Pleins Feux Sur : Pedro César

« Un guitariste free-lance » | (Port-au-Prince, 1968)

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Pedro César

Avec sa silhouette d’éternel ‘’rocker’’, Pedro lui a eu toute une enfance infatuée de musique. Ayant grandi dans l’entourage des « Ambassadeurs » avec lesquels il était très proche. Notamment les frères Ménélas, mais aussi, les frères Franck, dont les surdoués Wagner et Ricardo dit ‘’Ti-Plum’’ qui vivent dans son entourage et, sont ses premiers inspirateurs. Tout en ayant le privilège d’avoir eu pour professeur de guitare leur illustre père Kayou Frank, guitariste pionnier du kadans ranpa de Wébert Sicot. Entre temps, l’adolescent du Collège Bird s’adonne bien aux études. Tout en préférant de loin son statut de dandy à celui de saltimbanque. De plus, son environnement est dominé par les groupes en vogue tels le « Bossa Combo », « Les Deuts » dont il profite des retombées positives comme témoin favorisé. 

Puis, les vogues qui se succèdent et le placent au cœur des mutations musicales de la fin des années 1970. Avec l’émergence de la génération post-mini jazz et l’imposition des groupes aux armadas cuivrées tels : « DP Express », « Scorpio » etc. Le second ayant eu un impact considérable sur le jeune Pedro César qui est aussi un admirateur du duo de guitaristes constitué de Robert Martino et de Reynold ‘’Sensen’’ Nader. Mais, il est surtout attentif aux multiples sonorités qui ont élaboré la cosmogonie des cordes flopées et pincées de la musique locale dont : son idole Dadou Pasquet, mais aussi Claude Marcelin, Polis Nozile son préféré, et Elysée Pyronneau, entre autres qui représentent les plus dominantes touches de guitaristes du music –hall environnant. Bien qu’à ce carrefour Pedro doive faire face à cette réalité : y-a-t-il un moyen de pouvoir vivre dans son pays ?

La réponse s’est concrétisée au centre de Brooklyn, NY. Où un jeune immigré est venu s’installer avec ses parents au début des années 1980. Rejoignant cette armée de jeunes compatriotes établis avant lui et fruits d’exodes préalables. Et ultimement à un double parcours d’étudiant et de travailleur de multiples boulots. Subséquemment aux premiers signes d’insubordination et de soif d’indépendance du joug parental. Lesquels caractérisent la vie d’un jeune immigrant à la recherche de repères. D’où l’installation de Pedro à la fameuse mansion de 450 East 26, entre Newkirk et Foster des jeunes frères musiciens James et ‘’Captain Jean’’ Provilus ; où Pedro, Kino, Frantzy Larèche parmi d’autres en sont des prétendants artistes pensionnaires. C’est là que sous la direction de James que Pedro a renoué avec son apostolat musical ; qui lui a été utile dans son nouvel attachement avec la guitare. 

La réponse s’est concrétisée au centre de Brooklyn, NY.

Engrangeant autant de données et de techniques sous l’influence d’une myriade d’arpèges qui vont façonner son style libre et ‘’swingant’’, faisant fi des conformités. Puis, prenant son art à un palier supplémentaire, en allant se faire majorer par le ‘’master’’ Dernst Emile. Emmagasinant autant d’atouts pour se caser au sein de la formation-maison « Les Partners » ; notamment après la scission du groupe qui a vu une partie aller fonder « Les Phantoms ». Alors que César lui-même est demeuré avec James le maestro. Pourtant, il s’est fait convaincre lui aussi par le bassiste Théo Jadotte, afin de rallier le « Lakol » de NY. Une expérience qui va l’autoriser à sortir de ses zones de confort. Et mettre en relief son toucher de guitariste aux accords de caméléon. Jouant différemment à chaque prestation. Suite à cette collaboration, il prit du recul par rapport à son autonomie. Préférant être free-lance, au lieu que de s’attacher à un groupe. 

Coopérant avec le chanteur Gérard Pierre, ainsi qu’avec les « Shleu-Shleu » de Thony Moise en complément du légendaire Eward Richard. En plus d’être le supplément de Lémy ou Rudolph aux « Phantoms » et, d’avoir eu maints ‘’gigs’’ avec le « System Band ». La trajectoire discrète  de ce ‘’brooklynite’’ et pote de tout le monde est faite de désinvolture. Dans un environnement démuni de fair-play et cette attitude de crève-la-faim, il s’est appliqué dans sa posture d’artiste désintéressé. Tout en continuant dans sa démarche de musicien autarcique et de guitariste informel, qui ne finit jamais de sillonner les avenues de la consonnance. Toujours  dans une constante quête de peaufiner son art. Entre ses initiatives personnelles avec le « Kalma » avec son single ‘’lanmou sa a’’, de parcours succinct. Puis, le « Don Pedro » d’approche twoubadou qui a débuté les ébats au « Tonèl Club » de Brooklyn ; avant que le programme lui fut étrangement enlevé. Mine de rien, Pedro a persisté dans ses randonnées d’artiste idéaliste.

Tout imprégné de vodou rock, du konpa évolutif et des genres : fusion, alternative et traditionnelle.

Pourvoyant ses ‘’riffs’’ improvisés dans les bistrots de Brooklyn. Et  rejoignant des messagers de la même espèce comme : Alegba & friends, Chardavoine, Nemorin, Monvelyno parmi d’autres ; avec lesquels il a cumulé des ingrédients distincts. En plus de ses approches singulières qu’il compte emballer dans une œuvre future. A travers laquelle il veut présenter dès l’été prochain le groove post Covid. Tout imprégné de vodou rock, du konpa évolutif et des genres : fusion, alternative et traditionnelle. En plus de travailler sans relâche dans l’érection d’un studio d’enregistrement. Pour dire combien il tient à faire de l’impact.

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