Pleins Feux Sur : Armstrong Jeune

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Armstrong Jeune

 Armstrong a de son côté été épris de musicalité dès la prime enfance. Et de ce fait, acclimaté à la musique par ses parents qui imbus de son attachement l’ont remis aux expertises du professeur Dernst Emile pour des leçons de piano. Pourtant c’est sa voix qui va attirer l’attention du ‘’master’’ qui l’encourage aussi à la cultiver. De là a commencé son apprentissage de trouvère avec pour modèles des bardes aussi distincts que : Guy Durosier, Cubano et Joël Widmaïer. Bien qu’on puisse bien ressentir cette similarité avec Ralph Thamar. Par la suite, A.J s’est trouvé sous la supervision de deux musiciens-instructeurs accomplis tels que : le guitariste Rousseau Telfort et le claviériste-vocaliste Philippe Pierre avec lesquels il a exploré les dessous du jazz, du gospel et parmi d’autres paramètres, le konpa qui va devenir sa plus propice forme d’expression et de révélation.

Pour entreprendre des débuts avec le « Metrosonic » petit groupe communautaire. Avant de rallier un « Djet X » en fin de cycle. Puis, les « Shleu-Shleu » ‘’La tradition continue’’ de Smith J. Baptiste. Qui l’a mis à un palier supplémentaire ; représentant le déclic de sa trajectoire. Ayant été celui qui lui a permis de sortir de l’anonymat. En mettant en évidence son timbre clairsemé, infus de spleen et de scat. En plus d’une présence scénique et d’une flamboyance symbolisées par sa mèche en queue de cheval (ponytail) ; qui lui donnent l’apparence d’une super star. Evidemment, les demandes n’ont pas tardé à affluer, suivies par des prestations dans :’’Extra Zenglen’’ de Brutus, « Mini All Stars », « Tropicana » ‘’40e Anniversaire’’, Eddy Brissaux, parmi ceux qui se sont rués sur ce pitch aérien au tempo déluré.

Sur cette lancée, il s’est associé à un groupe de musiciens chevronnés du sérail tels que : Shedley Abraham, Yves Abel, Makarios et la colonie Welmyr, Assel et Kennely Jn. Pierre. Pendant que Jeune est lui-même en tandem avec Kenny Desmangles à l’avant-poste. Composant un duo de chanteurs aux nuances variées au sein du nouveau venu « New York All Stars » qui s’est bien targué de son effectif pléthorique. Et avec lequel AJ a pu mettre en évidence ses aptitudes de compositeur, d’arrangeur et de parolier. Mettant son empreinte dans l’unique album du groupe ; offrant particulièrement des hits comme : pou lavi, tibato et autres au répertoire d’un ensemble qui après un début tapageur, n’a pas semblé avoir l’étoffe pour les aléas de la compétition musicale.

Obligeant Jeune à regagner ses pénates new-yorkais. Où il a une nouvelle opportunité de rebondir ; en étant sollicité pour prendre la place laissée vacante par King Kino au « Phantom ».

C’est ainsi qu’après un cheminement succinct, le « NYAS » dont les membres ont semblé avoir d’autres priorités, s’est dispersé. Transformant Armstrong en ‘’freelancer’’ qui s’est impliqué dans des ‘’stints ‘’ avec le « Tabou », « Skah-Shah ». Et à ce stade, il est pressenti pour être le remplaçant de Gracia Delva qui vient d’être expulsé au pays au sein du « Zenglen » de Miami. Mais, après quelques performances d’essai, l’audience des frères de la côte a fait savoir qu’elle voulait quelque chose d’autre, un peu plus régionaliste. Obligeant Jeune à regagner ses pénates new-yorkais. Où il a une nouvelle opportunité de rebondir ; en étant sollicité pour prendre la place laissée vacante par King Kino au « Phantom ». Pourtant, après avoir accepté l’offre, AJ a changé d’idées par la suite face à ce challenge qui l’aurait, à l’époque, remis sur orbite.

Mais, sans répit il s’est rallié à la nouvelle formation « Dola MIzik». Avec lequel il a eu un parcours mitigé ; ne prenant part qu’à une seule production de ce groupe auquel il a délivré le morceau brase, avant de filer à l’anglaise, faute de réception.  A la phase suivante, il sort une collection de ses morceaux dans :’’The best of Armstrong Jeune ‘’ avec : pou lavi, korije m, Angelique, ala tipitit danse, ti bato, que c’est long, rit komèsyal, hommage à joe, et autres. Subséquemment il a décidé de se réorienter vers une carrière solitaire. En se réinventant dans un genre plutôt cérébral à travers l’œuvre : ‘’Dial J for Jazz’’ contenant : avan kew te pati, yon fanm ke mwen renmen, mwen tande yon mizik, cheri wap touye mwen, maladi damou, Léogane, ou chanje, ou pran nan pèlen etc. Laquelle a représenté pour lui une sorte de retour à la source de ses premières initiations ; dans des épanchements jazzés et des élaborations furtives. 

Mais surtout, il y a l’artiste ! Et même si la flamboyance du ‘’ponytail’’ s’est effritée, le cœur est toujours musicien.

Montrant un différent aspect d’Armstrong qui a bien voulu se réinventer sous des angles majeurs. Mais hélas, n’est pas arrivé à toucher les fans moyens des bacchanales ; qui sont pourtant sa chasse-gardée. En plus d’être incessamment frustré par les agents de productions et de distributions qui se sont montrés incompétents dans leur tâche. Finalement à bout, il décide de prendre du recul par rapport aux milieux du spectacle. Avec l’idée de se tailler de nouvelles perspectives. Ce qui l’a propulsé dans l’entrepreneuriat avec l’ouverture d’un bistro à Flatlands Avenue, Brooklyn. Où il s’est rétabli, passant la plupart de son temps à s’occuper de sa nouvelle clientèle. Ainsi que d’anciens liens qui lui permettent de maintenir ses élans artistiques. Tout en démontrant que son flair musical et sa créativité restaient intacts.

Ce qu’il a essayé d’illustrer à travers les opus successifs :’’ Armstrong Jeune : Elements’’ comprenant : ou se sel fanm, rele m cheri, m’ta vle, Ayida. Puis : Elements Pt 2’’ avec : Jojo, fèm ankò, même amour, rantre. Et : ‘’Bon Konpa’’ nanti de : farinen, deklarasyon, c’est si bon, Armstrong bolero, Justin et autres. Lesquels ont certifié de sa détermination pour éviter l’anonymat. Même si le temps du vedettariat est passé depuis longtemps pour Armstrong. L’important c’est de pouvoir maintenir ses vibrations créatrices, tout en mettant les ouvrages à l’heure. Sans toutefois s’éloigner de sa source originale. Ce qui est déterminant dans la perpétuation d’un legs musical. En plus des traits caractéristiques : vocal pétaradant d’un zest off-tempo, présence scénique infaillible, les hauts et les bas. Mais surtout, il y a l’artiste ! Et même si la flamboyance du ‘’ponytail’’ s’est effritée, le cœur est toujours musicien. Et c’est l’essentiel !

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