Camarades, levez-vous pour défendre vos Droits et Libertés!

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L’existence des pauvres doit être un « combat » quotidien contre l’injustice sociale et l’oppression politique.

« Je n’oublierai jamais le moment où, pour la première fois, j’ai senti et compris la tragédie de la colonisation. Depuis ce jour, j’ai honte de mon pays. Depuis ce jour, je ne peux pas rencontrer un Indochinois, un Algérien, un Marocain, sans avoir envie de lui demander pardon. Pardon pour toutes les douleurs, toutes les humiliations qu’on lui a fait souffrir, qu’on a fait souffrir à leur peuple. Car leur oppresseur, c’est l’État français, il le fait au nom de tous les Français, donc aussi, pour une petite part, en mon nom. C’est pourquoi, en présence de ceux que l’État français opprime, je ne peux pas ne pas rougir, je ne peux pas ne pas sentir que j’ai des fautes à racheter. »
(Simone Weil, Qui est coupable des menées antifrançaises, éd. Gallimard, 1960, p. 341)

Nous ne pouvons pas nous taire devant les souffrances des populations dépérissantes. La route qui doit faire lever le soleil sur les ajoupas des pauvres passera inévitablement par une lutte révolutionnaire. C’est la nuit de la « Révolution » que les masses  – à peu près comme Cjamango dans le film de Vincenzo Musolino – répondront aux assassins financiers de la planète : « Demandez pardon à Dieu, pas à nous…!» Et puis, sur la tombe des bourreaux du système néocolonialiste, pas de « Requiescat in pace! »

Le prolétariat mondial souffre de l’injustice de l’oligarchie des milliardaires qui ne cessent pas de dévaliser les banques des richesses communes. Les citoyens responsables peuvent-ils se croiser les bras devant une telle situation de détresse et se laisser gagner par la peur de parler, la frayeur de dénoncer…? Et surtout par la crainte d’agir? Ne faut-il pas avoir le courage de se tenir fermement debout devant les fossoyeurs de l’existence humaine pour leur dire d’arrêter ce jeu de massacre? La presse occidentale ferme les yeux volontairement sur les crimes des puissances impériales. Ces médias défendent plutôt les intérêts du « Capital ». Ils font rarement mention dans les bulletins de nouvelles, dans les colonnes qui traitent des actualités nationales et internationales, des multitudes d’individus affamés qui attendent la mort dans un coin de leurs cahutes, en vue de mettre un terme à leurs conditions de misérabilité chroniques. Ces nuées infinies de hères, – au lieu de se battre contre leurs oppresseurs –, fondent leur espoir sur l’inexistence, pour stopper leurs souffrances psychologiques et physiques. Les journaux, les revues, les magazines, les chaines de radio et de télévision, les moteurs de recherche internet ne sont-ils pas devenus des entreprises bourgeoises? Prennent-ils en compte les intérêts immédiats des pauvres? Selon les « nouveaux maîtres du monde », les Indiens et les Noirs sont nés pour être asservis, dominés… Et pour souffrir. Cependant, même Adolphe Hitler, l’Attila de l’Allemagne nazie, reconnaît, incroyablement, la cruauté inqualifiable exercée par des États comme la France, l’Angleterre, l’Espagne, les États-Unis contre les indigènes de l’Afrique et les autochtones de l’Amérique. Dans « Testament politique d’Hitler », préfacé par Trevor-Roper, paru aux Éditions Fayard en 1959, l’exterminateur des Juifs affirma :   « Les blancs ont toutefois apporté quelque chose à ces peuples (colonisés), le pire qu’ils pussent leur apporter, les plaies du monde qui est le nôtre: le matérialisme, le fanatisme, l’alcoolisme et la syphilis. Pour le reste, ce que ces peuples possédaient en propre étant supérieur à ce que nous pouvions leur donner, ils sont demeurés eux-mêmes […] Une seule réussite à l’actif des colonisateurs: ils ont partout suscité la haine. Cette haine qui pousse tous ces peuples, réveillés par nous de leur sommeil, à nous chasser. Il semble même qu’ils ne se soient réveillés que pour cela! »

Seulement, le pays de Charles de Gaulle ne pouvait pas savoir qu’il allait lui-même recevoir des centaines d’années plus tard, de la part d’un fou du continent européen, les mêmes traitements que ses rois infligèrent aux Africains déportés et aux Indiens d’Amérique décimés et dépouillés de leurs terres. Ce sont les États colonialistes qui ont inspiré à Hitler les pratiques de la servitude outrancière et de l’exploitation cruelle des êtres faibles. Pour le Troisième Reich, les Français formaient une race inférieure, prédestinée à la soumission et consacrée à l’asservissement. Ils existent pour servir les nations supérieures, parmi lesquelles : les peuples allemands et italiens.

route qui doit faire lever le soleil sur les ajoupas des pauvres passera inévitablement par une lutte révolutionnaire.

Depuis des décennies, nous tentons de rallier des activistes et des militants politiques de l’univers à la cause des pauvres. Plusieurs écrivains le font depuis longtemps : Noam Chomsky, Jean Ziegler, Suzan George, etc. Nous ne saurions comptabiliser les cadavres que le combat pour le respect des Droits naturels a occasionnés sur les continents. Nous l’avons déjà mentionné : toutes les régions de la terre ont leurs lots de martyrs qui se reposent quelque part dans un cimetière. La guerre pour le pain, la farine, le sucre et l’eau est l’expression violente d’un antagonisme millénaire qui se nourrit à la source des répartitions dichotomiques des richesses de la planète. Certains en ont trop. D’autres, pas assez. Ou pas du tout. Comment se résigner à l’idée de dépérir par la faute d’une minorité d’insouciants milliardaires qui traitent leurs semblables comme des vers de terre qu’ils écrasent sous leurs talons ? Le fonctionnement des sociétés du globe doit être repensé et réorganisé. Un monde tellement riche ne devrait pas héberger tant de misérables.

Edmund Burke est un philosophe irlando-britannique qui décéda en 1797 en Grande Bretagne. Homme politique, il prit position en faveur de la Révolution américaine. Son célèbre ouvrage « Réflexions sur la Révolution de France » prédisait que les événements qui conduisirent en 1789 à la prise de la Bastille allaient connaître un tournant désastreux. Et cela arriva. Des têtes précieuses furent décapitées. Edmund Burke, appelé le père du conservatisme moderne, a influencé les œuvres de plusieurs grands philosophes, particulièrement Denis Diderot et Emmanuel Kant. Le théoricien nous légua cette observation pertinente : « Il suffit que des hommes de bien ne fassent rien pour que le mal triomphe. » Nous avons juré, de notre côté, de combattre l’Injustice, de prêcher la Rébellion, d’encourager l’Insurrection, de soutenir le Grand Combat des opprimés, jusqu’à l’anéantissement total de la dynastie de Babylone. Et ce jour-là sera enfin celui du « pretium doloris [1]» pour les misérables de l’univers.

Le théoricien Karl Marx écrit dans le « Manifeste du parti communiste » : « Les armes dont la bourgeoisie s’est servie pour abattre la féodalité se retournent aujourd’hui contre la bourgeoisie elle-même. La bourgeoisie n’a pas seulement forgé les armes qui la mettront à mort; elle a produit aussi des hommes qui manieront ces armes, les ouvriers modernes, les prolétaires. »

Jean-Paul Sartre et Albert Camus se sont livrés une querelle interminable sur la guerre de l’Algérie, autour de l’utilisation de la violence politique entre les États et entre les fractions sociales. Sartre reprochait à Camus de n’avoir pas adopté une position claire et radicale dans le conflit armé qui opposait son pays d’origine à la France. Le philosophe de l’existentialisme restait convaincu que « pour se ranger aux côtés de l’histoire, il fallait choisir la violence nécessaire ». Des critiques ont pris la défense de Camus dans cette polémique intellectuelle considérée aujourd’hui encore comme étant inachevée. Alors que les deux nobélisés en littérature sont décédés depuis longtemps.

L’horloge de la République d’Haïti marque le temps des règlements de compte avec les prédateurs de la patrie. Le terme « Révolution » est sur toutes les lèvres. Les ouvriers, les travailleurs, les paysans ne savent pas ce que cela veut dire rationnellement, scientifiquement, académiquement, dites-vous, peut-être! Néanmoins, ils savent très bien ce que ce concept, une fois matérialisé, est capable d’apporter dans les maisonnettes et les ajoupas : logement, nourriture, eau potable, éducation, transport, santé, sécurité… Alors, tous ont juré de tourner définitivement la page de l’exploitation, de la répression, de la déshumanisation, de l’exode, de la famine, de l’analphabétisme… Les biens de la terre doivent profiter à tous les êtres humains. L’univers n’a pas été créé avec des lignes frontalières. Changer le système veut dire aussi rétablir les principes de la « libre circulation » pour toutes les nations.

Le 13 novembre 2018, le quartier de La Saline, à Port-au-Prince, a été le théâtre d’un violent massacre. Environ une centaine de cadavres par balles et par armes blanches. Les assaillants ont brûlé les corps des victimes afin de les rendre méconnaissables. Inidentifiables. Les Organismes des Droits humains qui militent dans le pays ont enquêté minutieusement. Ils dénoncent ce qu’ils appellent un « massacre d’État ». Les rapports qu’ils ont produits sont arrivés dans les enceintes du Congrès des États-Unis et de l’Organisation des Nations unies. Le Core Group présent en Haïti est resté muet comme une carpe devant cette tuerie odieuse. Les ambassades étrangères accréditées à Port-au-Prince font tout pour enterrer les crimes des « putes » qu’ils ont placées à la tête de la République d’Haïti. L’ex-premier ministre Gérard Latortue se la coule douce en Floride.

Sans même penser aux victimes de Raboteau, dans la Cité de l’indépendance. Cette semaine encore, les États-Unis envisageaient de rapatrier le cocaïnomane Emmanuel Constant, sous prétexte que l’assassin a commis des fraudes économiques et financières sur leurs territoires. Cependant, nous sommes en mesure de comprendre que cette expulsion ne découvre qu’une toute petite pointe de l’iceberg. La présence en Haïti de cet autre dirigeant subalterne du corps paramilitaire, fondé par la CIA, dénommé Front pour l’Avancement et le Progrès haïtien (FRAPH), participe d’une stratégie cousue de fil blanc, en vue de renforcer le rang des criminels armés au service des intérêts impérialistes. D’autant plus que son collègue, – que le Département d’État a utilisé pour destituer Jean-Bertrand Aristide en 2004, Jodel Chamblain –, l’attend déjà sur le terrain. « Les deux font la paire. » Il existe un projet subtil de regroupement des gangs redoutables qui occupent les régions rurales et les quartiers défavorisés des villes, particulièrement la capitale. Le coordonnateur désigné à cette tâche hautement criminelle s’appelle Emmanuel Toto Constant : un tueur froid, encore plus cynique que les hommes de main d’Alcapone. Son rôle, une fois de retour en Haïti, n’aurait-il pas été de former des lots d’escadrons de la mort, qui auraient pour mission d’assassiner les dirigeants politiques susceptibles d’entraver la reconduction de l’équipe du Parti haïtien Tèt kale (PHTK) à la présidence nationale?

Le coup d’État contre le président légitime de la Bolivie Evo Morales a prouvé une fois de plus que certaines présences sur le sol national sont des épines qui collent au pied du développement social et du progrès économique. L’impérialisme, le néolibéralisme, le néocolonialisme est définitivement contre le bien-être des populations des pays émergents et  en voie de développement.

L’existence des pauvres doit être un « combat » quotidien contre l’injustice sociale et l’oppression politique. Pour renverser les barrières des inégalités, les masses prolétarisées privilégieront les moyens qu’elles estimeront nécessaires et les méthodes qui leur paraîtront appropriées pour se désenchaîner de l’oppression néocoloniale.

Comrades, stand up for your rights!

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[1] Littéralement : Le prix de la douleur

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