Privert doit choisir un autre PM Enex Jean-Charles pressenti !

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Le rejet du Premier ministre Fritz-Alphonse Jean, ce dimanche 20 mars 2016 à la chambre basse, démontre très clairement que les députés mal élus, sans scrupule et sans gêne, voulaient à tout prix, dans une situation d’exception, maintenir le statu quo tel quel.

Répondant à l’appel, 75 députés divisés en 2 groupes pour ou contre ont participé à la séance reportée le jeudi dernier. Après la présentation de la déclaration de politique générale du Premier ministre, selon le vœu de l’article 158 de la Constitution haïtienne, les députés mal élus ont été invités à prendre la parole. Il n’y avait pas vraiment de débats contradictoires, parce que la conviction des députés tètkale était déjà formée pour humilier sur la place publique le Premier ministre.

Les députés des groupes GPEP et GPI ont gravi la tribune pour exprimer leurs inquiétudes ou pour faire passer leurs revendications, tandis que ceux de l’APH de tètkale ont gardé leur mutisme cynique jusqu’à la fin. Au dépouillement du vote, 38 députés ont voté pour le Premier ministre, Fritz Jean, 36 ont voté contre et un seul a fait abstention. Alors que l’article 158 de la loi mère exige une majorité absolue de chacune des deux chambres, soit 60 députés et 16 sénateurs pour que la déclaration de politique générale d’un Premier ministre soit adoptée, autrement la procédure recommence.

L’expression : la procédure recommence reste toujours un peu flou, en dépit de l’amendement controversé opéré dans la Constitution du 29 mars 1987 par les parlementaires de la législature précédente. Certains se demandent, est-ce que cela veut dire retourner à la case de départ ? D’autres ont estimé que le Premier ministre avait pour devoir de corriger son cahier et de retourner par devant les parlementaires en vue d’obtenir le vote de confiance. Rien n’est clair là-dessus.La mission de L’oea

2Dans le cas actuel, ce n’est pas la déclaration de politique générale qui intéresse les députés mal élus tètkale. C’est la compromission, la corruption, le pot de vin et d’autres privilèges qui les intéressent expressément, car le sénateur tètkale, Edwin Zenny alias Edo Zenny du Sud ’Est, n’a pas utilisé de détour pour dire clairement qu’il attend avec impatience le Premier ministre pour exiger de lui un (1) million de dollars US pour son vote. Selon certaines informations, le président Privert a déjà entamé des consultations avec les concernés pour la nomination d’un autre Premier ministre dans le plus bref délai. Des noms comme: Enex Jean Charles, Edgard Leblanc Fils, Mirlande Manigat et Ericq Pierre circulent dans les différents medias et sur les réseaux sociaux. Monsieur Privert va-t-il définitivement jeter son dévolu sur celui dont le nom est placé à la tête de cette liste? En l’occurrence Enex Jean Charles est un «musicien palais», un homme «liquide» qui sert tous les présidents depuis le gouvernement provisoire d’Alexandre Boniface et de Gérard Latortue. Cet homme est très bien vu autant par Préval que par Michel Marftelly.

De toute évidence, le président provisoire, Jocelerme Privert se trouve entre l’enclume et le marteau. En d’autre terme, il est pris entre l’accord du 5 février et la Constitution; entre le clan des prévalistes et le gang des martellistes tétkale; entre le Core Group de Sandra Honoré et le peuple haïtien, qui, de son côté, jure de ne vouloir pas obéir à tous ceux qui l’oppriment. Au lendemain du rejet de Fritz Jean, le lundi 21 mars, la représentante des forces d’occupation de l’ONU, Sandra Honoré se rendait au Palais national, a-t-on appris, pour imposer ses diktats au président Privert. Le peuple haïtien, plongé dans l’insatisfaction générale, se prépare à reprendre l’arme de mobilisation pour faire respecter ses revendications.

Dans cet imbroglio politique, comment Privert va-t-il s’en sortir? Selon plus d’un, l’accord du 5 février ne tient plus. Il est temps de négocier un autre accord avec les principaux acteurs politiques, tenant de leurs revendications. Le président Privert n’a d’autre choix que de tenir la Constitution comme seul boussole pour diriger le pays, pour le temps qu’il reste à passer au pouvoir. La mise en place le plus rapide possible des commissions de vérité et de vérification pour faire la lumière sur les mascarades électorales du 9 aout et du 25 octobre 2016 et celle d’audit sur la gestion catastrophique du pouvoir tètkale.
Monsieur Privet et son Premier ministre nommé par arrêté présidentiel plaident en faveur de solutions institutionnelles au grand mépris des revendications populaires. Ils ont vite oublié que c’était grâce à la mobilisation populaire de grande envergure qu’ils sont parvenus au plus haut sommet de l’Etat. Le peuple est-il prêt à se mobiliser de nouveau pour faire respecter ses revendications légitimes? C’est un impératif.

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