Réminiscences d’un Enfer Perdu

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C’était un dimanche de 1941, cela fait 80 ans aujourd’hui. Hitler gai-z’et content attaqua la sous-humanité soviétique à trois heures quarante-cinq du matin. Ce devait être l’affaire de deux mois, trois au grand maximum : les panzers (les chars d’assaut boches) casseraient la gueule à la pauvre Armée Rouge de paysans barbares le long de la frontière, l’infanterie exterminerait les rares survivants, et l’on serait à Moscou avant les pluies d’automne, Jawohl, mein Führer !

Petit détail sans importance : le grand Napoléon Bonaparte, qui avait battu tout le monde alawonnbade (à part quelques misérables esclaves Noirs d’une malheureuse île perdue au fin fond de l’Atlantique, et des Espagnols et Portugais qui comprenaient mal que des Gabachos armés viennent leur dire ce qu’il fallait faire chez eux) avait déjà, en 1812, tenté le coup. Entré en grande fanfare en Russie avec 400 000 hommes, il devait en ressortir en quatrième vitesse avec 25 000 (faites le calcul : ça veut dire que 9 de ses soldats sur 10 avaient été passés à l’infinitif) et un grand coup de botte russe au derrière en prime…

Der Führer aurait dû faire gaffe…

L’explication russo-allemande ne dura pas trois mois, mais presque quatre ans, et devait s’achever dans les ruines de la capitale allemande, le 8 mai 1945. Des 7 millions de personnes que perdit l’Allemagne, plus de 4 millions perdirent la vie du fait de cette armée de sous-hommes (untermenschen) qu’ils avaient tant méprisé. Cela fait 57 %.   Ils avaient cru les « Ivan » incapables de produire un char qui tienne le coup. Ils eurent la surprise de leur chienne d’existence, et une frousse de tous les diables, lorsqu’ils rencontrèrent les KV-1, KV-2, et T-34. Pour l’histoire, un seul KV-2 posté à un carrefour immobilisa deux (2) divisions blindées (panzerdivisionen) boches – soit 24 000 hommes et plus de 150 chars — avec pertes et fracas, et ne s’en alla – tranquillement, sans se presser – qu’après avoir tiré toutes ses munitions. Et bien avant la fin de 1941, la Wehrmacht avait déjà perdu cent mille hommes. Hitler dut rappeler tous les réservistes, abaisser l’âge de la conscription à 16 ans, expédier les ouvriers allemands au front et les remplacer dans les usines par des esclaves. L’Ostfront – le front russe – devint, pour tout jeune allemand, un hachoir à viande qu’il fallait éviter par tous les moyens. Et qui donc maniait la hache ? Le méprisable Ivan Ivanovitch Ivanov, qui se faisait un plaisir de vous en mettre sur la gueule parce que vous étiez venu l’emmerder dans son isba sans avoir été invité…

Bien sûr, la Wehrmacht, les SS et la Luftwaffe exterminèrent, par les moyens les plus inhumains qui puissent exister, 28 millions de soviétiques de toutes les régions de l’Union, des Turkmènes, Kazakhs et Ouzbeks aux Arméniens, Géorgiens, Moldaves, Biélorusses, Lettons elatriye… Mais en guerre, ce qui importe c’est de gagner, et pas le « body count ». Hitler l’apprit à ses dépens, comme le réapprendrait plus tard au Viet Nam, par les bons soins de Vo Nguyen Giap, William Westmoreland qui, vétéran de la 2e guerre mondiale, aurait pourtant dû être au parfum. Certains ne comprennent que lorsque ça leur tombe sur la… figure ! Warum ? Demanderait-on en chleuh. Pourquoi ? Bien malin qui pourra le dire…

Les Allemands avaient aussi d’autres illusions : tout le Haut Commandement nazi, même le bras droit de Hitler Hermann Goering, ancien pilote de chasse, as aux 20 victoires, et dernier commandant de la légendaire Jasta Richthofen, croyait dur comme fer que les américains ne produiraient jamais que des frigos et des autos. Mais hélas, ménélas ! Les faiseurs de frigidaires mirent dans les airs de petites choses désagréables comme la Forteresse Volante Boeing B-17, les chasseurs-bombardiers P-38 Lightning, P-47 Thunderbolt, et l’intercepteur à long rayon d’action P-51 Mustang, qui pouvait tenir tête au Messerschmitt Me-262 à réaction. Les aviateurs russes, eux, et particulièrement les as Ivan Kojedoub et Alexandre Pokrychkine, ne juraient que par le chasseur Bell Airacobra et le bombardier léger Boston, tout en ne dédaignant pas leurs excellents Yak, Lag, et surtout le tank volant Iliouchine IL-2 Chtourmovik, que les pauvres troufions boches, pourchassés sans merci, surnommèrent La Mort Noire (Die Schwarze Tod) pour la raison que vous devinez…

Les Japonais, eux aussi, avaient leur propre militarisme, et leur épouvantable racisme anti-chinois, anti-coréen, anti-tout le monde en fait. Ce qu’ils firent en Chine passe l’entendement et la salopritude. Ils auraient envahi, eux aussi, la Russie, si Georges Constantinovitch Joukov, qui devait prendre Berlin en 1945, ne s’était occupé d’eux à Khalkin Gol, en 1938. Lorsque certains vauriens se croient gros, une bonne baffe sur la gueule, avec chars d’assaut, artillerie lourde et aviation tactique, est toujours le commencement de la sagesse…En tout cas, leur équipée sauvage finirait par deux bombes atomiques sur la tronche, courtoisie de l’Amérique anjandre que les Samouraï aient quelque peu bombardé son chouchou, l’US Navy, à la Baie des Perles, Hawaï. Et un dimanche, en plus ! L’on ne fait pas chose pareille à des chrétiens…

Les petites Japonaises sont pourtant positivement adorables. Les maniaques de la Katana (le sabre traditionnel nippon) et du Mitsubishi A6M2 Zeke, l’Eclair Violet, plus connu sous le sobriquet de Zéro (le meilleur avion de chasse de l’époque, avec le Supermarine Spitfire British), auraient dû rester chez eux et s’occuper de leur faire des tripotées de petits et petites Samouraï. Au lieu d’aller gueuler Banzaï et se faire carboniser au lance-flammes sur des atolls perdus où ils n’avaient rien à foutre. Y a toujours des cinglés qui peuvent jamais rester tranquilles…

A la mémoire de Joukov, Chester W. Nimitz, Sir Bernard Montgomery, Nicolas Vatoutine, Vassili Tchouïkov, Charles de Gaulle, Dwight D. Eisenhower, et de tous les autres…

 

Jamaica, NY, les 22/23 Juin 2021

 

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