et contradictoires plus que tout autre politicien pour aider à libérer brièvement Haïti de l’emprise politique de Washington et des Duvalieristes, nostalgiques des trois décennies (1957-1986) de la dictature de François et Jean-Claude Duvalier, pour néanmoins ramener le pays dans leurs griffes en acquiesçant à des campagnes de privatisation néo-libérales, à des accords internationaux de neutralisation de la souveraineté, à la suppression des salaires minimums, à deux occupations militaires étrangères et à un «coup d’État électoral» un an après le séisme de 2010.

Préval était décontracté et affable, mais allant vers la retraite. Il évitait les ornements du pouvoir ainsi que de trompeter ses réalisations, à la différence de son successeur Michel “Sweet Micky” Martelly, un personnage grivois, star flamboyante de la musique konpa. Par exemple, Préval était tellement enclin à l’informalité qu’il a scandalisé certains Haïtiens en portant une guayabera blanche pour la photo de groupe lors d’une conférence hémisphérique où tous les autres chefs d’État portaient des costumes.

René Préval est né dans une famille relativement aisée de la ville de Marmelade, au nord d’Haïti, le 17 janvier 1943. Son père, agronome, a été ministre de l’Agriculture du président Paul Magloire dans les années 1950, mais a fui Haïti avec sa famille en 1963. Ils ont envoyé René étudier l’agronomie en Belgique et la géothermie en Italie. En 1970, il a débarqué à New York, où il a travaillé comme ouvrier d’usine, serveur et messager.

Durant son séjour à l’étranger vers la fin des impétueuses années 1960 et au début des années 1970, le jeune René avait été politiquement radicalisé par les mouvements progressistes et anti-impérialistes de l’époque. Quand il est revenu à Haïti en 1975, il a gravité vers les cercles politiques anti-duvalieristes de l’élite.

Après la chute de Jean-Claude “Baby Doc” Duvalier le 7 février 1986, Préval a commencé à militer dans le mouvement populaire en pleine expansion, connu sous le nom de «Lavalas», dont le père Aristide, prêtre salésien, était le nouveau leader. Il a aidé à lancer le Comité Fred Coriolan en 1986 et plus tard, “Onè, Respè pou Konstitisyon an”, une organisation de défense des droits humains et de la démocratie qui comprenait d’autres personnalités de la «bourgeoisie éclairée» comme Antoine Izméry, Jean-Claude Roy, Patrick Élie, Charles Vorbe, et le père Antoine Adrien.

La bourgeoisie éclairée d’Haïti était essentiellement une bourgeoise nationale embryonnaire, distincte de la bourgeoisie traditionnelle comprador (import-export), qui avait toujours été économiquement et politiquement subordonnée aux États-Unis. Préval et ses amis, dont beaucoup d’entre eux étaient des enfants radicalisés de la classe comprador et de la classe grande-propriétaire terrienne (grandon), avaient le rêve anti-impérialiste de briser les chaînes néo-coloniales haïtiennes pour établir sa «seconde indépendance», comme l’a dit Aristide dans son discours inaugural.

Cet agenda nationaliste fusionnant avec le soulèvement populaire démocratique plus large contre la répression et la corruption duvaliéristes a créé la révolution politique démocratique nationale qui a culminé dans la victoire d’Aristide lors de l’élection présidentielle du 16 décembre 1990.

René Préval, avec Antoine Izméry, a joué un rôle déterminant pour convaincre le fougueux Aristide, alors héros des masses rurales et urbaines d’Haïti, de devenir le candidat du Front national pour le changement et la démocratie (FNCD). L’ancien prêtre avait refusé de participer aux élections de 1990, sur lesquelles l’armée haïtienne présidait effectivement (derrière le président en titre Ertha Trouillot) et dans lequelles le candidat néolibéral soutenu par Washington, Marc Bazin, avait un coffre de guerre de 36 millions de dollars. Izméry a versé environ 500.000 dollars pour la campagne d’Aristide, qui a remporté 67% des suffrages. C’était la première déroute de la machine électorale des Etats-Unis en Amérique latine.

Le Président Jean-Bertrand Aristide et le Premier ministre René Préval en 1991.

Après sa victoire, Aristide a nommé Préval comme Premier ministre, poursuivant des politiques de taxation des riches, de lutte contre la privatisation et d’éducation des masses par des programmes de santé, d’alphabétisation et d’emploi. Mais environ huit mois après l’inauguration d’Aristide le 7 février 1991, la bourgeoisie et les grandon traditionnels se sont alliés pour le renverser et l’exiler le 30 septembre 1991. Après être passé par les ambassades française et mexicaine, Préval a finalement rejoint Aristide à Washington où un gouvernement en exil a œuvré pour renverser le coup d’état sanglant.

« Vous serez peut-être remis au pouvoir », a déclaré l’ambassadeur étatsunien Alvin “Bourik Chàje” Adams à Aristide lors d’une série de négociations. « Mais votre Premier ministre [Préval] – il ne reviendra certainement pas ».

En effet, Aristide a été contraint de sacrifier Préval pour d’autres premiers ministres – Robert Malval et Smarck Michel – plus au goût de Washington, mais au cours de ces huit mois tumultueux et haletants de 1991, le «petit» Préval a été gravé dans l’imagination populaire haïtienne comme le «jumeau» d’Aristide.

Cette association a pris une importance particulière après le retour d’Aristide le 15 octobre 1994 en Haïti (sur le dos de 23.000 soldats étatsuniens), lorsqu’un mouvement a émergé pour lui demander de récupérer les trois années qu’il avait passées en exil.

« L’horloge s’est arrêtée le 30 septembre 1991 », a déclaré Jesse Jackson en janvier 1994 lors d’une conférence à Miami, en Floride, l’un des nombreux à faire pression pour la réintégration d’Aristide. « Le président Aristide devrait servir en tant que président tout le temps qu’il passe en exil ».

Mais Washington n’a pas été d’accord et a commencé à faire pression sur les gens autour d’Aristide, en particulier ceux du proto-parti connu sous le nom d’Organisation politique Lavalas (OPL), dirigé par des représentants de la bourgeoisie éclairée comme Gérard Pierre-Charles et le père Antoine Adrien. Aristide a commencé à traîner les pieds quant à mettre à exécution les diktats néolibéraux de Washington qui faisaient partie de l’accord pour son retour, le plus important étant la privatisation des entreprises d’Etat haïtiennes. Au fur et à mesure que les tensions entre Aristide et Washington augmentaient, les dirigeants de l’OLP commencèrent à faire l’éloge du mantra étatsunien selon lequel les privatisations étaient dans l’intérêt d’Haïti, ainsi que de nouvelles élections en 1995.

Mais les appels populaires pour qu’Aristide récupère ses trois années perdues ont pris de l’ampleur, et en réponse, l’OPL a trouvé le candidat parfait pour vendre leurs élections soutenues par les Etats-Unis: le «jumeau» d’Aristide, René Préval.

Aristide était furieux que l’OPL et Préval l’aient abandonné et a refusé catégoriquement de donner son aval à Préval comme candidat jusqu’à la veille de son élection du 17 décembre 1995, quand il était clair que l’ordre du jour de Washington ne pourrait pas être arrêté.

Comme le révolutionnaire russe Vladimir Lénine l’a averti il y a plus d’un siècle, « la bourgeoisie se trahit elle-même » et sa propre révolution. De même, lors de son premier mandat comme président (1996-2001), René Préval, autrefois résolument anti-impérialiste, a capitulé aux exigences de Washington de privatiser des entreprises d’État tels que le moulin à farine, la cimenterie et la compagnie de téléphone et a signé un infâme accord international qui a donné à Washington l’autorisation d’entrer unilatéralement dans l’espace aérien et les eaux territoriales haïtiennes.

Néanmoins, Préval est entré de plus en plus en désaccord avec ses commanditaires de l’OPL, dont les législateurs ont bloqué et entravé son gouvernement jusqu’à ce que le Parlement termine en 1999. Pendant ce temps, alors que l’OPL changeait son nom d’Organisation politique Lavalas à Organisation du peuple en lutte, Aristide a lancé son propre parti en novembre 1996: la famille Lavalas (FL).

Durant son premier mandat, Préval a essayé d’instituer une réforme agraire, mais elle a été partielle et de courte durée. Il a également déjoué une tentative de coup d’Etat par un groupe de chefs de police dirigé par l’ancien soldat Guy Philippe, qui allait fuir vers la République dominicaine voisine où il mit en place une force paramilitaire anti-Aristide.

A la fin de son premier mandat, les relations de Préval étaient devenues fort tendues avec Washington, qui voyait d’un mauvais oeil que la FL d’Aristide revenait au pouvoir par les élections parlementaires et présidentielles de mai et de novembre 2000. Le 7 février 2001, Préval passait avec succès l’écharpe présidentielle à un Jean-Bertrand Aristide réélu, le premier transfert pacifique de pouvoir dans l’histoire moderne d’Haïti.

L’administration nouvellement élue du président des Etats-Unis George W. Bush n’a pas tardé à lancer une campagne de déstabilisation économique, politique, diplomatique et militaire contre le deuxième gouvernement d’Aristide lequel a été renversé le 29 février 2004. Aristide a été exilé, sur l’insistance des États-Unis, en Afrique, hors de l’hémisphère occidental.

Le gouvernement de facto du premier ministre fantoche des États-Unis, Gérard Latortue, a reigné pendant deux ans, jusqu’aux élections du 7 février 2006, au cours lesquelles Préval a été réélu sur la base qu’il ramènerait Aristide au pays. Mais Préval n’a pas rapatrié Aristide et a plutôt commencé à attirer les dirigeants de FL dans ses propres partis et plates-formes, principalement Lespwa (Espoir) et Inite (Unité).

En conséquence, la FL s’est divisée en deux factions principales, et le conseil électoral de Préval les a disqualifiées toutes les deux lors des élections de 2010, un mouvement que même Washington et ses alliés ont considéré comme politiquement un peu brutal (même s’ils ont continué à soutenir les élections).

Comme l’a révélé Haïti Liberté par des câbles reçus de WikiLeaks, l’ambassadeur des Etats-Unis  de l’époque, Kenneth Merten, craignait que l’exclusion de FL fasse apparaître le parti « comme un martyr et les Haïtiens croiront (correctement) que Préval manipule les élections ».

En dépit de l’opposition de Washington, Préval a créé en 2007 un accord PetroCaribe avec le Vénézuela, qui fournit à Haïti près de 20.000 barils de pétrole par mois, a construit trois centrales électriques et rénové l’aéroport de Cap Haïtien.

Dans sa deuxième allocution inaugurale, Préval a plaidé auprès de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH) pour « transformer ses chars en bulldozers ». L’appel est tombé dans l’oreille de sourds et la force militaire étrangère déployée en juin 2004 occupe encore aujourd’hui Haïti . (Préval avait également pris le pouvoir sous occupation militaire de l’ONU en 1996.) La MINUSTAH a importé le choléra en Haïti en octobre 2010, déclenchant une épidémie qui a tué quelque 10.000 personnes et en a rendu malades presqu’un million. La lenteur de la réaction des officiels de la santé de Préval a contribué à la propagation rapide de la maladie.

Préval était un féroce opposant à la corruption et au trafic de drogue, se plaignant souvent aux autorités étatsuniennes de ne pas faire assez pour l’aider à les éradiquer toutes les deux. Néanmoins, il a toléré certains fonctionnaires clairement compromis dans son propre parti, tel que le sénateur Joseph Lambert.

Bien que n’étant pas un orateur charismatique comme Aristide, Préval avait un esprit sardonique qui ravissait ou outrageait les gens. Par exemple, en 2006, les paysans se sont plaints de leurs difficultés. « Nous devons nager pour en sortir », a répondu Préval, que beaucoup ont interprété comme une façon de dire que c’était chacun pour soi. En 2008, lorsque les gens ont annoncé une manifestation contre les pénuries alimentaires et l’austérité du gouvernement, Préval leur a dit de « s’arrêter au Palais et de me chercher » pour se joindre à eux.

Lors de son second mandat, le premier Premier ministre de Préval, Jacques Edouard Alexis, a été déchu en avril 2008 par des émeutes alimentaires et des intrigues politiques. Son deuxième PM, Michèle Pierre-Louis, avait été son partenaire commercial dans une boulangerie de Port-au-Prince dans les années 1980. Elle a démissionné en novembre 2009 après avoir été « de plus en plus frustrée et mise à l’écart par le président Préval », selon un câble secret de l’ex-ambassadeur des Etats-Unis Janet Sanderson, principalement lorsque, avec l’encouragement de Washington, il est passé outre au Parlement pour maintenir le salaire minimum de Haïti à 3 $ par jour au lieu de 5 $. Son troisième PM, Jean-Max Bellerive, était un admirateur et protégé de Marc Bazin, l’ancien économiste de la Banque mondiale qui avait brièvement servi comme premier ministre de facto lors du premier coup d’Etat contre Aristide.

Le pays a connu quatre grosses tempêtes en un mois en 2008, mais la pire catastrophe durant la présidence de Préval a été un tremblement de terre massif qui a nivelé la région métropolitaine de Port-au-Prince le 12 janvier 2010. En raison d’un changement de calendrier chanceux, Préval a échappé de justesse à la mort. Cette tragédie est devenue l’événement déterminant de la deuxième présidence de Préval.

« Après avoir passé la nuit à évaluer la destruction, j’ai réalisé que je devais aller organiser les secours », a déclaré Préval au Miami Herald après avoir visité la ville dévastée à l’arrière d’une moto. « Regarder les gens n’aide pas les gens ».

Washington a déployé unilatéralement 22.000 soldats et pris la direction de l’aéroport et des secours, écartant Préval qui est devenu de plus en plus mécontent. Lors d’une cérémonie publique, Préval s’est levé et est sorti de la salle lorsque Bill Clinton, co-président de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), a pris le micro pour prendre la parole.

Le 14 mai 2011, le président Préval se prépare à passer l’écharpe présidentielle à son successeur Michel Martelly, qui a remporté le pouvoir par un «coup d’Etat électoral».

Au premier tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, Jude Célestin, candidat du parti Préval, est arrivé en deuxième position, selon le conseil électoral haïtien (CEP). Mais la secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Hillary Clinton, et l’Organisation des États américains (OEA) sont intervenus pour dire à Préval de mettre le néo-duvalieriste Martelly, qui était arrivé tout proche en troisième position, au lieu de Célestin. Comme de coutume, Préval a obéi. « C’était un coup d’Etat électoral », a déclaré le professeur brésilien Ricardo Seitenfus, alors représentant spécial de l’OEA en Haïti.

Pendant l’impasse électorale, les États-Unis et l’ONU ont même envisagé de mettre Préval dans un avion et de l’écarter du pouvoir. Seitenfus et Bellerive ont déjoué le plan.

Malgré le fait de ne pas résister ou à tout le moins dénoncer le harcèlement des Etats-Unis sous ses deux présidences, Préval a beaucoup contribué à renforcer les relations et la coopération avec Cuba (avec lesquelles Aristide a rétabli les relations diplomatiques officielles en 1996) et le Vénézuela au grand dam de Washington. Préval a accueilli avec enthousiasme le président Hugo Chavez en Haïti en mars 2007, une visite que Sanderson a déplorée comme « donnant à Chavez une plate-forme pour répandre des slogans anti-étatsuniens ».

Bien qu’il ait tenté de construire des organisations de masse comme le KOZEPEP de Charles Suffrard et des partis comme Espwa et Inite pour offrir une alternative à la FL, ceux-ci n’ont jamais attiré une adhésion ou un dévouement profonds et répandus. Il s’est entouré d’amis de la bourgeoisie éclairée comme Pierre Denizé (chef de la police), Alix “Boulon” Filsaimé (député) et Robert “Bob” Manuel (secrétaire d’Etat à la sécurité), qui se sont déplacés vers la droite depuis leurs années anti-duvaliéristes et ont mené une brutale répression politique contre les organisations populaires haïtiennes au cours du second mandat de Préval. Manuel était également un candidat malchanceux au poste de Premier ministre en 2008.

Mais peut-être que l’ami le plus proche et l’éminence grise de Préval était le fameux journaliste de radio Jean Dominique, un idéologue de la bourgeoisie éclairée, qui a été abattu dans la cour de sa radio Radio Haïti-Inter le 3 avril 2000. Apparemment, Préval avait l’intention de choisir Dominique pour défier Aristide comme candidat à la présidentielle aux élections de novembre 2000. Préval a abondamment pleuré à l’enterrement de Dominique au stade Sylvio Cator. Jusqu’à ce jour, le meurtre de Jean Dominique n’a jamais été résolu.

Préval a trois sœurs, incluant Marie-Claude Préval Calvin qui, en tant que conseillère politique proche, a presque été tuée lors d’une tentative d’assassinat en 1999, et Raymonde Préval Bélot, qui a travaillé au service diplomatique d’Haïti et était l’épouse de Patrick Elie, proche ami de Préval qui est décédé en février 2016. Préval a également deux filles, deux fils, deux petits-enfants, et sa veuve, Elizabeth Délatour Préval.

Il a reçu un enterrement d’Etat le vendredi 10 au samedi 11 mars 2017 à Port-au-Prince. Il a été enterré à Marmalade.

Aujourd’hui, les néo-duvaliéristes, que Préval et Aristide ont cherché à déraciner par leur révolution politique de 1990-1991, ont remporté la présidence et le parlement d’Haïti par des élections anémiques. Cela est dû au découragement, à la désillusion et à la démobilisation des masses haïtiennes, produit, en grande partie, des compromis, des capitulations, et des intrigues de Préval et de sa coterie au fil des ans. Malgré son désir vraiment sincère de construire la «production nationale», comme il en parlait le matin même de sa mort avec le député Jerry Tardieu, le dirigeant bourgeois autrefois éclairé, René Préval, qui admirait les révolutionnaires Fidel Castro et Hugo Chavez, a non seulement manqué de loin de réaliser le rêve nationaliste démocratique de sa jeunesse. Mais, peut-être involontairement, il a contribué à faire exactement le contraire: livrer Haïti aux mains de Washington et des néo-duvaliéristes.

(C’est une traduction d’ un article paru en anglais, René Préval: 1943-2017, Who He Was and What He Represented, Vol 10 # 35 du 8 au 14 Mars 2017.)

 

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