Quand le Canada entend humilier Haïti !

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La ministre des Affaires étrangères canadiennes, Mélanie Joly

C’est en grande pompe que le gouvernement du Canada, après le survol militaire de leur avion dans les airs d’Haïti, puis le déploie de deux navires de la classe Kingston dans les eaux territoriales haïtiennes vient d’annoncer le jeudi 15 juin 2023 l’octroi d’une quelconque aide à la police haïtienne. Mais pour ce faire, il ouvrira un bureau pour gérer leur aumône non pas sur le territoire national haïtien mais chez notre voisine de la République dominicaine. Quel affront !

C’est avec une assurance cavalière que la ministre des Affaires étrangères canadiennes Mélanie Joly dans un discours, a fait cette déclaration « Nous voulons que cette cellule de coordination soit opérationnelle cet été en République dominicaine ». Et pour adoucir l’affront, elle prétend qu’Ottawa aurait également une « équipe à Port-au-Prince pour travailler main dans la main « avec des experts de première ligne. »

N’est-ce pas une autre façon de dénigrer le pays comme l’avait fait l’ancien président américain Donald Trump en nous qualifiant de pays de merde. L’idée qui a fini par prévaloir : il n’y a même pas un endroit approprié pour flanquer un bureau appelé à coordonner les efforts pour fournir de l’équipement, de l’argent et des sessions de formation dont la force de police haïtienne a besoin. Et qui seront les employés à ce bureau, pas nécessairement des haïtiens pour gérer la manne de 20 millions de dollars ?

De gauche à droite Ariel Henry et Justin Trudeau. Malheureusement, nous n’avons pas de dirigeants à la hauteur de nos ancêtres pouvant dire au gouvernement canadien : qu’il garde son aide.

Pour montrer son dédain à l’égard du pays qu’il prétend aider, le sous-impérialisme canadien à la traine des Etats-Unis d’Amérique pour justifier la légèreté même de sa soi-disant aide n’avait même pas jugé bon de négocier avec les autorités dominicaines le projet d’établir un bureau  sur leur territoire. Car il pense agir en territoire conquis, il peut, n’importe où, faire tout ce que son désir impérial lui dicte.

Heureusement, les autorités du gouvernement voisin de la République dominicaine ne sont pas aussi insouciantes de leur pays que celles imposées par les diplomates du Core group en Haïti. Ainsi, elles ont vite réagi  pour mettre le Canada dans son rôle par la voix du président de l’Institut Duartiano qui a froidement rejeté la mesure exposée par, Mélanie Joly, la ministre des Affaires étrangères du Canada.

Roberto Alvarez, ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine

Dans la même veine, le ministre des Affaires étrangères dominicaines, Roberto Alvarez, n’a pas tardé pour répliquer dans un message diffusé sur les réseaux sociaux. « Le gouvernement dominicain confirme qu’il n’a pas discuté, convenu ou accordé quelconque autorisation pour l’installation sur notre territoire d’un bureau de coordination en appui à la Police nationale d’Haïti, tel que l’indiquent les informations d’un média canadien ». Bravo !

Même son de cloche de la part de Abel Martínez Durán, candidat à la présidentielle dominicaine « Nous rejetons l’intention du Canada d’ouvrir des bureaux en République dominicaine pour supposément coordonner l’aide au pays voisin. Qu’il les installe en Haïti ! », a-t-il fait savoir.

Abel Martínez Durán, candidat à la présidentielle dominicaine

Le porte-parole de la présidence et directeur de la stratégie et de la communication du gouvernement Homero Figueroa pour sa part, via son compte Twitter a assuré que Saint-Domingue « n’a pas accepté ou n’acceptera à l’avenir aucune initiative qui affecte la souveraineté nationale. Notre politique en la matière reste inchangée », a-t-il déclaré Il a également souligné que pour des raisons historiques, la République dominicaine ne peut participer à aucune initiative qui l’engage à mener des actions directes dans ce pays.

Pourtant du coté haïtien, c’est un silence de cimetière.  Cette humiliation du Canada à Haïti n’a fait ni chaud ni froid à leur subalterne Dr. Ariel Henry  à la Primature. Aucun des partis politiques également n’a osé réagir à cet affront. Comme ils sont tous dépendants de la mamelle puante de l’impérialisme, il se pourrait, qu’ils n’ont même pas remarqué quelque manque d’égard que ce soit du Canada à notre endroit.

Homero Figueroa, porte-parole de la présidence et du gouvernement de la République dominicaine

Certains pays pour qu’ils sachent qu’ils existent vraiment, il leur faut dominer et appauvrir d’autres pays, de sorte que plus tard, ils se comportent en pays bienfaiteurs. Le peuple haïtien ne demande qu’une chose à ses grandes puissances : cesser de s’ingérer dans les affaires internes du pays et nous laisser faire à notre guise car nous pouvons nous-mêmes en tant que peuple-travailleur, peuple-lutteur, lutter avec nos faibles moyens pour nous sortir de cet abime dans lequel le colonialisme, et la domination impérialiste continuent à nous enfoncer !

Malheureusement, nous n’avons pas de dirigeants à la hauteur de nos ancêtres qui nous ont légué ce coin de terre. A la hauteur de ce qu’Haïti représente historiquement, la seule réponse que mérite le gouvernement canadien serait qu’il garde son aide. Nous ne pourrons pas accepter cette aide assortie d’humiliation de notre souveraineté nationale. Nous sommes un peuple en guerre et nos ennemis nous ont appauvris, mais nous ne sommes pas pauvres au point d’accepter n’importe quoi et n’importe comment. La patrie ou la mort, nous vaincrons !

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