Le seul avenir possible !

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La situation politique reste particulièrement trouble et scandaleusement anachronique dans le pays. La crise nationale continue d’hypothéquer lourdement toute possibilité réelle de changement et la nation s’enfonce chaque jour un peu plus dans la misère, l’arbitraire et le déshonneur. C’est ainsi qu’on fait maintenant l’expérience de la guerre des accords avec des textes qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau sous prétexte de transition de rupture ; mais tout ce vacarme est pour continuer à mettre en place des gouvernements adeptes du capitalisme pour la consolidation d’un colonialisme de type nouveau.

Pour donner un exemple, tous les secteurs de la classe politique, malgré leur démarche et leur slogan  « La solution doit être haïtienne »,  n’ont fait aucune dénonciation même superficielle des agissements de l’envoyé spécial de Washington Daniel Foote qu’ils acceptent volontiers de rencontrer. Jamais aucun d’entre eux n’a pu voir les mains d’une ingérence. Ne sont-ils pas des alliés ou des agents de l’impérialisme? En tout état de cause, rien ne montre que leur stratégie évidente soit en train de rendre quelque service à la cause anti-impérialiste.

En réalité, une solution pourrait bien avoir le label patriotique haïtien tout en écartant et aliénant les masses travailleuses. La lutte actuelle au sein de la classe politique n’a pas réellement les couleurs d’un pas vers un quelconque changement mais des affairistes politiques qui se bousculent l’un l’autre de sorte à se faire accepter par les puissances tutrices comme leur serviteur.

L’objectif réel et non avoué est celui de faire la promotion de réformes, de réconcilier toutes les tendances de sorte que le système se régénère sous de nouveaux visages. Une façon de tromper le mouvement populaire pour ne plus poursuivre son projet revendicatif de changement de société, de le renvoyer aux calendres grecques ou de renoncer à la lutte de classe contre les oligarques.

Une réforme ne va pas constituer une rupture pour autant. Ce feuilleton qui est en train d’être joué actuellement par les principaux personnages en lice et qui ne sont pas des nouveau-nés innocents n’est pas sans intérêt. Ces acteurs de la classe politique ont tous une histoire à travers des événements passés, des gouvernements corrompus, antipopulaires qu’ils ont religieusement servis.  La diffusion de ce feuilleton qui fait la une alimente beaucoup de questions et de conversations sur l’avenir du pays auquel  tout le peuple aspire. Elle tente tout d’abord de camoufler une réalité bien différente et suscite une vive polémique, car elle remet en cause ou embellit les images établies de certains personnages politiques.

On ne cherche rien d’autre qu’à déséquilibrer et briser la dynamique du mouvement populaire pour l’empêcher par tous les moyens à prendre une conscience de classe en essayant à tout prix de le désorienter idéologiquement et politiquement. C’est dans cette perspective que l’impérialisme est allé jusqu’à susciter la création d’une panoplie de mouvements largement larges au sein de la société civile destinée à tromper la vigilance de la jeunesse et des forces populaires.

Au fond des choses, les deux camps antagoniques se sont nettement dessinés, chacun finira par choisir sa position de classe. Le peuple doit vivre désormais dans l’avenir  pour lequel il est en train de lutter.

Le seul avenir possible reste une alternative de changement social dans laquelle les grandes masses laborieuses de déshérités se reconnaissent, et non pas dans des illusions réformistes qui ont fait leur temps.

Toute solution même quand elle est haïtienne porte en elle des intérêts de classe : si elle doit piétiner les besoins et aspirations populaires, elle sera assurément aux antipodes du combat et des conditions de vie des masses ouvrières, défavorisées, délaissées.

Le seul avenir possible réside dans le mouvement populaire. Seul par son organisation révolutionnaire, il pourra construire l’avenir pour établir la véritable rupture, celle de la dépendance politique, économique et sociale du pays.

 

 

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