Top 10 des mensonges sur la révolution bolchevique

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Le 25 octobre du calendrier julien, soit le 7 novembre 1917, Lénine et les bolcheviks s’emparent du pouvoir à Petrograd, la capitale de la Russie
  1. Sans Lénine, la Russie serait devenue une démocratie libérale

S’il n’y avait pas eu Lénine, la Russie serait devenue une sympathique et paisible démocratie libérale, à l’image de la France ou du Royaume-Uni. Voilà encore une idée qui n’a aucun rapport avec la réalité historique.

Le premier gouvernement provisoire plaça les cadets libéraux au pouvoir. Si les gens avaient réellement voulu du libéralisme, ce gouvernement serait resté stable. Mais les libéraux étaient incapables de donner au peuple ce qu’il réclamait, c’est-à-dire la fin de la guerre, la terre aux paysans, la libération des nationalités opprimées et du pain pour les villes. Tout cela était résumé par le slogan bolchevik de « la paix, la terre et le pain ».

Incapable de résoudre la crise de la société, ce premier gouvernement s’effondra et fut remplacé par une coalition de socialistes réformistes et de libéraux. Ces libéraux ont été discrédités à leur tour et ont dû laisser la place à un gouvernement presque entièrement composé de socialistes réformistes issus des soviets, avec Kerenski à sa tête. Les réformistes ont tout fait pour ne pas rompre avec l’ordre capitaliste, mais ils ont, par conséquent, dû renoncer à donner au peuple la paix, la terre et le pain.

Malgré l’appartenance de Kerenski au parti des socialistes révolutionnaires, qui se basait traditionnellement sur les paysans, les réformistes n’ont pas appliqué un seul mot du programme SR sur la réforme agraire. Ils n’ont même pas osé convoquer une assemblée constituante chargée d’écrire une constitution démocratique, de peur de ne pas parvenir à la contrôler. Petit à petit, le soutien des masses est passé aux bolcheviks, qui appelaient à rompre avec le capitalisme et à donner tout le pouvoir aux soviets.

La classe dirigeante, les grands propriétaires et les capitalistes, ne pouvaient maintenir leur pouvoir par des manœuvres parlementaires. Tous leurs partis avaient été rejetés par la population. Ils se sont donc tournés vers la méthode alternative d’un putsch fasciste mené par le général Kornilov en août 1917. Kornilov ne prévoyait pas seulement de massacrer les ouvriers des Soviets, il voulait aussi écraser le gouvernement provisoire. Kerenski, craignant à juste titre pour sa propre vie, s’est empressé de libérer les bolcheviks emprisonnés, qui ont ensuite vaincu le coup d’État en mobilisant les ouvriers de Petrograd et en appelant les soldats de Kornilov à la désobéissance.

Dès lors, le gouvernement provisoire « libéral et réformiste » paraissait suspendu dans les airs. La masse des ouvriers et des paysans se tournait désormais vers les soviets pour régler ses problèmes. Les patrons, les propriétaires terriens et les monarchistes se tournaient vers la réaction Kornilovienne pour infliger une leçon sanglante à ce peuple trop rebelle. La voie du compromis avait été tentée et abandonnée par les deux camps. Les deux seules options restantes étaient le socialisme ou le fascisme.

Mais les bolcheviks n’ont-ils pas perdu les élections à l’assemblée constituante? Les soviets dirigés par les bolcheviks ont en effet fini par organiser les élections d’une constituante que les libéraux et les réformistes refusaient de convoquer depuis près d’un an. Les résultats donnèrent 41% aux SR, 24% aux bolcheviks, moins de 5% aux cadets et 3% aux mencheviks. Il est instructif de comparer le score des bolcheviks à celui des cadets, le parti qui soutenait les généraux de Kornilov et la réaction des Blancs. Les bolcheviks étaient très majoritaires dans les centres urbains, et représentaient les 2/3 des votes des soldats du front occidental.

Malheureusement, la scission entre les SR de gauche, qui soutenaient le pouvoir des soviets, et l’aile droite du parti n’avait pas encore été formalisée lors des élections. Les SR de droite étaient donc surreprésentés dans les listes du parti et cela a complètement faussé le vote des paysans. Les campagnes ont massivement voté pour les SR, alors que les autres secteurs de la société avaient largement dépassé le stade du parlementarisme indépendant comme il existait dans les pays impérialistes. Le système des soviets, avec ses élections directes, la révocabilité de ses élus, et son absence de division entre les tâches législatives et exécutives (c’est-à-dire que chaque délégué a une tâche à accomplir), est en effet bien plus démocratique que le régime parlementaire, dont les députés intouchables peuvent se détourner de leurs électeurs pendant des années tout en empochant des indemnités indécentes.

« Il n’y aurait aucune difficulté à montrer à travers toute l’histoire de la guerre civile, jour après jour, que toutes les cruautés commises par le pouvoir soviétique ont été rendues nécessaires par les besoins de l’autodéfense révolutionnaire. »

Quand l’assemblée constituante élue s’est réunie le 18 janvier 1918, c’était une anomalie hybride et souffreteuse. Les réformistes ont tenté d’organiser des manifestations pour la soutenir, mais n’ont rencontré qu’un très faible écho. Les délégués avaient apporté des bougies et des sandwichs au cas où l’électricité serait coupée. À 4 h du matin, le chef de la garde, un anarchiste, déclara : « La garde est fatiguée. Je propose que vous mettiez fin à votre réunion et que chacun rentre chez soi ». Et c’est ainsi qu’a disparu l’assemblée que personne n’était prêt à défendre. Elle n’était pas assez démocratique pour les travailleurs – qui lui préféraient les soviets – et trop démocratique pour les généraux capitalistes, qui se préparaient à déclencher une guerre civile pour réinstaurer un pouvoir autocratique.

  1. Les bolcheviks ont commis des atrocités durant la guerre civile

La guerre est un enfer. Deux camps tentent de se vaincre par la violence. La guerre civile est la pire des guerres. Les vainqueurs gagnent tout, et les perdants sont réduits en poussière. Si un camp a le monopole de la violence, même si sa cause n’est soutenue que par une minorité de la population, il peut soumettre la majorité par la terreur. Pour renverser le despotisme, il faut répondre à la violence de la minorité par une violence défensive de la majorité.

Le fait est que quiconque étudie honnêtement la guerre civile russe est forcé d’admettre que l’immense majorité des exactions commises l’ont été par les Blancs et par les 21 armées étrangères venues leur prêter assistance.

Au début, la révolution était même trop généreuse et naïve. Les bolcheviks ont fait preuve à de nombreuses reprises de leur clémence, et laissé des contre-révolutionnaires notoires en liberté. Cette attitude est compréhensible. La révolution victorieuse est à la recherche d’unité et veut avancer pacifiquement dans la transformation de la société. Lénine comme Trotsky soulignaient que de nombreuses vies auraient pu être épargnées si la révolution avait agi de façon plus résolue dès les premiers jours. Cela est indiscutablement vrai.

Le pouvoir des soviets n’a commencé à agir de façon plus sévère que face aux atrocités commises par les forces contre-révolutionnaires. La lutte des classes avait brisé les limites formelles de la démocratie. Les Blancs avaient abandonné depuis longtemps toute prétention démocratique ou pacifique, et ne reculaient devant aucune méthode – la torture, la terreur, les massacres, les pogroms, une orgie de violence – pour vaincre les Rouges.

Léon Trotsky

S’ils voulaient réellement se défendre, les Rouges n’avaient d’autre choix que d’abandonner leur pacifisme utopique et d’user de méthodes similaires. Trotsky l’explique : « Il n’y aurait aucune difficulté à montrer à travers toute l’histoire de la guerre civile, jour après jour, que toutes les cruautés commises par le pouvoir soviétique ont été rendues nécessaires par les besoins de l’autodéfense révolutionnaire. Nous n’allons pas entrer ici dans les détails. Mais afin de faciliter l’appréciation des conditions de la lutte par un critère partiel, nous mentionnerons simplement ce fait : tandis que les gardes blancs, ainsi que leurs alliés anglo-français, fusillent, sans exception, tout communiste qui tombe entre leurs mains, l’Armée rouge fait grâce à tous les prisonniers sans exception, y compris les officiers supérieurs. »

Plus loin, il souligne : « La question des formes et du degré de la répression n’est évidemment pas une question “de principe”. C’est une question d’adaptation des moyens au but. À une époque révolutionnaire, le parti qui a été chassé du pouvoir, qui ne veut pas admettre la stabilité du parti dirigeant, et qui le démontre par la lutte forcenée qu’il mène contre lui, ce parti ne se laissera pas intimider par la menace des emprisonnements, puisqu’il ne croit pas qu’ils dureront. C’est précisément par ce fait simple, mais décisif que s’explique la fréquence des exécutions dans la guerre civile. »

Dans une des premières atrocités commises par la contre-révolution, les Blancs avaient rempli trois wagons de marchandises avec les corps frigorifiés de gardes rouges, leurs corps placés « dans des positions obscènes », et les avaient envoyés à leurs ennemis affamés, sous l’étiquette « viande fraîche : destination Petrograd ».

Les blancs étaient réputés pour les mauvais traitements qu’ils faisaient subir aux bolcheviks, les soldats de l’Armée rouge faits prisonniers, et plus globalement à tous ceux qu’ils suspectaient d’être un communiste ou un partisan des soviets. Un supplice répandu était de mutiler les prisonniers, de leur arracher les yeux et la langue, avant de les enterrer vivants.

Les armées de Denikine étaient célèbres pour leurs pogroms, et la débauche de pillages et de viols qu’elles commettaient dans les régions qu’elles occupaient. On estime que des centaines de milliers de personnes ont ainsi trouvé la mort.

Le lecteur n’est pas obligé de nous croire sur parole. L’ambassadeur américain de l’époque, un personnage qu’on peut difficilement suspecter de sympathies soviétiques, écrivait :

« De part et d’autre de la Sibérie (tenue par les blancs) […], il y a une orgie d’arrestations sans motifs, d’exécutions sans procès, et de confiscations illégitimes. Tout le monde est sous l’emprise d’une peur panique. Les gens se suspectent les uns les autres, et vivent dans la terreur constante qu’un espion ou un ennemi crie “bolchevik”, et les condamnent à une mort instantanée. »

Un des Atamans cosaques alliés à Koltchak[3] et soutenus par les troupes japonaises a été décrit par un médecin de son état-major comme un homme « au cerveau malade et pervers, un mégalomane assoiffé de sang humain ».

Le général américain Graves décrivait ainsi le comportement des armées blanches : « Les soldats de Semionov et Kalmikov, sous la protection des troupes japonaises, parcouraient les campagnes comme des animaux sauvages, massacrant et dépouillant les gens, et ces meurtres se seraient arrêtés si le Japon l’avait voulu. À qui s’étonnait de ces exactions, la réponse était que les victimes étaient des bolcheviks et cette explication était, apparemment, suffisante. Les conditions de vie étaient décrites comme étant horribles en Sibérie orientale, et la vie semblait n’y avoir aucune valeur. »

On raconte que la terreur de Kalmikov convainquit même des modérés de soutenir les bolcheviks.

Semionov avait même mis en place des formes primitives de camps d’extermination. Le 19 août 1919, le colonel Stephanov a ainsi massacré 52 wagons de prisonniers, et affirmait le lendemain avoir tué 1 600 personnes. Ces abattoirs humains ont continué d’opérer pendant la plus grande partie de la guerre civile. Graves écrivait : « Je doute que l’histoire ait vu un seul pays au monde durant les 40 dernières années où on pouvait assassiner aussi sûrement et aussi impunément qu’en Sibérie sous le régime de l’amiral Koltchak. »

La capitale de Koltchak offrait le spectacle de dizaines de corps pendus aux poteaux télégraphiques, et des wagons chargés de victimes étaient jetés au peloton d’exécution tout le long des chemins de fer.

En conclusion de son expérience, le général Graves écrivait ainsi, à propos de la terreur blanche : « Des meurtres horribles ont été commis, mais ils ne l’ont pas été par les bolcheviks, comme le croit le monde. C’est avec certitude que j’affirme que les anti-bolcheviks ont tué cent personnes en Sibérie orientale pour chaque victime des bolcheviks. »

Les soviets devaient se défendre contre ces atrocités. Au milieu d’une guerre civile, aucun gouvernement ne laisserait à des opposants en armes la liberté de s’organiser, de s’exprimer et publier des journaux sur les arrières de son armée.

Aucune classe dirigeante dans l’histoire n’a jamais abandonné son pouvoir et sa position sans se battre. Face à la résistance féroce et acharnée des contre-révolutionnaires, les révolutionnaires de toutes les époques ont été forcés d’adopter des mesures sévères de répression pour assurer leur autodéfense. Ce fut le cas lors de la révolution anglaise, de la révolution américaine, de la Révolution française, de la guerre civile américaine, de la guerre civile russe, et dans un nombre incalculable d’autres lieux et d’autres temps dans l’histoire.

Mark Twain, dans son livre Un Yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur, a livré une excellente défense historique de la terreur révolutionnaire. Bien qu’il se réfère à la Terreur durant la Révolution française, cela vaut pour la révolution russe, et en fait pour toutes les révolutions : « Il y a eu deux “terreurs”, si on accepte de s’en souvenir et de s’y intéresser; l’une a semé la mort sous le coup de la passion, l’autre a tué de sang-froid; l’une a duré quelques mois, l’autre mille ans; l’une a tué dix-mille personnes, l’autre cent millions; pourtant, on tremble pour les “horreurs” de la moindre des deux terreurs, d’une terreur pour ainsi dire momentanée; mais que vaut l’horreur d’une prompte décapitation, face aux longues agonies des victimes de la faim, du froid, des insultes, de la cruauté et du désespoir? Qu’est-ce qu’une mort-éclair face à l’horreur des bûchers? On pourrait remplir un cimetière avec les cercueils des victimes de la Terreur qu’on nous a appris avec tant d’application à craindre et à pleurer, mais toute la France ne suffirait pas à contenir les cercueils des victimes de l’ancienne et véritable terreur – de l’abominable et amère terreur qu’on ne nous apprend pas à voir dans toute son ampleur et son horreur. »

  1. Les Romanov ont été tués de sang-froid 

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous avez entendu parler de « l’assassinat » des Romanov, mais probablement jamais de l’exécution sommaire de 26 commissaires soviétiques par les Britanniques, à Bakou, à peu près au même moment? Que savez-vous des plus de 4 600 manifestants désarmés fusillés en janvier 1905 alors qu’ils venaient porter une pétition au « petit père », Nicolas II? Saviez-vous qu’il était membre de la très antisémite « Union du Peuple Russe », qu’il la finançait, la soutenait et en portait les insignes avec fierté?

L’Union est responsable de l’organisation de pogroms meurtriers contre les Juifs, avec l’aide de la police secrète et des officiers du Tsar. Viols, tortures, écartèlements, et toutes les abominations imaginables étaient infligées à des hommes, des femmes, des enfants, et parfois même à des nouveau-nés. Lors d’un pogrom à Odessa, 800 Juifs ont été assassinés, 5000 blessés, et 100 000 laissés sans domicile. Le Tsar n’ignorait pas ces exactions, en fait, il a même écrit à sa mère en les présentant comme les actes de son « peuple fidèle »! Dans une lettre détaillant la répression brutale de paysans baltes, Nicolas II écrivait « il faut répondre à la terreur par la terreur ». Des milliers et des milliers de révolutionnaires ont été exécutés sous son règne, ou ont péri au fond de prisons sordides ou dans l’exil sibérien. Son dernier crime a été d’ordonner à ses troupes de tirer dans la foule des manifestants, au début de la révolution de Février. Oui, « Nicolas le sanglant » méritait son surnom.

Trotsky aurait préféré que se tienne un procès public, qui aurait révélé les crimes de la dynastie des Romanov à la face du monde entier, mais les conditions de la guerre civile ont rendu cela impossible.

Les tentatives de la classe dirigeante de présenter Nicolas comme un homme simple et humble sont d’une effroyable hypocrisie. Pleure-t-elle Charles Ier d’Angleterre ou Louis XVI, dont la chute a permis de hisser la bourgeoisie au pouvoir? Se lamente-t-elle sur les exécutions de Saddam Hussein, de Ben Laden, de Ceausescu, et de tous les autres ennemis des puissances occidentales? Hillary Clinton a même été enregistrée en train de rire à la nouvelle de la mort de Kadhafi. Nous non plus, nous ne pleurons pas ces criminels, mais le Tsar Nicolas II ne valait pas mieux qu’aucun d’entre eux. Quant aux milliers d’enfants massacrés par les bombes de Bush et Blair en Irak, en Afghanistan, ou par les drones d’Obama au Pakistan, ils n’ont pas droit à une seule des larmes de la bourgeoisie. Ces victimes anonymes sont oubliées par les riches et les puissants.

Certains admettent que Nicolas II était un tyran, mais dénoncent l’exécution de sa famille. Bien sûr, cet événement est regrettable, mais le Tsar n’a jamais eu d’états d’âme s’agissant des familles juives massacrées sous son règne. Ou, pour donner un exemple plus contemporain, en quoi cela est-il différent d’une frappe de missile qui tue deux insurgés et trente membres de leurs familles? Trotsky aurait préféré que se tienne un procès public, qui aurait révélé les crimes de la dynastie des Romanov à la face du monde entier, mais les conditions de la guerre civile ont rendu cela impossible. En 1918, les blancs s’approchaient dangereusement de la maison relativement confortable où les Romanov étaient retenus à Ekaterinbourg. Si les armées blanches avaient pu mettre la main sur un seul membre de la famille impériale, il serait devenu un point de ralliement pour les forces contre-révolutionnaires, qui n’hésitaient pas, pour leur part, à massacrer les familles des révolutionnaires faits prisonniers.

Cette région relativement dépourvue de tout intérêt militaire était soudain devenue l’objet d’une puissante offensive des armées blanches, menaçant les vies de milliers d’habitants mal défendus. L’Armée Rouge n’avait pas les moyens de renforcer la zone. Face au déferlement des blancs, les bolcheviks d’Ekaterinbourg ont considéré l’exécution de la famille du souverain comme la seule option pour éviter un bain de sang. Ce faisant, ils ont aussi éliminé un potentiel symbole qui aurait pu regrouper toutes les forces de la contre-révolution.

On nous dit que la mort d’environ 200 000 hommes, femmes et enfants dans les bombardements nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki était nécessaire, parce qu’elle aurait « sauvé des vies et raccourci la guerre ». Le fait est que l’exécution des Romanov a démoralisé les blancs, et donc de sauver des vies en raccourcissant la guerre civile russe.

Ce qui horrifie les capitalistes, c’est qu’au lieu d’avoir là un acte de violence du riche contre le pauvre, de l’oppresseur contre l’opprimé, il s’agit d’un exemple dans lequel les esclaves se sont défendus et ont gagné. Lorsque les Romains ont écrasé la révolte de Spartacus, ils ont bordé d’esclaves crucifiés toute la longueur de la voie Appienne, pour servir d’avertissement aux autres.

Les victimes du capitalisme restent anonymes et se comptent par millions. Pour citer Nicolas II, parfois « il faut répondre à la terreur par la terreur ». Les ouvriers bolcheviks n’ont pas tendu l’autre joue, car ils savaient que jamais les doux n’ont possédé la terre. La violence de la majorité pauvre pour créer un monde nouveau est essentiellement défensive et dure bien moins longtemps que celle de la riche minorité qui veut rester éternellement sur son trône. Nous ne recherchons pas la violence, mais nous soutenons le droit de la majorité à se défendre de façon proportionnée contre la violence de la minorité.

 

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Notes

 [3]     L’amiral Koltchak était le chef des armées blanches de Sibérie [NdT].

 

La Riposte Socialiste 9 Juillet 2021

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