Les blablatudes et lolotudes du PM Jean Henry Céant

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Yves Léonard, le déguerpisseur des riverains de Pèlerin 5, le tabasseur de Nice Simon, sa conjointe, et mairesse de Tabarre. Après avoir violemment agressé sa concubine, le malveillant a été frappé d’interdiction de départ. Pourtant, il est en cavale. Bien sûr, Jovenel et Céant n'en savent rien.

Affolé par la perspective d’une manifestation monstre et tototerritoriale, ce 18 novembre; hanté par le spectre quasi insurrectionnel des 6, 7 et 8 juillet derniers, mais aussi obsédé par le caractère massif de la commémoration du 17 octobre, puis traqué par l’incessante, persistante, embarrassante hargne populaire exigeant une reddition de comptes relative au détournement criminel des fonds PetroCaribe par une meute affamée de grands mangeurs, dilapidateurs, détrousseurs, siphonneurs de la manne vénézuélienne, le gouvernement de Jovenel l’inculpé, par le truchement de son PM Jean Henry Céant est vite monté au créneau dans une démarche de type lolo pa lolo.

Céant a introduit son adresse à la nation par une de ces platitudes auxquelles on n’est que trop familier: “dans l’histoire de l’humanité, ce sont des hommes et des femmes qui prennent leur responsabilité et qui déterminent le chemin à suivre pour chaque peuple, chaque nation”. Bravo pour cette déclaration dont on cherche encore l’originalité. Mais, passons.

Il n’empêche que “nos ancêtres avaient pris la décision de mettre de côté leurs intérêts personnels pour regarder l’avenir vers le même but à atteindre, la route de la liberté”. Aux temps de Vertières, l’ennemi c’était le colon, c’était une armée étrangère venue rétablir l’esclavage, enchaîner les nouveaux libres. Nègres et mulâtres, Dessalines et Pétion, n’avaient fait qu’un seul corps vers le chemin de la liberté qui allait rejaillir sur toute l’Amérique latine. Que le PM soit loué pour ce rappel! Ceantus vobiscum!

Sautant à pieds joints sur la cruelle et criminelle ingratitude de la caste des nouveaux possédants qui engendra le 17 octobre 1806, sur la révolte de classe des Piquets, sur les violentes querelles entre les féodaux pour accaparer tout le pouvoir devant aller soit aux “plus capables”, soit au “plus grand nombre”, sur la souillure du sol national, de 1915 à 1934 qu’essaya de combattre notre glorieux Péralte, sur la sanglante dictature presque trentenaire des Duvalier, sur la malfaisance néoduvaliériste des bandits légaux mickymartellystes, le PM a voulu nous faire faire connaissance avec “nos ennemis d’aujourd’hui”. Allez-y et allons-y, monsieur le Premier ministre.

Le PM nous assure que ces ennemis, “yo gwo nèg anpil”, et ils s’acharnent dans le fiftiwann des ti nèg.

Suite à l’accouchement au forceps du fils de paysan Jovenel par les mains expertes de l’éminent obstétricien Léopold Berlanger, gardien souverain des intérêts de la bourgeoisie tilolitarde, de calamiteux “ennemis” nous sont tombés du Ciel, comme ça, par hasard, sous le regard médusé, impuissant du premier mandataire de la nation: chômage, razeurisme, dégajètisme, grangouisme, banditisme, instabilité, corruption (ah!), impunité (oh!), absence de “bons services” à la population, pour ne citer que ces malchances-là.

Le PM nous assure que ces ennemis, “yo gwo nèg anpil”, et ils s’acharnent dans le fiftiwann des ti nèg. Alors, léninement parlant, que faire, Ilitch? Commencent alors les propos et considérations blablatudinaires, lolofiantes du PM, du pur lolo pa lolo. Comment s’attaquer à la gwonègtude de ces ennemis? Presto, le PM répond: “ C’est en se parlant”, peut-.être en se disant des mots doux, “se nan pale youn ak lòt” (ah!), peut-être en anglais; “c’est en oeuvrant tous ensemble”, oui, se nan tèt ansanm (oh!); c’est en confrontant les idées, “se nan brase lide” (eh!) entre boujwa, malere, save, analfabèt, anana kòm pengwen…( èh!).

Satisfait d’avoir égrené ces platitudes, heureux de la banalitude de lieux communs à l’usage de sots, nigauds, naïfs, simplets, benêts, Céant a embrayé à une vitesse supérieure. C’est vrai qu’il nous faut combattre nos “ennemis”, mais ce ne doit pas être par la violence (ah!), “se pa nan vyolans, ni nan krazebrize”. Ce ne doit pas être en détruisant des entreprises, ces biznis qui donnent à manger à vos enfants (oh!). Une façon de dire andaki: entretuez-vous à La Saline, crevez de faim, gagnez le macadam, c’est votre affaire, mais vous en prendre aux biens matériels de mes potes de la bourgeoisie, ops! sa pa ladan l.

Le PM prie instamment les insoumis, les révoltés devant prendre le macadam le 18 novembre  de manifester pacifiquement. Pourquoi cette fuite en avant dans la pacifité? Imagine-t-on aux États-Unis, en France, au Canada, au Mexique ou ailleurs, un chef de gouvernement prenant la parole à tort et à travers tout juste pour d’infantiles mises en garde, pour inviter des manifestants éventuels à protester dans l’ordre ? Sauf à infiltrer des trublions parmi les manifestants, comment est-ce que le PM prévoit-il déjà qu’il y aura du grabuge?

Jovenel l’inculpé et Céant le mètdam nous font rire : y ap bati yon leta san fòskote, san paspouki. Ha! Ha! Ha! Les saltimbanques!

Le PM a demandé que les manifestants gardent la tête froide, tèt frèt, d’autant que la PNH a reçu des instructions formelles de “faire respecter la loi, d’encadrer, de protéger” la population manifestante, pourvu que celle-ci évolue dans l’ordre. Dans le cas contraire, les policiers sont tenus de “met lòd nan dezòd”. En fait, cela va de soi qu’une force de police, au cours d’une manif, est là pour protéger, pour encadrer, alors pourquoi le dire? Pourquoi cette redondance, à moins d’avoir mauvaise conscience?

Sans crier gare, mine de rien, le Premier ministre laisse tomber un cheveu sur la soupe de ses blablatudes: “n ap bati yon leta san fòskote”. Vraiment? Parle-t-il ou déparle-t-il? San paspouki, sans parti pris. Alors là, je m’égare. San fòskote, c’est à dire sans la force d’un seul côté. Mais, le PM sait bien que ce qu’il débite n’est que pur mensonge et ne correspond nullemnt à la réalité. Ainsi, le président de la république fait déguerpir,  au beau milieu de la nuit, plusieurs familles habitant à quelques encablures de sa résidence à Pèlerin 5.

Déguerpissement suivi de démolition.  Ordre déguerpissante émanant, san fòskote, du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Ocnam Clamé Daméus. Celui-ci, sans parti pris, s’est arc-bouté sur une requête “impartiale” du directeur général de la DGI dénonçant “l’occupation illégale des domaines privés de l’État”. On ne vient pas impunément habiter aussi près de la demeure privée du président. On ne peut que représenter une menace à sa vie. Pour un inculpé, c’est intolérable. Hors d’ici, riverains frekan! Prenez vos bâtons de pèlerin et allez chercher ailleurs. Dura lex, sed lex. La loi est dure, mais c’est la loi, elle est san fòskote.

Oui, “n ap bati yon leta san fòskote”. C’est sûr. Pas moins de 7 maisons ont déjà été détruites parce que “construites de façon anarchique”. Elles sont toutes en amont par rapport à celle du président, elle-même construite sur le passage d’une ravine. Hey! Vous avez dit anarchique? Bien sûr, la loi persiste et signe: anarchique, autrement comment bâtir “yon leta san fòskote”, san paspouki.

Comble pourtant de paspoukisme, c’est un fier-à-bras rose micky du nom d’Yves Léonard qui est le propriétaire de la maison où vit le président, selon les riverains. Ceux-ci affirment tous – sept familles de menteurs, direz-vous – que le commissaire  Ocnam Clamé Daméus n’a jamais apporté de preuves que  les maisons concernées sont construites sur les domaines privés de l’État.

“Nous avons acheté nos terres des mêmes héritiers qui ont vendu à Yves Léonard. Si nos maisons sont sur les domaines privés de l’État, il en est de même pour la maison d’Yves Léonard, où vit le président », a déclaré un des Pèlerinais. Mais qu’importe, “n ap bati yon leta san fòskote”. Léonard y croit fermement. Une preuve?

Comble pourtant de paspoukisme, c’est un fier-à-bras rose micky du nom d’Yves Léonard qui est le propriétaire de la maison où vit le président, selon les riverains.

En 2012, Fito Mertilus, l’un des habitants victimes du déguerpissement rapporte que depuis 2012  ce chenapan de Léonard persécutait les riverains. Le malotru, « à l’époque, voulait acquérir toutes les propriétés situées tout près de sa maison. Il en a effectivement détruit une dans la zone avec le support d’individus armés. Jusqu’à présent (octobre 2018), cette affaire est devant la justice”, N’en déplaise à quiconque, moi je donne l’absolution au PM sans confession: “ l ap bati yon leta san fòskote”.

Parlant de Léonard et des convictions démocratiques du PM, permettez que j’apporte une précision  sanpaspoukiste. Le mec est devenu la cible de toutes les critiques après avoir violemment agressé la mairesse de Tabarre, Nice Simon, qui est également sa conjointe. C’est une femme traumatisée et couverte d’ecchymoses qui s’est rendue à une conférence de presse, le mercredi 3 octobre dernier pour expliquer les causes de cette agression. (Loop, 3 octobre 2018)

Nice Simon aurait barré la route à Yves Léonard et au commissaire du gouvernement de la Croix-des-Bouquets, Yvon Jean Noël, deux vieux malfrats qui tentaient de mettre fin à un dossier de corruption sur la gestion de l’ancienne administration communale de Tabarre. Frustré par le comportement de sa conjointe, Léonard a saisi les clés de la maison, de la voiture de Nice Simon avant de l’agresser violemment et même de vouloir la tuer. (Loop, ibid). Le délinquant, frappé d’interdiction de départ  est actuellement en cavale. Je vous parie mon testicule (octogénaire) gauche que malgré le scandale de l’agression Jovenel et son PM n’en savent rien. Ce sont deux hommes honnêtes “ k ap  bati yon leta san fòskote”. Bravo!

Poursuivant ses blablatudes, le PM a laissé tomber un autre cheveu sur la soupe de ses lolotudes. Il a cru bon de dire, dans le cadre de la manif du 18 novembre, que personne n’est censé se faire justice (ah!); “c’est ainsi que fonctionne un État de droit” (oh!). Pauvre con! Léonard l’avait deviné bien avant, aussi est-il allé passer quelques semaines de… repos à Punta Cana, en République dominicaine. Assurément, ni Jovenel ni Céant n’en savent rien. Nice Simon en sera quitte pour des enflures, des boursouflures, des égratignures, et des bouffissures, epi, epi, anyen.

Bien sûr, le mec, le PM dois-je préciser, n’est pas bête. Il sait que la barque menace de couler. Alors, il fait un appel du pied à tous les politiciens atteints de leadershipite chronique. Il va prendre son “bâton de pèlerin pour rencontrer tous les secteurs de la vie nationale dans le cadre du dialogue qui va nous mener tout droit sur la réalité du vivre l’un avec l’autre, l’un pour l’autre, jamais l’un contre l’autre. An n mete tèt nou ansanm dans le même esprit de Vertières pour la stabilité et le développement”.

“Vive Haïti! a poursuivi le super patriote Céant. Vive notre pays qui a besoin de l’union parmi nous, de solidarité,  de fraternité […] pou ti moun pa l manje nan fatra ankò, pou ti moun k ap al lekòl, pou moun k ap jwenn travay. Arrêtons de nous quereller, an n sispann goumen youn ak lòt. Mettons-nous debout youn akote lòt pour nous battre avec tout vye fléau ki mete peyi a dans l’état actuel où il se trouve.”

Combien de fois n’avons-nous pas entendu ces discours lolo pa lolo! Les mêmes redites, les mêmes lieux communs, les mêmes clichés usés, les mêmes rengaines, les mêmes prêchi-prêcha, les mêmes blablatudes, les mêmes répétitudes, les mêmes lolotudes, les mêmes tautologitudes pour calmer les esprits, les mêmes formules démagogiques dont sont friands les politiciens en mal de se donner bonne conscience, en mal de nous offrir la lune pour du fromage.

Mais personne n’est dupe des mystifications du PM et de son inculpé de président. Lolo pa lolo, le peuple ne se laissera prendre au piège d’aucun caponnage.

18 novembre 2018

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