Haïti pourra-t-elle faire face au Coronavirus ?

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Le virulent coronavirus de façon évidente n’a plus de frontières. Issu de la Chine populaire, dans la ville de Wuhan, il est déjà présent dans plusieurs grandes villes occidentales et un cas isolé aurait même été retrouvé chez nos voisins de la République Dominicaine. N’est-ce pas évident de dire que si notre voisin est attaqué, il nous faut commencer à nous préparer en la circonstance.

Dans le monde, l’épidémie COVID-19 du nouveau coronavirus s’achemine déjà vers une catastrophe mondiale, une pandémie comme le désigne l’Organisation mondiale de la santé (OMS).  A ce stade, incontrôlable même pour les pays riches dominants, le nombre de malades continue d’augmenter. Quel sera le sort d’un pays appauvri, exploité ? Quel sera le sort des masses populaires haïtiennes si le Coronavirus arrive à frapper nos portes ? Ne sera-t-il pas difficile pour ne pas dire impossible de stopper la propagation de cette maladie souvent mortelle dans un pays à la dérive, dépourvu de soins de santé même fondamentaux et totalement ravagé par la misère, la pauvreté et la corruption?

Le système national de santé d’un pays constitue la première base de la lutte contre cette maladie. À très court terme, ce sont les organismes déjà sur place et les équipes spécialisées qui peuvent porter secours aux victimes. Quant à nous, déjà l’accès aux soins de santé pour la majorité de la population est un luxe exorbitant puisque notre système médical a été justement dévasté par l’exploitation à outrance du capitalisme mondial, sources sociales et politiques de nos souffrances.

Nos services d’approvisionnement en besoins fondamentaux sont complètement désorganisés ; quant à présent tous nos hôpitaux publics sont en grève, du fait que les travailleurs de la santé n’ont pas reçu leurs salaires depuis plusieurs mois tout en exigeant également de meilleures conditions de travail.  Le cas du pays est à ce titre très fragile avec une économie malade d’une tuberculose résiliente et très vulnérable à tous les risques même les plus insignifiants, d’autant qu’il manque d’installations sanitaires, d’eau potable etc…

Les conditions dans lesquelles vivent les masses du pays relèvent non seulement d’une guerre historique mais et surtout d’une exploitation scandaleuse et criminelle de l’impérialisme américain et mondial comme une punition envers le peuple qui a mis fin au système aberrant de l’esclavage.

L’impérialisme facilite pour autant une petite élite financière corrompue, rétrograde, réactionnaire au détriment du pays et des masses populaires. Cette élite revendeuse, en complicité avec les puissances exploiteuses, n’a rien entrepris dans le pays pouvant initier un avancement vers le développement ou une prise de conscience économique nationale parce qu’elle dépend elle-même des pays étrangers pour ses soins de santé.

Si nous ne pourrons pas prendre les mesures nécessaires pour combattre le virus, c’est du fait que les pays impérialistes nous ont toujours imposé des parias, des charlatans, des mercenaires corrompus, des antinationaux comme dirigeants et fomentés des coups d’État pour nous déstabiliser et détruire nos faibles infrastructures.

La plupart d’entre eux se réjouissent toujours quand le pays est frappé d’une quelconque catastrophe. Cela leur donne le moyen de recevoir des miettes d’aumône qu’ils pilleront et gaspilleront comme bon leur semblera.

Si nous ne serons pas prêts à faire face au Coronavirus, c’est du fait que nous ne nous sommes pas encore remis des effets dévastateurs du séisme du 12 janvier 2010 et de l’épidémie de choléra que les Nations-Unies, via la Minustah, nous avait apportée et cela sans aucun dédommagement.

Si nous ne serons pas au rendez-vous pour nous défendre comme tous les autres, ce ne sera pas seulement à cause de la virulence du virus, ce sera aussi la conséquence de l’arriération résultant de la domination d’Haïti par l’impérialisme américain et européen.

Cette épidémie ne vient-elle pas nous rappeler que nous ne devons plus continuer à vivre sous la dépendance d’une quelconque communauté internationale. Il nous faut mettre un terme à cette situation de dépendance des puissances capitalistes.

Ce virus peut-être sans doute le réveil des pays appauvris soumis au système capitaliste. Il peut servir de catalyseur pour réveiller les classes dominées, assoiffées de mettre fin à la pléiade de  gouvernements serviles, aux ordres des impérialistes qui leur donnent toute la latitude d’exploiter les ressources des pays.

Administrer en Haïti un traitement juste pour juguler le Coronavirus ne sera pas suffisant, si on ne détruit pas également et totalement le virus destructeur capitaliste.

 

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