L’armée PHTK, pour quoi faire ?

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Une multitude de jeunes garçons et femmes alignés en deux longues colonnes dans la cour de la base de Léogâne, pour se faire inscrire et se prêter aux premiers entretiens de l'armée.

Le Ministère de la Défense avait dans un communiqué avisé le public en général et les intéressés en particulier que le recrutement pour la reformation de l’armée serait conduit du 17 au 21 juillet 2017. Une multitude de jeunes garçons et femmes alignés en deux longues colonnes dans la cour de la base de Léogâne, à l’ouest de Port-au-Prince, se sont rendus sur les lieux pour se faire inscrire et se prêter aux premiers entretiens. Cela démontre le nombre de jeunes qui sont au chômage dans le pays et explique également leur voyage soit au Brésil, au Chili, etc…

Fuite vers des cieux cléments dans une atmosphère de pays en pleine crise où tous les secteurs de l’Administration publique sont en grève soit pour obtenir le paiement de leur arriéré de salaire s’élevant parfois au-delà même de six longs mois soit pour manifester afin d’ obtenir une quelconque augmentation à cause de la vie chère qui ne cesse de s’amplifier.

A soldier gestures as people stand in line seeking to join the country’s reformed military in Gressier, Haiti July 18, 2017. REUTERS/Jeanty Junior Augustin

C’est cet Etat en faillite qui, au lieu d’essayer de boucler le paiement de ses employés s’acharne à mettre sur pied une force militaire. La classe ouvrière haïtienne et le peuple en général, sans oublier ce qu’il est convenu d’appeler les intellectuels, devraient dénoncer ouvertement le régime du PHTK pour son obsession à remettre en vie l’armée démobilisée depuis l’année 1994. C’est dans ce sens qu’est intervenu le spécialiste en sécurité Yves Cadet auprès de l’Agence Haïtienne de Presse (AHP). « Alors que rien mais  vraiment rien  ne marche au pays de façon normale, alors qu’Haïti vit dans la mendicité, alors qu’on augmente de façon vertigineuse les taxes sur un ensemble de services, que la police fonctionne dans des conditions absolues de précarité, pourquoi c’est la remobilisation de l’armée qui serait  si indispensable et si incontournable pour le pays » pour ajouter ensuite « toute armée qui n’a pas un support populaire est vouée à l’échec ».

Le ministre de la Défense d’Haïti Hervé Denis

En guise de réponse à toutes ces considérations pertinentes, le ministre de la Défense d’Haïti Hervé Denis, lui, a indiqué que « Reconstituer l’armée répond au besoin de respecter la Constitution qui établit l’existence d’un corps militaire aux côtés de la police nationale ».

« Si l’on  arrive à remobiliser l’armée dans les circonstances actuelles, cela va être  le chaos total. Cette pseudo force fera plus de mal que de bien et  au lieu d’apporter la paix, elle va enfoncer le pays davantage dans l’insécurité  avec beaucoup plus de crimes et de malheurs de toutes sortes » a indiqué l’expert en sécurité Yves Cadet

Des anciens tortionnaires des Forces Armées d’Haïti

Pourtant le vrai intérêt de l’Etat que dirige le parti PHTK est de protéger la bourgeoisie patripoche suite au départ de la force armée d’occupation  la Minustah (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti qui à son départ en Octobre prochain sera remplacé par une force de police de la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH). Nous n’avons pas besoin d’une armée répressive au service de la classe dominante ! Nous n’avons pas besoin de ce repaire de réactionnaires macoutes par-dessus le marché.

Par ailleurs, les anciens militaires ne sont pas restés indifférents, ils exigent catégoriquement leur inclusion dans cette nouvelle armée, assurément une aubaine pour eux.

 

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