Le peuple dit NON au Coup d’Etat électoral

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bottom_front_pictureLes deux journées de manifestations mercredi 18 à l’occasion du jour de Vertières et le vendredi 20 novembre contre le Coup d’Etat électoral, sont arrivées à mobiliser des centaines de milliers de personnes à travers les rues.

Sous la direction de Fanmi Lavalas, du groupe des 8 candidats à la présidence ou G8, dont la demande de formation d’une commission indépendante de vérification a été rejetée par le CEP, le front de refus revendique de son côté un gouvernement de transition ; tous ont été présents à cette grande manifestation contre le gouvernement Martelly-Paul et le CEP de Pierre-Louis Opont.

Des organisations populaires, progressistes, révolutionnaires et estudiantines n’ont pas raté cette occasion pour dire Non à toute forme de continuité du régime néo-duvaliériste que symbolise tètkale et son poulain Jovenel Moise « nèg bannann ».

Démarrés devant l’église de Saint-Jean Bosco, comme d’habitude, les manifestants ont sillonné diverses rues des quartiers populeux avant d’emprunter la route de Delmas qui conduit à Pétion-Ville où se trouvent les bureaux du Conseil Electoral Provisoire (CEP). Durant tout le parcours, les manifestants ont lancé des propos très hostiles à l’endroit de l’occupant du Palais national, Michel Martelly; le sinistre Premier ministre de facto, Evans Paul et le restavèk placé à la tête du CEP, Opont Pierre-Louis. « Nou nan lari a la a pou n mande depa Martelly, depa K-Plim le kòkmò, depa Opont. Nou pa nan nèg bannann, nou pap manje bannann pouri sa a, Martelly foure bannann ou an nan dada w. Martelly, K-Plim, Opont ak Godson se 4 malè pandye pou peyi a. N ap mande mare Martelly, mare Opont, mare Evans Paul pou vòlè vòt pèp la. » 1

Les manifestants ont poursuivi pacifiquement leur parcours de St-Jean Bosco à Delmas 95 en criant « Nous allons à Pétion-Ville » Arrivés à Delmas 95, ils ont été attaqués par des bandits, en possession d’armes à feu, de manchettes, de bouteilles et de pierres qui s’étaient retranchés dans un corridor. Deux manifestants ont reçu des coups de manchette, d’autres ont reçu des jets de pierres et de bouteilles. Malgré toutes ces attaques physiques à l’endroit des manifestants, la Police n’a procédé à aucune arrestation. Les manifestants ont été livrés à la boucherie. En descendant de Pétion-Ville, un autre manifestant répondant au nom de Frantzy Alexis a été tué par balles par des bandits tètkale rose circulant à bord d’une motocyclette au niveau de Delmas 40. Des policiers qui étaient sur place n’ont rien fait pour poursuivre les bandits. Au contraire, selon les manifestants, ils leur ont fait signe de vider les lieux. Les manifestants ont pris le cadavre, l’ont mis dans une brouette et sont partis pour aller le déposer devant le Palais national. Les manifestants chantaient: « Lapolis pa gen diyite ankò, se kriminèl yo ye. Lapolis pa la pou l pwoteje e sèvi. Li la pou l pwoteje kriminèl ak bandi legal tèt kale wòz. Aba Martelly ! Aba Evans Paul! Aba nèg bannann lan »

En soutien au vent de mobilisation occupant le béton depuis quelques jours contre le coup d’Etat électoral, plusieurs centaines d’étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) ont manifesté également ce mercredi 18 novembre 2015, à l’occasion du 212eme anniversaire de la Bataille de Vertières dans les rues de Port-au-Prince. Partant de la Faculté des Sciences humaines, les manifestants ont emprunté l’avenue Christophe pour ensuite contourner vers la rue Capois, l’avenue John Brown, la rue Borgella, l’avenue Poupelard, le Fort national pour se diriger finalement vers Bel Air, aux environs de midi pour rejoindre la grande manifestation qui s’est dirigée en direction de Pétion-Ville.

Munis de pancartes frappées de slogans anti-gouvernementaux et de cartons rouges aux conseillers électoraux et à l’occupant du Palais national, Michel Martelly en particulier, ces étudiants ont crié leur ras-le-bol face au pouvoir qu’ils ont qualifié de fasciste et de tortionnaire à la manière des Duvalier. «Nous dénonçons ce coup d’Etat électoral fomenté par le régime, de concert avec l’UNOPS, l’ONU, en faveur du PHTK. Nous voulons aussi dénoncer la misère rose qui sévit dans le pays », a lâché Féguenson Hermogène du cercle Gramsci.

Le pouvoir réactionnaire Martelly-Paul a utilisé toutes les formes de violence pour réprimer les manifestants qui revendiquaient leurs votes. Le bilan de la violence du pouvoir s’est soldé par un mort par balles, Frantzy Alexis, des blessés par balles dont deux candidats à la présidence : Moïse Jean Charles et Steeven Benoit et d’autres victimes d’armes blanches et de pierres. Le pire, c’est que les bandits ont été protégés par la Police au vu et su de tout le monde; tandis qu’elle a procédé à des arrestations de paisibles citoyens qui ne faisaient que revendiquer leurs droits. Les images ont parlé, lorsqu’on a vu des manifestants plaqués au sol sous les bottes des policiers sans n’avoir commis aucun crime. C’est un acte barbare.

La manifestation du 18 novembre a été dispersée par la police devant le siège du CEP, à Pétion-Ville, à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc où deux candidats à la présidence, Steven Benoit et Moise Jean Charles ont été atteints au visage. Le sénateur en fonction Steven Irvenson Benoit qui a été touché par balles a été transporté d’urgence au centre hospitalier Eliazar Germain de Pétion-ville pour les soins que nécessitait son cas. «La police a tiré à hauteur d’hommes sur la foule dans les parages du CEP et j’ai été touché par une balle en caoutchouc au niveau du crâne et des côtes. Heureusement, il n’y a pas eu de pénétration; mais je suis blessé.», a informé le sénateur-candidat à la présidence Steven Benoit.

Blessé au niveau du visage au moment où il allait s’adresser à la foule, le candidat de Pitit Dessalines, Moise Jean Charles, a appelé à la poursuite de la mobilisation pour forcer le CEP à respecter le choix des Haïtiens aux élections du 25 octobre 2015.« Ces manœuvres du pouvoir en place ne visent qu’à nous intimider et nous affaiblir dans la bataille pour le respect des droits du peuple haïtien », a lâché l’ex sénateur Moise Jean Charles. Alors qu’il n’y avait eu aucune forme de provocation au niveau de la foule, lorsque les policiers ont commencé à tirer à bout portant en direction de la foule. Les images sont l pour en témoigner.

Dans des notes de presse, l’Organisation Politique Fanmi Lavalas, condamne énergiquement les violences et les agressions physiques qu’exerce le pouvoir tètkale duvaliériste sur les manifestants qui ne font que revendiquer leurs droits. Elle exige la libération de tous manifestants qui ont été illégalement et arbitrairement arrêtés. Elle appelle à la poursuite de la mobilisation jusqu’à la victoire finale.

Il faut rappeler que la contestation engagée par le parti Fanmi Lavalas au niveau des instances du CEP l’a conduit, par un jugement avant-dire droit, rendu par le Bureau du Contentieux Electoral National (BCEN), à la vérification des Procès-verbaux au Centre de Tabulation de vote au cours du week-end écoulé. Ce dimanche 22 novembre, Fanmi Lavalas a donné une conférence de presse à la Fondation Aristide pour la Démocratie pour faire savoir au public ce qui a été vu et constaté. Selon l’ex-sénateur, Yvon Feuillé plus de 300 procès-verbaux tirés dans les 145 circonscriptions sont tous faux et de graves irrégularités ont été constatées. Cette vérification confirme une fois de plus que les scrutins du 9 aout et du 25 octobre 2015 sont des vastes opérations de fraude électorale planifiée et exécutée par le CEP d’Opont-Martelly. En attentant la décision finale du BCEN, la mobilisation générale de l’Opposition plurielle reste la seule solution capable de renverser la situation.

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