La résistance vaincra!

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Le pays est témoin ces derniers temps d’une guerre sans merci déclenchée d’une part, à travers la montée agissante des enlèvements contre rançon, et d’autre part, d’un gouvernement de facto mis en place par le Core Group pour le compte des puissances internationales que nous continuons à être soumis à l’ignominieux système capitaliste qui nous dévore ouvertement sous le manteau d’une coopération qui n’est autre qu’une ingérence flagrante.

Pour comprendre ce qui se passe actuellement en Haïti, il faut replacer les problèmes dans un contexte plus large. Il fut un temps, on ignorait si certaines personnes existaient dans la société haïtienne. Et comme l’Etat haïtien ne fait rien en faveur de ces citoyens, de ces oubliés de la République, aujourd’hui, ils décident de dire, qu’eux aussi font partir de ce pays. Les débats ne se portent jamais sur les conditions de vie de ces couches sociales. Qu’importe si elles sont privées depuis plus de deux siècles des besoins les plus primaires comme le travail, la santé et l’éducation.

Présentement, l’oubli des victimes des catastrophes naturelles dans le grand Sud est une preuve palpable de cette capacité de mépris de la classe dirigeante à l’endroit des classes défavorisées.

la libération nationale d’un peuple en lutte n’est jamais décidée autour d’une table ni à travers des accords ou compromis.

Evidemment, dans un pays où tout est faux, truqué et porte à équivoque, la gestion de l’Etat se traduit par une gabegie administrative qui a atteint ses limites. Les caisses sont scandaleusement pillées. Les corrompus sont rois. Les institutions démocratiques n’existent point. Alors, la volonté des laissés-pour-compte peut emprunter différentes voies, dont celles de la violence organisée pour se faire entendre. La jeunesse subit une acculturation de la pire espèce se soldant par une assimilation, voire une aliénation honteuse.

L’histoire d’Haïti abonde de multiples exemples. Les masses laborieuses n’ont connu toute leur vie que la violence atroce, acerbe, illustrée par la misère et la pauvreté dérivant du mépris et de l’inégalité sociale.

En revanche, ce qui est sûr, aujourd’hui, personne ne peut ignorer certaines zones dites de « non-droit » comme dans le passé. Leurs noms sont sur toutes les lèvres, même quand c’est pour signaler un cas d’enlèvement, d’assassinat ou de querelles territoriales.  Aujourd’hui, ces zones d’insécurité doivent être la préoccupation de tous. Et sans aucun doute, cela doit déboucher sur une amélioration des conditions de vie des gens qui y vivent.  Car ces zones, ces quartiers ne peuvent en aucun cas continuer ainsi.

En réalité, cette anomalie a provoqué une des formes les plus précoces de résistance à la politique manfouben « laisser faire », abandon, qui a été institutionnalisée. Dorénavant, le pays est placé devant une confrontation inévitable qui, coûte que coûte, débouchera sur un changement en profondeur dont dépendra son avenir.

Notre pays a déjà supporté et supportera encore le poids de cette guerre qui lui a été imposée par les puissances déstabilisatrices et destructrices avec un cynisme sans bornes, ressemblant non seulement à un lent assassinat collectif de ce peuple, mais créant aussi des situations lamentablement incontrôlables. Qui pis est, la question du banditisme a été exploitée par des politiciens véreux. Ils ont volontairement déformé les faits et cela n’a fait qu’augmenter davantage le phénomène.

Ce qui est évident, en tout cas, la libération nationale d’un peuple en lutte n’est jamais décidée autour d’une table ni à travers des accords ou compromis. Mais autour de la résistance des masses opprimées et exploitées contre leurs dirigeants à la solde des puissances impérialistes.

Rien n’exprime mieux la contradiction induite par la pénétration accélérée de certains ghettos sur la scène politique réclamant une vie meilleure. C’est une lutte à encourager, puisque le peuple ne sortira pas affaibli. Bien au contraire ! Comme il est majoritaire, il a tout à gagner et justement la victoire ne se gagne que sur le champ de bataille.

Les masses défavorisées, conscientes ne doivent pas se laisser distraire par les machinations en tout genre de l’impérialisme international et de ses laquais locaux. Il s’agit tout simplement de briser un indésirable statu quo par un mouvement de résistance légitime, disposant d’une large base et d’appuis solides des jeunes et des travailleurs. Ce mouvement pourra engendrer la vraie rupture entre le peuple et ses ennemis historiques du système capitaliste.

Quant au sort du pays…, à ce compte, seule la résistance vaincra ! Une contribution éclairée et efficace est indispensable. Les opprimés haïtiens ne doivent jamais oublier que le sang de leurs ancêtres qui a coulé pour construire cette nation, exige tous les jours des sacrifices révolutionnaires et une véritable prise de conscience.

Le moment est crucial. Car tout va mal. C’est à nous travailleurs, ouvriers, chômeurs, paysans pauvres, étudiants conscients, intellectuels engagés et militants conséquents d’apporter nos compétences et notre expérience et même d’indiquer la meilleure voie. C’est à nous de se mettre débout pour balayer ces dirigeants fantoches et nous débarrasser du joug impérial qui nous étouffe depuis trop longtemps, afin de jeter enfin les bases solides de la reconstruction sociale du pays.

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