Pleins Feux Sur : Jose Tavernier

« Un artiste consommé »

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José Tavernier a tenu la double fonction de batteur et de vocaliste.

Tavernier lui est apparu à une époque de mutation où les sonorités les plus exotiques, parmi lesquelles: rock n roll, bossa nova, blues et d’autres approches pré planétaires vont transformer l’environnement tonal en un vaste terrain d’introspection. Entre les meneurs, H. Widmaïer, André Romain, Joassin, Tit etc, Jose lui est d’attaque. Ce rescapé du mouvement yéyé local qui a fait ses preuves avec le groupe « Les Mordus». Formation  avec laquelle, il a tenu la double fonction de batteur et de vocaliste ; causant l’émeute dans ses prestations aux festivals du Rex et Paramount pour teen-agers inassouvis. Dans des approches frôlant bien le rock et les variétés pop. Et comme attendu, l’ascendance de ce samba contemporain, rompu à tous les styles : big- band, combo latin, et djaz natif va lui ouvrir inévitablement de nouveaux horizons.

Sous la forme d’un nouveau départ avec le groupe « Ibo Combo » au sein duquel, il est installé maestro à la tête de la plus sophistiquée genèse musicale du moment. Avec une brochette de talentueux musiciens et instrumentistes de l’heure, certains établis et d’autres émergeants comme : Jacky Duroseau (piano), Ferdinand Dor, (basse), Lionel Volel (sax),  Tit Pascal et Fritz Joassin (guitares), André Romain (vocal) Jacques Eugène (accordéon) et la contribution remarquable de Herby comme compositeur et arrangeur. C’est donc avec outrecuidance que J.T est placé comme chef de bande d’une formation pionnière à l’avènement des mini-jazz. Avec laquelle il a encore fait office de chanteur, batteur et tambourineur. A une époque où les préjugés du milieu n’incitent pas les jeunes musiciens de l’environnement urbain à s’afficher au tambour. Ce dont il n’en a cure. Lui, le troubadour impénitent.

En tout cas, il en a profité pour laisser son empreinte percussive autant que son estampille vocale sur le premier disque du groupe dans lequel il a fait étalage de son timbre allégorique au tempo rafraichissant, avec des morceaux comme Tirazè, un chachacha concocté pour ses vocalises distinguées, et Bébé mini –jupe, qui alterne entre le bossa-nova et la ballade ; prouvant encore sa versatilité. Evoluant en tandem avec l’excellent vocaliste André Romain, dans une approche tonitruante et de fusion en plus innovante. Ayant caractérisé la musique de ce groupe d’avant-garde dont l’ascension est déraillée par la folie d’un macoute qui a logé une balle dans la colonne vertébrale du guitariste-vedette Tit Pascal. Subséquemment aux divers remaniements du groupe et à l’éparpillement des originaux, Jose s’est retrouvé à New York où il a continué à maintenir la tradition.

En prenant le soin de réformer le « Ibo Combo » à New-York ; faisant appel à une brochette de collaborateurs aussi chevronnés que modernes comme : son complice de l’euphorie yeye, venu cette fois-ci du Canada, après des études et un ‘’stint’’ avec le groupe « Caraïbes » de E. Volel, l’indécrottable Boulo Valcourt. Ensuite, le militaire exilé et ex saxe et futur médecin issu du « Sahieh » Roland Guillaume, ainsi que l’incomparable Gaguy Dépestre, saxe et flute, le trompettiste chevronné venu du « Tropic » et du « Septent » Gérard Jean Baptiste. Le bassiste L. Oriol, de même que les frères : Jean-Jean, batterie, Michel, guitare et Claude Laraque, percus, et un jeune et émergeant Régi Policard, claviers et batterie ; ont composé la première démonstration de ‘’la bande à Jose’’, parmi les délices communautaires d’outre-mer à la fin des sixties.

Notamment, avec l’œuvre introductive : ‘’Kafe’’, inspirée d’une parodie de A. Dérose, et contenant d’autres titres… : ti cheri, fanm total, ti gason, aprann metye, ainsi que des interprétations de : mato et men rat la ; issues du répertoire du « Trio Select » de G. Henry. Lesquelles en trouvère accompli, Tavernier en est bien imbu des dessus et dessous. Puis, un ultime album comprenant : anjandre, pour elle, Haïti, cow-boy et, un ‘’mid-ley’’ de fè gwòg la mache de Tiparis ; consolidant sa complicité avec Boulot dans un style où ils sont de fiables pourvoyeurs. Et, telles furent les dernières randonnées de Jose avec l’« Ibo Combo ». Mais, non sans avoir légué sa marque vocale à travers le chanteur Pantal Guilbaud, qui a partagé avec lui ce timbre drolatique.

Emmenant par la suite son art dans les sentiers solitaires ; tout en continuant à répandre la marque Tavernier dans des associations collectives avec le « MAS », infusant son parfum rétro. En plus de deux œuvres en solo : ‘’ 25e Anniversaire’’ et ‘’Tour du monde en musique’’ qui l’ont campé à la manière du vétéran Garry French ; en attraction de bistrots pour un auditoire épris d’intimité. Puis, entre les prestations sporadiques et étroites, il est repéré en Floride, paradis des artistes semi-retraités. Où il mijotait quelques détours en compagnie de Pépé Bayard, bien avant la mort de ce dernier. Attendant encore d’autres tours autant qu’il lui reste un souffle de vie.

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