L’existence des pauvres doit être un « combat » contre l’injustice sociale et l’oppression politique

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Le prolétariat mondial souffre de l’injustice des clans oligarchiques qui dévalisent depuis des millénaires les banques des richesses communes.©Benjamin Petit/AFD

« Si tu es neutre en situation d’injustice,
c’est que tu as choisi le camp de l’oppresseur. »
Desmond Tutu

 

L’écriture est devenue pour nous ce fleuve agité dans lequel nous noyons nos douleurs toutes les nuits jusqu’à l’aube. Nous ne pouvons pas nous taire devant les souffrances des populations dépérissantes. La route qui doit faire lever le soleil sur les ajoupas des pauvres passera inévitablement par une lutte révolutionnaire. Jean-François Revel a utilisé de son côté la locution conceptuelle de « socialisme planétaire » dans son ouvrage « La tentation totalitaire », publié en 1976 chez Robert Laffont. Nous parlons nous-même de « Révolution mondiale » dans « Les tigres sont encore lâchés, 2019 », « Pauvreté en Haïti et dans le reste du monde : Hara-kiri ou Révolution, 2019 », « L’inconnu de Mer Frappée, 2020 », « Le Grand Combat, 2021», « Il faut sauver Carthage, 2022 et « Idées pour une Révolution mondiale, inédit ».

     Le prolétariat mondial, – nous ne le dirons jamais assez –, souffre de l’injustice des clans oligarchiques qui dévalisent depuis des millénaires les banques des richesses communes. Les citoyens responsables peuvent-ils se croiser les bras devant les situations de détresse quotidiennes et se laisser gagner par la peur de se tenir fermement debout pour affronter les fossoyeurs de l’existence humaine : ceux-là qui s’adonnent à ce jeu de « massacre spirituel et matériel » contre les collectivités affaiblies et aliénées? Et cela n’est même pas suffisant. Les leaders conséquents, avant-gardistes, – qui se rangent aux côtés des misérables de la planète – , doivent penser, réfléchir sur les moyens efficaces à adopter et à utiliser dans ce combat difficile pour la défense et la protection des intérêts des plus faibles, des plus vulnérables des sociétés mondiales. Car il faut détruire le système capitaliste.

La presse occidentale ferme les yeux sur les crimes des puissances impériales. Celle-ci défend plutôt les intérêts du « Capital ». Elle fait rarement mention dans les bulletins de nouvelles, dans les colonnes qui traitent des actualités nationales et internationales, des multitudes d’individus affamés qui attendent la mort dans un coin de leurs cahutes, en vue de mettre un terme à leurs conditions de misérabilité chronique. La presse occidentale se ligue contre Cuba, Russie, Venezuela, Nicaragua, Iran, Syrie, Chine, Corée du Nord…  qu’elle accuse de tous les maux de la terre. Mais elle encense l’orgueil mortifère de Volodymyr Zelensky qui sacrifie son peuple et qui « détruit » son pays dans l’unique but d’échapper à la justice pour crimes économiques et financiers. Le tartufe lutte non pas pour protéger ses concitoyens contre une agression poutinienne et  garantir l’intégrité territoriale de l’Ukraine, mais pour ne pas aller tout simplement en prison. L’Humanité a publié le jeudi 7 octobre 2021 un article de Vadim Kamenka : Volodymyr Zelensky piégé par les Pandora Papers. Nous en avons extrait ce paragraphe :

Volodymyr Zelensky mêlé dans les Pandora Papers

« En Ukraine, c’est le site d’investigation de Slidstvo.info qui, en participant au Consortium international des journalistes d’investigation (Icij), a sorti plusieurs documents impliquant le président Zelensky dans des tractations commerciales secrètes. L’un d’eux pointe ainsi l’achat par des compagnies offshore (une entreprise enregistrée à l’étranger), appartenant à sa société de production Kvartal 95, « de trois appartements dans le centre de la capitale britannique (…) pour une somme d’environ 7,5 millions de dollars… [1] »

Le président du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), Eric Denécé a rappelé lui aussi que Zelensky est mis en cause par les Pandora Papers. Il faut préciser que 600 journalistes de 117 pays ont participé à cette vaste enquête sur l’évasion fiscale pratiquée par les dirigeants et les oligarques des pays de l’axe néolibéral. Le Pinocchio de l’Otan est vraiment bien visé dans cette affaire scandaleuse. En 2019, dans le cadre de sa compagne électorale, Zelensky avait fait les promesses de combattre les pratiques de népotisme, de freiner les fuites des capitaux, et surtout d’appliquer l’accord de Minsk sur lequel il allait être effectivement élu. Au contraire, dès que le comique est arrivé au pouvoir, il a posé le geste de choisir son producteur comme son principal conseiller. Sa mauvaise gestion économique et financière a contribué au dégraissage des avoirs des familles les plus vulnérables de la société ukrainienne. Le journaliste Jean-Simon Gagné ironise dans Le Soleil du 28 janvier 2022 :

« Retour en arrière. En avril 2019, Volodymyr Zelensky se fait élire triomphalement à la présidence de l’Ukraine en promettant des lendemains «ensoleillés». Il n’y manque que des licornes multicolores et des fontaines de chocolat. Le Sauveur promet d’en finir avec la corruption. Il s’engage aussi à faire la paix avec la Russie, qui soutient la rébellion de deux provinces dans l’est du pays. Une sale guerre qui a fait des milliers de morts [2]. »

Éric Denécé a encore expliqué : « L’invasion illégale de l’Irak en 2003 par les Américains et les Britanniques comprenaient 250 000 américains et 30 000 britanniques, 280 000 hommes, face à une armée qui n’était pas au 10ème de l’efficacité de l’armée ukrainienne. Donc, continuer à affirmer que Poutine voulait envahir l’Ukraine est quelque chose d’absolument faux. Cette opération militaire a rencontré un certain nombre de dysfonctionnements et d’échecs initiaux, mais pour l’instant il semble bien que les buts de guerre que s’est fixés la Russie, c’est à dire, protéger le Donbass et finalement s’emparer des provinces russophones, certes moins russophones que Donetsk et Lougansk du sud de l’Ukraine, est en train d’aboutir [3]. »

Le fonctionnement des sociétés du globe doit être repensé et réorganisé. Un monde tellement riche ne devrait pas héberger tant de misérables.

Les pays de l’Otan, piégés par l’Administration Biden noyée dans une cascade de scandales, engloutissent des dizaines de milliards de dollars pour soutenir, – naturellement à leurs avantages –, un conflit armé qui risque d’entrainer la planète dans une situation encore plus dangereuse que celles engendrées par les catastrophes de 1915 et de 1939. L’ingérence de la Maison Blanche avec arrogance dans les hostilités russo-ukrainiennes risque de faire dérailler tous les efforts qui viseraient à ramener la paix dans la région. Les États impériaux, comme nous le constatons, ne se soucient guère des enfants et des vieillards qui meurent dans les régions périphériques sous les yeux impuissants et chagrinés de leurs proches. Ils sont avares de conservation des vies, et généreux de phagocytation des êtres vivants.

Des misérables dans un monde comblé de richesses

Depuis des décennies, nous tentons de rallier des activistes et des militants politiques de l’univers à la cause des populations appauvries. Plusieurs grands écrivains le font aussi : Noam Chomsky, Jean Ziegler, Suzan George, etc. Nous ne saurions comptabiliser les cadavres que le combat pour le respect des Droits naturels a occasionnés sur les continents. Nous l’avons déjà mentionné : toutes les régions de la terre ont leurs lots de martyrs qui se reposent quelque part dans un cimetière. La guerre pour le pain, la farine, le sucre et l’eau est l’expression violente d’un antagonisme millénaire qui se nourrit à la source des répartitions dichotomiques des richesses de la planète. Certains en ont trop. D’autres, pas assez. Ou pas du tout. Comment se résigner à l’idée de dépérir par la faute d’une minorité d’insouciants milliardaires qui traitent leurs semblables comme des vers de terre qu’ils écrasent sous leurs talons ? Le fonctionnement des sociétés du globe doit être repensé et réorganisé. Un monde tellement riche ne devrait pas héberger tant de misérables. Il faut recourir à des formes de combat plus persuasives, en vue de ramener les États prédateurs à la raison. À proprement parler, il n’existe pas d’individus riches et pauvres sur la planète, mais des individus enrichis et appauvris. Les êtres humains sont nés libres et égaux, soutiennent les courants philosophiques du contractualisme.

Même Adolphe Hitler, l’Attila de l’Allemagne nazie, reconnaît, incroyablement, la cruauté inqualifiable exercée par des États comme la France, l’Angleterre, l’Espagne, les États-Unis, le Portugal contre les indigènes de l’Afrique et les autochtones de l’Amérique. Dans « Testament politique d’Hitler », préfacé par Trevor-Roper, paru aux Éditions Fayard en 1959, l’exterminateur des Juifs affirma :

« Les blancs ont toutefois apporté quelque chose à ces peuples (colonisés), le pire qu’ils pussent leur apporter, les plaies du monde qui est le nôtre: le matérialisme, le fanatisme, l’alcoolisme et la syphilis. Pour le reste, ce que ces peuples possédaient en propre étant supérieur à ce que nous pouvions leur donner, ils sont demeurés eux-mêmes […] Une seule réussite à l’actif des colonisateurs: ils ont partout suscité la haine. Cette haine qui pousse tous ces peuples, réveillés par nous de leur sommeil, à nous chasser. Il semble même qu’ils ne se soient réveillés que pour cela! »

Edmund Burke est un philosophe irlando-britannique qui décéda en 1797 en Grande Bretagne. Homme politique, il prit position en faveur de la Révolution américaine. Son célèbre ouvrage « Réflexions sur la Révolution de France » prédisait que les événements qui conduisirent en 1789 à la prise de la Bastille allaient connaître un tournant désastreux. Et cela arriva. Des têtes précieuses furent décapitées. Edmund Burke, appelé le père du conservatisme moderne, a influencé les œuvres de plusieurs grands philosophes, particulièrement Denis Diderot et Emmanuel Kant. Le théoricien nous légua cette observation pertinente : « Il suffit que des hommes de bien ne fassent rien pour que le mal triomphe. » Nous avons juré, de notre côté, de combattre l’Injustice, de prêcher la Rébellion, d’encourager l’Insurrection, de soutenir le Grand Combat des opprimés de la terre, jusqu’à l’anéantissement total  de  la « dynastie de Babylone ».

Le combat des ouvrières et des ouvriers doit être soutenu par toutes les couches sociales progressistes.

Le théoricien Karl Marx écrit dans le « Manifeste du parti communiste » : « Les armes dont la bourgeoisie s’est servie pour abattre la féodalité se retournent aujourd’hui contre la bourgeoisie elle-même. La bourgeoisie n’a pas seulement forgé les armes qui la mettront à mort; elle a produit aussi des hommes qui manieront ces armes, les ouvriers modernes, les prolétaires. »

Jean-Paul Sartre et Albert Camus se sont livré une querelle interminable sur la guerre de l’Algérie, autour de l’utilisation de la violence politique entre les États et entre les fractions sociales. Sartre reprochait à Camus de n’avoir pas adopté une position claire et radicale dans le conflit armé qui opposait son pays d’origine à la France. Le philosophe de l’existentialisme restait convaincu que « pour se ranger aux côtés de l’histoire, il fallait choisir la violence nécessaire ». Des critiques ont pris la défense de Camus dans cette polémique intellectuelle considérée aujourd’hui encore comme étant inachevée. Alors que les deux nobélisés en littérature sont décédés depuis longtemps. Dans une lutte politique qui privilégie les pensées démocratiques, la violence n’est pas elle-même la solution, mais elle constitue, bien souvent, le chemin qui mène à la solution durable. Elle doit être envisagée seulement dans le cadre d’une décision d’ultime recours. Il y a des pluies sans éclairs et sans tonnerre. Il y a aussi des pluies avec éclairs et tonnerre. C’est la nature qui décide.

      Nelson Mandela défia, d’abord par la parole, les bourreaux de l’apartheid de l’Afrique du Sud. Comme parler ne suffisait plus, il adopta les principes radicaux de la lutte armée. Il se forma dans le cadre de sa nouvelle stratégie de guerre. Il utilisa les mêmes « moyens violents » des dominateurs pour libérer son peuple. Le leader de l’ANC, avec la complicité de la CIA, passa environ 28 ans en prison. Libéré le 11 février 1990, il devint président de son pays en 1994. Les méthodes du « pacifisme » ne permettent pas toujours d’obtenir les résultats escomptés. À moins de vouloir mourir comme Socrate. Mourir dans la naïveté de son innocence. Les mains de fer de l’occupation étrangère se resserrent de plus en plus sur les bras faibles de la République d’Haïti. Des universitaires haïtiens, de connivence avec Ariel Henry et ses valets, écrivent des pamphlets désespérés pour implorer l’intervention des troupes onusiennes en Haïti. Pour eux, c’est le seul moyen de détruire les foyers des violences gangstérisées.

Dans le contexte de la politique extérieure des pays du G7, le « possibilisme » de Paul Brousse ne pourra pas apporter, à proprement parler, la Justice sociale et l’Équité économique sur le territoire de la République d’Haïti. La « Révolution » dont nous parlons toujours ne s’obtiendra pas avec un bulletin de vote…! Nous en sommes nous-même convaincu. Et nous l’assumons.

Nous pensons que l’opportunisme politique est en train de noyer, de submerger les efforts des compatriotes qui cherchent à aider le peuple haïtien à forger un chemin de libération et de désasservissement dans les broussailles du « Capital ». La fin des souffrances de la République d’Haïti signifiera également celle de beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du concept de « Révolution » un opiacé du pseudo intellectualisme et du narcissisme insensé. Après que les murailles du « néocolonialisme » auront été renversées, le peuple haïtien reconnaîtra facilement le blé et l’ivraie. L’arbre qui porte les fruits comestibles et celui qui est stérile comme le figuier maudit par le Fils de l’Homme. Le pays de la « Révolution » ne pourra pas exister et vivre dans l’engueulade verbale et scripturale. Mais par des idées politiques constructives et des projets socioéconomiques viables! Que nos Robespierre, nos Condorcet, nos Sieyès, nos Olympe de Gouges, nos Pauline Léon…, s’y préparent.

L’existence des pauvres doit être un « combat » quotidien contre l’injustice sociale et l’oppression politique. Pour renverser les barrières des inégalités, les masses prolétarisées privilégieront les moyens qu’elles auront estimés nécessaires et les méthodes qui leur auront paru appropriées pour se désenchaîner de l’oppression néocoloniale.

     Le bien-être de l’être haïtien est consubstantiel au développement de son pays. C’est autour d’une grande table de concertations, d’échanges méthodiques d’idées, de concessions raisonnables et bénéfiques que les militants politiques d’avant-garde traceront et construiront la route qui débouchera sur le sauvetage de la patrie fondée en 1804 par les anciens esclaves africains, vainqueurs de l’esclavagisme européen. Quant aux ennemis de la Nation, ceux-là qui, comme Ariel Henri et ses flagorneurs, seront accusés de crimes de haute trahison pour avoir permis aux troupes étrangères de fouler le territoire de la République, c’est la justice populaire qui viendra trancher en la matière. Et fasse le ciel qu’elle n’évoque pas, cette justice, un recours contraignant à la sentence capitale pour sanctionner les crimes de lèse-patrie. Le peuple est libre d’exercer sa souveraineté.

     Les « cas de suicide » provoqués par le « mal vivre » ne se comptent plus dans le monde. Pour certains, « mourir » devient la solution ultime  aux difficultés insurmontables générées par l’état de misérabilité. Quand la mort tarde elle-même à arriver, les individus qui craquent sous le fardeau de leurs souffrances morales et physiques passent carrément à l’acte. Ils mettent fin à leur existence. Beaucoup de citoyens désespérés, – comme nous l’avons rapporté et documenté dans notre ouvrage « Pauvreté en Haïti et dans le reste du monde : Hara-kiri ou Révolution » –, incapables de subvenir aux besoins de leurs proches, choisissent de s’immoler par le feu devant les palais, les châteaux, les ministères, les églises, les temples, les mosquées… Ces martyrs de la surexploitation globalisée ont aussi espéré susciter de la colère et de l’indignation parmi les autres victimes silencieuses. Ils ont posé un geste de « désespérance extrême » dans le but de forcer leurs camarades à se réveiller et à se battre.

Le combat des ouvrières et des ouvriers doit être soutenu par toutes les couches sociales progressistes. Dans plusieurs régions du monde, les États bourgeois ont assassiné des « révolutionnaires » aguerris. « Ils ont tué Jaurès. » Mais ils n’ont pas guillotiné le « socialisme » et le « communisme ». Le théoricien du marxisme avait compris dès le départ que le « système capitaliste  portait en lui les germes de sa propre destruction. » Il est une émanation des idées audacieuses de la classe dominante pour s’approprier les différents moyens de production nationale. Arrivera très certainement le moment où le « néolibéralisme » ne pourra plus se renouveler ou se remétamorphoser. Alors, déjà implosé, il explosera. Les poutres qui le soutiennent, s’affaiblissent de plus en plus. Elles craquent. C’est à ce niveau que Karl Marx demeure un « critique clairvoyant du capitalisme » de son temps et du futur.

     La « Révolution planétaire » est bien possible!


Références

[1] Vadim Kamenka, L’Humanité : Volodymyr Zelensky piégé par les Pandora Papers, jeudi 7 octobre 2021.

[2] Jean-Simon Gagné, le Soleil, Volodymyr Zelensky : l’ancien comique qui joue le rôle de sa vie, 28 janvier 2022.

[3] Éric Denécé, Tribune Libre, mardi 31 mai 2022.

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