Les sans-vergogne de la propagande mensongère

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Le bouffon Colin Powell brandissant sans rire une fiole contenant ces agents microbiologiques apocalyptiques « aux mains » de Sadam Hussein, capables de tuer des millions de personnes. Et le voilà qui circule avec… Ah ! ces cons qui nous prennent pour des canards sauvages.

Le dicton turpe est mentiri est assurément aussi vieux que le monde. Dans son expression la plus élevée, la plus entière, il est seulement l’apanage des âmes nobles. Dès lors, on peut dire que lorsqu’il s’agit de noblesse on peut exclure d’emblée les politiciens qui seraient morts asphyxiés si jamais on devait les priver de leur oxygène, le mensonge, ce poison qu’accepte de distiller les médias complaisants et serviles.

Le mensonge est utile au politicien à la manière d’une espèce de drogue, car il en possède les effets – accoutumance, stimulation et anesthésie – propices à tenir les sots, les nigauds les lourdauds, les koyo, les simplets, les crédulets, les bourriquets, les crétinets, les andouillets, les bègwè dans un état de permanente chloroformance. Essayons d’illustrer notre propos.

Peut-être que dans quelques mois ou quelques années d’ici on finira par savoir la provenance vraie du corona virus

L’occupation des colonies de l’Espagne, parmi elles Cuba, faisaient partie de l’objectif de rapines de l’impérialisme américain inquiété par les ardeurs indépendantistes des mambis. Vers la fin de 1897, l’indépendance du pays semblait à portée de main. Le vautour étoilé s’en inquiéta. Des propositions de rachat de l’île au gouvernement colonial espagnol, s’étant avérées un échec, Washington estima qu’il était grand temps de passer à l’action, au besoin de créer un casus belli.

De son côté, la presse n’était pas en reste. Elle lançait avec succès une intense campagne sensationnaliste de propagande et de désinformation assurée par quatre journaux new-yorkais : le  New York Journal, de William Randolph Hearst, et le World de Joseph Pulitzer, le Sun et le Herald. La campagne de presse avait le soutien intéressé des hommes d’affaires américains qui avaient beaucoup investi à Cuba et rêvaient d’en évincer la vieille puissance coloniale.

Début 1898. Le dessinateur du New York Journal Frederick Remington écrit de La Havane à son patron, Hearst : « Il n’y a pas de guerre ici, je demande à être rappelé ». Hearst lui câble en réponse : « Restez. Fournissez les dessins, je vous fournis la guerre ». Alors que des pourparlers semblaient aller bon train entre le colonialiste espagnol et l’impérialiste yankee vers un arrangement quelconque pour Cuba, sauf l’indépendance, le port de La Havane est éclairé par une violente explosion, le 15 février 1898, dans la soirée. Le Maine qui, du reste, était en visite de courtoisie, est la proie des flammes. Sur 355 membres de l’équipage, 254 trouvent la mort. Dès lors, la grande presse américaine, manipulée, crie à « l’odieux attentat ».

Le magnat de la presse, Hearst, monte alors une violente campagne contre l’Espagne. Pendant plusieurs semaines, jour après jour, son journal réclame vengeance en répétant inlassablement : « Remember the Maine ! In Hell with Spain ! » (Souvenez-vous du Maine ! En enfer l’Espagne !). Ses concurrents ne sont pas en reste. L’opinion publique était chauffée à blanc. L’atmosphère devint hallucinante. Pressé de partout, le ‘‘timoré’’ président William McKinley déclare la guerre à Madrid, le 25 avril 1898.  Il était arrivé au pouvoir l’année précédente sur la promesse de maintenir la paix quoiqu’il en coûte. Ah ! le sans-vergogne.

Accident ou attentat bien monté ?

Au lendemain de l’explosion, le capitaine général de Cuba, Ramón Blanco y Erenas, propose une commission d’enquête composée d’Américains et d’Espagnols, pour élucider les faits. Mais les Etats-Unis refusent catégoriquement et chargent cinq de leurs fonctionnaires de l’enquête qui concluent à l’explosion de mines extérieures. Les Espagnols réunissent à leur tour leur propre commission, mais se voient refuser le droit d’examiner l’épave du Maine. Il ne fallait évidemment pas déranger l’âme (errante) des victimes de « l’odieux attentat ». À la guerre comme à la guerre !

Le 25 avril les chambres américaines votent la déclaration de guerre contre l’Espagne. Le 29 avril, la flotte espagnole affronte l’armada américaine. La disproportion des moyens entraîne la destruction totale des navires espagnols sans la moindre perte pour la flotte américaine. La France joue alors les médiateurs et obtient l’armistice pour l’Espagne. Le 10 décembre 1898, le Traité de Paris confirme la perte des dernières colonies espagnoles au bénéfice des Etats-Unis qui engrangent coup sur coup : Cuba, Puerto Rico, Guam et les Philippines. Anpil kabès !

Épaves du cuirassé Maine dont la cause de l’explosion reste encore un « mystère » (made in USA).

Si tout était clair, pourquoi avoir refusé une commission d’enquête conjointe ?  Pourquoi avoir refusé le droit d’examiner l’épave du Maine ? Les âmes (errantes) des marins eussent été si heureux de connaître l’infâme auteur d’une affreuse volatilisation qui les ensevelit « dure et triste fortune ! / Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune / Sous l’aveugle océan à jamais enfouis ! ». Pourquoi ce kachkachliben de la part des yankees? La réponse est simple : à travers propagandes mensongères, sans vergogne, l’empire a toujours eu besoin d’une « guerre juste » pour de nouvelles conquêtes, pour l’exploitation des richesses des autres.

Et devinez : c’est seulement  en 1911, enfin, anfen Serafen pye fen, treize ans plus tard, treize ans, oui, qu’une commission d’enquête (américaine, bien sûr) conclura à une explosion… accidentelle dans la salle des machines. Et que nul esprit malveillant ne vienne mettre en doute ces conclusions et troubler le repos des âmes (errantes) du Maine. Devinez encore : en privé, Hearst lui-même racontait : « Personne en dehors d’un asile de fous ne peut sérieusement croire que l’Espagne a approuvé la destruction du Maine. »  Amen, ainsi soit-il ! God bless America ! Et ainsi soit-elle !

1960. Chaude atmosphère de guerre froide. La CIA file à quelques journalistes des «documents confidentiels » démontrant que les Soviétiques étaient en passe de remporter la course aux armements. « Panique » dans les grands médias. Pression sur les candidats à la présidence. Il faut absolument une substantielle augmentation des crédits à la Défense.  John F. Kennedy promet des milliards de dollars pour combler le missile gap. Il est élu. Argent voté. Complexe militaro-industriel kontan. Kennedy devait découvrir que la supériorité militaire des Etats-Unis sur l’Union soviétique était écrasante… Que les 99% continuent de manger la vache enragée !

1964. Deux destroyers déclarent avoir été attaqués dans le golfe du Tonkin par des torpilles nord-vietnamiennes. Aussitôt, la télévision, la presse crient à l’humiliation et à l’ « odieux attentat ». Les médias réclament vengeance : « Remember Tonkin ! In Hell with North Vietnam ! » (Souvenez-vous du Golfe du Tonkin ! En enfer le Vietnam du Nord !). Le président Lyndon B. Johnson qui n’est pas un « timoré » ordonne des bombardements de représailles contre le Nord-Vietnam. Il réclame du Congrès une résolution qui va lui permettre, dans les faits, d’engager l’armée américaine. La guerre du Vietnam, |ça vous dit quelque chose ?

les Chinois se seraient dit : yo fè, yo voye l ban nou, an nou tounen l ba yo tou.

Vous l’avez sans doute deviné : on apprendra plus tard, de la bouche même des équipages des deux destroyers, que l’attaque dans le golfe du Tonkin était une pure invention… Ah ! les tordus, les bossus, les sans-vergogne, les macaques, les enfants de chiennes.

Le 14 octobre 1990, devant une commission du Congrès des États-Unis, une jeune femme koweïtienne, appelée par les médias « l’infirmière Nayirah », témoigne, les larmes aux yeux, des atrocités commises contre des nouveau-nés koweïtiens, lors de l’invasion du Koweït par les forces armées irakiennes de Saddam Hussein. L’événement est retransmis rapidement par les télévisions.

Ce témoignage, avec d’autres comme ceux conçus par l’agence de communication Rendon Group chargée de superviser les communications de la CIA et du Pentagone, a beaucoup ému l’opinion publique internationale et a contribué à ce qu’elle soutienne l’action des puissances occidentales contre les armées de Saddam Hussein lors de la Guerre du Golfe.

En fait, ce témoignage était entièrement faux. La jeune s’appelait Nayirah al-Ṣabaḥ, fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington Saud bin Nasir Al-Sabah. L’association Citizens for a Free Kuwait, organisée par le gouvernement du Koweït exilé avait commandé cette campagne à la compagnie de relations publiques Hill & Knowlton, pour la somme de 10 millions de dollars.

12 septembre 2002. L’ancien président des États-Unis George W. Bush présentait devant le Conseil de sécurité de l’ONU un virulent rapport d’accusation contre M. Saddam Hussein : en fait, un véritable tissu de mensonges dans lequel il disait effrontément, mensongèrement que Saddam Hussein entretenait des liens étroits avec le réseau terroriste Al-Qaida et menaçait la sécurité des Etats-Unis parce qu’il possédait des « armes de destruction massive » (ADM). Oh ironie ! Ce rapport était intitulé : « Une décennie de mensonges et de défis ».

Le 8 février 2003, Bush avançait même ce monstrueux message : « L’Irak a envoyé des experts en explosifs et en fabrication de faux papiers travailler avec Al-Qaida. Il a aussi dispensé à Al-Qaida un entraînement aux armes biologiques et chimiques. » De tels propos se révèlent scandaleux  pour un groupe anonyme d’anciens experts de la CIA et du département d’Etat.  Deux mois plus tard, dans un mémorandum adressé au président Bush, ils affirment que dans le passé des renseignements avaient « déjà été faussés pour des raisons politiques, mais jamais de façon aussi systématique pour tromper nos représentants élus afin d’autoriser une guerre ».

Au lendemain de la victoire des forces américaines il s’est avéré de plus en plus évident que l’administration américaine avait manipulé les renseignements sur les ADM. L’équipe de 1 400 inspecteurs de l’Iraq Survey Group que dirigeait le général Dayton n’avait pas trouvé l’ombre du début d’une preuve. Même, au moment où M. Bush lançait ces accusations mensongères, il avait déjà reçu des rapports de ses services de renseignement démontrant que tout cela était faux. Mme Jane Harman, représentante démocrate de Californie, affirmait pour sa part être en présence de « la plus grande manœuvre d’intoxication de tous les temps ».

Manœuvre d’intoxication qu’illustra la boufonne pitrerie de Colin Powell, lors Secrétaire d’État de Bush, durant son fameux discours du 5 février 2003 devant le Conseil de sécurité: « Il ne peut faire aucun doute que Saddam Hussein a des armes biologiques… qu’il a la capacité d’en produire rapidement d’autres… pour tuer des centaines de milliers de personnes… grâce à des laboratoires mobiles clandestins qui fabriquent des agents atroces tels la peste, la gangrène gazeuse, le bacille du charbon ou le virus de la variole ». Le bouffon brandissait sans rire une fiole contenant l’un de ces agents apocalyptiques. Imaginez…

Peut-être que dans quelques mois ou quelques années d’ici on finira par savoir la provenance vraie du corona virus : un agent infectieux venu de Chine ou  une couronne d’épines virales sortie de quelque « laboratoire mobile clandestin » étoilé. L’ « arme de destruction massive » aurait alors emprunté la route de la soie pour « atterrir » à Wuhan dans le but de faire saigner l’économie chinoise ? On ne sait jamais. Quel loustic a dit que « le mal est existé » ?

Fâchés et outrés de la malfaisance étoilée, les Chinois se seraient dit : yo fè, yo voye l ban nou, an nou tounen l ba yo tou. Ce n’eût été que de bonne guerre.

Et telefòn, ne lâchez pas.

29 mars 2020

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