Pont -Rouge, 214 ans d’assassinats et de massacres

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Encore, et encore du sang au Pont Rouge. Un massacre vient d’être perpétré le dimanche 24 mai 2020, où des pauvres gens ont été tués par des bandits armés

Là où je suis née
Il n’y pas de gare
Il n’y a pas de route
Même pas de trottoir
Là où je suis née
Il n’y a pas de phare
Paroles de la chanson : Là où je suis née de Camille Dalmais

Mais y-a-t-il de  plus choquant, que la situation de Pont-Rouge? Pont- Rouge la zone abandonnée, insignifiante, vidée de sa puissance symbolique historique aux yeux des potentats,  des maires, des députés, de sénateurs, allant jusqu’au président de la république, un sanctuaire souillé par des dirigeants véreux dans un pays ou l’Etat haïtien, monstre froid de cette île tropicale,  est en mauvais état.

Pont- Rouge en 2019, la zone abandonnée, insignifiante, vidée de sa puissance symbolique historique

Ruelle Charlotin Marcadieux, Ruelle Dessalines, Fond Touron, La Saline, non loin du monument Pont-Rouge, du Panthéon où veille encore l’âme rebelle et farouche du Père fondateur de la nation, les bandits, les malfrats, en collaboration avec des autorités corrompues,  massacrent, tuent, assassinent, exterminent le peuple innocent.

Je suis né au Pont Rouge, d’autres dans les hauteurs de Pétion-Ville, de Fermathe, de Kenscoff etc. Les situations socio-économiques depuis l’indépendance ont créé de folles disparités économiques et sociales, mais nous demeurons tous et toutes des enfants de Jean Jacques Dessalines. De Pont Rouge,  Delmas 2, Rue Saint Martin, Carrefour Péan, j’ai grandi dans les ghettos. Vous, dans les palais luxueux construits avec de l’argent volé dans les fonds du trésor public par vos parents et grands-parents qui de génération en génération continuent d’assassiner l’idéal de la nation.

Mais, malgré cette haine de l’âme haïtienne, vous pouvez encore vous détourner des sentiers obscurs et ténébreux du crime. Vous êtes encore des haïtiens. Donc, cessez de faire couler le sang des gens dans les quartiers populaires. Progénitures de vipères, si vous avez reçu l’ordre de tuer par des hommes politiques  et des sultans économiques sanguinaires du pays, il est temps de fermer ce robinet de sang. Car, sous aucun prétexte, il n’est pas possible qu’un petit groupe de personnes qui forme la classe dominante et qui détient toutes les richesses du pays continue, non seulement  à accaparer toutes les ressources  du pays à leur seul et exclusif profit , mais aussi, par biais de leurs hommes de mains, à tuer et massacrer les infortunés dans les quartiers populaires du pays.

La Maternité Isaïe Jeanty (Chancerelles)

Né à la Maternité Isaïe Jeanty (Chancerelles) sous la dictature des Duvalier, je ne suis pas plus haïtien que le président de la République qui lui à vu le jour dans le grand nord du pays, loin et très loin des Monuments de l’Empereur Jean Jacques Dessalines. Que l’on soit né à Port-au-Prince, Pont-Rouge, Tiburon, Cerca La Source, ou Pétion-Ville, nous sommes tous des héritiers des fondateurs de la nation. Mais, malheureusement les autorités de mon pays, de consort avec des bandits légaux ont le pouvoir de vie et de mort sur les pauvres gens de Pont Rouge, Ruelle Charlotin, Ruelle Deschamps, Fond Touron, La Cour Bayonne, La Cour Parvée, La Cour Milfort, Ruelle Desmangle, Rue 9, Ruelle Tokyo etc.

Pont Rouge, là où l’histoire du massacre se répète.

Encore, et encore du sang au Pont Rouge. Un massacre vient d’être perpétré au Pont-Rouge le dimanche 24 mai 2020. Des pauvres gens viennent d’être tués à Pont Rouge par des bandits armés où l’histoire semble inlassablement se répéter du côté Nord de Port-au-Prince. À travers ce massacre à Pont-Rouge, c’est le peuple haïtien, c’est la nation haïtienne, c’est le sacrifice des ancêtres et du père de la nation qui viennent encore d’être massacrés et assassinés.

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