Manifestations pour la démission de Jovenel Moïse !

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Le 4 octobre 2019, des dizaines de milliers de manifestantes et manifestants avaient occupé les rues de la capitale Port-au-Prince et de certaines provinces, pour forcer Jovenel Moïse à quitter le pouvoir.

Vendredi dernier 4 octobre, les dirigeants de l’opposition particulièrement ceux de l’Alternative consensuelle pour la refondation de l’Etat avaient donné rendez-vous  à la population,  très déçus qu’ils étaient de l’approche des ambassadeurs, membres du Core Group, qui ouvertement ont manifesté leur pleine solidarité avec Jovenel Moise, puisqu’ils avaient indiqué aux représentants de l’opposition d’aller  s’entendre avec le pouvoir en place pour résoudre la crise dans le cadre d’un dialogue. Une façon de dire que le Core Group les reconnait comme frères de classe, sans aucune divergence fondamentale.

Le peuple demande la démission de Jovenel Moise (Photo Wesly Gédéon)

En fait, le 4 octobre, il y avait manifestation dans toutes les grandes villes du pays, tels que Cap-Haïtien, Gonaïves, Saint-Marc , Léogâne, Petit Goâve , Mirebalais, Miragoane Grand’Anse, précisément dans la ville de Jérémie et également aux  Cayes pour ne citer que celles-là. Cependant celle provenant des divers quartiers de la zone métropolitaine avait pour objectif concret de se rendre devant les locaux de la mission des Nations unies à Clercine (commune de Tabarre) pour les demander de se désolidariser avec le pouvoir en place.

Des manifestants dans les rues du pays le 4 octobre pour exiger le départ de Jovenel Moise (Photo Wesly Gédéon

Une demande qui paraissait simple mais difficile à réaliser puisque les dirigeants de l’opposition ignorent-ils que les Nations-Unies tout comme l’OEA fonctionnent comme des ministères des Affaires étrangères des Etats-Unis, comment peuvent-ils se désolidariser avec un gouvernement appuyé par l’administration de Donald Trump, qui pis est antipopulaire, corrompu et ne représente aucun danger pour le statu quo américain.

C’est une marée humaine qui s’est déployée ce jour-là sur la route de l’aéroport en direction de la base logistique des Nations unies. Outre les masses populaires qui revendiquaient le départ de Moise pour un lendemain meilleur, puisque la vie chère ne cesse d’augmenter davantage et les conditions sociales se détériorent. Les politiciens pour une fois ne s’étaient pas montrés aux abonnés absents. Ils ont été présents en grand nombre pour maintenir la pression sur Jovenel Moïse, sur l’ONU et le Core Group ; sauf l’ancien sénateur et chef de Pitit Desalin Moise Jean-Charles qui, semble-t-il, avait été ailleurs ce jour-là.

La plupart des entreprises  publiques et privées  ont gardé leurs portes fermées pour éviter d’être victimes de casses et de pillage. Des barricades de pneus usagés enflammés ont été dressées dans différents endroits. Il y a eu un tas d’altercations avec les forces de la PNH, les manifestants surchauffés ont lancé contre les policiers beaucoup de slogans, également des pierres et des tessons de bouteilles. Les agents de la PNH ont répliqué avec des canons à eau et des bonbonnes de gaz lacrymogène pour essayer d’évacuer la foule en colère.

Les masses populaires demandent à l’ONU de ne pas s’ingérer dans les affaires internes du pays mais plutôt de lâcher le président Jovenel Moïse.

Une barricade policière à l’entrée de l’aéroport pour empêcher aux manifestants de se rendre au quartier général de la Mission des Nations unies d’appui à la justice en Haïti (Minujusth) (Photo Wesly Gédéon)

Sur la route menant à l’aéroport international de Port-au-Prince, ce fut la grande foule,  se faisait  de plus en compacte. Emu le député d’Aquin, Jean Robert Bossé a déclaré « Pour moi, c’est la dernière journée » comme pour dire « c’est la dernière bataille »

Arrivés au “Log base” le quartier général de la Mission des Nations unies d’appui à la justice en Haïti (Minujusth), après maintes échauffourées avec les forces de l’ordre, de la Swat, de la BRI de l’UDMO et de la CIMO certains représentants de la dite opposition ont pu accéder au bâtiment pour remettre un message écrit destiné au secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres.

Des dirigeants de l’opposition dialoguant docilement avec un individu de la Mission des Nations unies d’appui à la justice en Haïti (Photo Wesly Gédéon)

Le 4 octobre 2019, des dizaines de milliers de manifestantes et manifestants avaient occupé les rues de la capitale Port-au-Prince et de certaines provinces, pour forcer Jovenel Moïse à quitter le pouvoir.

Après cette colossale manif, les activités demeurent paralysées dans toute la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, y compris Pétionville et Delmas où les manifestations continuent quotidiennement à perturber les écoles, le transport en commun et le commerce, même la cérémonie officielle de la rentrée judiciaire a été annulée. Le pouvoir n’a aucune marge de manœuvre, il ne dirige rien.  La démission de Jovenel Moise n’est pas pour demain mais il est impératif qu’il doive y avoir un dénouement puisque la paralysie des activités globales approche sa cinquième semaine.

Le courrier de l’opposition adressé au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. (Photo Wesly Gédéon)

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