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Le premier janvier en Haïti et à Cuba

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Le 1er janvier de chaque nouvelle année est une date historique majeure pour Haïti et Cuba, car ils commémorent la victoire de leur lutte révolutionnaire.

Le premier janvier de chaque nouvelle année n’a pas la même signification pour tous les peuples. Pour certains, il symbolise simplement le premier jour de l’année. Et pour d’autres, comme les peuples haïtien et cubain, cette date revêt une signification très particulière. C’est une date historique majeure pour ces deux nations en ce sens qu’elles commémorent leur lutte victorieuse contre la domination coloniale et l’oppression.

Haïti est devenu la première république noire libre et souveraine le 1er janvier 1804. C’est un anniversaire que tous les haïtiens conséquents se doivent de souligner avec la plus grande fierté, le plus bel honneur et la plus haute dignité.

De nombreux Haïtiens, notamment les classes dirigeantes qui ont vendu leur conscience à la domination impérialiste des États-Unis, de la France et du Canada, ne se souviennent même pas de ce que cette date est censée représenter pour qu’elle soit célébrée comme cela devrait être. Ils sont plus portés à célébrer la fête nationale du Canada le 1er juillet, celle des Etats-Unis d’Amérique le 4 Juillet et celle de la France le 14 juillet.

Place d’Armes des Gonaïves.

La Révolution haïtienne aujourd’hui ne représente plus rien, même pour les dirigeants haïtiens. Ils n’ont jamais rien fait pour préserver ce patrimoine, même les sites historiques ne sont pas entretenus et sont laissés à l’abandon. Pourtant, ils auraient pu servir à attirer des touristes locaux et étrangers. Mais ce n’est pas ce qui préoccupe la classe dirigeante en place. Elle devrait pouvoir rappeler au monde que cette révolution a transformé les modes de relations sociales de domination existant entre les Blancs et les Noirs à travers le monde et a annoncé la fin du système transatlantique de la traite négrière entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique.

Avec cette révolution, Haïti a montré à de nombreux autres pays assujettis ce qu’ils pouvaient accomplir s’ils se battaient pour leur liberté.

Célébration de la Révolution cubaine

Après la bataille de Vertières, qui a confirmé la victoire de l’armée indigène sur les troupes expéditionnaires de Napoléon Bonaparte, c’était la fête populaire partout, avec de grandes joies nationales, une atmosphère différente de la situation actuelle où seule une poignée de personnes issue d’une classe bien déterminée jouit du pays.

Même la cérémonie officielle sur la Place d’Armes des Gonaïves est tombée dans l’oubli. Depuis bien longtemps, les masses populaires de tout le pays n’ont pas été invitées, comme Dessalines l’avait initié en 1804. Quand tous se rassemblaient autour de l’arbre de la liberté en chantant des chants révolutionnaires… Tout a presque disparu, à l’exception de la traditionnelle et unique Soupe de Giraumon, symbole de communion entre tous les Haïtiens, qui est restée vivante et continue de marquer les Haïtiens où qu’ils soient.

La statue de Dessalines au Champ de mars, à Port-au-Prince.

On ne défend plus 1804.  Sa célébration s’est réduite aujourd’hui à une visite au Musée du panthéon au Champ de mars et une cérémonie à la Villa d’accueil.

Pourtant à Cuba, on continue de défendre héroïquement la révolution de 1959. Dans un article de Luis Alberto Portuondo, paru dans le journal Granma du 23 décembre 2025, il explique les préparatifs en cours dans la seule ville de Santiago de Cuba pour célébrer le triomphe de la Révolution, notamment l’embellissement du parc Manuel de Céspedes et des bâtiments qui l’entourent, parmi lesquels se distingue l’ancien hôtel de ville.

« Il s’agit de l’un des travaux les plus importants réalisés pour célébrer le 67e anniversaire du Triomphe de la Révolution, précisément à l’endroit où il a été proclamé à Cuba et dans le monde entier », a déclaré à Granma Omar Lopez Rodriguez, directeur du Bureau du Conservateur de la ville de Santiago de Cuba.

Place de la Révolution Antonio Maceo à Santiago

Pour célébrer cette journée historique, « les musées Ambiente Histórico Cubano (l’ancienne maison de Diego Velázquez) et Emilio Bacardi (cette galerie d’art universelle), les agences bancaires, la cathédrale métropolitaine et d’autres bâtiments patrimoniaux font l’objet de rénovations, tandis que les travaux sont sur le point d’être achevés à l’hôtel de ville, qui retrouve désormais sa splendeur, ainsi qu’à la Plaza de Marte, au parc Abel Santamaría – anciennement l’hôpital civil –, à la caserne Moncada, dans certains quartiers du centre historique et sur des sites d’une valeur exceptionnelle », a précisé Lopez Rodriguez.

Les travaux réalisés dans ces lieux emblématiques permettront d’améliorer les conditions d’exercice de leurs fonctions actuelles. « L’objectif est qu’ils soient prêts pour la Fête du Drapeau, à minuit le 31 décembre, et pour les autres commémorations liées au Triomphe, à la constitution du gouvernement révolutionnaire et au départ de la Caravane de la Liberté vers La Havane », a conclu le directeur du Bureau du Conservateur de la ville.

A Cuba le combat pour la révolution continue et c’est une tâche indispensable de promouvoir la participation active des jeunes dans tous les secteurs de la vie nationale et d’intensifier le combat idéologique, culturel et communicationnel en défendant la vérité cubaine contre la manipulation et la désinformation.

Place de la Révolution à La Havane

A l’aube du 67e anniversaire du triomphe de la Révolution cubaine, le président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, exhorta ses concitoyens en ces termes : « Ce qui est révolutionnaire, c’est de nous lever chaque jour prêts à affronter avec énergie la paresse et l’offense, l’agression extérieure et les situations complexes qui assiègent les économies des pays comme le nôtre, qui ont été dépossédés de leurs ressources et droits à maintes reprises, et l’encerclement spécialement conçu pour châtier Cuba, la rebelle, pour sa prétention audacieuse de rester libre, indépendante et souveraine à quelques milles de l’empire ».

            La longanimité du peuple haïtien est à bout. Un jour, les masses populaires renouvelleront sûrement le miracle du 1e janvier 1804 aux Gonaïves. Comme à Cuba, cette date auréolée de fierté dessalinienne reprendra son plein sens et toute sa splendeur.

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