Pleins Feux Sur : Serge Guerrier

« Un chanteur emblématique » | (Cap-Haïtien,-?)

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Serge Guerrier est tiraillé par les diverses influences sonores qui cultivent l’environnement ambiant.

Sergot de son coté, est demeuré un pur produit des orientations culturelles qui ont alimenté les sixties gorgés de sonorités nouvelles. Et les foyers d’étudiants qui en croquaient à pleines dents. Trouvant leur voie à travers les réunions des copains, les concours de chants et de poésies qui sont la chasse-gardée d’une jeunesse éprise de romantisme. Entre les aubades occasionnelles et les compétitions à la recherche de nouveaux talents, Serge montre déjà de la couleur, parmi une poignée de jeunes prospects enragés : Boulo, Essud, Ricot, Peddy, Gwo bébé etc. En compagnie desquels Guerrier fait aussi figure d’aspirant de poids, à dessein d’un timbre original et charmant, légèrement voilé aux connotations bien articulées. Ayant constitué les traits d’un vocaliste emblématique.

Entre les collaborations éphémères, il est tiraillé par les diverses influences sonores qui cultivent l’environnement ambiant: jazz, rock, twist, bossa-nova et, les variétés de la génération yeye française. Guerrier se fait convoiter par le fameux groupe pionnier « Les Corvington » qui expérimente alors une musique hybride et cérébrale aux paramètres fusionnés ; ayant édifié les multiples sonorités des 60’s et 70’s. Au gré d’une approche façonnée de constants épitomés, incorporant des ‘’bridges’’ schématisés ; en plus des accords syncopés qui ont donné à cette musique une orientation avant-gardiste ; un vrai cocktail expérimental. Laquelle Sergot s’est propulsé en porte-voix, au tact d’un ‘’pitch’’ manifeste pour abriter le module tonitruant et les notes et combinaisons qui en découlent.

Et ces hits éphémères comme : Lesly, Django, Groupe flan’neurs, etc ; ont mis en émeute les mordus des kermesses et festivals, ces adolescents imprégnés d’autres projets qui se voulaient différents. Pourtant malgré tout, ces idéaux n’ont pas suffi pour maintenir ce groupe hors-norme  à l’avant-scène. Puisqu’à cette intersection, c’est l’irruption du mouvement mini-jazz  lequel, avec : « Shleu-Shleu », « Ambassadeurs », « Fantaisistes » et autres dans leur style de référence locale konpa et meringue, qui allaient supplanter  des ensembles tels : « Les copains », « Baby Jazz » et « Corvington », de par leur expressivité atavique. Dans ce chambardement, c’est au nouvellement fondé « Tabou Combo » de Pétion-ville que Serge Guerrier a donné son allégeance ; formant avec Shoubou qui en est l’animateur, le duo vocal de ce combo de ‘’strings ‘’ qui va tout basculer.

Tabou Combo

Tandis que Sergot s’est révélé être le temporisateur. Fort de ce timbre envoutant et de ce charisme qui l’ont installé comme le préféré de la gent féminine. Notamment, lors des fameux festivals au ciné Paramount  et autres temples musicaux de P.V et P-au-P. Gravant sa marque gracieuse au premier album du groupe, en mettant son exubérance dans les morceaux d’allure tels « : Ghislaine, elèv lekol, yon tigason, parfois, et Carole, ce juteux bossa-nova qui propulse une voix pittoresque. Pourtant c’est du haut de ce succès que le « Tabou » a décidé de prendre du recul par rapport au show-business. Du fait que la plupart des musiciens encore étudiants devaient tout plaquer pour des études à l’étranger. Parmi eux, Sergot qui a pris comme le co-fondateur Herman Nau le chemin de NY ; où il ne leur a pas pris du temps pour se regrouper autour d’un certain Dadou Pasquet, en attendant Shoubou et les autres.

Dans la foulée sort le disque de réintroduction :’’Tabou Combo à la Canne à Sucre’’  dans lequel Serge fait encore des siens dans : hot pants, konpa flon, Nanou et un slow taillé pour sa voix envoutante,  je t’ai perdue. Pourtant, après ce début prometteur au state où le « Tabou Combo » commence à s’imposer, Guerrier décide de se faire va-t-en-guerre, en allant s’enrôler dans l’armée états-unienne, comme pour esquiver l’ambiance. On dit que l’entente ne régnait pas entre lui et Shoubou. Subséquemment, après s’être fait bataillon, il essaie de refaire surface avec un « Skah-Shah » à la recherche d’un complément pour Cubann, bien avant la venue de Zouzoul. Mais cette expérience n’a pas été concluante. Après les creux de la vague, il a prêté sa belle voix à des projets collectifs dont celui avec la « Mini All Stars » et une collaboration avec Herman Nau dans l’œuvre :’’ A la source’’, prouvant que son gosier restait intact.

Par la suite, il s’est fait moins visible, jusqu’à son déménagement pour la Floride où il n’a point renoncé à ses premières amours. Renouant avec la musique dans ce groupe unificateur du ‘’sunshine state’’ au nom de « PNP », sigle de ‘’Plezi N ap Pran’’ dans lequel se défilent les : Zouzoul, Smith J. Baptiste, Loubert, Ronald Smith et d’autres célèbres semis retraités qui font leur baroud d’honneur et avec lesquels Serge cultive encore sa voix qui garde encore bien de bouffée et de sensation.

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