S & H Global à Caracol / Vagues de révocations d’ouvriers/ères

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1938

Leta pa janm sèvi
Lepèp ki  toutouni
Malere k ap redi
Sa k pa ka jwi lavi

Manno Chalmay

Suite à l’annonce de la mise à pied de plus de trois mille cinq cents (3500) ouvrier/ères à S&H Global à Caracol, l’ensemble du mouvement syndical haïtien n’a pas caché ses vives préoccupations. C’est donc une évidence que ces structures syndicales saisissent l’occasion pour exprimer leurs profonde révolte face aux licenciements massifs et injustifiés des travailleurs/ses dans toutes les sphères de l’économie nationale et particulièrement dans le secteur textile.

A travers une note commune la Confédération des Travailleurs Haïtiens (CTH), la Confédération des Travailleurs/es des Secteurs Public et Privé (CTSP), Entè Sendikal Premye Me/ Batay Ouvriye (ESPM/BO), la Centrale Nationale des Ouvriers Haïtiens (CNOHA), la Centrale Autonome des Travailleurs/ses Haïtiens/nes (CATH) et le Front National des Syndicats Haïtiens (FNSH) dénoncent sans commune mesure toutes ces formes d’abus.

Sur ces entrefaites, ledit mouvement syndical rappelle que cette vague de licenciements injustifiables et injustifiés est uniquement motivé par un instinct de méchanceté de classe incurable. Cette nouvelle pandémie de révocations est survenue dans un contexte où la population entière faisait déjà face à une situation socioéconomique déjà dramatique. C’est notoire, qu’outre le niveau inquiétant de l’inflation, le chômage devenu endémique et qui est à son plus haut niveau, complique encore cette réalité déjà préoccupante.

L’insécurité planifiée dans les hauts lieux de la réaction tant locale qu’internationale arpente tous les foyers quotidiennement, et personne n’est épargnée. Hommes et femmes se sont vus/es contraints/es de survivre dans un désarroi marqué par l’épuisement de ce brin d’espoir de parvenir à de meilleures conditions de vie. Le coût de la vie qui filait déjà à une vitesse exponentielle s’est vue aggravé à cause de la dévaluation programmée de la monnaie nationale par rapport au dollar américain.

Cette nouvelle pandémie de révocations est survenue dans un contexte où la population entière faisait déjà face à une situation socioéconomique déjà dramatique.

Qui pis est, ce gouvernement monocéphale n’a encore manifesté aucune volonté de proposer aucune alternative valable. Seulement il est fermement déterminé à se perpétuer indéfiniment au pouvoir juste pour jouir des moults privilèges liés à leur poste et organiser des élections sous les balles assassines des bandits. Le mouvement syndical rappelle que ces licenciements injustifiés ne font qu’aggraver le cycle infernal de la pauvreté et de violences dans un pays où la protection sociale est quasi-inexistante.

Dans la déclaration de Philadelphie du 10 mai 1944 sur les buts et objectifs de l’OIT, il est établi que: « La pauvreté, ou qu’elle existe, constitue un danger pour la prospérité de tous et de toutes ». L’heure est plus que grave, et même plus que trop grave. La situation des travailleurs/ses s’empire à une vitesse inquiétante. Le gouvernement ferme les yeux sur la dramatique réalité qui assaille la population dans son ensemble.

Le HTC dit à vos urnes

Les membres du Haut Conseil de Transition à peine installés vivent déjà dans les nuages de l’illusion fantasmagoriques. Madame Mirlande Hyppolite veuve de Leslie Saint Rock Manigat ne s’est pas gênée de scrupules pour avoir le toupet et le cynisme d’appeler les masses populaires en leurs comices. Littéralement coincées entre les serres impitoyables de l’insécurité ambiante elles continuent de subir le cynisme des classes dominantes

Pou madanm nan gen kouray rale rigwaz li pou l di medam Matisan an yo li pe fwete yo si yo pa leve al vote. Mezanmi ooo ! Èske madanm sa a se yon fanm li ye ? Ti boujwa reyaksyonèz sa a yo menm lanmò pap janm chanje yo vre. Madame la nouvelle présidente a le cerveau qui tourne sous l’effet de l’alcool de ce pouvoir toudenkou. Subitement elle ignore magistralement que des entreprises fuient le pays.

Dans tous les secteurs d’activités, les patrons sadiques continuent de jeter au gré de leurs caprices indécents les travailleurs/euses sur le pavée inquiétant du chômage. Rien qu’un simple indicateur pour le secteur textile permettrait de comprendre le drame de la classe laborieuse où le chômage est devenu endémique.

Indicateurs du chômage

1-Pour la zone métropolitaine de Port-au-Prince H4H va fermer ses portes d’ici juin 2023 et 484 ouvriers/ères vont être licenciés/es. L’entreprise Digneron devrait incessamment fermer ses portes et renvoyer 16625 ouvriers/ères. L’entreprise HANSAE menace d’ici le mois de mars prochain de renvoyer 2446 ouvriers/ères. A Caracol : SHG- Module 3 va renvoyer 1400 ouvriers/ères, EVEREST compte renvoyer au plus tard au mois de juin, 2157 ouvriers/ères, l’entreprise MAS AKANSYEL devrait renvoyer au mois de février 2286 ouvriers/ères. A Ouanaminthe/CODEVI : Fabrique 988 va fermer ses portes au mois de février 2023, MD-4276 va réduire son personnel a 25%.

Le Mouvement Syndical Haïtien s’est dit à la fois choqué et alarmé par le caractère illégal de cette vague de licenciements brutaux. Qui pis est, ces mesures injustes ne respectent en rien les dispositions prévues aux articles 44 et 45 du Code du Travail relatives aux préavis. En outre, les employeurs n’ont pensé à offrir aucune compensation pécuniaire aux travailleurs/euses victimes de ces méchancetés.

Convention 87 de l’OIT

Le Mouvement Syndical Haïtien, face à tant d’injustices et d’abus, rappelle  aux employeurs et au gouvernement que les dirigeants syndicaux et les délégués syndicaux sont des personnes protégées par la Convention 87 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Il convient de ne pas oublier la Convention portant sur la liberté syndicale, la Convention 98 de l’OIT sur la Négociation Collective, et aussi la recommandation 143 de l’OIT sur les relations de travail dans les entreprises.

« En cas de licenciements, les représentants syndicaux ne doivent pas être renvoyés, et doivent garder leur poste de travail. Si l’entreprise devait fermer, les représentants syndicaux devraient être renvoyés en dernier. Malheureusement dans le secteur textile, ces principes ne sont pas respectés. Le mouvement syndical condamne le fait que les employeurs n’ont pas eu aucun respect ni de bons sens pour consulter les syndicats dans le mécanisme de renvoi et profitent du contexte pour se débarrasser des dirigeants syndicaux », s’est lamenté le Mouvement Syndical.

Cet ensemble de structures a tenu à dénoncer avec véhémence le fait que certaines entreprises se sont arrogées le droit de fermer leurs portes sans avoir à payer les charges sociales dues. La cotisation de retraite pour les travailleurs/ses à l’Office National d’Assurance Vieillesse (ONA) figure parmi ces types d’indemnités. Le Mouvement Syndical Haïtien en appelle au Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST) pour jouer son rôle d’instance de conciliation

Car la loi autorise le plein pouvoir pour adopter des mesures nécessaires en vue d’éviter l’augmentation exagérée des cas d’abus, d’injustices et de représailles à l’encontre des Ouvriers/ères. Le Mouvement syndical demande aux travailleurs/ses de rester mobilisés tout en sollicitant la solidarité agissante du mouvement syndical international dans ce contexte difficile pour nous aider à obtenir gain de cause.

Jacques BELZIN (CTH), Jean Bonald Golinsky FATAL (CTSP), Yanick ETIENNE (ESPM/BO), Dominique ST ELOI (CNOHA), Montes JOSEPH (FNSH), Fignole ST-CYR (CATH) ont exhorté les Ouvriers/ères à bien s’organiser. Selon ces dirigeants de syndicats c’est le meilleur moyen pour eux d’obtenir la Victoire contre ces patrons visiblement antisyndicaux.

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