La Présidente du HCT, Mirlande Manigat, piégée et humiliée par Ariel Henry !

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Mirlande H. Manigat présidente de la structure politique dénommée HCT (Haut Conseil de la Transition)

Depuis le mercredi 4 octobre 2023, certains continuent à se demander ce que fait encore Mirlande H. Manigat à la tête de la structure politique dénommée HCT (Haut Conseil de la Transition), créée par le Premier ministre de la Transition Ariel Henry.  Vraiment, ils ne comprennent pas qu’après tant d’humiliation subie de la part du chef de la Primature qu’une  intellectuelle et femme politique de la trempe de l’épouse du feu Professeur Leslie F. Manigat puisse continuer de s’accrocher à une institution qui ne sert à rien pour le pays et qui ne lui rapporte rien au niveau de prestige, sinon, qu’à la rabaisser politiquement. Depuis la création du Haut Conseil de la Transition (HCT), pour faire suite à l’Accord du 21 décembre 2022, le Pouvoir ne cesse de se servir de Mirlande H. Manigat comme une faire valoir afin de donner une image plus respectable des dirigeants de la Transition. Et surtout pour consolider le pouvoir du Premier ministre Ariel Henry qui, le moins que l’on puisse dire, a toutes les peines du monde à trouver sa marque après qu’il ait été imposé à la tête de l’Etat par le Core Group, ce syndicat de diplomates accrédités à Port-au-Prince.

Au bord du gouffre, après la signature d’un premier Accord politique en 2021 avec les membres de l’ancienne opposition devenus aujourd’hui alliés du pouvoir, ces derniers ont fini par trouver un stratagème politique afin d’attirer de nouveaux supports au régime. C’est ainsi qu’ils ont imaginé la signature d’un nouvel Accord afin, disaient-ils, d’intégrer d’autres courants politiques avec de vraies responsabilités dans la Transition en support au gouvernement en place. D’où ce fameux Accord du 21 décembre 2022 et l’arrivée de ce nouvel organisme publique dit HCT ayant à sa tête un trio de personnalité qui allait désigner l’une des figures de proue de la politique haïtienne à sa présidence, en la personne de Mirlande H. Manigat, ancienne Première Dame et ex-Secrétaire générale du RDNP. Sauf que, depuis sa désignation au sommet de cette institution bidon, Mme Manigat n’a jamais trouvé sa place. Pire, elle n’est là que pour servir d’alibi d’ouverture politique au pouvoir et surtout de caution de respectabilité démocratique à un Premier ministre qui ne cherche qu’à se maintenir à la tête du pays sans aucun résultat concret.

Comme nous l’avons déjà écrit, depuis sa création, le HCT n’a jamais pu justifier son utilité  pour une bonne gouvernance du pays, encore moins faire valoir son rôle exact ni même trouver sa place dans le dispositif de l’Exécutif que dirige seul le Premier ministre conseillé par quelques amis politiques ou des proches placés à la tête des Ministères, histoire de faire semblant qu’il existe une équipe gouvernementale. Mais, dans la réalité, il n’y a qu’un homme, un seul, Ariel Henry, qui a la plénitude des pouvoirs. Le trio en charge du HCT n’existe que de nom. Et pour avoir bonne conscience, de temps à autres, le Premier ministre emmène l’un d’entre eux avec lui en voyage à l’étranger comme c’était le cas avec Laurent Saint-Cyr, en septembre dernier, pour la 78e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations-Unies à New-York où l’on devait débattre sur la situation politique d’Haïti et surtout trouver une majorité pour le vote de la Résolution devant autoriser l’envoi d’une Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité en Haïti (MMAS).

Quant à la Présidente du HCT, Mirlande H. Manigat, Ariel Henry qui connaît la vanité des êtres humains l’invitait parfois à quelques rares Conseils des ministres qui se tiennent au Palais national. Une consécration lui faisant croire qu’elle était l’une des leurs mais en fait c’est une façon pour continuer à l’humilier sans qu’elle ne s’en aperçoive. Fatiguée, affaiblie, et un peu dans les nuages, selon les mauvaises langues, la Présidente du HCT se laisse manipuler comme une gamine qu’on fait venir s’asseoir sous les dorures du Palais national juste pour la calmer. Dans le cas de Mme Manigat, pour toucher son égo. En réalité, le HCT est une coquille vide qui ne sert à rien, ne dirige rien et que personne ne prend au sérieux.

Il ne participe dans aucune décision du gouvernement et n’est même pas consulté quand le « grand chef » Henry rencontre les différentes Missions ou des Délégations étrangères venues à Port-au-Prince dans le cadre des pourparlers inter-haïtiens relatifs à la crise post-assassinat de Jovenel Moïse depuis Juillet 2021. Idem pour la participation du Premier ministre aux Sommets et Forums organisés à l’étranger par la Communauté internationale ou les Organisations régionales, notamment, la CARICOM, à la recherche d’un Accord impossible entre les autorités de Transition et les oppositions. Pour la Primature, Mirlande H. Manigat est une quantité négligeable qu’il n’est point nécessaire de consulter dans ce genre de discussion de haut niveau. Elle n’est là que pour faire de la figuration et sert de complice malgré elle aux décisions prises par le Premier ministre qui est le seul maitre à bord. L’épisode de la Conférence de presse ratée du mercredi 4 octobre 2023 et le changement du Conseil d’administration de la BRH le 8 octobre ont été le summum de toutes les humiliations qu’elle a pu subir, néanmoins accepter.

Celle que la société haïtienne considère comme étant une grande figure de l’intelligentsia du pays et surtout d’être l’épouse du grand historien et homme politique Leslie François Manigat a déçu plus d’un. Comme prévu dans le Protocole d’Accord du 21 décembre 2022, le mercredi 4 octobre 2023, la Présidente du HCT avait été conviée à assister au Conseil des ministres à la présidence de  la République qui devait applaudir son chef après sa « grande » victoire obtenue à l’ONU une semaine plus tôt en convainquant les membres des Nations-Unies de voler au secours d’Haïti ou à son secours, selon les points de vue.  Montée sur son trente-et-un et appuyée sur sa canne, Mirlande H. Manigat débarquait au Palais national et prenait place autour de la table du Conseil. Comme d’habitude s’ouvre sous la présidence d’Ariel Henry le fameux Conseil des ministres avec à l’ordre du jour une question d’actualité puisqu’il concerne en priorité : le vote du Conseil de sécurité de l’ONU le lundi 2 octobre 2023 autorisant le déploiement de la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité en Haïti (MMAS).

Le Premier ministre de la Transition Ariel Henry.

Cet ordre du jour est suivi de l’approbation du Budget national 2023-2024, en hausse de 19% soit 320 645 000 000.000 de gourdes, un record historique selon les économistes de la place, et de quelques autres décisions de moindre importance du gouvernement. Exceptionnellement, les journalistes étaient invités à une Conférence de presse à la fin de ce Conseil des ministres avec l’hôte du lieu Ariel Henry en présence d’une invitée de marque : la Présidente du HCT, Mirlande H. Manigat. Jusque-là, rien d’anormal mais c’était déjà un signe laissant croire qu’il y aurait des annonces importantes de la part des autorités de la Transition. Sauf qu’il s’agissait, en réalité, d’un coup fourré du locataire de la Primature qui, à aucun moment, n’avait pipé mot à la Présidente du HCT. Naïvement, elle assistait, comme à son habitude, quand on veut l’inviter à venir écouter et approuver les décisions de l’Exécutif sans qu’on lui demande son avis ni celui de l’organisme qu’elle préside. Le Conseil des ministres proprement dit étant terminé, Ariel Henry invite Mirlande H. Manigat à l’accompagner devant les journalistes.

Là aussi, elle pense que c’est pour la galerie et la Com. Ne sachant pas qu’il s’agit d’un piège, volontiers, la Présidente du HCT, sans se douter de rien, s’exécute et l’accompagne sans même demander au préalable de quoi il allait parler et surtout si elle aura à prendre la parole au cours de la Conférence de presse. Car, ce qu’il faut savoir, à aucun moment ni le Cabinet du Premier ministre, ni celui-ci d’ailleurs n’a informé Mme Manigat qu’elle allait prendre la parole afin de se préparer à un tel exercice pas moins redoutable avec des journalistes voulant savoir un peu plus sur l’arrivée en Haïti de la force multinationale conduite par le Kenya dans quelques semaines. Encore plus, la presse s’attendait à ce que le Premier ministre déroule un agenda qu’il aurait préparé sur divers projets comme : la formation du CEP ; le point sur les discussions avec les oppositions ; le processus électoral ; le conflit avec la République dominicaine sur le canal à Ouanaminthe.

L’apport du HCT à la gouvernance de la Transition ; les mesures prises pour garantir la sécurité de la population ; la place qu’occuperont les forces de sécurité haïtienne dans le dispositif de la mission internationale, etc. A quoi a-t-on assisté ce mercredi 4 octobre 2023 au Palais national ? A rien. Absolument rien. D’ailleurs, il n’y a pas eu de Conférence de presse comme annoncée. Si l’on veut être magnanime, l’on dirait qu’il n’y a eu qu’un simple point de presse durant quelques minutes et encore…dans la mesure où le Premier ministre Ariel Henry n’a rien dit et s’est contenté de jouer le maître de cérémonie juste pour introduire la Présidente du HCT Mirlande H. Manigat comme si c’est elle qui avait convoqué la Conférence de presse. Comme nous le disons plus haut, c’est un piège caractérisé dans lequel Mme Manigat était tombée et il fallait voir l’expression de son visage quand elle a entendu Ariel Henry dire ceci « C’était un devoir pour le Conseil des ministres de dire à la population comment le vote est accueilli. Nous invitons Mme Manigat, Présidente du HTC à prendre la parole pour exprimer ce que nous pensons». Elle est tombée des nues.

La pauvre dame ne revenait pas de sa surprise et de sa stupéfaction de voir comment elle a été manipulée par le pouvoir qui, sans la prévenir, ni la mettre au fait de ce qu’elle allait expliquer au pays et pourquoi il fallait faire venir des militaires étrangers en Haïti pour soutenir la police nationale dans la guerre qu’elle mène contre les gangs. Visiblement surprise et pour une professeure qui a horreur de l’improvisation, elle allait pourtant faire ce qu’elle pouvait pour sortir, de toute évidence, de ce piège tendu par Ariel Henry histoire de l’impliquer, d’associer jusqu’au bout, d’autres diraient jusqu’au cou, le nom des Manigat dans cet appel à l’aide à la Communauté internationale qui, qu’on le veuille ou non, va devenir une force d’occupation étrangère. Bien élevée et ne pouvant faire machine arrière devant la meute de journalistes, elle tenait tout de même à souligner qu’elle n’était pas à l’initiative de cette rencontre et ne savait pas non plus que c’est elle qui devait expliquer la politique du gouvernement.

Toute hésitante et visiblement mal à l’aise, d’emblée, elle lâcha « Je ne savais pas que j’allais prendre la parole» une façon de dire que le Premier ministre l’a piégée. Et la suite de sa courte intervention en dit long sur la manière dont cela s’est passé au Conseil des ministres « Je tiens tout même à donner mon avis vu que c’est un sujet d’une importance capitale pour la population haïtienne en proie à la violence armée depuis des mois. On n’a pas vraiment eu de temps de parole. Mais on a quand même lancé deux à trois phrases sur le vote.  En tant que citoyenne, je suis concernée par ce qui arrive à la population haïtienne. On assiste depuis quelque temps, à la dégringolade de la situation économique et surtout de la situation sociale du pays. Ils encerclent la capitale. Il y a des endroits où vous ne pouvez plus vous y rendre. J’habite en plaine. Pendant 3 jours, je ne pouvais pas sortir. Les zones étaient barricadées. Quand finalement, j’ai pu sortir, j’étais étonnée de voir des membres de la population qui marchent sous un soleil de plomb, empruntant une route sans destination ».

En clair, le HCT n’avait pas voix au chapitre durant le Conseil des ministres sur la question de la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité en Haïti (MMAS) et sa présence n’était que pour avaliser les décisions du gouvernement et de féliciter Ariel Henry d’avoir réussi à obtenir la venue de cette force multinationale avalisée par l’ONU. Néanmoins, Mirlande H. Manigat n’oublie point qu’elle a été une femme politique, elle a profité de l’opportunité non seulement pour se défendre mais aussi pour exposer la situation dans laquelle travaille la structure étatique dont elle a la charge tout en donnant rendez-vous aux médias à une date ultérieure afin d’exposer les conditions d’existence du Haut Conseil de la Transition « Il m’a été demandé de ne pas faire un long discours, je vais être bref. Cependant, j’aimerais rencontrer la presse dans d’autres circonstances et dans un autre espace. À ce moment, je serai plus abondante. Le HCT est logé dans un petit espace uniquement pour qu’il puisse exister.

Ce n’est pas le vrai siège dont on a besoin » lançait la Présidente du HCT qui, apparemment, n’a toujours pas obtenu ce qu’elle réclamait de la Primature depuis le début en matière logistique et d’installation pour pouvoir faire fonctionner l’organisme qu’elle préside. Si près d’une année de la création et de l’installation de cet organisme politique, le chef de la Transition ne voit toujours pas le besoin ni l’urgence de donner un vrai local au HCT pour fonctionner, c’est bien la preuve qu’il ne le considère pas important dans la gestion de la Transition. Autre preuve du peu d’importance qu’accorde Ariel Henry à cette structure politique, c’est ce qui s’est passé 8 jours plus tard avec le renvoi de l’ancien et la nomination d’un nouveau Conseil d’administration à la Banque de la République d’Haïti (BRH), la Banque centrale. Il s’agit d’un nouvel affront fait à l’épouse du Professeur Manigat qui n’a appris la nouvelle pratiquement dans la presse comme monsieur tout le monde. En effet, lors du Conseil des ministres ayant eu lieu le dimanche 8 octobre 2023, sur proposition du Premier ministre, le gouvernement a nommé Ronald Gabriel qui était auparavant Directeur général de la BRH, nouveau Gouverneur de la Banque centrale. Il remplace à cette nouvelle fonction Jean Baden Dubois qui n’a fait qu’un mandat.

En tant que nouveau Gouverneur, Ronald Gabriel dirigera une nouvelle équipe composée de : Georges Henry Fils, Vice-Gouverneur ; Mathieu Fortunat, Directeur général ; Michèle Delerme et Florian Jean-Marie, membres. Jusque-là, il n’y a rien de choquant si ce changement n’était pas fait dans le dos de la Présidente du Haut Conseil de la Transition qui est censée avoir son mot à dire ou tout au moins un regard sur toutes les grandes décisions que devrait prendre le Premier ministre Ariel Henry, selon l’Accord du 21 décembre. Comme depuis le début de cette affaire du HCT, Mirlande H. Manigat a été mise devant le fait accompli puisque c’est après coup qu’elle a été vraiment informée du changement au sein de la Direction de la BRH. Selon son entourage, elle était folle de rage quand elle a été mise au courant qu’un nouveau Conseil d’administration de la Banque centrale a été nommé sans que le HCT à travers elle et ses deux collègues, Laurent Saint-Cyr et Calixte Fleuridor, ne puisse donner son avis. Mais, malgré ce nouveau coup dur, elle préfère continuer à pleurer et se plaindre auprès de ses amis et de ses collaborateurs sur le comportement inélégant de son supérieur, Ariel Henry.

Si elle ne veut plus être considérée comme une quantité négligeable dans le dispositif de la Transition, il ne lui reste qu’une alternative : la démission. La Présidente du HCT, Mirlande H. Manigat qui ne cesse d’avaler des couleuvres et de subir humiliation sur humiliation de la part du chef de la Primature, devrait pouvoir sauver son honneur pendant qu’il est encore temps en présentant sa démission comme la rumeur le laisse entendre. Le coup de la Conférence de presse improvisée du 4 octobre 2023 et la nomination d’un nouveau Conseil d’administration à la BRH sans qu’elle ne soit consultée devraient être pour elle la dernière goutte d’eau faisant déborder le vase, sinon, elle va continuer à boire le calice jusqu’à la lie. Sans contrainte, Ariel Henry ne lâchera rien !

 

 C.C.

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