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Au cœur de crises planétaires, Trump fait pression sur Haïti

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Une manifestation haïtienne aux États-Unis exige que l'administration Trump maintienne le TPS pour les travailleurs haïtiens.

Le 3 février — jour que le Département de la Sécurité intérieure avait fixé pour entamer l’expulsion de 350 000 Haïtiens — un navire de guerre américain, le destroyer lance-missiles USS Stockdale, accompagné de deux patrouilleurs des garde-côtes, a fait son apparition dans la baie de Port-au-Prince. Le Stockdale dispose de capacités de défense antiaérienne, anti-sous-marine et anti-drones, qu’il a utilisées lors d’échanges de tirs avec le mouvement Ansar Allah au Yémen alors qu’il était déployé en mer Rouge.

Le Pentagone souhaitait manifestement avertir les masses haïtiennes qu’il contrecarrerait toute tentative massive de fuite par voie maritime.

Le 7 février marquait la date à laquelle l’actuel Conseil présidentiel d’Haïti devait se dissoudre pour être remplacé par le candidat à la présidence soutenu par les États-Unis, Alix Didier Fils-Aimé. L’envoi du Stockdale a clairement signifié aux politiciens bourgeois haïtiens que l’administration Trump gardait toujours les yeux rivés sur Haïti.

Expulsions et TPS

Le Statut de protection temporaire (TPS) a été instauré en 1990 afin de permettre aux réfugiés fuyant une situation dangereuse — qu’elle soit d’ordre politique (généralement une guerre civile) ou environnemental — de vivre et de travailler aux États-Unis. Les États-Unis ont accordé le TPS aux Haïtiens en 2010, après qu’un violent séisme a frappé Port-au-Prince ; ce statut a été prolongé à de multiples reprises depuis lors.

Trump s’est efforcé de mettre fin au TPS pour le Venezuela, l’Éthiopie et l’Afghanistan, ainsi que pour le Nicaragua et le Honduras.

Environ 1,3 million de personnes bénéficient actuellement du TPS, y compris des Haïtiens. L’ancienne secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a rejeté chaque demande de prolongation ou de déclaration soumise au cours de son mandat.

Trump s’est activement efforcé de mettre fin au TPS pour le Venezuela, l’Éthiopie et l’Afghanistan, ainsi que pour le Nicaragua et le Honduras. Il s’est heurté à une multitude de recours judiciaires et d’ordonnances restrictives temporaires. Certaines affaires ont fini par être portées devant la Cour suprême.

L’une des fausses justifications invoquées pour les expulsions dont Trump se vante réside dans l’allégation selon laquelle les immigrants accapareraient les emplois et les services publics sans s’acquitter de leurs impôts. L’American Immigration Council (AIC), dans une étude portant sur les données de 2023, a établi que « plus de 164 000 bénéficiaires du statut TPS originaires d’Haïti et résidant aux États-Unis ont généré un revenu total des ménages de 3,9 milliards de dollars, ont versé un total de 983,9 millions de dollars d’impôts — dont 600,8 millions en impôts fédéraux et 383,1 millions en impôts d’État et locaux — et disposaient d’un pouvoir d’achat de 2,9 milliards de dollars. »

Si les limites légales aux expulsions venaient à être levées, 50 000 enfants nés aux États-Unis d’un parent non citoyen seraient confrontés à un dilemme déchirant : doivent-ils rester ou partir ?

Les travailleurs haïtiens sont concentrés dans les établissements de santé, tels que les maisons de retraite et les centres de rééducation. Leur absence se ferait immédiatement sentir, en particulier dans le sud de la Floride, qui abrite de nombreux retraités.

Une part importante des 3,9 milliards de dollars cités par l’AIC a été réinvestie auprès des familles restées en Haïti, où l’économie n’offre que peu d’emplois formels — un nombre certainement bien inférieur aux 164 000 emplois occupés par les Haïtiens aux États-Unis. L’absorption de centaines de milliers de nouveaux arrivants n’est pas une tâche qu’Haïti est réalistement en mesure d’accomplir.

Le statut TPS devrait être maintenu pour les migrants haïtiens. En fait, il devrait être étendu à tous les immigrants qui sont souvent contraints de fuir leur pays d’origine en raison de conditions créées par les États-Unis.

WW 18 mars 2026

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