Pleins Feux Sur : Malou Beauvoir (Chicago- E.U – ?)

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« Une tessiture sophistiquée »

Ayant pris naissance de parents haïtiens à Chicago ‘’La Cité du vent ‘’ et paysage de son ancêtre Jean Baptiste Point du Sable, Malou a par la suite pris le cap pour New-York. Où elle a été élevée dans une atmosphère gorgée de culture et d’arts ; notamment le cinéma, la comédie et la musique. Avec l’aubaine d’avoir pour moniteur son frère ainé Jean Beauvoir. Un musicien, guitariste, chanteur, compositeur ; imbu de pop et hard-rock qui a fait ses preuves avec les fameux groupes : « The Ramones », « Kiss » parmi d’autres. C’est donc avec pertinence que Malou Beauvoir s’est familiarisée avec tant d’orientations musicales : soul, rock, jazz, funk, pop, rnb, hip-hop, country, dance-hall etc. En plus d’être aussi captive des tonalités de ses origines haïtiennes. Ce qui a pour effet de lui coller l’identité d’une artiste aux multiples facettes.

Avec une voix aux résonances uniques qui va promptement la mettre sous les feux de la rampe. Pourtant, la jeune prodige ne va pas en rester là. Puisque dès l’âge de quinze ans, elle s’est envolée pour Paris dans le but de faire des études à  l’American University. Dont elle est sortie avec un diplôme en informatique qui lui permettra de devenir directrice d’une société automatique états-unienne. Tout en continuant conjointement ses randonnées artistiques ; mettant en évidence ses multiples capacités de: musicienne, actrice, comédienne, compositrice  interprète et de vocaliste captivante. Une trajectoire sans heurts pour quelqu’une qui a su gamberger diverses tendances avec autant de brio. Qu’elle a pu majestueusement adapter à son timbre solennel. Pour déboucher sur cette tonalité diffuse de parcelles éclectiques.

Une prépondérance qui l’habilite à agrémenter des vibrations variées à la manière d’un kaléidoscope dans la concoction d’une tessiture sophistiquée. Des marques qui sont repérées par les milieux imbus du music-hall international, tout en lui ouvrant très larges les portes de la célébrité. Et le cas échéant, l’entame d’une tournée en solo à travers le monde : Rio, Beyrouth, Londres, Dubaï, Paris où elle tient résidence comme l’interprète de ‘‘La chanteuse’’ au fameux club ‘’Paradis Latin’’.  Pour subséquemment s’appliquer dans d’autres projets. En mettant à l’œuvre ses dons de compositrice dans des microsillons pour Universal Studio et M-Tracks avec ‘’Datafolk’’ et ‘’ I need music’’ ; élaborées sur des allures de : hip-hop, rnb, dance-hall etc. Apportant aussi sa contribution dans ‘’Key to peace’’ avec Dj Bibi. Après avoir préalablement tourné avec l’immortelle Aretha Franklin et Cyndi Lauper.

Sa rencontre avec le batteur de jazz Tristan Maillot l’a emmenée à faire des ‘’gigs’’ avec Anita Wardell la grande diva britannique du jazz avec laquelle elle a fait autant d’excursions acclamées. Pour retrouver sur son chemin parisien le producteur et bassiste Jean Chaudron à la tête de son trio composé du pianiste Bernard Désormières et du batteur Alain Bouchaux. En compagnie desquels Malou a mis son art musical à un niveau supérieur. En engrangeant tous les contours de l’écriture jazzistique. Avec la sortie en 2006 de son opus :’’ An evening at the Swang’’ ; mettant en exergue son pitch à la fois technique et caractéristique qui propulse un timbre original et unique ; pouvant transcender diverses émanations culturelles. Comme le témoignage d’un monde complexe qu’elle a métissé à travers des envolées exceptionnelles.

En Europe, elle continue de s’affirmer éloquemment dans des collaborations remarquées avec le quintet de Chaudron ; prenant d’assaut la fameuse ‘’Live’’ de Lionel Hampton. Où elle est tombée sur le super pianiste belge Ivan Paduart qui l’a invitée dans multiples excursions impromptues au plat pays. Puis, pour un autre tournant dans ses pénates new-yorkaises, oú elle a enchainé des prestations remarquables dans des endroits huppés comme :’’Minton’s Playhouse’’, ‘’Smalls’’ et d’autres. En côtoyant les musiciens de jazz les plus cotés de la place. S’offrant même la couverture de l’œuvre :’’ Summer’s breeze’’ du pianiste Greg Murphy, en incarnant la ‘’ Sophisticated Lady’’. Tout en co-composant le morceau ‘’A reason to smile’’. Après qu’elle s’est incrustée entre-temps dans des randonnées d’actrice et de comédienne.

Avec une apparition dans ‘’The queen’’, film de Stephen Frears qui est récipiendaire d’un Oscar. De même que les longs métrages ‘’Paul et ses femmes’’ d’Elizabeth Rappeneau ; jouant la chanteuse de jazz Agnès et, dont elle a écrit la chanson elle-même. Elle a aussi fait ses marques dans ‘’Farewell’’ de Christian Carion, ‘’Musée haut-Musée bas’’ de Michel Ribes. Faisant aussi une introduction dans le feuilleton télévisé ‘’Peception’’. N’ayant jamais négligée ses racines ‘’Ayisyen’’, Malou a toujours contemplé l’idée de promouvoir la culture authentique de ses origines à travers l’éducation, condition péremptoire pour un développement durable; spécialement dans les zones rurales. Pas étonnant qu’elle soit aussi attachée à ses souches ataviques. D’autant que le célèbre chimiste, ethnologue, spécialiste du vodou, feu Max Beauvoir est aussi son oncle.

Ses diverses trajectoires l’ont aussi conduite sur les pas d’une illustre compatriote d’origine. La diva mondiale #1 du jazz vocal, l’haïtienne-états-unienne Cécile Mc. Lorin Salvant ; avec qui, elle a eu l’occasion de partager les planches au cours du ‘’Jazz Magazine Festival’’ de Paris en 2017. Dans une jonction qui les a certainement mises au comble de tant complicités et de modulations communes. Puis, Malou a fait au cours de la même année ses grandes premières au ‘’Festival International de Jazz de Port-au-Prince’’. Une aventure qui l’a bien retrempée dans le bain d’une ressource mentale et lui a inspiré l’œuvre :’’Spiritwalker’’. Qu’elle a pris le soin de concocter dans le studio d’enregistrement Kamoken de Brooklyn. Sous la direction du bassiste et producteur Chico Boyer et d’autres musiciens de différentes ethnies, tous pétris de leur sujet.

Qui ont aidé Malou à revivifier sa spiritualité vodouesque dans quelques titres emblématiques comme : rasanbleman, Papa loko, kouzen, yoyo, gran bwa, Papa Damballah elat. Qu’elle s’est appliquée à réinventer dans d’autres allures ; sous l’envoutement d’un registre extasié, âpreté de musicalité. Qu’elle s’emploie à injecter aux rites et rythmes indigènes au gré de pulsations globales. Une approche qu’elle veut être fondamentale dans son art musical. Puis, elle a réitéré quelques temps après avec le single ’’ kenbe m’’ qui est une adaptation syncopée du hit ‘’u raise me up !’’. Démontrant qu’elle entend s’imposer dans le circuit kreyòl ; pour y faire part de sa brillance, sa renommée et ses conquêtes à travers le monde. Qui ne sont que des atouts qui donneront autant de visibilité à la musique de son ascendance, comme une ambassadrice authentique.

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