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Fritzner Pierre, dont la poésie, l’art et la présence ont constitué une composante centrale et constante des manifestations pour la démocratie haïtienne pendant des décennies, est décédé à son domicile de North Miami, en Floride, le samedi 4 avril 2026, des suites d’une insuffisance cardiaque.
Sa disparition a provoqué une onde de choc au sein des communautés haïtiennes progressistes de New York et de Miami, survenant à peine deux mois après celle de son camarade de longue date, Didier Leblanc. Il avait quitté son appartement de Newkirk Avenue, à Brooklyn (New York), pour s’installer à son domicile de North Miami — près de la 12e Avenue — en 2019, en raison de la dégradation de son état de santé.
Né et élevé à Port-au-Prince, il avait émigré à New York en 1976. Dans les années 1980, alors que les Haïtiens manifestaient régulièrement contre la dictature des Duvalier, Fritzner s’imposa comme une figure incontournable des rassemblements, où il déclamait des poèmes improvisés sur la répression, la corruption et l’injustice en Haïti.
Il participait également aux *koumbit* préparatoires organisés avant les manifestations, afin d’imaginer les slogans, puis de peindre de magnifiques affiches (*pancartes) ou des cercueils en carton décorés, que les manifestants portaient sur leur tête.
Outre ses fonctions de concierge dans son immeuble de Brooklyn, Fritzner était le bricoleur attitré de la communauté haïtienne ; on le voyait sans cesse rénover un sous-sol, repeindre un appartement ou réparer une porte ou un robinet. Tant au sein de *Haïti Progrès* dans les années 1980 et 1990, que de *Haïti Liberté* dans les années 2000 et 2010, il a consacré une grande partie de son temps et de son expertise à l’aménagement et à la réparation des bureaux et des espaces de réunion de ces deux publications.
Né le 22 décembre 1947, Fritzner ne manquait jamais de se présenter aux fêtes mensuelles du « Club des Amis de Haïti Liberté » pour y être célébré et honoré aux côtés des autres membres nés en décembre. Et, bien entendu, il y déclamait toujours un poème. Mais les titres de gloire les plus marquants de Fritzner ne résidaient peut-être pas uniquement dans sa poésie ouvrière et son art de l’affiche, mais aussi dans sa participation inébranlable aux manifestations et aux rassemblements de la lutte haïtienne pour la démocratie et la justice, et contre la dictature et l’impérialisme. Il fut un membre fervent du mouvement Lavalas à partir de 1990, tant à New York qu’à Miami — ville où il passa, de plus en plus souvent, ses dernières années.
Fritzner laisse dans le deuil son épouse, Marcia, ses deux fils, Junior et Emmanuel, sa fille, Juniora, son frère, Edgar, ainsi que deux petits-enfants.
Ses funérailles auront lieu le samedi 18 avril 2026 au salon funéraire St. Fort (16480 NE 19th Ave, North Miami Beach, FL 33162) ; il sera inhumé au cimetière Southern Memorial Park, à North Miami.
Pour plus d’informations, veuillez contacter le salon funéraire au 305.940.1428.
Paix à son âme !








