La vertu politique, contraire du vice politique

0
911

Dans notre dernier numéro, nous avons publié intégralement la déclaration du porte-parole de l’Alternative Consensuelle, demandant à ses pairs de la dite opposition de ne pas rejoindre le pouvoir dans son projet de gouvernement d’unité nationale «Nous n’avons pas le droit de nous prostituer en pactisant avec le diable pour arracher quelques miettes politiques» avait déclaré André Michel.

Une telle déclaration ne justifie-t-elle pas que cette classe d’hommes et de femmes ne fait pas preuve de vertu politique? Comment expliquer alors qu’elle combattait le pouvoir et voilà qu’aujourd’hui, tout bonnement, on doit courir après ces individus pour les empêcher d’aller faire corps avec celui qu’ils considéraient leur adversaire ?

Un tel comportement n’est pas innocent, il relève d’une position de classe qui s’illustre par un penchant particulier pour  l’individualisme, le libertinage, la débauche en d’autres termes, aussi pouvons-nous affirmer que c’est vivre dans le vice politique.

Celui qui vit sous l’emprise du vice politique ne tient jamais compte des intérêts des classes sociales présentes. C’est le prototype  d’un imposteur, d’un mercenaire dont l’objectif essentiel est de satisfaire ses propres intérêts. La classe politique haïtienne est garnie de ces personnalités-là, cohorte de politiciens hypocrites, resquilleurs de toute obédience, membres de toutes les chapelles.

Nous pouvons prendre en exemple parfait le cas du tristement célèbre Claude Roumain qui dans son plus jeune âge se présentait en tant qu’un idéologue du camp révolutionnaire ; au grand étonnement de plus d’un, il s’est transformé en idéologue du camp réactionnaire, allant jusqu’à être allié du Mouvement pour l’instauration de la démocratie en Haïti (MIDH) de Marc Louis Bazin, un représentant authentique du capitalisme néolibéral.

Il a été jusqu’à appuyer le coup d’état sanglant de 1991 contre le gouvernement de Fanmi Lavalas et les masses populaires en jouant le rôle de Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports du régime putschiste d’alors. Ce même Roumain ne se retrouve-t-il pas actuellement au sein du directoire du parti Fanmi Lavalas ?

Un autre exemple est celui de l’un de nos grands poètes qui vient d’être décédé, il s’agit du très regretté George Castera Fils, idéologue de la gauche révolutionnaire; mais qui le 6 juin 2012 s’est rendu au palais national en compagnie de Franketienne recevoir une plaque d’honneur. Ils ont été respectivement honorés de grands officiers et commandeurs des arts et des lettres par le président du PHTK d’alors, Michel Martelly. Décoration présidentielle qui fut pour autant rejetée par le poète Anthony Phelps «  je ne saurais accepter un tel hommage en tant qu’auteur de ‘’Mon pays que voici’’ » avait-il indiqué.

Aussi simpliste que cela puisse paraitre, le vice politique est le propre d’un intérêt de classe bien déterminé et cette arme est à la portée du grand ennemi des peuples qui l’utilise à bon escient pour créer la confusion, retarder et saboter la lutte des masses populaires.

Un individu de la droite réactionnaire de la trempe d’un Reginald Boulos qui d’un éclair s’est métamorphosé en leader politique portant un masque populaire ; sans oublier son ancien allié, le président Jovenel Moise qui se fait aujourd’hui défenseur des masses défavorisées, des organisations populaires, tout l’indique, ces opérations loin d’être des aventures isolées font partie d’un vaste plan qui ne relève que de la ruse et du vice politiques des professionnels du mensonge.

N’est-ce pas une autre tentative de ces fossoyeurs de la patrie de se camoufler et de continuer leur politique de pêcher en eaux troubles, de se livrer à des traitrises, à de louches combines au détriment des masses défavorisées qu’ils exploitent.

Doit-on continuer à laisser ces imposteurs sous la bénédiction des puissances impérialistes revenir au pouvoir en bafouant le peuple par mille promesses fallacieuses pour les amadouer ?

Non assurément, non !

L’impérialisme est le perturbateur  de la paix et l’obstacle principal au développement du pays. Ainsi, la politique basée sur le vice perpétuel n’apportera au peuple que d’incommensurables malheurs, souffrances et dressera de grands obstacles devant lui. Voilà pourquoi, dans ce combat de la vertu politique contre le vice politique, une victoire de ceux qui ne vivent que du vice politique doit être évitée, si nous voulons réellement sortir de la domination impérialiste.

L’histoire l’a maintes fois prouvé que la politique de changement social ne peut être effective sans organisation, c’est-à-dire sans le respect des principes organisationnels, sans des hommes et des femmes vertueux, honnêtes, disciplinés et dignes des fonctions qu’ils auront à occuper.

Que le peuple s’organise davantage de sorte que les manœuvres des fossoyeurs, des agresseurs, satellites en sourdines des puissances exploiteuses périssent ! Que tout le système économique qui y règne, pièce maitresse des puissances impérialistes disparaisse et que les masses populaires, symboles de développement triomphent !

 

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY