7 Février : Qui va remplacer Michel Martelly?

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Le mandat de l’occupant du Palais national, monsieur Michel Joseph Martelly arrive à terme le dimanche 7 février 2016, sans qu’aucune élection n’ait eu lieu pour le remplacer, selon le vœu de la Constitution haïtienne. Alors, que dit la Constitution en ce qui concerne le début et la fin du mandat présidentiel ? L’article 134.1 et suivants ont ainsi répondu : « La durée du mandat présidentiel est de cinq (5) ans. Cette période commence et se termine le 7 février, suivant la date des élections.

L’élection présidentielle a lieu le dernier dimanche d’octobre de la cinquième année du mandat présidentiel. Le président élu entre en fonction le 7 février suivant la date de son élection. Au cas où le scrutin ne peut avoir lieu avant le 7 février, le président élu entre en fonction immédiatement après la validation du scrutin et son mandat est censé avoir commencé le 7 février de l’année de l’élection.

Le président de la République ne peut bénéficier de prolongation de mandat. Il ne peut assumer un nouveau mandat, qu’après un intervalle de cinq (5) ans. En aucun cas, il ne peut briguer un troisième mandat. »

Alors, voici que le 7 février arrive, sans qu’il ait eu de président élu. Cela prouve que les individus issus de l’idéologie macouto-duvaliériste ne pratiquent pas de culture politique démocratique. Lorsqu’ils arrivent frauduleusement au pouvoir, ils veulent le maintenir par tous les moyens au grand mépris de la Constitution et des lois de la République.La mission de L’oea

1La Constitution, qui est la loi mère, est d’application stricte. Elle prévoit dans son article 149 la vacance présidentielle pour une raison ou pour une autre ; mais elle ne prévoit pas ce qui va arriver le 7 février prochain. On l’appelle vide présidentiel. Donc, c’est le résultat de la gestion catastrophique du régime tètkale, néo-duvaliériste, renforcé par des représentants de GNB, dirigé par un chanteur de compas, Sweet Micky, imposé par la communauté internationale au cours de l’année 2011. Pendant toute la durée de son mandat, ce régime est supporté aveuglement par les collabos de l’international, issus de l’oligarchie, de l’église, de la société civile, et d’une certaine presse.

En dépit de la pauvreté extrême du peuple haïtien, la famille présidentielle a profité de l’espace du pouvoir pour s’enrichir et vivre dans l’opulence. Le pays est plongé dans le gouffre et dans l’anarchie. Aucune institution et aucun pouvoir ne fonctionnent pas convenablement. La Constitution de 1987 a établi un régime démocratique avec la séparation des trois grands pouvoirs de l’Etat, à savoir : l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire. A partir de 7 février 2016, l’Exécutif bicéphale n’existe plus, le Législatif bicamérale est frappé d’un grand déficit de légitimité flagrante et le Judiciaire est amputé de la moitié de ses membres. Aucun de ces pouvoirs n’a ni légitimité ni la légalité pour combler tout seul le vide laissé par monsieur Michel Martelly, le 7 février. Le pire de tout cela, c’est que Michel Martelly a fait appel à l’Organisation des Etats Américains (OEA) pour venir s’immiscer dans les affaires internes du pays fondateur de l’indépendance de l’Amérique et le premier au monde a avoir banni l’esclavage. Par contre, les émissaires de l’OEA ont trouvé une fin de non-recevoir du côté du peuple haïtien et de certains dirigeants politiques. Lors des dernières manifestations qui ont eu lieu à travers le pays, des slogans hostiles ont été lancés à l’endroit de l’organisation hémisphérique. OEA se kolera. OEA se sida. OEA pèp ayisyen di li pap obeyi. OEA is also guilty…. »

D’un autre côté, le peuple haïtien est resté mobilisé pour exiger l’arrestation de monsieur Martelly et de ses acolytes pour vol, corruption, violation du droit politique entre autres. Il ne veut plus que l’international vienne s’immiscer dans les affaires internes de son pays. Le 7 février de gré ou de force Michel Martelly doit partir !

Entre temps, selon des rumeurs qui circulent dans la presse locale même que le Premier ministre de facto Evans Paul a démissionné de ses fonctions en vertu d’un dit accord entre les 2 présidents des deux prétendues chambres, en l’occurrence, le sénateur, Jocelerme Privert et le soi-disant président de la chambre des députés, Cholser Chancy et l’occupant du Palais national, Michel Martelly. Cette démission viserait à permettre la nomination d’un nouveau Premier Ministre de consensus et à faciliter le départ de Michel Martelly le 7 février prochain. Trois noms circulent déjà pour être le prochain Premier ministre retenu par Michel Martelly. Il s’agit de l’homme d’affaires Reynold Deeb, du sénateur de la Grand’Anse Andris Riché, et du Premier ministre démissionnaire Evans Paul.

Contrairement à la Constitution, cet accord prévoit seulement un chef de gouvernement sans un président de la république pour conduire les affaires de l’Etat jusqu’à l’installation d’un nouveau président élu conformément aux prescrits de la loi.

Tandis que l’Opposition de son côté, rejette d’un revers de main cette proposition. Elle exige le respect de la Constitution et appelle à nouveau à la mobilisation pour faire échec à cette nouvelle conspiration contre le peuple haïtien. Dans cette perspective, quatre nouvelles journées de manifestation ont été lancées pour les jeudi 4, vendredi 5, samedi 6 et dimanche 7 février pour continuer de réclamer le départ et l’arrestation de Martelly, la formation d’un gouvernement provisoire, la mise sur pied d’un nouveau Conseil Electoral Provisoire et la formation d’une commission d’enquête indépendante capable de faire la lumière sur ce qui s’est passé le 9 aout et le 25 octobre lors des scrutins.
Et, enfin l’Opposition réclame sa participation dans tout le processus de dialogue visant l’éventuelle résolution de la crise. Selon plus d’uns, Michel Martelly et les parlementaires mal élus n’ont pas de légitimité populaire nécessaire pour engager le pays dans une quelconque aventure politique qui ne fait que l’enfoncer davantage dans une crise récurrente. En d’autres termes, toutes les résolutions à cette crise politique et électorale doivent impliquer tous les secteurs de la vie nationale et sans ingérence étrangère. De toute façon, le lundi 8 février prochain le pays se lèvera sans Michel Martelly au Palais national et sans un président élu ; et cela constitue bien un échec cuisant pour le régime tétkale-GNBiste et la communauté internationale.

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