Le match que l’on doit gagner !

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Les matches de la coupe du monde sont largement diffusés à travers la planète. Ce n’est pas seulement le désir de plaire à tout le monde qui a motivé certains  gouvernements réactionnaires, particulièrement celui d’Haïti qui exploite de façon éhontée l’aspect sportif de cette compétition ; mais c’est plutôt pour offrir aux masses populaires des moments de diversion et de satisfaction des passions liées au ballon rond et qui ne leur donnent guère à penser sur leurs conditions sociales.

Voilà les raisons pour lesquelles, le gouvernement haïtien a octroyé à chaque parlementaire, au nombre de 29 sénateurs et 118 députés chacun dix téléviseurs de 38 à 52 pouces ; un heureux cadeau pour permettre à la population vivant dans des endroits bien précis de regarder la Coupe du monde. L’idée peut paraitre heureuse ; mais c’est rigoureusement faux puisque la motivation cachée est malsaine, et que l’intention pour l’heure est de détourner l’attention, de faire du football un prétexte, l’occasion à ne pas rater. Point n’est besoin d’élaborer. Le jeu est clair. C’est simplement une manipulation qui mélange habilement le vrai, le partiellement vrai et le faux.

Le spectacle de la coupe du monde nous a pris au moment où le peuple palestinien continue encore à être massacré sous les bombes des colons israéliens. Des enfants aux Etats-Unis sont en train d’être séparés de leurs parents immigrés ; des ouvriers clandestins attendent leurs procédures d’expulsion si même ils n’ont pas été déjà expulsés. Les 630 migrants du navire de secours l’Aquarius au large des côtes maltaises et italiennes n’avaient pas encore trouvé d’hospitalité. C’est le même combat des travailleurs haïtiens qui vivent dans des conditions infrahumaines, pataugent toujours dans la boue de la misère, alors que la caravane de promesses de Jovenel Moise poursuit sa marche insouciante, parce que rien de concret ne se produit et ne se produira jamais.

l’intention pour l’heure est de détourner l’attention, de faire du football un prétexte, l’occasion à ne pas rater.

Il y a des matches qu’on ne diffuse pas : celui des peuples auxquels on nie leurs droits légitimes. Celui des pays soumis aux caprices des deux poids et deux mesures. Celui qui pose les rapports de force entre les nantis et les ouvriers ; les pays riches et les pays appauvris. C’est le combat international de ceux-là qui souffrent de l’exploitation et de la répression et qui résistent pour un monde meilleur.

Ces matches-là, l’on ne doit pas les perdre, puisque ce sont ceux des êtres humains qui souffrent de la haine, du mépris, du génocide et de l’exploitation. Il nous faut à tout prix empêcher la victoire de nos ennemis de classe. Il nous faut nous empresser de les dénoncer. C’est le match crucial pour tous les peuples et toutes les forces qui luttent pour le progrès social et le bien-être des exploités.

Les masses populaires haïtiennes vont naturellement profiter des écrans géants mis à leur disposition ; mais elles doivent comprendre qu’elles ont été placées justement pour occulter certaines réalités ; particulièrement le match qui se joue entre la bourgeoisie et les masses défavorisées du pays. Le gouvernement, représentant authentique de cette bourgeoisie, n’est pas aujourd’hui en position de force ; mais la balle se retrouve trop et justement tout le temps dans le carré du peuple. Ces régimes qui dénient à ses concitoyens les droits les plus élémentaires se sont toujours renforcés avec des joueurs de l’opposition traditionnelle de sorte que le danger reste toujours dans le camp du changement.

Le football jadis, creuset de résistance face à l’ordre établi, n’est-ce pas le moment de relancer le jeu et de le faire efficacement puisque c’est un match que l’on ne doit pas perdre. C’est le match du peuple, et jouer dans le camp du peuple doit se faire sans équivoque, sans ambigüité aucune. C’est un match irréversible à gagner. Face à cette situation, les revendications ouvrières ne peuvent stagner au niveau de la simple parade de mécontentement, mais doivent tisser des liens solides avec les mouvements de masse pour le grand coup de balai de révolte générale à la hauteur des intérêts et des aspirations des travailleurs et de la jeunesse.

C’est le match d’une résistance populaire courageuse et implacable. C’est un match qui exige une organisation et une discipline d’équipe à toute épreuve pour que la balle reste dans le camp de notre ennemi de classe. C’est le match de la solidarité concrète des forces progressistes et révolutionnaires pour la libération nationale et sociale du pays. C’est le match d’une conscience internationale. Un match à ne pas céder même un pouce de terrain à l’adversaire.

On ne peut pas se permettre de ne pas jouer ce match tant attendu. C’est le match de la construction du socialisme, celui de la poursuite de l’édification d’un Etat de droit sous la direction d’un Parti des travailleurs, basé sur un projet national refusant toute ingérence des forces réactionnaires impérialistes.

Nous devrons gagner ce match quoiqu’il en coûte, même s’il ne sera pas télévisé. Nous devrons assumer notre responsabilité historique et concentrer tous nos efforts pour résoudre les problèmes organisationnels de sorte que nous soyons en mesure d’évaluer convenablement le stade présent par rapport à celui du passé pour pouvoir passer à un stade plus efficace, celui de lutter inlassablement jusqu’à la victoire finale.

Cette ligne combative de la détermination populaire, nous de Haïti Liberté sommes engagés à bâtir cette équipe de joueurs avec tous ceux intéressés à être sur le terrain de cette compétition pour gagner absolument contre les forces obscurantistes anti-changement, anti-progrès, anti-nation, anti-peuple. La patrie ou la mort, nous vaincrons !

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