Incroyable, le mot «Reconstruction» revient déjà !

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Alors que les victimes des départements frappés par le séisme et la tempête Grace n’ont même  pas encore reçu les soins nécessaires pour les aider à tenir, vu le manque d’eau potable, de nourritures et pratiquement de tout, surtout ceux-là vivant dans les endroits les plus reculés, on ne peut qu’être horrifié par l’indifférence criminelle de la classe dirigeante et des puissances dominantes qui se penchent déjà sur une quelconque reconstruction.

Cette indifférence mérite d’être soulignée, puisque nombre de problèmes sont restés en suspens, sans solution claire en raison de la faiblesse du gouvernement, une faillite en fait. Le lundi 23 août, au local du ministère de la planification et de la et de la coopération externe, le comité technique de pilotage, dans le cadre de l’évaluation des dommages, pertes et besoins post séisme 2021, dans la Péninsule Sud (PDNA-2021) a tenu une grande réunion présidée par le Premier Ministre Ariel Henry sous la supervision des représentants techniques et financiers des Nations Unies, de l’Union Européenne et de la Banque Mondiale.

Au cours de cette réunion d’évaluation des besoins post-catastrophe, le premier ministre, Ariel Henry, dans son discours de circonstance a indiqué : « Aujourd’hui, le Gouvernement a la lourde responsabilité de relever le défi de la reconstruction de la Péninsule Sud. Pour ce faire, nos cadres accompagnés du secteur privé, la société civile, et les partenaires internationaux évaluent les effets et les impacts sur la société. Cette connaissance de la réalité post-séisme et des perspectives de reconstruction se matérialise dans le cadre des résultats de l’évaluation des dommages, pertes et besoins post-séisme »

Le chef du gouvernement signale qu’il a la ferme volonté d’orienter la reconstruction sur la voie du développement durable. De ce fait, «Les acteurs de la région du Sud doivent prendre part à la réflexion devant amener à reconstruire leurs territoires dévastés par le séisme du 14 août 2021. Il est important de signaler à l’attention de tout un chacun que les autorités et les administrations communales sont indispensables à la réussite de la mise en œuvre des programmes de l’aménagement et du développement des territoires » a-t-il ajouté.

Dans la même veine, le Ministre de la Planification et de la Coopération Externe, Simon Dieuseul Desras, a pour sa part souligné « le Post Disaster Needs Assesment (PDNA) que nous allons élaborer ainsi que le plan de reconstruction doivent être simples, clairs, précis, efficaces et exploitables rapidement. Le PDNA doit être également l’émanation des territoires touchés par le séisme. Il doit être fait avec eux et pour eux, car la reconstruction se passera chez eux. D’où leur implication dès les premiers instants pour que l’appropriation soit sincère et complète »

Le représentant des Nations-Unies Maureen Birminghan a lui-même enchainé « Nous voyons cet exercice comme une opportunité non seulement pour la reconstruction physique qui est très importante, mais aussi pour la reconstruction sociale vers un développement durable plus résilient et plus équitable pour le peuple haïtien qui peut aider à générer plus de cohésion sociale »

De son côté, Msellati Laurent de la Banque mondiale a présenté les résultats des premières évaluations de l’impact effectuées durant les 10 derniers jours. « Les dommages se chiffrent à 1, 12 milliards de dollars, 2/3 de ces dommages physiques sont dans le secteur privé 1/3 concerne le secteur public. Une grande partie concerne le logement, 730 millions de dollars. Les bâtiments résidentiels (écoles, hôpitaux, bâtiments publics) se chiffrent à 162 millions de dollars. Les infrastructures : Routes, ponts touchés dans le séisme qui rendent l’acheminement de l’aide, des équipements difficiles sont évaluées à 219 millions de dollars », a-t-il énuméré.

Tous ces scénarios ont été déjà vus et entendus à chaque catastrophe précisément en 2008 après le passage des ouragans Fay, Gustave, Hannah et Ike en 2010 justement après le séisme du 12 janvier et tout récemment en 2016 après le passage du cyclone Matthew dans le Sud. Tous ces beaux discours dégagent en commun une odeur nauséabonde de corruption et de népotisme. Ce ne sont encore que des conneries, beaucoup d’argent vont être dépensés pour de piètres résultats. Le seul et vrai perdant sera toujours les masses laborieuses !

De fait, l’actuel gouvernement provisoire, par honnêteté politique ne devrait même pas s’engager dans de telles activités. C’est un gouvernement, illégitime, gérant un désarroi officiel, on pourrait même appeler cette période « Désorganisation des institutions de l’Etat à tous les niveaux»

 Pour l’histoire rappelons la débâcle de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) et le Fonds pour la reconstruction d’Haïti en 2010.  Cette reconstruction qui n’a jamais eu lieu mais a contribué grâce à l’ancien président américain Bill Clinton à la construction d’un hôtel de luxe en Haïti. Qui pis est, le principal bénéficiaire des donations octroyées à Haïti s’est révélé être le gouvernement impérial des Etats-Unis.

A la vitesse spectaculaire où vont les choses, les masses défavorisées haïtiennes, les travailleurs, les misérables paysans et les jeunes doivent dire haut et fort : Halte là ! De sorte qu’ils ne refassent guère la même expérience de fausse reconstruction prônée par les laquais au service des vautours impériaux devant lesquels ils s’aplatissent comme des punaises. La vraie reconstruction passera par le peuple et pour le peuple à travers d’abord la lutte révolutionnaire pour la libération du pays, sous la direction d’une avant-garde conséquente, patriote, dessalinienne, nationaliste, socialiste.

 

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