Pleins feux sur : Alex Abellard

« Un artiste emblématique » | (P-au-P – 1963)

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Alex Abellard

 Alex pour sa part a eu une enfance assez animée ; l’ayant exposé très tôt aux ambiances mondaines. Grâce à un père assez notable du milieu et qui n’a tenu qu’à encourager les aptitudes de son rejeton. Et, lorsque celui-ci fut propulsé diplomate dans l’Hexagone, il prit le soin d’emmener le petit Al  avec lui, où le jeune écolier a grandi loin des vibrations natales. Jusqu’au retour aux pénates, où il renoue avec les ferveurs ataviques. Le mettant aux prises avec des sonorités de pointe dominées par les : DP, Scorpio, Bossa, Tabou, Skah-Shah, Magnum, Djet X, Caribbean. Autant d’approches qui vont éveiller l’entendement musical du jeune prétendant baladin qui est plutôt friand de vocalisme. Tout en s’avisant de s’initier en autodidacte à la guitare, son instrument de chevet. Mais, l’influence de son père comme directeur des medias d’État va lui permettre de brûler les étapes, mettant son talent en valeur.

C’est pour lui le prélude, avec sa pertinente performance ; donnant la réplique à celle qui est en ce temps la star montante. La capoise Danielle Thermidor dans Hey, un duo de ‘’samba bolero’’, à travers lequel Alex a bien prouvé son potentiel comme vocaliste en herbe ; à dessein d’un pitch buissonnier. Et une vocation probante qui décèle des possibilités artistiques à explorer. Bien qu’à cette phase, la musique n’est que du domaine des loisirs. Puisque l’adolescent doit s’appliquer aux études classiques et, faire en sorte que les rêves parentaux,    devenir un énarque, soient aussi au beau fixe. Même quand on a un destin d’artiste.  Entre les obligations d’étudiant et une société en perpétuelle revendication ; c’est l’intensification de l’exode collectif qui emmène des jeunes comme Alex à venir s’installer au state. Où son intérêt musical s’est intensifié; scrutant les multiples tonitruances contemporaines dont l’ère digitale, qui a institué la genèse tonale d’alors.

Eddy, Alan, Gerdy, Zshéa, Régine se sont introduits comme la marque générationnelle de la deuxième moitié des années quatre-vingt.

Dans cet engouement, le jeune prospecteur s’est aussi muni de son propre studio d’enregistrement (Juste en face du disquaire de Don Fred sur Nostrand Avenue, à Brooklyn), en vue de prendre part aux futures perspectives musicales. Parallèlement, c’est aussi le temps des études universitaires en informatique au City Collège, où il a lié contact avec un apprenti- musicien qui a pour nom Eddy Saint-Vil un ‘’wiz-kid’’, chanteur et guitariste à ses heures de détente. Les deux ont animé les soirées culturelles au campus ; lesquelles ont permis à Alex de ranimer le feu de son succès éphémère Hey. Evidemment, le courant passe entre les deux et, Alex a invité Eddy à le joindre dans ses projets de studio, entamés avec le bassiste Gardy  Jean Charles.  S’évertuant à s’accommoder au clavier synthétique, avec ses capacités de guitariste explorateur. Prenant le lead pour concocter les ingrédients ayant élaboré les tonalités qui vont engendrer une vague tous-azimuts. 

Le studio étant devenu un passage inévitable pour nombre de prétendants saltimbanques, qui rêvent aussi d’être têtes d’affiche. Qu’ils soient Ruydens (Papash), Régine Thadal, Jean Emmanuel Thadal, Zshéa, Tantann, Sito Cavé Jr, et parmi tant d’autres, son ainé Alan qui n’atteint pas tout le monde. A l’exception d’Alex qui pense qu’il a le timbre qu’il faut pour bousculer les traditionnels clichés vocaux. En plus, avec le concept digitalisé en vogue, pas la peine de se bousculer aux portillons. Finalement, le maestro après avoir schématisé les dénouements, nomme le groupe « Zin » et avec Eddy, Alan, Gerdy, Zshéa, Régine se sont introduits comme la marque générationnelle de la deuxième moitié des années quatre-vingt. Au gré de paramètres distinctifs et d’un format allégé qui les ont particularisés face aux autres formations poids lourd. Comme ça, la bande à Alex a prouvé sa capacité à générer autant avec peu. 

C’est donc sous la forme d’un combo qu’Alex a pris d’emblée l’environnement sonore avec son « Zin ». Dans l’élaboration d’une musique accessible et conçue pour la danse, un schème harmonique priorisant la technologie acoustique alliée à un tempo succulent auréolé de lyrique dadaïste. Propulsant un cocktail excitant apte à engendrer l’ambiance pour les inconditionnels ‘’Zinyeurs’’. Tout en faisant preuve de versatilité comme guitariste emblématique, à  dessein de bonds solistes, de successions d’accords et de combinaisons faites de variabilité et de sobriété. Composant un duo complémentaire de cordes distinctes et nuancées avec Eddy Saint-Vil. Mais aussi en claviériste entreprenant avec une marque techno-synthétique en plus ardente qui a tant fait vibrer les nanas et les ‘’dadas’’. Fort d’une polyvalence qui l’autorise à muter en rapper et en chantre exalté. En tout cas, toujours au four et au moulin, c’est ‘’l’homme Zin’’ par excellence avec sa capacité de ‘’showman’’, capable de motiver la foule.

Et Alex est obligé de réorienter sa carrière dans la production.

En plus de son statut de meneur et d’arrangeur, Alex est aussi l’un des plus prolifiques compositeurs du groupe avec des tubes comme : kòk, pataje, pale pale w, rara dous, konpa-Zin, vini, nou tout ansanm, bad boy, all the way, konesans, konpa nou, souke dada w, pran san w, bit konpa, bayoli et tant d’autres. Accumulant aussi les rôles de producteur et d’ingénieur du son, habilité en ce sens par sa spécialité en informatique. Avec son ‘’A’Lab Studio’’ à Church Avenue, au centre de Brooklyn qui a constitué un sanctuaire pour les nouveaux artistes. Et aussi le Zin Records et le Hit Music Factory pour la distribution, la promotion et la production. Ses initiatives ont révolutionné bien des approches dans l’arène de la musique ambiante, du business et du spectacle. Libérant cette génération des caprices et grippes accapareuses des apprentis-producteurs. Néanmoins, sous sa commande alliée à Eddy et Alan, le « Zin » a fait triompher des concepts et arguments qui ont reçu la révérence d’une multitude d’adhérents. 

Et cela, dès la fin des 80’s jusqu’au début de ce millénaire qui a vu le groupe en proie à des malaises externes. Lorsque la voix symbolique du groupe Alan, a voulu prendre congé de la bande pour se lancer dans une carrière de soliste. En plus d’autres formations plus modernes comme « Carimi » qui est venu extraire une bonne part de leur audience. Dans ce contexte, sans son vocaliste fétiche, le groupe a décidé de prendre une pause. Et Alex est obligé de réorienter sa carrière dans la production. Et c’est au pays où son expertise en informatique est réclamée dans les firmes, qu’il est allé s’installer. Il est aussi à l’origine du show prisé ‘’Haitian Idol’’. Bien que son initiative la plus probante reste la Télé-Mix, nouvelle chaine télévisée dont la noble mission reste la promotion et valorisation de la culture locale. En plus, lorsque le « Zin » sort de son sabbatique sous l’insistance des fans. Cela permet à Alex Abellard de retrouver ses sensations d’artiste dans l’âme. Toujours dispos pour faire bouger les reins.

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