Marie Yolène GILLES démissionne du RNDDH

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Mme Marie Yolène Gilles, une grande figure de la lutte pour les droits humains a envoyé le lundi 3 Avril sa lettre de démission au directeur exécutif du RNDDH Mr Pierre Espérance après 17 ans de services au sein de cette organisation.

La directrice de programme du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Mme Marie Yolène Gilles, une grande figure de la lutte pour les droits humains a envoyé hier lundi 3 Avril sa lettre de démission au directeur exécutif Mr Pierre Espérance après 17 ans de services au sein de cette organisation.

Pierre Espérance et Marie Yolène Gilles

Il semblerait que les causes de cette rupture sont une affaire de corruption concernant le directeur exécutif Mr Esperance et d’une fameuse copie d’un chèque au montant de 1,5 millions de gourdes qui circulait sur les réseaux sociaux au nom de cette organisation. Le directeur avait déclaré antérieurement qu’il n’avait pas reçu ce chèque.  Cependant, coincé, Esperance finit par affirmer et confirmer qu’il avait bien reçu le montant au nom du RNDDH par le Bureau de Monétisation des Programmes d`Aide au Développement  (BMPAD).  Mais à quelles fins le directeur a-t-il reçu ce montant vu que selon les déclarations faites par Mme Gilles « les statuts de fonctionnement du réseau n’admettent pas la réception de fonds ni de l’État haïtien ni de toutes autres institutions évoluant sur le territoire national » A ce compte, cette subvention est de la pure corruption en raison du fait que BMPAD est une institution corrompue que le RNDDH a l’habitude de dénoncer a fait savoir Mme Gilles.

Voici dans toute son intégralité la lettre de démission de Mme Gilles adressée à Mr Pierre Espérance.

***

Port-au-Prince, le 3 Avril 2017

Monsieur Pierre Espérance

Directeur Exécutif

Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)

Monsieur le Directeur Exécutif,

Je vous remercie de m’avoir donné l’opportunité de travailler à vos côtés comme Assistante Responsable de Programmes du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH); mais je me vois aujourd’hui dans l’obligation de vous présenter ma démission. Cette décision prend effet dès  réception de la présente.

Les rumeurs de corruption qui se sont révélées vraies entachent irréparablement l’image de  l’institution réduisant ainsi à néant cette autorité morale que nous avions su gagner au prix fort.

Je ne saurais me faire complice de vos agissements ni non plus jeter ma crédibilité et mon honnêteté à la poubelle de votre irresponsabilité.

Une institution qui fait de la moralité et de l’éthique son cheval de bataille doit être au-dessus de tout soupçon. Pourtant vous aviez sollicité et/ou accepté des subventions que vous auriez dû refuser. A titre d’exemple, celle accordée par  la Digicel, une compagnie de téléphone privé récemment pointé du doigt pour tentative d’influencer les résultants des dernières élections.

De plus, comment le RNDDH pourrait-il continuer à demander à des entreprises ou à des organisations de se mettre en règle avec le fisc quand vous avez choisi depuis trois ans de ne pas payer les redevances fiscales à la Direction Générale des Impôts (DGI) et de ne pas honorer vos engagements envers l’Office National d’Assurance Vieillesse (ONA)?  Alors  qu’un prélèvement est effectué régulièrement sur nos rémunérations.

Comme si ce n’était pas une dérive de trop, vous aviez poussé l’outrecuidance jusqu’à accepter d’une institution étatique en l’occurrence le Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (BMPAD) au moins un chèque d’un million cinq cent mille gourdes (HTG 1.500.000,00).

N’êtes-vous pas au courant, Monsieur le Directeur Exécutif que cette institution est décriée pour être une mangeoire attitrée des corrupteurs et des corrompus de tous bords? Ou aviez-vous, sciemment, mis en veilleuse la retenue morale et éthique que cette équipe s’était jusqu’ici imposée?

Le 17 février 2017, face aux interrogations de trois (3) membres du RDNDDH, vous aviez laissé croire que l’histoire du chèque du BMPAD est totalement sans fondement. Pire encore, vous aviez poussé votre perfidie à l’extrême en envoyant une correspondance le 20 février 2017 au Directeur du BMPAD sollicitant des informations. Pourtant, vous aviez personnellement reçu ledit chèque et même signé l’avis de réception.

Monsieur le Directeur Exécutif, vous êtes plus que parjure en acceptant de patauger dans la boue immonde de la corruption que vous étiez sensé dénoncer et combattre.

Je suis, certes, éclaboussée par ce scandale; mais, jamais, par vous, je ne me laisserai entrainer dans la fange.

Je fais aujourd’hui le choix qui s’impose pour garder les mains propres et le cœur léger; je descends de la barque.

Au nom de la moralité et de l’éthique, s’il vous en reste, je vous invite à vous ressaisir en convoquant, dans le plus bref délai, une assemble générale pour tenter de sauvegarder les acquis du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), s’il est encore possible.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Directeur Exécutif, mes patriotiques salutations.

Marie Yolène GILLES

Cc: Marie Gesly Damas JEAN PIERRE

Administratrice

Cc: Viles ALIZAR

Responsable de Programmes

 

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