Quel départ pour la Minustah ?

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Le peuple haïtien ne devrait pas laisser son sort aux vœux des membres du Conseil de sécurité. Il doit rester mobilisé pour combattre toutes tractations et envoyer un message fort de non renouvellement de mandat. Que la Minustah laisse le pays à la cloche de bois.

Il est bruit que la Minustah prépare le retrait du pays de ses 2.370 militaires, 2.600 policiers et plus de 1.200 civils. Mais les circonstances qui ont obligé les dirigeants des forces occupantes régnant depuis 13 années dans notre pays à prendre pareilles décisions relèvent de problèmes internes qui ne dépendent pas réellement de leur volonté. Il s’agit du Président des Etats-Unis  Donald Trump qui réclame des compressions dans le budget de l’opération onusienne en Haïti qui coûte 346 millions de dollars par an.

Les dirigeants haïtiens ne savent que faire;  cependant, le  mardi 28 mars 2017 le Premier ministre Jack Guy Lafontant au cours d’un point de presse affirmait tout bonnement que «La PNH est prête à prendre la relève au départ de la Minustah en octobre» puis dans une note de presse il indique de façon à apaiser certains esprits que « le départ de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), est dans les six prochains mois soit  (septembre 2017).

La cheffe civile de la Minustah, Mme Sandra Honoré et le Premier ministre Jack Guy Lafontant

Jusqu’à maintenant rien d’officiel n’a encore été dévoilé, attendant la réunion du Conseil de sécurité qui devrait avoir lieu à la mi- avril pour être confirmé par le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous qui indique que  « La composante militaire de la MINUSTAH devrait selon toute vraisemblance s’effacer dans un avenir relativement proche. On est en train de regarder les modalités »  Et pour rassurer, il a rappelé que le Conseil de sécurité de l’ONU, lorsqu’il avait renouvelé le mandat de la MINUSTAH la dernière fois, avait souhaité qu’à la prochaine échéance qui se situe le 15 avril 2017, qu’il ait des éléments pour se prononcer sur le paramétrage du mandat de la Mission.

Des soldats de la Minustah à Tabarre

Entre-temps,  le jeudi 30 mars 2017 dernier, une autre réunion autour du mandat de la Minustah a eu lieu entre la cheffe de la Minustah, Mme Sandra Honoré, le ministre de la Défense, M. Hervé Denis, le directeur général de la PNH, M. Michel-Ange Gédéon et le Premier ministre Jack Guy Lafontant.

«L’important est de partir dans le bon sens» a déclaré le colonel Luis Antonio Ferreira Marques Ramos, commandant adjoint du contingent brésilien de maintien de la paix en Haïti dans une interview à The Associated Press.

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous

Par ailleurs, le président uruguayen Tabaré Vazquez a également confirmé le départ des forces en indiquant que «  les contributions de son pays à la mission en Haïti prendront fin ce mois-ci, que les quelque 250 Casques bleus uruguayens rentreront au pays au début du mois d’avril » et selon la présidente chilienne, Michelle Bachelet,  au cours de sa visite dans le pays le 27 mars à Port-au-Prince, elle a annoncé, pour le 15 avril 2017, le retrait des troupes chiliennes de la Minustah, installée en Haïti depuis 2004.

Nous attendons maintenant le Conseil de sécurité de l’ONU puisque le peuple haïtien ne devrait pas laisser son sort aux vœux des membres du Conseil. Il doit rester mobilisé pour combattre toutes tractations et envoyer un message fort de non renouvellement de mandat. Que la Minustah laisse le pays à la cloche de bois.

 

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