Chronique d’une force militaire annoncée

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Six ans après le départ de la force militaire des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH), force est de constater que des tractations sont en cours pour que le pays soit à nouveau volé, violé et pillé par les mêmes puissances occidentales sous couvert des Nations-unies.

Six ans après le départ du 15 octobre 2017 de la force militaire des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH), force est de constater que des tractations sont en cours pour que le pays soit  à nouveau volé, violé et pillé par les mêmes puissances occidentales sous couvert des Nations-unies.

En effet, le jeudi 6 juillet lors de son retour des festivités du 50ème anniversaire de la CARICOM à Trinité et Tobago, en conférence de presse au salon diplomatique de l’aéroport international, le premier ministre a.i Ariel Henry avec un air triomphant annonce que la force multinationale est bien plus proche que jamais. « Je ne vais pas beaucoup parler. Je veux vous dire qu’aujourd’hui, nous sommes plus proche ».

Le ministre des affaires étrangères et des cultes Jean Victor Généus, lui n’est pas retourné en Haïti. Il s’est rendu de préférence aux Etats-Unis pour participer à une réunion du Conseil de Sécurité  Nations Unies sur le dossier haïtien.

Le premier ministre a.i Ariel Henry, en conférence de presse au salon diplomatique de l’aéroport international

Au cours de cette séance, pour réitérer la demande de son gouvernement d’un déploiement à la hâte d’une force internationale et désespérément, il déclare au Conseil de sécurité des Nations unies:  « Haïti réclame, une fois de plus, le bénéfice de l’urgence ».

Dans la foulée, lors de cette séance, le représentant  permanent de la France auprès des Nations unies, Nicolas de Rivière a pour sa part indiqué : « Ne laissons pas Haïti sombrer dans le chaos.  Regardons les choses en face. Sans sécurité, il n’y aura ni développement, ni État de droit, ni justice pour les victimes, mais il n’y aura pas non plus d’apaisement social en Haïti sans le rétablissement des institutions. Ainsi, la France exhorte la communauté internationale à se mobiliser de toute urgence. Elle se fait l’écho de l’appel lancé par le Secrétaire général des Nations unies. Elle soutient le déploiement d’une force en appui à la Police nationale d’Haïti via un engagement plus robuste des Nations unies ».

Pour la cheffe du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), Marie Isabel Salvador « L’accès à l’éducation, à la nourriture, à l’eau, à l’assainissement et aux services de santé a été sévèrement limité par l’activité des gangs. Dans les zones touchées par la violence des gangs, les activités économiques sont périodiquement, sinon en permanence, paralysées ». Mais  le point essentiel de son discours est « l’apparition de groupes d’autodéfense ajoute une autre couche de complexité. Depuis avril, le BINUH a documenté le meurtre d’au moins 264 membres présumés de gangs par des groupes d’autodéfense ». N’est-ce pas une façon classique de dire qu’elle n’est pas d’accord avec le mouvement populaire Bwa kale ?

Marie Isabel Salvador lors de la réunion du Conseil de Sécurité des Nations-Unies sur Haïti

Quel mensonge éhonté de la part de Marie Isabel Salvador, quand elle indique  « à l’instar de ce que le Secrétaire général a entendu lors de sa visite en Haïti, j’ai moi aussi entendu, depuis mon arrivée, des appels à un soutien international en matière de sécurité. La Force internationale robuste dont Haïti a besoin doit compléter et renforcer, et non remplacer, la Police nationale d’Haïti, dans le plein respect de la souveraineté nationale d’Haïti ».

Certes Mme Salvador, ce que Gutteres et vous ont entendu ne viennent pas de la masse populaire qui a été victime en plusieurs occasions de la MINUSTAH mais sans doute de certaines personnalités de la bourgeoisie patripoche  nostalgiques des forces de la Minustah, car elles ont des maisons luxueuses à louer pour faire leur beurre. Elles sont impatientes de l’arrivée de cette force.

Par ailleurs le Secteur Démocratique et Populaire (SDP), lors d’une rencontre tenue à Delmas 75 le 8 samedi juillet 2023, des dirigeants Marjory Michel, Ricard Pierre, Michel André, Joël Costumé avec leurs partisans a réaffirmé son soutien à la demande du gouvernement de l’intervention d’une force multinationale robuste en Haïti. Rien d’étonnant de ces Conzé en alliance avec le PHTK au pouvoir quand il déclare que « Le SDP continuera de soutenir la décision du gouvernement de demander l’envoi d’une force multinationale en appui à la police dans l’objectif de lutter contre les gangs, d’éradiquer le kidnapping en Haïti. Nous sommes clairs là-dessus. Dans l’état actuel des choses, vu la situation de la police, elle ne pourra pas sécuriser le pays à elle seule. Nous avons besoin du soutien de nos amis de la communauté internationale ».

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