Pleins Feux Sur : Pantaléon Guilbaud Jr.

« Une tonalité délicate » | (P.V – 1949 ?)

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Pantaléon Guilbaud Jr.

Pantal lui a émergé au cœur d’une filiation qui s’est abreuvée à toutes les sonorités dominantes ou émergeantes du début des sixties. Spécialement des influences ‘’big band’’, du swing, des multiples épanchements jazzés. Ainsi que les apprentissages du bossa-nova, du rock et des élaborations latines. En plus des rythmes du terroir vivement célébrés, suite aux retombées de la belle époque. C’est dans ce vaste grenier de prospection musicale que Guilbaud a pris son envol musical au sein de la génération yéyé caractérisée par des groupes avant-gardistes de tendance fusionnée, comme : « Les As », « Les Consuls », « Les Copains » et, entre autres l’ « Ibo Combo », le plus représentatif et « Les Corvington » au sein desquels Pantal a fait ses débuts de musicien plutôt comme tambourineur.

Pendant que Serge Guerrier future vedette du « Tabou Combo » y occupe la fonction de chanteur attitré. Dans ce groupe pionnier dont Pantal a engrangé ses habilités de maitre de la mesure et de back up vocaliste ; tout en s’appliquant dans l’ombre à cultiver sa vocation de vocaliste. Dont il semble calquer sur un crack de l’heure ; notamment Jose Tavernier qui occupait alors la double tâche de chanteur et de percussionniste avec l’ « Ibo Combo » dont il a hérité la même facture vocale drolatique aux intonations captivantes. Cependant, l’histoire des « Corvington » étant de courte durée ; dans un contexte de l’exode d’une classe moyenne nantie face à la démence macoute dans un pays qui tournait à vide. Ce qui n’était que le début de successifs ‘’sauve qui peut’’ qui tourneront les générations consécutives en véritables errants.

C’est donc fort de ces données que Guilbaud s’est retrouvé à New-York dès la fin des années 1960. Où jeune et enthousiaste, il partage son temps entre les études professionnelles et sa passion musicale qui n’a pas tari. Se retrouvant dans l’entourage des apprentis jazz-men qui l’autorise d’étriller ses atouts vocaux. Et le cas échéant, d’entamer un bref début de chanteur avec « Les Difficiles de NY ». Qu’il délaisse pour rejoindre la dernière version de l’ « Ibo Combo » à la place du superbe duo de vocalistes de la trempe de Jose Tavernier et Boulo Valcourt. Sur les traces desquels il va devoir se prouver. C’est ainsi que Pantal ne s’est pas fait implorer pour s’imposer de par son charisme et une voix qui a fini par trouver son souffle et son expression caractéristiques.

A travers l’album :’’Analyse Grammaticale’’, comprenant d’autres tubes comme : good vibrations, rele m ta rele, kodak, tifi lèd, la fraicheur, rèv dous, kote Pantal, soufrans. Une œuvre qui a marqué une étape évolutive pour ce groupe qui a un peu fait fi des paramètres introductifs. Pour se placer à la croisée d’une musique en proie à des mutations globales, par rapport à la pop-music, le funk, la samba, la salsa, le disco etc ; qui sont la vogue du moment. De surcroit, l’incorporation des sonorités du synthé, nouveau joujou des podiums avec son effet orchestral avait aussi modernisé l’approche du groupe. Dont, une fois débarrassé de la dominance de Tavernier, a profité pour sortir des schémas établis.  Donnant à cet ensemble une allure de ‘’big band’’. Malheureusement, c’est l’époque qui devrait marquer la dissolution définitive de l’ « Ib0 Combo ».

Lorsque sur les traces de Boulo Valcourt, Réginald, Jean Jean, Gaguy, Claudy parmi d’autres ; ont décidé d’emmener leurs actes au bercail pour la formation du « Caribbean Sextet ». C’est ainsi que Pantaléon alors privé d’auditoire à New-York est sollicité des transfuges d’une quatrième version des Immortels « Shleu Shleu », en cavale au state à la suite d’une tournée tels que : Gérard Daniel et Tiyale. En compagnie desquels Pantal va se mettre pour la formation du « Djet X ». Groupe dont il devint le chanteur original dans l’album introductif comprenant : n ap pouse, deditasyon, lavi ny, vanite, wa sonje, ya bò w fè. A travers lesquels il s’installe en principal approvisionneur vocal d’un groupe qui devient une sensation spontanée, dans l’arène du « Tabou Combo », du « Skah-Shah » et de l’ « Original Shleu-Shleu ». Avec sa musique distinctive dominée par le sax lyrique de Gérard Daniel.

Apportant cette fois-ci sa facture esthétique, mais convaincue, comme une bouffée d’air frais; qu’il arrose les paramètres aérés du « Djet X », qui s’installe bien vite parmi l’élite du music-hall environnant. Une lancée qui est maintenue dans le 2e disque avec : fanm jalouz, tyouwap tyouwap, pa kole, te extrano etc. Pour être rejoint par Max Badette dans l’opus :’’Expressions’’ venu des « Gypsies » de Pétion Ville liquéfiés, qui apporte sa complémentarité. En faisant l’agrément de : lov to lov u baby et rosiyòl. Alors que Pantal a fait l’offrande de : nostalji, le téléphone sonne, big break et Mariane O. Dans un carrefour marqué de multiples ramifications. Et conséquemment, l’album : ‘’UFO 10’’  caractérisé d’accoutrements ‘’big band’’ qui éventuellement s’est avéré l’ultime prestation de Pantal avec ‘’la douce qui vient’’.

Prenant un peu du recul pour mieux réorienter sa carrière professionnelle. Pantaléon a éventuellement pris le cap pour la Floride, haut lieu des musiciens essoufflés ou en cure sabbatique. Où il a est resté  en contact avec les pairs de sa lignée dont l’âme musicienne ne s’est pas effritée. Conséquemment, il s’est retrouvé au sein du « PNP », sigle pour ‘’Plezi N ap Pran’’. Composé de célébrités comme : Loubert Chancy, Michel Corvington, Carlos Ramirez, Eddy Altiné au sein duquel Pantal en est le pourvoyeur vocal en compagnie de Zouzoul Saint-Victor. Délivrant à cette étape son phrasé au reflet nostalgique qui semble tailler pour ces airs rétro qu’il s’attelle à remettre à la mode, comme le bon vin qui s’est bonifié avec le temps.

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