En Haïti, les transitions et l’instabilité politiques se suivent et se ressemblent. Tous les observateurs politiques se rappellent la somme de propositions de sortie de crise proposée par les oppositions pour parer à un hypothétique vide politique et institutionnel au moment du départ des précédents dirigeants du pays. Naturellement, à l’exception notable de celui de la dictature de la famille Duvalier le 7 février 1986. Sinon, du Président Jean-Bertrand Aristide, le 29 février 2004, au Premier ministre/Président Ariel Henry, le 29 février 2024, la classe politique haïtienne s’est fait une spécialité en proposant des sparadraps comme médicament miracle pour réparer des jambes de bois. Durant toute l’administration de Jovenel Moïse et la crise politique qui l’accompagnait jusqu’à la tragédie de son assassinat en juillet 2021, les opposants de tout bord ont passé leur temps à proposer « Accords sur Accords » et « Projets contre Projets » en vue d’éviter de nouvelles crises politiques post-départ de cette présidence tant décriée.
Certains ouvrages sur ces périodes charnières ont fait mention d’innombrables pourparlers et d’Accords signés par les multiples organisations et partis politiques dans l’idée d’assumer ou d’assurer la succession soit après avoir contraint la partie adverse à quitter les sphères du pouvoir soit une fois que son mandat arrive à échéance. Tel est le cas aujourd’hui du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Cette entité étatique jouant le rôle de Pouvoir Exécutif, composée de 9 membres et installée depuis mai 2024, dont le 7 février 2026 marquera la fin de son mandat. En clair, nous sommes à J-16 du compte à rebours. Ainsi, comme nous l’avons déjà décrit dans les chroniques précédentes, les manœuvres de toute sorte ne cessent de se multiplier pour proposer une alternative au départ effectif de cet Exécutif transitoire qui, de l’avis général, a échoué sur toute la ligne comme il en était le cas lors de celui de l’ancien Premier ministre Ariel Henry. Sauf qu’en Haïti, rien n’est simple surtout quand il faut compter avec l’ingérence de la Communauté internationale qui se résume, en réalité, à trois ou deux, voire une seule puissance, les Etats-Unis d’Amérique.
Les deux autres étant la France et le Canada. Bien que la seconde prenne de plus en plus d’ascendance sur la première en assumant et affichant ouvertement son ingérence dans la politique intérieure haïtienne par sa politique et sa diplomatie de sanction contre certains dirigeants politiques et quelques rares membres de l’oligarchie économique du pays. Constatant l’échec de l’équipe de Transition en place, certains partis politiques et des personnalités de la Société civile, bien que la plupart en était à l’origine favorable et a même contribué à la mise en place de cette présidence collégiale depuis deux ans, se sont démarqués du groupe et, à l’approche de la date fatidique du 7 février, pensent pouvoir formuler une énième solution afin d’assurer la continuité de l’État ou leur propre survie politique mais avec une formule plus classique au sommet de l’État.
Leur idée : revenir à une Transition dirigée par un Pouvoir exécutif bicéphale, c’est-à-dire, un Président ou une Présidente provisoire de la République unique et un gouvernement sous l’autorité d’un ou d’une Premier (e) ministre, chef du Cabinet ministériel. Certes, ils ne sont pas les premiers à avoir proposé cette formule. Rappelez-vous les différents regroupements politiques, personnalités et entités de la Société civile qui, durant des mois et aujourd’hui encore, continuent de militer pour cette approche qu’ils estiment être plus apte à sortir le pays de cette absence de leadership politique et d’autorité. Tous ou presque militent pour l’option d’un juge de la Cour de cassation. La nostalgie de la réussite du juge de la Cour de cassation, madame Ertha Pascal-Trouillot, première femme Présidente d’Haïti, plane encore dans leur mémoire.
Ce qui est intéressant dans la démarche de cette nouvelle coalition politique réclamant la mise en place d’un chef d’Etat provisoire unique à la place de la collégialité présidentielle, c’est que beaucoup parmi eux font également la promotion pour la nomination d’un magistrat de la Cour de cassation à la tête de la Transition. La seule différence, pour ce nouvel « Accord » dénommé : « Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la Transition », ils sont beaucoup plus nombreux en termes de partis et de regroupements politiques que les premiers majoritairement venus de la Société civile, des notables ou des personnalités un peu à l’écart de l’échiquier politique. Les signataires, en effet, sont venus de plus de 70 organisations, mouvements et partis politiques d’horizons divers.
En revanche, le plus grand handicap de cet « Accord politique », et non des moindres à notre avis, c’est le nom de certaines formations politiques qui, non seulement ont participé dans un premier temps et participent encore aujourd’hui à l’aventure de la création et l’installation du Conseil Présidentiel de Transition, mais en plus de cela, sont des organisations qui ont perdu depuis longtemps leur crédit au sein de la population, voire aux yeux des faiseurs de « roi » en Haïti, c’est-à-dire, l’Internationale. Si un mouvement politique comme EDE (Engagés pour le Développement) assez actif depuis sa création après l’assassinat de Jovenel Moïse et dirigé par l’ancien Premier ministre Claude Joseph et le KID (Konvansyon Inite Demokratik de l’ex-chef du gouvernement de Michel Martelly, Evans Paul (KP), voire une personnalité comme l’ancien Président du Sénat et ancien ministre Simon Dieuseul Desras, disposent d’un certain respect et sont parmi les premiers signataires de cet « Accord », d’autres paraissent moins rassurants et peuvent même constituer un boulet pour cette initiative.
C’est le cas notamment de Jean-Charles Moïse et de sa formation politique Pitit Desalin à qui la population reproche l’ambiguïté par rapport au CPT. Surtout, jusqu’à aujourd’hui encore, ce parti et son Président continuent de défendre bec et ongle leur représentant au sein de l’Exécutif en la personne d’Emmanuel Vertillaire, l’un des trois accusés dans le scandale de corruption de cent millions de gourdes de la BNC avec Louis Gérald Gilles et Smith Augustin. À part cela, le document signé par une foultitude de dirigeants politiques porte sur des points précis après avoir constaté que les 9 membres du CPT ont failli à la mission que les Parties prenantes de l’Accord du 3 avril 2024 leur avaient confiée.
Outre les critiques sans nuance portées sur l’échec de la Transition post-Ariel Henry, estimant qu’il faudra réorienter la Transition après le 7 février 2026, les signataires de près d’une centaine de partis politiques se sont mis d’accord sur les principaux changements auxquels il va falloir s’atteler dès le départ du CPT dont ils ne soutiennent surtout pas la prolongation à la tête de la Transition que ce soit avec ou sans le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Le document présenté par les signataires du « Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la Transition » se veut être très concis sur la mission de la nouvelle équipe et sur le délai qu’elle aura pour remplir cette mission. Selon le texte, le mandat du nouveau Président provisoire prendra fin le 7 février 2027 soit une année jour pour jour après son investiture qui se fera le 7 février 2026.
« Le mandat du ou de la présidente de la Transition débutera à la prestation de serment et prendra fin le 7 février 2027, sans possibilité de prolongation. Sa mission consistera à garantir la stabilité institutionnelle, le bon fonctionnement de l’État et à remettre le pays sur la voie de la dignité, de la légitimité démocratique, de la stabilité et de la souveraineté » notent-t-ils. Le texte ne s’arrête pas là. Les dirigeants des partis qui proposent ce nouvel « Accord » donnent aussi les grandes lignes sur la manière de constituer le nouveau Pouvoir Exécutif et le gouvernement. Ils insistent sur une structure prévue dans l’Accord du 3 avril 2024 que le CPT n’a jamais constituée, encore moins installée, le fameux OCAG (Organe de contrôle de l’action du gouvernement). Pour ce nouvel Exécutif, les dirigeants politiques indiquent qu’il faudra l’installer le même jour et au même moment. Mais, cette structure de contrôle des faits et gestes de l’Exécutif prendra une nouvelle appellation.

Ce sera : Comité national de suivi et de contrôle de la transition (CNSCT). Une façon, selon les signataires, pour que cette instance soit pleinement opérationnelle dès l’installation des dirigeants de la nouvelle Transition. Ce « Comité national de suivi et de contrôle de la transition (CNSCT) sera composé de neuf membres. Cet organe indépendant sera chargé de superviser l’action du gouvernement transitoire, évaluer trimestriellement les progrès en matière de sécurité, d’économie et d’élections, veiller à la transparence dans la gestion des finances publiques, contrôler le respect strict du calendrier de la transition. » En fait, quand on lit le document, l’on s’aperçoit que l’on n’est pas trop éloigné de ceux faisant campagne pour le recours au juge de la Cour de cassation. D’après les membres du « Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition », il faut passer par : « La création d’une gouvernance transitoire reposant sur un Exécutif bicéphale, composé d’un (e) Président (e) de la Transition, d’un (e) Premier (ère) ministre, à la tête d’un gouvernement technique formé sur la base d’un large accord national.
Le ou la Présidente sera choisi (e) soit parmi les membres de la Cour de cassation, soit parmi trois personnalités indépendantes proposées par les forces politiques et la Société civile, reconnues pour leur probité, neutralité et légitimité. » Par ailleurs, comme il en a été pour celui du 3 avril 2024, l’Accord stipule que « La transition sera strictement limitée à un an à compter du 7 février 2026 et ne pourra en aucun cas être prolongée, ni par les institutions transitoires ni par une décision politique unilatérale ». En clair, comme pour le Conseil Présidentiel de Transition sortant, les nouvelles autorités ne pourront non plus proroger leur mandat à la tête du pays au cas où elles ne respectent pas la mission qui leur a été confiée. Pour éviter justement un nouvel échec à cette nouvelle Transition, les signataires du « Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition » vont jusqu’à imposer à l’ensemble des acteurs étatiques, politiques et de la Société civile : « L’organisation des élections générales au plus tard au quatrième trimestre 2026.
Le calendrier électoral devra être établi de manière concertée entre l’Exécutif transitoire, le Conseil Electoral Provisoire, le Conseil national de suivi et de contrôle de la transition (CNSCT), les partis politiques et observateurs nationaux. La passation de pouvoir avec le Président élu est fixée au 7 février 2027, date marquant la fin définitive de la Transition et la dissolution automatique de toutes les institutions transitoires. » Mais, ces leaders politiques ne sont pas les seuls à s’activer sur le terrain pour présenter une porte de sortie à cette Transition qui n’en finit pas. Quelques jours après la signature de cet « Accord », d’autres initiatives ont été prises, toujours dans le cadre de l’après CPT. Le lundi 27 novembre 2025, la structure sociopolitique dénommée « Table Alternative » a elle aussi signé à Pétion-Ville un « Accord » avec d’autres mouvances politiques du pays.
Intitulé : « Accord pour la refondation de l’État et la stabilité de la paix sociale », cet accord porté par les dirigeants de Table Alternative se veut, selon le porte-parole de cette structure sociopolitique Louvens Charles, une réponse à la dégradation de la situation du pays depuis des décennies. Ce dirigeant politique insiste sur l’échec du CPT et croit utile qu’un nouvel accord politique est le seul moyen pour sortir de l’impasse dans laquelle la classe politique s’est retrouvée avec l’arrivée du 7 février 2026. Pour Louvens Charles, il ne fait aucun doute, il faudra refonder l’Etat et réconcilier le peuple avec la Nation après le cuisant échec de l’équipe au pouvoir depuis deux ans. « Il ne fait aucun doute que le Conseil Présidentiel de Transition a échoué dans sa mission. Le 7 février 2026 approche, cette date marquant la fin de l’Accord du 3 avril. Au sein de Table Alternative, nous estimons qu’il est nécessaire de proposer à la société un nouvel accord, un Accord pour la refondation de l’État et la stabilité politique » dit-il en marge de la signature de cet Accord à laquelle plusieurs partis et organisations politiques ont pris part ce 27 novembre 2025.
D’autre part, Harry Moncœur, le Conseiller politique de cette organisation s’exprimant au nom des signataires en présentant également les quelques propositions de cet Accord, a déclaré que : « l’Accord pour la refondation de l’État et la stabilité de la paix sociale propose un Exécutif à deux têtes : un Président issu de la Cour de cassation ou de la Cour supérieure des comptes et un représentant de la Société civile. La Cour de cassation possède une base constitutionnelle pour mettre en place les arrangements nécessaires à la tenue d’élections fiables, tandis que la Cour des comptes compte des juges engagés dans la lutte contre la corruption. La Société civile doit être impliquée. Elle a un rôle important à jouer. Enfin, il faut la mise en place d’un mécanisme de contrôle sur l’action du gouvernement, composé de neuf personnalités importantes issues de différents secteurs du pays. » Part ailleurs, Jean Anderson Bolivar, le porte-parole adjoint de cette organisation, croit que c’est une urgence de se rassembler pour faire front commun face à la perte de souveraineté du pays.
Il est persuadé que si l’on ne fait rien, si le peuple ne se mobilise pas, le pays va s’effondrer totalement s’il ne l’est pas déjà. Alors, lui aussi lance un appel à la sauvegarde de la nation en priorisant la stabilité et la sécurité. « Les priorités de cet Accord incluent la sécurité, la stabilité, la paix sociale et la refondation nationale. La sécurité du pays doit être une urgence et une priorité nationale. Le développement constitue également une priorité. D’où mon appel à tous les acteurs de la société à s’unir pour sauver la nation. À travers les médias et notre engagement social, nous réaffirmons notre attachement à la démocratie. Et si nous voulons réellement parler de souveraineté, il faut également parler d’action nationale » avance Jean Anderson Bolivar. Dans la course aux propositions pour éviter le vide à la tête de la Transition, il y a celles du mouvement Transition Démocratique Souveraine (TDS) rendues publiques lors d’une conférence de presse tenue à Pétion-Ville le vendredi 28 novembre 2025. En présence de leurs partisans et de nombreux journalistes, Réginald Mésidor, porte-parole de ce mouvement politique, devait déclarer : « La Transition Démocratique Souveraine a décidé de poser un acte politique et de lancer un signal à la Communauté internationale ainsi qu’à toutes les forces progressistes, pour leur faire savoir que la bamboche démocratique est terminée. Tout ce que ce peuple a traversé, sans compter ce qu’il traverse aujourd’hui, surtout avec le CPT et ce gouvernement, ce sont les mêmes acteurs présents dans la première et la deuxième transition qui se préparent à en organiser une autre. Ce que les citoyens souhaitent, c’est de bien vivre dans leur pays et la restauration de l’image de la nation, il demande que le CPT et tout le gouvernement quittent le pouvoir le 7 février, afin de permettre à des personnes ayant la volonté de diriger de prendre les rênes du pays. » Pour sa part, le responsable des relations publiques de Transition Démocratique Souveraine, Desroses Bleck, après de très longues critiques contre le CPT et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, en faisant le point sur la situation actuelle du pays, a profité pour faire quelques propositions qui rejoignent celles des deux premières organisations mentionnées plus haut.
Ce dirigeant laissait entendre que : « Pour la Transition Démocratique Souveraine, il doit y avoir une nouvelle transition issue de la Société civile avec un Exécutif bicéphale composé d’un Président et d’un Premier ministre compétent. Nous exigeons le départ du pouvoir en place le 7 février 2025 pour le remettre à une équipe d’hommes et de femmes intègres, compétents et expérimentés, capables de répondre aux problèmes réels de la société haïtienne ». Le jeudi 11 décembre 2025, à Pétion-Ville, une structure regroupant bon nombre d’organisations de la Société civile s’est présentée à la presse sous le nom de : Rassemblement Citoyen pour proposer au pays sa propre alternative à l’approche du 7 février. Dès l’ouverture de la conférence de presse, la porte-parole du Rassemblement Citoyen, madame Ginette P. Mathurin, avait annoncé la couleur en déclarant : « Le pays traverse une crise sans précédent. La formation du Conseil Présidentiel de Transition était une erreur.
Il ne pourrait pas rester au pouvoir après le 7 février, car il n’a pas respecté l’Accord du 3 avril 2024. Les engagements relatifs au rétablissement de la sécurité, à l’organisation des élections, à la réforme constitutionnelle et à la tenue d’une Conférence nationale n’ont pas été respectés. Au contraire, la situation s’est aggravée. Par conséquent, le Rassemblement Citoyen propose la mise en place d’un gouvernement accompagné d’un Conseil des Sages composé de 15 membres, chargé notamment de : Mettre en place le gouvernement de transition, du Président jusqu’aux autorités locales. Surveiller et valider les actions gouvernementales conformément à une feuille de route définie. Formuler des recommandations au Président concernant le remplacement d’un ou plusieurs membres du gouvernement. Consulter les secteurs concernés en cas de démission ou d’empêchement d’un ministre. »
Elle s’exprimait au nom de toutes les organisations issues de la Société civile adhérentes au Rassemblement Citoyen, entre autres : Démarches Citoyennes (DC), Asosyasyon pou Yon Lòt Ayiti (APYLA), Initiatives Citoyennes pour la Sécurité et la Paix (ICISP), Konbit Sitwayen Konsène (KOSIKO) et Éveil Grand Sud (EGS). Ce jeudi 11 décembre 2025, outre madame Mathurin, ils étaient nombreux à intervenir pour dire leur inquiétude sur la situation, tel est le cas de Me Nathalie Wakam Cyprien et Charlot Murat Coordonnateur de l’Éveil Grand Sud. Parlant au nom des structures régionales, les deux militants plaident pour un Exécutif bicéphale et soulignent que : « Les Haïtiens sont éparpillés partout dans le monde pour tenter de survivre. Cela montre clairement que le pays fait face à un problème existentiel profond. À travers nos Assemblées régionales, nous avons documenté la crise et constaté que le pays n’est pas sur la bonne voie. Le gouvernement a échoué politiquement, économiquement et socialement ; tout s’effondre. Le gouvernement semble concentré uniquement sur la région métropolitaine. Toutes les décisions sont prises depuis Port-au-Prince, alors que les régions meurent en silence.
Elles n’ont jamais eu la parole. Il est temps que cela change. » Dans ce concours de propositions tous azimuts pour le remplacement du CPT le 7 février 2026, la surenchère continue avec les signataires de l’Accord Karibe. N’ayant pas les moyens populaires pour mobiliser la population contre le pouvoir, comme tous les autres, c’est par voie de presse, plus exactement par une conférence de presse, que cette structure politique s’est fait entendre. En effet, le mercredi 17 décembre 2025, les signataires de l’Accord Karibe avaient convoqué la presse à Pétion-Ville afin de donner leurs propres positions sur ce qu’ils appellent l’échec du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et la gouvernance calamiteuse du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. D’entrée de jeu, l’un des responsables de cette formation politique, Édouard Saint-Fleur, devait expliquer que son organisation est autonome, par conséquent, ses prises de paroles ne sont influencées par aucune autre organisation, dans la mesure où l’Accord Karibe n’a signé pour l’heure aucun document avec aucun autre parti ou coalition politique réclamant le départ du CPT. Sauf que, Édouard Saint-Fleur qui est le Vice-Président de ladite structure, pense comme les autres.
Puisque, dans sa réquisition contre le Collège Présidentiel, il estime que « l’Accord Karibe milite pour une nouvelle Transition et qu’un gouvernement avec un Exécutif bicéphale doit être installé à la tête du pays le 7 février 2026. De ce fait, nous demandons la dissolution du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), le départ du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que le démantèlement du Conseil Electoral Provisoire. » Par ailleurs, le Conseiller stratégique de l’Accord Karibe, D’Mezar Auguste, souligne que cette position n’a rien de personnel avec les gens qui sont à la tête de la Transition, il s’agit simplement de : « Pouvoir introduire des nouveautés afin de renforcer le système, notamment le système étatique, de consolider les institutions, de résoudre le problème de l’insécurité et de créer les conditions nécessaires à l’organisation des élections en vue d’un retour à l’ordre constitutionnel. » Lors de ce conférence-débat, les deux dirigeants, Édouard Saint-Fleur et D’Mezar Auguste, indiquent :
« Qu’il est temps de rompre avec les pratiques d’exclusion, d’exploitation et de mauvaise gouvernance. Seule une transition inclusive, structurée et constitutionnelle pourra ouvrir la voie à un avenir stable et démocratique pour Haïti. »
C.C









